Intervention sur l’exposé de J. Hyppolite « Phénoménologie de Hegel et psychanalyse » à la Société Française de Psychanalyse le 11 janvier 1955, résumé publié dans La psychanalyse, 1957, n° 3 « Psychanalyse et sciences de l’homme », page 32, note n° 1.

[…]

Au cours de la discussion qui fait suite à cet exposé, le Dr Lacan demande à M. Hyppolite ce que signifie ce « nous », non seulement en tant qu’il est rencontre de deux consciences, mais en tant qu’il rend possible la rencontre, et que par elle s’effectue une sorte de révélation qui est au delà de l’homme. Le Dr Lacan évoque à ce propos Heidegger et signale l’importance philosophique des découvertes de Freud à partir de l’instinct de mort.

 

M. Hyppolite reconnaît la problématique ouverte par ce dépassement du seul dialogue, et interroge à son tour le Dr Lacan sur ce que la psychanalyse peut apporter, dans sa pratique même, sur le troisième terme qui apparaît dans l’interaction des deux consciences.

Dans la suite de la discussion, la question est sans cesse reposée de la dualité des consciences et de la signification que pourrait avoir le dépassement, tant sur le plan positif, où le champ de la conscience se révèle comme une sorte de multiplicité impersonnelle, que sur le plan ontologique, où une parole originaire, un « logos » primordial, se dévoilerait. C’est la problématique de ce dévoilement, aussi bien dans la psychanalyse de Freud que dans la Phénoménologie de Hegel, qui est au centre du débat. Bien entendu, la question du philosophe ou de l’analyste, comme se situant au-dessus du débat, s’est nécessairement posée.