Sigmund Freud - Citations

"Pour nous résumer, la relation entre la personne et l'objet-père, tout en conservant son contenu, s'est transformée en une relation entre le moi et le surmoi : une nouvelle mise en scène sur une seconde scène. De telles réactions infantiles provenant du complexe d’œdipe peuvent disparaître si la réalité ne leur apporte aucun aliment nouveau. Mais le caractère du père demeure le même, bien plus il se détériore avec les années, de sorte que la haine de Dostoïevski envers son père et son vœu de mort contre ce mauvais père demeurent aussi les mêmes. Or il est dangereux que la réalité accomplisse de tels désirs refoulés. Le fantasme est devenu réalité et toutes les mesures défensives se trouvent alors renforcées. Les attaques de Dostoïevski revêtent maintenant un caractère épileptique ; elles ont toujours le sens d'une identification avec ce père comme punition mais elles sont devenues terribles, comme le fut la mort, effrayante, de son propre père. Quel contenu ont-elles reçu plus tard, et particulièrement quel contenu sexuel ? Il est impossible de le deviner. 

Sigmund Freud, in "Dostoïevsky et le parricide" In Résultats, idées problèmes II