Éditorial

Octobre 2017

Après une journée consacrée à l’œuvre de Jean Laplanche en 2013 et une autre à celle de Guy Rosolato en 2014, « La domination est-elle masculine ? » fut le thème de celle de septembre 2015, suivi par « La folie de la norme » l’année dernière. Chacune de ces rencontres de l’APF avec des pensées venues d’autres champs du savoir a été fructueuse, même quand à priori la rencontre pouvait sembler improbable, comme avec le monde du droit l’an dernier. Aussi souhaitons nous conserver ce temps d’échange avec d’autres disciplines et avec un public élargi, puisque cette journée de travail est ouverte à tous, sous le nom de Rencontre de septembre.
Cette année, le samedi 16 septembre, nous avons abordé la question de l’identité, thème d’actualité s’il en est. En tout cas d’une actualité qui pose question autant sinon plus que la question elle-même et qui nous a fait choisir le titre programmatique de “Décomposition de l’identité”. Ce faisant, nous avons pris appui sur l’une de dernières conférences de Freud (1933), “Décomposition de la personnalité”. “Personnalité” : curieux terme sous la plume de Freud qui ne l’a utilisé que très rarement ! Dans cette 31ème conférence, Freud entreprend rapidement la description raisonnée des trois instances de l’appareil psychique. Manière de dire que ce mot de personnalité, tout comme celui d’identité, ne va pas de soi : c’est une synthèse précipitée qu’il faut décomposer.
Nous avions sollicité Vincent Descombes qui a publié en 2013 un livre dont le titre convenait à notre journée, Les embarras de l’identité, et Eric Bordas, dont le livre sur le « Style ». Un mot et des discours interrogeait un terme de manière à faire éclater son apparente unité. Dominique Clerc et Laurence Apfelbaum ont abordé la question dans une optique psychanalytique qui a cherché, avec la critique faite à Erikson et l’évocation de Montaigne, une voie d’approche détournée de l’identité.

Cette manifestation n’a pas été la seule à être ouverte à tout public, cette année. Nous avons accepté la proposition du Centre Jean Starobinski de la Bibliothèque nationale suisse d’organiser conjointement une soirée sur “Jean Starobinski et la psychanalyse”.
C’est tout naturellement que l’APF a été sollicitée pour co-organiser cette soirée, en souvenir et raison de l’amitié et de l’affinité intellectuelle qui ont réuni Jean Starobinski et J.-B. Pontalis, autour de la Nouvelle Revue de Psychanalyse notamment.  Jean Starobinski a été le premier invité d’un cycle de conférences organisé par l’APF en 1969 et le texte de sa conférence, “L’interprète et son cercle”, publié dans le premier numéro de la Nouvelle Revue de Psychanalyse.
L’événement rassemblera deux conférences de 50 minutes chacune : l’une prononcée par John E. Jackson, universitaire spécialiste de littérature poétique, et l’autre par Edmundo Gómez Mango, psychanalyste, auteur avec J.-B. Pontalis de Freud avec les écrivains (Tracés, Gallimard, 2012).
Nous envisagerons la manière dont Starobinski s’est inspiré de la psychanalyse dans sa lecture des textes littéraires, et évaluerons l’apport, pour tout psychanalyste, de la réflexion sur l’interprétation qu’a proposée Starobinski*.

L’activité scientifique de l’APF, réservée à ses membres et ses analystes en formation, se penchera sur les « Objets de la méthode psychanalytique » au long d’un cycle de débats. Revenir sur ce qui fait le cœur de la spécificité de la psychanalyse, sa méthode, nous semble en effet toujours salutaire, pour en approfondir la pratique et la métapsychologie. Les Entretiens de psychanalyse, qui se tiennent deux fois l’an, auront pour thème en décembre 2017 « Métapsychologie de la solitude » et en juin 2018 « Le détour ». Si la solitude n’est pas à proprement parler une notion psychanalytique, l’intitulé indique comment nous souhaitons l’étudier d’un certain point de vue, et notamment dans ses racines sexuelles infantiles. Le thème du détour revient en revanche au cœur de l’œuvre freudienne et de l’expérience psychanalytique.
Nous poursuivons ainsi la tradition de l’APF qui tente toujours de conjuguer ouverture sur les préoccupations contemporaines et les autres champs du savoir et retour sur l’œuvre du fondateur de la psychanalyse.

Leopoldo Bleger

* Le nombre de places étant limité, veuillez écrire un mail à l'APF (lapf@wanadoo.fr) pour nous indiquer votre souhait d'y assister.

Agenda

Jean Starobinski & la psychanalyse

  • vendredi 17 novembre 2017

Dès sa rencontre avec l’oeuvre de Freud dans les années 1940, la psychanalyse constitue une présence constante, parfois discrète, dans la pensée de Starobinski. Ce rapport est marqué par la liberté, et ce tout d’abord en raison de la position surplombante que Starobinski – à la fois critique littéraire, historien des idées et psychiatre – occupe au sein du champ du savoir. […]

L’APF invite à Lyon

  • jeudi 23 novembre 2017

Paul Denis
Présence du geste

Les psychanalystes ont pris l’habitude d’opposer le registre de l’acte, de l’agir, au registre des représentations et nous ne distinguons pas assez les différentes formes que l’on peut reconnaitre dans le champ de l’agir : action, acte, passage à l’acte… De surcroit il est un terme qui a pratiquement échappé à tout usage psychanalytique c’est celui de « geste ».

La liberté en psychanalyse (2017)

Trois psychanalystes apportent dans un premier temps leurs points de vue sur la liberté et sont discutés : la plupart des maîtres-mots de la théorie disent plus la servitude que l’autonomie, et pourtant la psychanalyse entend bien contribuer à approfondir la notion de liberté. […]