J.LACAN                    gaogoa

 

XVI- La logique du fantasme. 1966-1967

                        version rue CB

8 Mars 1967                        note  

 

 

    (p169->) Cette méthode est une méthode sans laquelle on peut dire que tout ce qui dans un certain champ reste implicite concernant ce qui définit ce champ, à savoir la présence comme telle du sujet.

            Cette méthode que j'instaure consiste, permet de parer si l'on peut dire à tout ce que cette implication du sujet dans ce champ y introduit de         de fallacité à la base. C'est quelque chose dont en somme on s'aperçoit à prendre un peu de recul c'est que cette méthode a bien toute cette généralité, bien sûr ce n'est pas d'une visée si générale que je suis parti.

            Je dirais même plus, quelque chose dont je m'aperçois moi-même après coup, que quelque jour il arrive que cette méthode on s'en serve pour repenser les choses là où elles sont le plus intéressantes sur le plan politique par exemple. Pourquoi pas ?

            Il est certain qu'avec les amodiations suffisantes, certains des schémas que je donne y trouveront leur application, c'est peut-être même là qu'ils auront le plus de succès car le terrain sur lequel je les ai forgés, c'est pas joué d'avance étant donné que peut-être c'est là, c'est sur ce terrain qui est celui du psychanalyste qu'une certaine impasse qui est celle que manifeste ce que j'appelle et elles ne sont pas équivoques, les fallaces du sujet, trouvent le mieux à résister.  

      (p170->) Enfin, il n’en reste pas moins que c’est là que ces concepts ce sont forgés et qu’on peut même dire plus : c’est que toute la contingence de l’aventure, à savoir le mode même de ce qu’ils auront eu à affronter ces concepts, à savoir la théorie analytique telle qu’elle s’est déjà forgée telle qu’ils ont à y introduire ses corrections, cette théorie analytique est la dialectique même de ce que 1eur introduction dans la théorie analytique aura comporté de difficultés, voire de résistances, de résistances en apparence tout à fait accidentelles; tout cela vient en quelque sorte contribuer au mode sous lesquels je les aurai serrés, je veux dire que ce qu’on peut appeler la résistance des psychanalystes eux-mêmes à ce qui est leur propre champ est peut-être ce qui apporte le témoignage le plus éc1atant des difficultés qu’il s’agit de résoudre, je veux dire de leur structure même.

 

            Voilà donc pourquoi aujourd’hui nous arrivons sur un terrain encore plus vif, au moment où il va s’agir que je parle de ce que je vous ai situé au sommet du quadrangle que nous qualifierons de celui qui connote les moments de répétition.

 

            La répétition ai-je dit à quoi répond comme fondateur du sujet le passage à l’acte, je vous ai montré, j’ai insisté, j’y reviendrai aujourd’hui parce qu’il faut y revenir, sur l’importance dans ce statut de l’acte qu’a l’acte sexuel. Sans le définir comme acte, il est impossible de situer, de concevoir la fonction que Freud a donné à la sexualité concernant la structure de ce qu’on doit appeler avec lui la satisfaction. Satisfaction subjective, Befriedigung  qui ne saurait être connoté d’un autre lieu que de celui où s’institue le sujet comme tel. C’est la seule structure qui fonctionne d’une façon qui puisse donner un sens à cette Befriedigung  pour donner à cet acte sexuel les repères structuraux hors desquels il nous est impossible de concevoir sa place dans ce dont il s’agit : à savoir la théorie freudienne.

 

               Nous avons été amenés à faire fonctionner un des ressorts les plus exacts de la pensée mathématique, assurément, quand j’use de tels moyens, il est bien entendu qu’il y a bien toujours quelque chose de partiel pour quiconque, de la théorie analytique n’aura à connaître que ce dont je me serai servi  moi-même comme instrument. Mais bien sûr la situation peut-être différente pour quiconque connaît de la mathématique tel ressort qu’avec sans doute ma part à moi d’inexpérience, j’extrais celui-ci, tout de même non sans savoir quelles sont les ramifications de ce dont je me sers dans l’ensemble de la théorie mathématique et non sans m’être assuré que pour quiconque voudrait en faire un usage plus approfondi il trouverait dans l’ensemble de la théorie au point précis que j’ai choisi pour fonder telle structure, il trouverait tous les prolongements qui lui permettraient d’y donner une juste extension.

          (p171->) Quelque écho m’est revenu que m’entendant parler de l’acte sexuel, à me servir pour en structurer les tensions de ce que me fournissait de ternaire la proportion du nombre d’or, quelqu’un laissa passer entre ses dents cette remarque : « la prochaine fois que j’irai foutre faudra pas que j’oublie ma règ1e à calcuLer ». Cette remarque a tout le caractère plaisant qu’on attribue au mot d’esprit, elle reste quand même pour moi à prendre mi-figue mi-raisin, à partir du moment ou le responsable est un psychanalyste.

