« Mère phallique et mère castratrice ». Parue dans la Revue française de psychanalyse, avril-juin 1949, tome XIII, n° 2, p. 317.

 

Réunion du 20 avril. Dr J. Leuba : « Mère phallique et mère castratrice[1] ».

 

Dans la discussion, le Dr Nacht dit qu’il ne voit pas que l’auteur ait établi une différence bien nette entre la crainte du père et celle de la mère. M. Lechat s’est forgé une conception du complexe d’Œdipe sur le mode oral : par un déplacement de haut en bas, le sujet peut craindre d’être mordu par en bas. Il a vu la castration par la mère bien plus souvent que par le père à tel point qu’il en est presque arrivé à nier la crainte de la castration par le père. M. Dugautiez est aussi de cet avis et

 

le Dr Lacan enchaîne dans le même sens. « C’est l’imago maternelle qui est beaucoup plus castratrice que l’imago paternelle. J’ai vu à la fin de chacune de mes analyses le fantasme du démembrement, le mythe d’Osiris. C’est lorsque le père est carent d’une manière ou d’une autre (mort, absent, aveugle même), que se produisent les névroses les plus graves ».

 

Après des remarques des Drs Margus, Dolto-Marette et Held qui rapportent des observations, le Dr Parcheminey demande que soit précisée la terminologie à propos de la femme « phallique » et de la femme « castratrice » ce que fait Mme Marie Bonaparte en spécifiant que la mère phallique est une mère à instrument, la mère castratrice l’est par son vagin ; le complexe de castration est d’ailleurs double, ajoute-t-elle, sur deux plans : l’un moral, l’autre, en dessous, biologique. Ce dernier est particulièrement puissant chez la femme à cause de sa peur d’être perforée.

 

 



[1] Communication publiée dans cette Revue, 1948, N° 2