Parue dans : François Perrier, La Chaussée d’Antin, Paris, Albin Michel, 1994, p. 203.

 

(203)École freudienne de Paris

5, rue de Lille – Paris VII

 

 

 

du Directeur au docteur François Perrier

 

Paris, le 23 janvier 1967

 

Mon cher Collègue,

 

Une lettre adressée selon sa propre suscription au titre de l’« ancien Directoire », donc sans portée administrative, vous est parvenue concernant le secteur réservé à nos fonctions de formation.

Ce n’est pas seulement de ce qu’elle soit signée de notre ami Jean-Paul Valabrega qu’elle est digne de retenir notre intérêt.

Il se peut bien en effet qu’elle anticipe sur ce qui sera le résultat de nos travaux en ce secteur.

Néanmoins ce ne saurait au mieux être là qu’anticipation – de décisions qui supposent étude engendrant un accord.

Je rappelle à ce propos ce que j’ai fait entendre à une assemblée, dont nous ne pouvons que déplorer que Jean-Paul Valabrega y ait fait défaut.

À savoir que je n’y ai rien apporté qui ne provînt des responsables antérieurs, que je me suis gardé d’y rien adjoindre, non plus que d’en rien écarter.

Ceci impliquant, à partir de là, la voie ouverte à toute contribution qui saurait se faire valoir.

C’est là méthode progressive, destinée à parer au désordre. Elle n’est pas propice au regret d’en avoir laissé passer un temps.

Mon intention était d’appliquer la même au secteur intéressé, mais si elle vous paraissait contestable, je serais disposé bien sûr à en changer.

 

Veuillez croire, mon cher collègue, à mon attention la plus vive.

 

J. Lacan