            A la vérité, je pense que la réussite de la jouissance au lit est essentiellement faite, comme vous avez pu le voir, de l’oubli de ce qui pourrait être trouvé sur la règle à calculer.

            Pourquoi c’est si facile à oublier ? C’est ce sur quoi j’insisterai tout à 1’heure, c’est même là tout le ressort de ce qu’il y a de satisfaisant dans ce qui d’autre part, subjectivement se traduit par la castration. Mais il est bien clair qu’un psychanalyste ne saurait oublier que c’est dans la mesure où un autre acte l’intéresse, que nous appellerons pour introduire son terme aujourd’hui : l’acte psychanalytique, que quelque recours à la règle à calcul peut être évidemment exigible. La règle à calcul, bien sûr, pourrait évidemment éviter tout malentendu, ne consistera pas à cette occasion à s’en servir pour lire, nous n’en sommes pas encore là, ce qui se lit à la rencontre de deux petits traits, mais pour ce qu’elle porte en elle-même mesure qu’on appelle pas autrement que celle de logarithme, elle nous fournit quelque chose qui n’est pas tout à fait sans rapports avec la structure que j’évoque.

            L’acte psychanalytique a ceci de frappant, à le nommer ainsi en référence à l’ensemble de la théorie, a ceci de frappant qui va nous permettre de faire une remarque qui peut être a paru incertaine dans 1es marges de ce que j’ai énoncé jusqu’ici et qui est celle-ci : j’ai insisté sur le caractère d’acte de ce qu’i1 en est de l’acte sexue1, on pourrait remarquer à ce propos, que tout ce qui s’énonce dans la théorie analytique semble destiné à effacer à l’usage de ces êtres à divers titres souffrants ou insatisfaits dont nous prenons la charge, le caractère d’acte qu’il y a dans le fait de la rencontre sexuelle. Toute la théorie analytique met l’accent sur le mode de la relation sexuelle déclarée à bon ou à mauvais droit en tous cas à divers titres et à des titres sur lesquels je me suis permis d’élever à plusieurs reprises quelques objections, à qualifier comme plus ou moins satisfaisante telle ou telle forme de ce qu’on appelle la relation sexue11e.

        On peut se demander si ce n’est pas là une façon d’éluder, voire même de noyer ce qu’il y a de vif, de tranchant à proprement parler, parce qu’il s’agit là de quelque chose qui a la même structure de coupure que celle qui appartient à tout acte, ce qu’i1 en est proprement de l’acte sexuel.

            Comme c’est une coupure qui comme toute notre expérience le démontre, ne va pas toute seule et ne donne pas un résultat de simple équité comme toutes sortes d’anomalies structurales, parfaitement articulées et répétées, sinon (p172->) conçues à leur véritable portés dans la théorie analytique en son résultat, il est bien clair que le fait d’éluder ce qu’il en est du relief comme tel de l’acte est quelque chose de lié à ce que j’appe1lerai le tempérament, de mode tempéré sous lequel la théorie s’avance dans le dessein manifeste de ne pas traîner avec elle trop de scandale. Le pire étant bien entendu celui-ci : qui ne semble pas pour autant réduit par cette prudence, que l’acte sexuel dès lors quelle que soit notre aspiration à la liberté de la pensée, que l’acte sexuel contrairement à ce qui a pu s’affirmer dans tel prône de l’examen objectif qui ressort à l’éthique, il faut bien le dire que la théorie le reconnaisse ou non, il mette l’accent ou ne l’y mette pas, peu importe, l’expérience me semble-t-il, prouve surabondamment que depuis le temps qui ne date pas d’hier, où parmi les nombreuses tentatives qui se sont faites plus ou moins héritées des expériences autrement complexes qui furent celles qu’on appelle : le temps de l’homme du plaisir, que ce à quoi ont pu aboutir dans certaines formules outrées des milieux libertaires de ce siècle dont il y avait encore quelques exemplaires d’agents flottants dans des lieux ou sur d’autres terrains autrement sérieux, j’entends les terrains révolutionnaires, on a pu voir encore se maintenir la formule qu’après tout l’acte sexue1 ne devait pas être pris pour avoir plus d’importance que celle de boire un verre d’eau. Ça se disait par exemple dans certaines zones, certains groupes, certains secteurs dans l’entourage de Lénine, je me souviens avoir lu autrefois en allemand, un fort joli petit volume qui s’appelait : Vege verlieb, si je me souviens, c’était quelque chose qui ressemblait fort au livre de poche, et sur la couverture il y avait le ravissant museau de Mme Colontaille, c’était la l ère équipe, et elle fut, si mon souvenir est bon, ambassadrice à Stockholm. C’était de charmants contes sur ce thème. Le temps ayant passé, et les sociétés socialistes ayant la structure que vous savez, il apparaît bien que l’acte sexuel n’est pas encore passé au rang de ce que l’on satisfait au Snack Bar.

