J.LACAN                             gaogoa

 

séminaire XIX -...Ou pire   - 1971-1972
              
version rue CB               note

 

21 juin 1972

texte de 11 pages

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                                    Qu’on dise comme fait reste oublié derrière ce qui est dit, dans ce qui s’entend.
   
             Cet énoncé assertif par sa forme appartient au modal pour ce qu’il émet d’existence.

    

    Aujourd’hui, je prends congé de vous, de ceux qui sont venus et puis de ceux qui ne sont pas venus et qui viennent pour ce congé. Il n’y a pas de quoi pavoiser ! Qu’est-ce que je peux faire ? Que je me résume, comme on dit, c’est absolument exclu. Que je marque quelque chose, un point, un point de suspension. Bien sûr, je pourrais dire que j’ai continué de serrer cet impossible dans lequel se rassemble ce qui est pour nous – pour nous, dans le discours analytique – fondable comme réel.

    Au dernier moment, ma foi, en raison d’une chance, j’ai eu le témoignage que ce que je dis s’entend. Je l’ai eu en raison de celui qui a bien voulu – et c’est un grand mérite – parler dans le dernier moment de cette année, qui a bien voulu me prouver qu’en effet, pour certains, pour plus d’un, pour des veines dont je ne peux pas du tout prévoir dans quel biais elles se produisent, ils trouvaient en somme, intérêt dans ce que j’essaie d’énoncer. Je remercie donc la personne qui a donné, pas seule- ment à moi, qui a donné à tous, une espèce de... j’espère qu’il y en a assez pour qui ça a fait écho, qui se sont aperçus que ça peut rendre, il est toujours difficile naturellement de savoir jusqu’où ça s’étend.

    En Italie – j’y fais encore allusion parce qu’après tout ça ne me paraît pas superflu – j’ai fait la rencontre de quelqu’un que je trouve très gentil, qui est dans 1'histoire de l’art, l’idée de l’œuvre. On ne sait pas pourquoi, mais on peut arriver à le comprendre, ce qui s’énonce sous le titre de la structure, et nommément ce que j’ai pu moi-même en produire, l’intéresse. Ca l’intéresse en raison de problèmes personnels. Cette idée de l’œuvre, cette histoire de l’art, cette veine, ça rend esclave, c’est certain. ça se voit bien, quand on voit ce que quelqu’un qui n’est ni un critique, ni un historien, mais qui était un créateur a formé comme image de cette veine : l’esclave, le prisonnier. Il y a un nommé Michel-Ange qui nous a montré ça. Alors en marge, il y a l’historien et critique qui prie pour l’esclave... En somme, c’est une mômerie comme une autre. C’est une espèce de service divin qui peut se pratiquer. Ca cherche à faire oublier qui commande, parce que l’œuvre, ça sent toujours à la commande, même pour Michel-Ange.

        Celui qui commande – c’est ça que j’ai d’abord essayé de vous produire, cette année, sous le titre " y a d’ l’UN " – ce qui commande, c’est l’UN. L’UN fait l’Être. Je vous ait priés d’aller chercher ça dans le Parménide ; vous avez peut-être pour certains obtempéré. L’UN fait l’Être comme l’hystérique fait l’homme. Évidemment cet Être que fait l’UN – il n’est pas l’Être, il fait l’Être – évidemment c’est ça qui insupporte une certaine infatuation créativiste et, dans le cas de la personne dont (p140->) je parle, qui a été vraiment très gentille avec moi, il m’a bien expliqué comment il se faisait qu’il était accroché à ce qu’il appelle, lui, mon système, pour y dénoncer – c’est piquant, et c’est pour ça aussi que je le mets aujourd’hui en épingle, pour éviter certaines confusions – il s’est accroché à ce qu’il trouve que je fais trop d’ontologie. C’est tout de même drôle ! Je ne pense pas qu’ici, bien sûr, il n’y ait que des oreilles ouvertes, je pense qu’il y a comme partout une quantité de sourds. Mais dire que je fais de l’ontologie, quand même c’est assez drôle, et la placer dans ce grand Autre que très précisément je montre comme devant être barré et épinglé très précisément du signifiant de ce barrage lui-même, c’est curieux. Parce que ce qu’il faut voir dans le retentissement, la réponse qu’on obtient, c’est quand même qu’après tout les gens vous répondent avec leurs problèmes, et comme son problème a lui, c’est que l’ontologie et même l’Être déjà lui restent en travers de la gorge, à cause de ceci, c’est que si l’ontologie, c’est simplement la grimace de l’UN, c’est évidemment que tout ce qui se fait à la commande devient à l’UN suspendu et, mon Dieu, ça l’embête. Alors ce qu’il voudrait bien en somme, c’est que la structure fût absente. ça serait plus commode pour le passez-muscade !

