Intervention sur l’exposé de M. Friedmann : « Quelques réflexions sur le suicide », paru dans la Revue Française de Psychanalyse, t. VIII, n° 4, 1935, pp. 685-686.

 

Exposé de M. Friedman […]

 

Discussion :

Le Dr Codet ne peut partager entièrement la conception de l’agressivité refoulée, car il existe d’après lui d’autres suicides qui ne cadrent pas entièrement avec cette formule, par exemple les suicides provoqués par la démence ou par la seule mélancolie, et surtout les nombreux suicides légitimes, qui peuvent être justifiés simplement par certaines situations (revers de fortune, déshonneur).

 

Le Dr loewenstein se range complètement à l’avis du Dr Friedmann. Pour illustrer un suicide né de l’instinct d’agressivité transformé, il cite l’exemple du Dharma, suicide de l’Hindou qui s’assied sur le seuil de son ennemi et se laisse mourir de faim. Les exemples de petits Dharmas sont fréquents. Une malade exprime, par exemple, sa haine contre son fiancé par une tentative de suicide : « Il faut que du sang coule, le mien ou le sien ! » s’écrie-t-elle en s’ouvrant les veines.

 

Mme Marie Bonaparte voit dans le suicide une certaine défaite, un fléchissement du narcissisme. Quant à l’agressivité du primitif, elle n’est que réprimée, non refoulée.

 

La Doctoresse Morgestern rappelle les nombreux suicides d’enfants qui doivent être considérés comme nés de la haine de leurs parents. Le suicide, chez l’enfant, provient très souvent d’un manque d’affection. Mme Morgenstern se demande pour quelles raisons les suicides seraient plus fréquents chez les protestants que chez les catholiques.

 

(684)Le Dr Lacan pense aussi qu’il faudrait accorder une plus grande importance au facteur narcissique, mais il ne faudrait pas se contenter d’une conception purement énergétique, il faudrait au contraire introduire une conception structurale.

 

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