 

            On peut dire que l’acte sexuel traîne encore avec soi, et va traîner pour longtemps, cette sorte de bizarre effet de discordance, de quelque chose qui ne s’arrange pas, et qui s’appelle la culpabilité, je ne crois pas que tous les écrits des esprits élevés qui nous entourent et qui l’intitulent comme : l’univers morbide de la faute, comme s’il était d’ores et déjà conjuré, c’est un de mes amis, qui l’a écrit, je préfère toujours citer des gens que j’aime bien. Tout ça n’arrange pas la question, ayant encore à nous en occuper encore longtemps, il suffisait de s’approcher de cet univers autour des ratées disons, mais des ratées dont il s’agit justement de considérer le statut, les ratées leur sont peut-être essentielles, les ratées dis-je ou pas ratées de la structure de l’acte sexuel. Moyennant quoi, je crois devoir en venir très courtement certes, mais revenir encore sur ce qu’a d’insuffisant la définition qui peut nous être donnée dans un certain registre d’homélie bénisseuse concernant ce qu’on appelle le stade génital sur ce qui ferait la structure idéale de son objet. Il n’est pas tout à fait vain de se rapporter à cette littérature, à la vérité, que la dimension de la tendresse qu’on évoque soit quelque chose assurément de respectable, n’est pas à contester, mais qu’on l’y considère comme une dimension en quelque sorte structurale. Voilà quelque chose sur laquelle je ne crois pas vain d’apporter une contestation.

  (p173->) (Incident : de la fumée sort de l'estrade ... il s'agit d'un engin fumigène)

 

    Le Dr Lacan reprend après quelques instants d'interruption :

 

    Ca va me donner l'occasion de trancher, d'abréger ce que je peux avoir à dire sur le sujet de cette fameuse tendresse, un peu éventée, il y a une face de la tendresse, et peut-être toute la tendresse, qu'on pourrait épingler de quelque formule qui serait assez proche de celle-ci : ce qui nous convient d'avoir d'apitoiement au regard de l'impuissance d'aimer, structurer ça au niveau de la pulsion comme telle n'est pas facile et aussi bien pour illustrer ce qu'il conviendrait d'articuler au regard de ce qu'il en est de l'acte et de la satisfaction sexuelle, il serait peut-être bon de rappeler ce que l'expérience impose aux psychanalystes de l'ambiguïté, il appellent ça l'ambivalence, on a tellement usé de ce mot qu'il ne veut plus rien dire, de l'ambiguïté de l'amour. Est-ce qu'un acte sexuel est moins un acte sexuel, est un acte immature, sera à renvoyer pour nous dans le champ d'un sujet inachevé, resté accroché à l'arriération de quelque stade archaïque, s'il est commis. cet acte sexuel, dans la haine tout simplement. Le cas semble ne pas intéresser la théorie analytique, c'est curieux, je ne l'ai vu soulevé nulle put, ce cas . Pour introduire la considération de cette dimension , j'ai dû dans un séminaire déjà ancien, au temps où le séminaire était un séminaire , j'ai dû me servir de la pièce de Claudel, bien connue ou plus exactement de la trilogie qui commence avec l'Otage. Les amours de Turelure et de Cygne de Coùfontaine sont-elles ou non, une conjonction immature ? Ce qu'il y a d'admirable, c'est que je crois avoir fait valoir les mérites et les incidences de cette trilogie tragique, je dois dire également sans que personne à ma connaissance, de mes auditeurs en ai perçu la portée. Ce n'est pas étonnant puisque je n'ai pas pris soin de mettre expressément l'axe sur cette question précise et que en général, les auditeurs, d'après tout ce que j'en ai eu d'échos, évitent aisément ce point. Il y en a deux espèces : ceux qui suivent M. Claudel, dans la résonance religieuse du plan où il situe une tragédie qui est une des plus radicalement « anti-chrétienne » qui ait jamais été forgée tout au moins, eu égard à un christianisme de bon ton et d'émotion tendre, ceux qui le suivent dans cet atmosphère pensant que Cygne de Coùfontaine bien entendu, reste dans tout cela, intacte. Ce n'est pas ce que dans le drame elle semble articuler elle, mais qu'importe, on entend à travers certains écrans, chose curieuse, les auditeurs qui sembleraient ne pas devoir être incommodés par cet écran, à savoir les auditeurs non religiosés à l'avance semblent de la même façon, ne rien vouloir entendre de ce dont a s'agit très précisément.