    Ce qu’on voudrait, c’est que l’escamotage, l’escamotage qui a lieu, qui est ça : l’œuvre d’art, c’est que l’escamotage n’ait pas besoin de gobelet. Vous n’avez qu’à regarder ça, il y a un tableau de Breughel qui était un artiste qui était très au-dessus de ça, il ne dissimule pas comment ça se fait, la captivation des badauds. Alors ici, évidemment ce n’est pas à ça que nous nous occupons. Nous nous occupons du discours analytique et, du discours analytique, j’ai pensé quand même que ce ne serait pas mal de ponctuer quelque chose avant de vous quitter qui vous donne l’idée justement que, non seulement ce n’est pas ontologique, ce n’est pas philosophique, mais c’est seulement nécessité par une certaine position, une certaine position que je rappelle, qui est celle où j’ai cru pouvoir condenser l’articulation d’un discours et vous montrer quand même quel rapport ça a avec ce fait que les analystes ont quand même rapport – et vous auriez tort de croire que je le méconnais – avec quelque chose qu’on appelle l’être humain, oui, bien sûr, mais, moi, je ne l’appelle pas comme ça, je ne l’appelle pas comme ça pour ne pas que vous vous montiez la tête, pour que vous restiez bien là où il faut, pour autant, bien sûr, que vous êtes capables de percevoir que11es sont les dif6cultés qui s’offrent à l’analyste. Ne parlons pas, bien sûr, de connaissance, parce que le rapport de l’homme à un monde sien, il est évident que nous avons démarré de là depuis longtemps, que d’ailleurs de toujours ça n’a jamais été qu’une simagrée au service du discours du Maître. Il n’y a de monde comme sien que le monde que le maître fait marcher au doigt et à l’oei1. et quant à la fameuse connaissance de soi-même, , supposée faire l’homme, partons de ceci qui est tout de même simple et touchable, que, oui, si on veut, elle a lieu, elle a lieu du corps : la connaissance de soi-même, c’est l’hygiène. Partons bien de là. Alors pendant des sièc1es, il restait la maladie, bien sûr, parce que chacun sait que ça ne se règle pas par l’hygiène. La maladie – et ça, c’est bien que1que chose d’accroché au corps – et la maladie – ça a duré pendant des siècles – c’est le médecin qui était supposé la connaître. Connaître, j’entends connaissance. Et je pense avoir assez souligné rapidement, lors à’un de nos derniers entre-(p141->)tiens – je ne sais même plus où – l’échec de ces deux biais. Tout ça est patent dans l’histoire, ça s’y étale en toutes sortes d’aberrations.

Alors tout de même, la question que je voudrais vous faire sentir aujourd’hui, c’est ça : c’est l’ana1yste qui est là et qui a l’air de prendre un relais. On parle de maladie, en même temps on dit qu’il n’y en a pas, qu’il n’y a pas de maladie mentale par exemple, à juste titre, au sens où c’est une entité nosologique, comme on disait autrefois. Ce n’est pas du tout " entitaire ", la maladie mentale. C’est plutôt la mentalité qui a des failles. Enfin exprimons-nous comme ça rapidement. Alors tâchons de voir ce que suppose par exemple ça, qui est écrit là – au tableau – et qui est supposé énoncer où se place une certaine chaîne qui est très certainement et sans aucune espèce d’ambiguïté la structure. On y voit se succéder deux signifiants et le sujet n’est là que pour autant qu’un signifiant le représente pour l’autre signifiant. Et puis ça a quelque chose qui en résulte et que nous avons largement au cours des années développé assez de raisons pour motiver que nous le notions de l’objet a . Évidemment, si c’est là dans cette forme, dans cette forme de tétrade, ce n’est pas une topologie qui soit sans aucune espèce de sens. C’est ça la nouveauté qui est apportée par Freud. La nouveauté qui est apportée par Freud, ce n’est pas rien. Il y avait quelqu’un qui avait fait quelque chose de très bien, en situant, en cristallisant le discours du maître en raison d’un éclairage historique qu’il avait pu attraper, c’est Marx. C’est quand même un pas qu’il n’y a pas lieu du tout de réduire au premier. Il n’y a pas non plus lieu de taire entre les deux un mixage. On se demande au nom de quoi il faudrait absolument qu’ils s’accordent. Ils ne s’accordent pas. ils sont parfaitement compatibles, ils s’emboîtent. Et puis il y en a certainement un qui a été à sa place avec toutes ses aises, c’est celui de Freud.

