" Sans
doute est-ce un traité de léducation des filles
et soumis comme tel aux lois dun genre. Malgré
lavantage quil prend de mettre au jour le
" sadique-anal " qui enfermait le sujet dans son insistance
obsédante aux deux siècles précédents, il
reste un trait de léducation. Le sermon y est assommant
pour la victime, infatué de la part de
linstituteur.
Linformation historique, ou pour mieux dire, érudite, y est grise et fait regretter un "La Mothe le Vayer". La physiologie sy compose de recettes de nourrice. Pour ce qui en serait de léducation sexuelle, on croit lire un opuscule médical de nos jours sur le sujet, ce qui est tout dire.
Plus de suite au scandale irait à reconnaître dans limpuissance où se déploie communément lintention éducative, celle même contre quoi le fantasme ici sefforce, doù naît lobstacle à tout compte rendu valable des effets de léducation, puisque ne peut sy avouer de lintention ce qui a fait les résultats.
Ce trait eût pu être impayable, des effets louables de limpuissance sadique. Que Sade lait manqué, laisse à penser.
Sa carence se confirme dune autre non moins remarquable : luvre jamais ne nous présente le succès dune séduction où pourtant se couronnerait le fantasme : celle par quoi la victime, fût-ce en son dernier spasme, viendrait à consentir à lintention de son tourmenteur, voir senrôlerait de son côté par lélan de ce consentement.
En quoi se démontre dune autre vue que le désir soit lenvers de la loi. "
Jacques Lacan, in Kant avec Sade, 1963, paru dans les "Ecrits, p 787 Editions du Seuil"