  Quoiqu'il en soit, puisque nous n'avons pas d'autre référence à notre portée, je veux dire à la portée de la main, du haut d'une tribune, je laisse quand même soulever la question de savoir si un acte sexuel consommé dans la haine en est moins un acte sexuel de pleine portée.

  (p174->) Porter la question à ce niveau sur bien des biais ne serait pas infécond, mais où je ne peux entrer aujourd'hui, qu'il me suffise de marquer dans la théorie régnante concernant le stade génital, un autre trait qui me semble mal raccordé, à ceux dont on fait usage. C'est à savoir : le caractère si l'on peut dire limité, tempéré, modéré, que prendrait l'affection du deuil. Le signe de la maturité génital étant que cet objet réalisé dans le conjoint, puisqu'il s'agit après tout d'une formule qui tend à s'adapter à des mœurs aussi conformes qu'on peut le souhaiter, cet objet, il serait normal et signe de la maturité, qu'on puisse en faire dans un délai décent le deuil. Il y a là quelque chose d'abord qui fait penser qu'il serait dans la norme de ce qu'on appelle une maturité affective que ce soit l'autre qui parte le premier. Ca fait penser à la bonne histoire qui était sans doute celle de quelqu'un de psychanalysé, dont Freud fait état quelque part : un Monsieur Viennois (C'est une histoire viennoise) qui dit á sa femme : « quand l'un de nous deux sera mort, j'irai d Paris »... Je ne fais là que des remarques par cette voie grossière d'opposition contrastée. Qu'il ne soit jamais évoqué dans la théorie quoique ce soit concernant le sujet mature concernant le deuil qu'il laissera lui, derrière lui, ça pourrait aussi bien être une caractéristique qu'on pourrait très sérieusement envisager concernant le statut du sujet. II est probable que ça intéresserait moins la clientèle de sorte que là-dessous même blanc.

      Il y a d'autres remarques que ce menu incident pour ce qu'il nous a fait perdre me force à abréger, je voudrais simplement dire ceci : c'est que l'insistance qui est mise également, le foisonnement de développements qui concerne ce qu'on appelle la situation ou encore la relation analytique est-ce que ceci n'est pas fait aussi pour nous permettre d'éluder la question concernant ce qu'il en est de l'acte analytique. L'acte analytique bien sûr, dira-t-on c'est l'interprétation, c'est d'une façon toujours croissante dans le sens du déclin ce sur quoi il semble le plus difficile dans la théorie d'articuler quelque chose, nous ne ferons pour l'instant que prendre acte de cette déficience. Nous remarquerons que dune façon qui n’est pas sans comporter, je dois dire, quelque promesse, nous avons tout de même quelque chose de présent dans la théorie qui conjugue la fonction de l'analyste, je ne dis pas la relation analytique dans laquelle je viens de diriger mon index pour dire qu'elle a, à cette occasion, une fonction d'écrantage.

     Si l'acte analytique est bien à préciser en ce point, pour nous le plus vif et le plus intéressant à déterminer, qui est le point du quadrangle, et concerne le niveau où il s'agit de l'inconscient et du symptôme, l'acte analytique a, je dirai d'une façon assez conforme, la structure du refoulement, une sorte de position à côté, un représentant, si je puis m'exprimer ainsi, de sa représentation déficiente nous est donné sous le nom d'acting-out, qui est ce que j'ai à introduire aujourd'hui.

        Tous ceux qui sont ici analystes ont au moins une vague notion que ce terme, son axe. son centre, est donné par ceci : que certains actes ayant une structure sur laquelle tous ne sont pas forcément à s'entendre, mais sur lesquels (p175->) on peut tout de même se reconnaître sont susceptibles de se produire dans l’analyse dans un certain rapport de dépendance plus ou moins grand au regard, non pas de la situation ou de la relation analytique, mais d’un moment précis que l’intervention de l’analyste, de quelque chose qui doit avoir quelque rapport avec ce que je considère comme pas défini, à savoir l’acte psyrhana1ytique. Nous n’avons en un champ aussi difficile à nous avancer comme le rhinocéros dans la porcelaine, nous avons à y aller doucement, nous tenons avec l’acting-out quelque chose sur quoi il semble possible d’attirer l’attention de tous ceux qui ont l’expérience de 1’analyse, d’une façon qui promet accord, on sait qu’il est des choses qui s’appellent l’acting-out et qui ont rapport avec l’intervention de l’analyste.