Qu’est-ce qu’il a apporté en somme d’essentiel ? Il a apporté la dimension de la surdétermination. La surdétermination, c’est exactement ça que j’image avec ma façon de formaliser, de la façon la plus radicale, l’essence du discours, en tant qu’il est en position tournante par rapport à ce que je viens d’appeler un support. C’est quand même du discours que Freud a fait surgir ceci que ce qui se produisait au niveau du support avait à faire avec ce qui s’articulait du discours. Le support, c’est le corps. C’est le corps et encore il faut faire attention quand on dit que c’est le corps. Ce n’est pas forcément un corps, parce qu’à partir du moment où on part de la jouissance, ça veut très exactement dire que le corps n’est pas tout seul, qu’il y en a un autre. Ce n’est pas pour ça que la jouissance est sexuelle, puisque ce que je viens de vous expliquer, cette année, c’est que le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’est pas rapportée, cette jouissance : c’est la jouissance de corps à corps. Le propre de la jouissance, c’est que quand il y a deux corps – et encore bien plus quand il y en a plus – naturellement on ne sait pas, on ne peut pas dire lequel jouit. C’est ce qui fait qu’il peut y avoir dans cette affaire pris plusieurs corps, et même des séries de corps.

    Alors la surdétermination, elle consiste en ceci : c’est que les choses qui ne sont pas le sens, où le sens ça serait supporté par un signifiant, justement le propre du signifiant – je ne sais pas, je me suis mis, de fil en aiguille, et Dieu sait pourquoi ! et puis de plus peu importe ! – (p142->) j’ai retrouvé quelque chose un séminaire que j’ai fait au début d’un trimestre, juste le trimestre qui était la fin de l’année, sur ce qu’on appelle " Le cas du Président Schreber " – c’était le 11 avril 1956, c’est très précisément juste en deçà, c’est les deux premiers trimestres qui sont résumés dans ce que j’ai écrit 
« D’une question préalable a tout traitement de la psychose » – à la fin, le 11 avril 1956, j’ai posé ce que c’était, et puis je l’appelle par son nom, enfin le nom que ça a dans mon discours, la structure ; ce n’est pas toujours ce qu’un vain peuple pense, mais c’est parfaitement dit à ce niveau là ; ça m’amusera de le republier, ce séminaire ; si la tapeuse n’avait pas fait un grand nombre de petits trous faute d’avoir, bien entendu, si elle avait seulement reproduit correctement la phrase latine que j’avais écrite au tableau et dont je ne -sais plus maintenant a quel auteur elle appartient, je le ferais, je ne sais pas, dans le prochain numéro de Scilicet. Le temps qu’il va me falloir pour retrouver de qui est cette phrase latine, ça va certainement me faire perdre du temps ! Peu importe...

    Tout ce que j’ai dit, à ce moment-là, du signifiant, à un moment où vraiment on ne peut pas dire que ce fût à la mode, en 1956, ça reste frappé d’un métal où je n’ai rien à retoucher. Ce que j’en dis très précisément, c’est qu’il se distingue en ceci qu’il n’a aucune signification. le dis d’une façon tranchante parce qu’à ce moment-là il faut que je me fasse entendre, vous vous rendez compte, en plus c’étaient des médecins qui m’écoutaient ! Qu’est-ce que ça pouvait leur foutre ! Simplement ils entendaient du Lacan, du Lacan, c’est-à-dire cet espèce de clown qui faisait merveilleusement son trapèze, bien entendu ! Pendant ce temps-là, ils lorgnaient déjà la façon dont ils pourraient retourner à 1eur digestion. Parce qu’on ne peut pas dire qu’ils rêvent, ce serait très beau : ils ne rêvent pas, ils digèrent ! C’est une occupation après tout, comme une autre !

    Ce qu’il faut tout de même bien essayer de voir, c’est que ce que Freud introduit, c’est ce quelque chose qui – ils imaginent que je le méconnais parce que je parle du signifiant – c’est le retour à ce fondement qui est dans le corps et qui fait que, tout à fait indépendamment des signifiants dont on les articule, ces quatre pôles qui se déterminent de l’émergence comme telle de la jouissance justement comme insaisissable, eh bien, c’est ça qui fait surgir les trois autres et, en réponse, le premier qui est la vérité.

    La vérité, ça implique déjà le discours. Ca ne veut pas dire que ça puisse se dire. Se me tue a dire que ça ne peut pas se dire ou que ça ne peut que se mi-dire. Mais enfin, pour que la jouissance, ça existe, il faut qu’on puisse en parler, moyennant quoi il y a quelque chose qui n’est autre et qui s’appelle le dire. Je vous ai, en somme, expliqué pendant une année – j’ai mis assez de temps pour l’articuler parce que, pour l’articuler, c’est en ga qu’il faut que vous voyiez que la nécessité qui est la mienne, la façon dont je procède, justement je ne peux jamais l’articuler comme une vérité. I! Faut, selon ce qui est votre destin à tous, il faut en faire le tour ou plus exactement voir comment ça tourne, comment r”a bascule, comment ça bascule dès qu’on le touche et comment même, jusqu’à un certain point, c’est assez instable pour prêter à toutes sortes d’erreurs. Quoi qu’il en soit, si j’ai émis, ce qui est tout de même d’un (p143->) certain culot, le titre « D’un discours qui ne serait pas du semblant », je pense que c’était pour vous faire sentir – et que vous avez senti – que le discours comme tel, est toujours discours du semblant et que s’il y a quelque part quelque chose qui s’autorise de la jouissance, justement c’est de faire semblant.

    Et c’est de ce départ qu’on peut arriver à concevoir ce quelque chose que nous ne pouvons qu’attraper là, mais d’une façon déjà tellement assurée, tellement assurée par quelqu’un dont il faut saluer la mémoire – la mémoire telle que je l’écris, en donnant au « mé » le même sens que le 
" mé " de méconnaissance – celui qu’on a si bien « mé-morisé » que c’est faire risée de ses mots dont il s’agit plutôt, à savoir Platon.

    Quand même s’il y a quelqu’un qui a attrapé ce qu’il en ’est du plus- de-jouir, quelque chose qui fait penser que Platon, ce n’est pas seulement les idées et la forme, et tout ce qu’on a avec une certaine grille, une grille qui, j’en conviens, est vraisemblable, traduit ses énoncés, Platon c’est celui qui quand même a avancé la fonction de la dyade comme étant ce point de chute, là où tout passe, là où tout fuit. Pas de plus grand sans plus petit, de plus vieux sans plus jeune. Et le fait que la dyade soit le lieu de notre perte, le lieu de la fuite, le lieu grâce à quoi il est forcé de forger cet UN de l’idée, de la forme, cet UN qui d’ailleurs aussitôt se démultiplie, s’insaisit, c’est bien parce qu’il est là, comme nous tous, plongé dans ce seul supplément – je parle de tout ça dans le 1 l avril 1956 – le supplément, la différence qu’il y a entre le supplément et le complément. Enfin j’avais dit très très bien ça. Depuis l’année 1956, ça aurait pu servir, semble-t-il, à cristalliser quelque chose du coté de cette fonction qui est à remplir, celle de l’analyste, et dont il semble qu’elle soit si impossible, plus que d’autres, qu’on ne songe qu’à la camoufler.