 

        J’ai désigné la page de mes Écrits, dans mon dialogue avec J. Hyppolyte concernant la Verneinung où j’en ai mis en relief un très bel exemple extrait du témoignage auquel on peut faire foi, car c’est un témoignage vraiment innocent, c’est le cas de le dire, celui d’Ernst Chris, dans l’article qu’il a fait sous le titre de : Ego psychology ........,....,..... Vol. XX - janviet 5I – N°1

 

        J’ai marqué en long et en large dans ce texte de mai, aisé à retrouver, c’est dans mon dialogue avec J. Hippolyte celui qui suit Fonction et champ de la parole et du langage, autrement dit, le discours de Rome, où est mis en relief ce que comporte le fait pour Chris d’avoir suivant un principe de méthode qui est celui que promeut l’Ego psychology d’être intervenu dans 1e champ de ce qu’il appelle la surface et que nous appellerons quant à nous, le champ d’une appréciation de réalité. Cette appréciation de réalité elle joue un rôle dans les interventions analytiques en tous les cas dans les termes de référence de l’analyste, elle joue un rôle considérable. Ce n’est pas une des moindres distorsions de la théorie que celle par exemple qui va à dire qu’i1 est possible d’interpréter ce qu’on appelle les manifestations de transfert en faisant sentir au sujet ce que les répétitions qui en constitueraient l’essence ont d’impropres, de déplacés, d’inadéquates au regard de ce qui a été écrit, imprimé, noir sur blanc le champ non pas de la situation analytique, du confinement dans le cabinet de 1’analyste, considéré comme constituant, ceci a été écrit, une réalité si simple.

      Le fait de dire vous ne voyez pas à quel point il est déplacé que quelque chose se répète dans ce champ, où nous retrouvons trois fois par semaine, comme si le fait de se retrouver trois fois par semaine était une réalité si simple à quelque chose qui laisse fort à penser sur la définition que nous avons à donner sur ce qu’il en est de la réalité dans l’analyse. Quoiqu’il en soit, c’est sans doute dans une perspective analogue que M. Chris se place quand ayant à faire à quelqu’un qui, à ses yeux à lui, s’accuse de plagiarisme, ayant mis la main sur un document qui à ses yeux, prouve manifestement que le sujet n’est pas réellement un plagiaire croit devoir comme intervention de surface articuler que bel et bien, lui Chris l’assure, qu’il n’est pas plagiaire, puisque le volume dans lequel le sujet a cru en trouver la preuve, Chris a été le chercher, le trouver, et qu’il n’y a rien vu de spécialement original dont le sujet, son patient, aurait fait son profit. Je vous prie de vous reporter à mon texte comme aussi bien au texte de Chris, comme aussi bien au (p176->) texte de Midberg qui avait eu le sujet dans une première période, ou tranche d’analyse. Vous y verrez ce que comporte d’absolument exorbitant, de passer par ce truchement pour aborder un cas où bien évidemment, ce qui est l’essentiel, ce n’est pas que le sujet soit réellement ou non plagiaire, mais c’est que tout son désir soit de plagier, pour la simple raison qu’il sent qu’il n’est possible, qu’i1 ne formule quelque chose qui ait une valeur, sinon que lui, l’ait emprunté à un autre. C’est cela qui est le ressort essentiel, je peux le schématiser aussi ferme, parce que c’est cela qui est le ressort.

          Quoiqu’il en soit, après cette intervention c’est Chris lui-même qui nous communique qu’après un petit temps de silence, d’un sujet pour qui Chris accuse le coup il énonce simplement ce menu fait, que depuis un bon petit bout de temps il va, chaque fois qu’il sort de chez Chris absorber un bon petit plat de cervelle fraîche.

 

        Qu’est-ce que ceci ? Je n’ai pas à le dire, puisque déjà au début j’ai mis en valeur le fait que ceci est en acting-out, en quoi ? En cela qui n’était pas articulable à ce moment comme je peux 1e faire maintenant, en quoi ? sinon en ceci, sinon que l’objet «  a »  oral est là présentifié, apporté sur un plat, par le patient en relation, en rapport avec cette intervention. Et puis après ? Ceci n’a d’intérêt pour nous maintenant, encore que ça en est toujours un permanent pour les ana1ystes, que ceci n’a d’intérêt que si ça nous permet d’avancer un peu dans la structure. On appelle ça acting-out . Qu’est-ce que nous allons faire de ce terme ? Nous ne nous arrêterons pas, je pense, à ceci : c’est tomber dans le travers d’user de ce qu’on appelle le franglais, pour moi, l’usage du franglais je dois le dire, je crois avoir quelque goût pour la langue française, ne m’incommode à aucun degré. Je ne vois pas pourquoi nous n’adonnerions-nous pas dans l’usage de la langue de l’usage de mots qui n’en font pas partie. Ça ne me fait ni chaud ni froid Ceci d’autant plus que je n’arrive d’aucune façon à le traduire et que c’est un terme en anglais d’une extraordinaire pertinence.

 

        Je le signale en passant, pour la raison qu’à mes yeux c’est une confirmation, à savoir que si les auteurs se sont servis d’acting-out, ce terme, ils savaient très bien ce que ça voulait dire. Je vais vous en donner la preuve. Non en me servant de ce que j’aurais cru pouvoir trouver dans un excellent dictionnaire philologique que j’ai en treize volumes de New English Oxford Dictionnary, mais i1 m’a suffi d’ouvrir la Webster qui est aussi un admirable instrument quoiqu’en un seul volume et qui paraît en Amérique pour trouver la définition suivante :

 

        To represente ( as play story, an story, in action – donc représenter comme un jeu sur une scène une histoire en action, – as oppose – comme opposer, –to reading à la lecture, comme par exemple : as to act out I seen was as rather –

 

        Donc comme act out je ne dis pas jouer, puisque c’est act out, une scène qu’on a lue. Il y a deux temps, vous avez lu quelque chose, du Racine, (p177->) vous le lisez mal, bien entendu, je dis que vous le lisez à voix haute d'une façon détestable. Quelqu'un qui est là veut vous montrer ce que c'est : il le joue. Voilà ce que c'est que to act out.

        Je suppose que les gens qui ont choisi ce terme dans la littérature anglaise pour désigner l'acting-out savaient ce qu'ils voulaient dire, en tous cas, ça colle parfaitement. Je act-out quelque chose parce que ça m 'a été articulé, signifie insuffisamment, ou à côté. J'ajouterai que s'il vous arrive l'aventure que j'ai imagée tout à l'heure à savoir quelqu'un qui veuille vous donner une meilleure présence de Racine c'est pas un très bon point de départ, ce sera certainement aussi mauvais que votre façon de lire. En tous cas ça partira déjà d'un certain porte-à-faux. Il y a quelque chose d'à-côté, d'amorti dans l'acting-out introduit par une telle séquence, c'est là la remarque autour de quoi j'entendrai approcher ce que je mets seulement en question aujourd'hui. Pour parler de la logique du fantasme il est indispensable d'avoir au moins quelque idée où se situe l'acte psychanalytique.

        Voilà qui va nous forcer à un petit retour en arrière. On peut en effet remarquer, ça va sans dire, ça va encore bien mieux en le disant que l'acte psychanalytique n'est pas, un acte sexuel, c'est même pas possible du tout de les faire interférer, c'est tout à fait le contraire. Mais dire le contraire, n'est pas dire le contradictoire puisque nous faisons de la logique, et pour le faire sentir je n'ai qu'à évoquer la couche analytique. Elle est quand même là pour quelque chose dans l'ordre topologique, il y a quelque chose dont je me suis aperçu et c'est vraiment un problème que les mythes en font peu état et pourtant, le lit c'est quelque chose qui a à faire avec l'acte sexuel Le lit c'est pas simplement ce dont nous parle Aristote pour désigner la différence de la  fusis  avec la tecner et de nous présentifier un lit en bois comme si d'un instant à l'autre il pouvait se remettre à bourgeonner. Dans Aristote il n'y a pas trace du lit considéré comme ce que j'appellerai dans mon langage à moi et qui n’est pas très loin de celui d'Aristote, le lieu de l'Autre, il avait un certain sens du topos lui aussi, quant à ce qu'il s'agissait de l'ordre de la nature. Ce lit, si bel et bien il ne le considère jamais comme topos de l'acte sexuel. On dit : on fonde un premier lit, c'est tout de même à prendre au pied de la lettre, les mots ça ne se conjoint pas au hasard. Dans certaines conditions le fait d'entrer dans l'aire du lit peut, peut-être, qualifier un acte comme ayant un certain rapport avec l'acte sexuel. Le lit analytique signifie quelque chose une aire qui n’est pas sans un certain rapport à l'acte sexuel qui est un rapport de contraire à savoir : qu'il ne saurait d'aucune façon s'y passer, il n'en reste pas moins que c'est un lit et que ça introduit le sexuel sous la forme d'un champ vide ou d'un ensemble vide comme on dit quelque part.

         Si vous vous rapportez à un schéma structural, c'est là que nous avons placé l'autre, c'est là aussi que l'acte analytique en aucun cas n'a rien à foutre; il reste le a le A et leurs rapports, je veux dire l'Autre. J'aimerais bien de temps en temps pouvoir élider les choses lourdes, enfin pour ceux qui sont sourds, il s'agit bien de ce champ de l'Autre non pas en tant qu'il se redouble, mais qu'il se dédouble (p178->) de façon telle que justement il y est en son intérieur question d’un autre que cet Autre qui ne semble pas pouvoir aller sans, et que ce champ de l’Autre qui est celui de l’aliénation qui introduit l’Autre du A , qui est aussi le champ de l’Autre où la vérité pour nous se présente, mais de cette façon rompue, morcelée, fragmentaire qui la constitue à proprement parler comme intrusion dans le savoir, avant d’oser même poser les questions concernant ceci : où est le psychanalyste ? Il nous fait faire le rappel de ce dont il s’agit concernant le statut de ce que désigne ici, le segment « a ».