    Alors c’est là-dessus que ça tourne et qu’il faut bien voir certaines choses : c’est qu’entre ce support. ce qui arrive au niveau du corps et d’où surgit tout sens, mais inconstitué, parce qu’après ce que je viens d’énoncer de la jouissance, de la vérité, du semblant et du plus-de-jouir comme faisant là le fond, le « ground », comme s’exprimait l’autre jour la personne qui a bien voulu ici venir nous parler de Peirce, pour autant que c’est dans la note de Peirce qu’il avait entendu ce que je disais – inutile de vous dire que c’est à peu près vers la même époque que j’ai sorti les quadrants de Peirce ; ça n’a, bien sûr, du tout servi à rien, parce que ce que vous pouvez bien penser que mes remarques sur l’ambiguïté totale de l’L’universel, qu’il soit affirmatif ou négatif, et du Particulier de même, qu’est-ce que ça pouvait bien faire à ceux qui ne songeaient dans tout ça qu’à retrouver leur ritournelle ! – le « ground » donc est là : il s’agit en effet du corps.

    Il s’agit en effet du corps avec ses sens radicaux sur lesquels il n’y a aucune prise, parce que ce n’est pas avec la vérité et le semblant, la jouissance et le plus-de-jouir qu’on fait de !a philosophie. On fait de la philosophie à partir du moment où il y a quelque chose qui bourre ce support qui n’est articulable qu’à partir du discours. Qui le bourre de quoi ? II faut bien le dire que ce dont vous êtes tous faits – enfin tous faits, d’autant mieux que vous êtes un peu philosophes, ça arrive quelquefois, mais c’est rare, vous êtes surtout « astudés » comme je l’ai dit (p144->) un jour : vous êtes à la place où le discours universitaire vous situe, vous êtes pris comme « a-formés » ; depuis quelques temps il se produit une crise, mais on en parlera tout à l’heure, c’est secondaire. La question donc est différente, il faut bien que vous vous rendiez compte que ce dont vous dépendez le plus fondamentalement – parce qu’enfin l’Université n’est pas née d’hier ! – c’est le discours du maître quand même, qui est le premier surgi. Et puis c’est lui qui dure et qui a peu de chances de s’ébranler. Il pourrait se compenser, s’équilibrer avec quelque chose qui serait, le jour où ça sera, le discours analytique. Au niveau du discours du maître, on peut parfaitement dire ce qu’il y a, entre le champ du discours, entre la fonction du discours telle qu’elle s’articule de ce Sl, S2, le $ et 1e a, et puis ce corps, ce corps qui vous représente ici et à qui, en tant qu’analyste, je m’adresse, parce que, quand quelqu’un vient me voir à mon cabinet, pour la première fois, et que je scande notre entrée dans l’affaire de quelques entretiens préliminaires, ce qui est important, c’est ça, c’est cette confrontation de corps. C’est justement parce que c’est de là que ça part, cette rencontre de corps, qu’à partir du moment où on entre dans le discours analytique, il n’en sera plus question.

    S’il reste qu’au niveau où le discours fonctionne qui n’est pas le discours analytique, la question se pose de a comment sa a réussi, ce discours à attraper des corps », au niveau du discours du maître, c’est clair : au niveau du discours du maître, dont vous êtes, comme corps, pétris – ne vous le dissimulez pas, quelles que soient vos gambades – c’est ce que j’appellerai les sentiments, et très précisément les bons sentiments. Entre le corps et le discours, il y a ce dont les analystes se gargarisent en appelant ça prétentieusement les « affects ». C’est bien évident que vous êtes affectés dans une analyse. Si c’est ça qui fait une analyse – c’est ce qu’ils prétendent, évidemment i faut bien qu’ils tiennent la corde quelque part pour être surs de ne pas glisser – Ies bons sentiments, avec quoi ça se fait ? On est bien forcé d’en venir là. Au niveau du discours du maître, c’est clair : ça se fait avec de la jurisprudence. Il est quand même bon de ne pas l’oublier au moment où je parle, où je suis l’hôte de la faculté de Droit, de ne pas méconnaître que les bons sentiments, c’est la jurisprudence, et rien d’autre, qui les fonde. Et quand quelque chose comme ça vient tout d’un coup vous tournez le cœur parce que vous ne savez pas très bien si vous n’êtes pas un peu responsable de la façon dont une analyse a mal tourné, écoutez, soyons clairs quand même : s’il n’y avait pas de déontologie, s’il n’y avait pas de jurisprudence, où serait ce " mal au cœur ", cet affect, comme on dit ?