         Vous avez, je pense, déjà senti qu’il est bien clair qu’il y a un rapport entre ce « a » et le A qui ont la même fonction par rapport à 2 choses différentes (cf. schéma).

         « a », forme fermée, forme donnée, qui sépare l’expérience analytique sous laquelle se présente le sujet, production de son histoire, nous dirons des schèmes de cette histoire, forme qui est celle que je désigne sous le nom de 1’objet « a » , a le même rapport avec le « a » de l’Autre sexuel que ce A de la vérité du champ d’intrusion de ce que quelque chose qui boite, qui pèche dans le sujet sous le nom de symptôme, le même rapport de ce champ « a » avec l’ensemble. Toute coupure faite dans ce champ et ce n’est pas dire que l’analyste qui y procède soit à identifier à ce champ de l’Autre comme on serait évidemment un tant soi peu tenté de le faire, les grossières analogies entre l’analyste et le père par exemple, puisque aussi bien se pourrait aussi être là que fonctionne cette mesure destinée à déterminer tous les rapports de l’ensemble nommément ceux du « a » avec le champ du « a » sexuel. Ne nous pressons pas vers des formules aussi précipitées, d’autant plus qu’elles sont fausses, ceci n’empêche pas qu’i1 y a le plus étroit rapport entre le champ du A de l’intervention véridique et la façon dont le sujet vient à présentifier le « a », ne serait-ce comme vous venez de le voir en apparence, dans l’exemple emprunté à Ernst Chris qu’en manière de protestation à une coupure anticipée, il n’y a qu’un malheur c’est justement que ce n’est pas là qu’à portée l’intervention de Chris. Elle a porté dans ce champ (cf, schéma) pour autant que dans l’analyse c’est un champ désexualisé.

         Je veux dire que dans l’économie subjective, c’est de 1a désexualisation du champ propre à l’acte sexuel que dépend l’économie, les retentissements que vont avoir l’un sur l’autre les autres secteurs du champ. C’est pour ça que ceci vaut bien avant que je poursuive plus loin ce qui ne se fera qu’après les vacances de Pâques. Pour la raison que la prochaine sera réservée à que1qu’un qui m’a demandé d’intervenir sur ce que j’ai avancé depuis le mois de janvier concernant cette topologie, celle qui comprend aussi bien les 4 termes de la répétition que ceux de l’aliénation.

         Il convient dans ces conditions de s’attarder sur ce qu’il en est de ce champ en tant que dans l’analyse c’est là que se trouve réservée la place de l’acte sexuel. Je reviens sur le fondement de la satisfaction de l’acte sexuel en tant qu’il (p179->) est aussi ce qui donne le statut de la sublimation. J'y reviens pour cette année devoir ne pas pousser plus loin a ce que j'introduis sur ce point.

          Qu'en est-il de la satisfaction de l'acte sexuel. Elle ressortit à ceci que nous connaissons par l'expérience analytique, qu'il y a non pas d'un partenaire à l'autre mais d’un quelconque des partenaires à l'idée du couple comme un, ce manque que nous pouvons définir différemment manque à être, manque à la jouissance de l'Autre, ce manque cette non coïncidence du sujet comme produit en tant qu'il s'avance dans ce champ de l'acte sexuel, il n’est pas autre chose qu'un produit à ce moment-là, il n'a besoin ni d'être ni de penser, ni d'avoir sa règle a calcul, il entre dans ce champ et il croit être égal au rôle qu’il a à y tenir, que ce soit de l'homme ou de la femme, dans les deux cas le manque phallique qu'on appelle castration dans l’autre penis-neid, est là ce qui symbolise ce manque essentiel.

          C'est de ceci qu'il s'agit. Et pourquoi le pénis se trouve-t-il le symboliser ? Précisément d'être ce qui sous la forme de la détumescence, matérialise ce manque à la jouissance, , matérialise le manque qui dérive, plus exactement qui paraît dériver de la loi du plaisir.

          En effet, dans la mesure ou le plaisir a une limite, où le trop de plaisir  est un déplaisir, que ça s’arrête là et qu’il paraît qu’il ne manque rien, et bien c’est une erreur de calcul, exactement la même que nous ferions ( je peux vous faire passer ça comme on fait passer la muscade ) si je mets un certain nombre d’équations concernant ce 1 + a, ce 1 – 1 qui est égal à 2 etc… vous vous trouverez à un moment passer comme un rien que ce 2 + a que vous voyez sous la forme du A indiqué sur le schéma, vous le transformerez par une erreur bien sûr en un : 2 a +1 sans que  vous ayez vu du feu.

          Si vous voulez la prochaine fois lorsque nous aurons ensemble un petit débat ce sera aisé de faire, c'est même très amusant, il n'y a rien de plus amusant que cette très jolie fonction qui s'appelle le nombre d'or.

          Le 1 - a dont il est facile de démontrer qu'il est égal à a 2, c'est ce qu'a de satisfaisant l'acte sexuel, à savoir que dans l'acte sexuel on ne s'aperçoit pas de ce qui manque, c'est toute la différence qu'il y a avec la sublimation, non pas que dans la sublimation on le sache tout le temps mais qu'on l'obtient comme tel, à la fin, si tant est qu’il y ait une fin de la sublimation. C'est ce que je vais essayer de matérialiser pour vous par l'usage de cette relation dite moyenne et extrême raison. Dans la sublimation que se passe-t-il ? Moins que le manque qui est ici sous la fonction de a 2 par rapport à ce « a » qui vient d'être porté sur le 1.

          L'intérêt de cette relation, je vous l'ai dit la derrière fois est de pouvoir procéder par une réduction successive qui se produit en rabattant le a 2 et vous obtenez concernant ce qui reste, à savoir le A , une autre soustraction du A, c'est-à-dire : a - a 2 = a 3 de même que a 2 est égal à : a -1 =  a3.

          (p180->) Voilà ce que vous obtenez en prenant toujours a le reste et non ce que vous avez reproduit avec a 2 – si vous rabattez le a 3 vous obtenez un secteur qui a la valeur de a 4. En le rabattant vous avez la valeur de a 5 – vous avez toutes les puissances paires d’un côté et les puissances impaires de l’autre.

          Il est faci1e de voir qu’elles iront à la rencontre l’une de l’autre et se totaliser en l, et que le point où se produira la coupure entre les puissances impaires et les puissances paires est facile à calculer, ce point est précisément un point qui est déterminable par le fait qu’il est égal au a 2 qui se réduisait d’abord.

          Qu’est-ce que ceci donne comme structure de la fonction sublimatoire ? D’abord, qu’au contraire du pur et simple acte sexuel, c’est du manque qu’elle part et c’est à 1’aide de ce manque qu’elle construit ce qui est son oeuvre et qui est toujours la reproduction de ce manque.

          Quelle qu’elle soit, de quelque façon qu’elle soit prise, l’œuvre de sublimation n’est pas forcément l’œuvre d’art, elle peut-être bien d’autres choses encore y compris ce que je suis en train de faire ici avec vous, qui n’a rien à faire avec l’œuvre d’art.

          Cette reproduction du manque qui va jusqu’à serrer le point où la coupure dernière équivaut au manque de départ a 2, voilà ce dont il s’agit dans cette oeuvre de sublimation achevée.

          Ceci bien sûr, implique à l’intérieur de l’acte une répétition qui est qu’à retravailler le manque d’une façon infiniment répétée que la limite est atteinte et qui donne à l’œuvre entière sa mesure, bien sûr pour que ceci fonctionne convient-il que la mesure soit juste au départ, car observez quelque chose avec la mesure que nous avons donnée pour être une mesure spécialement harmonique.

          1 + a + a    2 etc jusqu’à l’infini, quant aux puissances invoquées égal ceci n’est pas moins vrai sur celle du ….

autant que ceci fonctionne pour n’importe quel X, n’importe quelle valeur, à condition que cet X soit compris entre 0 et 1 et qu’il comporte par rapport au l quelque défaut et quelque manque, la manipulation ne sera pas aussi aisée concernant la sublimation. C”est bien la question de ce qu’il en est au départ au sujet de ce a, il n’est pas ouvert qu’à la fonction sexuelle, il lui est même antérieur, il est lié purement et simplement à la répétition en elle-même, le rapport de A …  en tant que S s’efforce d’être situé au regard de la satisfaction sexuelle, c’est là ce qui s’appelle fantasme et ce à quoi nous désirons avoir à faire, mais avant de voir comment nous y accédons, il était nécessaire que j’articule prudemment une façon qui peut paraître éloignée des faits, elle ne l’est pas vous le verrez.

Vous verrez au contraire que ça introduit ces nouveautés de l’ordre    ??? (absence "des" dernières pages )

 

    note : bien que relu, si vous découvrez des erreurs manifestes dans ce séminaire, ou si vous souhaitez une précision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un émail. Haut de Page 
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