    Il faudrait tout de même essayer de temps en temps de dire un peu la vérité. « Un peu », ça veut dire que ça  n'est pas exhaustif, ce que je viens de dire. Je pourrais aussi dire autre chose d’incompatible avec ce que je viens de dire, ce serait aussi la vérité. Et c’est bien ce qui se passe. C’est bien ce qui se passe simplement quand simplement par l’effet, non pas d’un quart de tour, mais d’une moitié de tour complet, de deux quarts de tour, deux glissements de ces éléments fonction de discours, enfin il se trouve... il se trouve parce qu’il y a quand même, dans cette tétrade, des vecteurs, des vecteurs dont on peut très bien établir la nécessité, ils ne tiennent pas à la tétrade, ni à la vérité, ni au semblant ni à quoi que ce soit de cet espèce, ils tiennent au fait que la tétrade, c’est quatre : à cette seule condition d’exiger qu’il y ait des vecteurs dans les deux sens, (p145->) à savoir que ce soit deux qui arrivent ou deux qui partent, ou un qui arrive ou un qui parte, vous êtes absolument nécessités à trouver la façon dont ici ils sont accrochés : ça tient au nombre quatre, à rien d’autre. Naturellement, le semblant, la vérité, la jouissance et le plus-de-jouir ne s’additionnent pas, alors ils ne peuvent évidemment pas faire quatre à eux tout seuls. C’est justement en ça que consiste le Réel, c’est que le nombre quatre, lui, existe tout seul. C’est aussi une chose que je dis le 11 avril 1956, mais très précisément. Je n’avais pas encore sorti tout ça, d’ailleurs je n’avais même pas construit tout ça. C’est ce qui me prouve que je suis dans la bonne veine, puisque le fait que j’ai dit à ce moment-là que le nombre quatre était là un nombre essentiel à ce qu’on s’en souvint, prouve que j’étais quand même dans le bon fil, puisque maintenant je ne trouve pas de superflu autour de ça : je l’ai dit au moment où il fallait, au moment où il est question de la psychose.

    Alors la question est celle-ci : si les sentiments – ne vous agitez pas pour les personnes qui s’en vont, elles ont à faire à cette heure, elles ont à aller aux obsèques de quelqu’un * dont je salue ici la mémoire, et qui était quelqu’un de notre École, que je chérissais vraiment. Je suis au regret, vu mes engagements, de ne pouvoir m’y joindre moi-même...

    Qu’est-ce qu’il y a dans le discours analytique entre les fonctions de discours et ce support qui n’est pas la signification du discours, qui ne tient à rien de ce qui est dit. Tout ce qui est dit est semblant, tout ce qui est dit est vrai par-dessus le marché, tout ce qui est dit fait jouir : ce qui est dit. Et comme je le répète, comme je l’ai récrit au tableau aujourd’hui : " qu’on dise comme fait – le dire – reste oublié derrière ce qui est dit ". Ce qui est dit n’est pas ailleurs que dans ce qui s’entend. Et c’est ça, la parole.

    Seulement le dire, c’est un autre plan, c’est le discours. C’est ce qui, de relations, de relations et qui vous tiennent tous et chacun ensemble avec des personnes qui ne sont pas forcément celles qui sont là, ce qu’on appelle la relation, la religion, l’accrochage social, ça se passe au niveau d’un certain nombre de prises qui ne se font pas au hasard, qui nécessitent, à très peu d’errance près, ce certain ordre dans l’articulation signifiante. Et, pour que quelque chose y soit dit, il y faut autre chose que ce que vous imaginez, ce que vous imaginez sous le nom de réalité, parce que la réalité découle très précisément du dire.

    Le dire a ses effets dans ce qui constitue ce qu’on appelle le fantasme,  c’est-à-dire ce rapport entre l’objet a qui est ce qui se concentre de l’effet  du discours pour causer le désir et ce quelque chose qui, autour et comme une fente, se condense, et qui s’appelle le sujet. C’est une fente parce que l’objet a, lui, il est toujours entre chacun des signifiants et celui qui suit. Et c’est pour ça que le sujet, lui. a été toujours, non pas entre, mais au contraire béant.

    Pour revenir à Rome, j’ai pu saisir, toucher du doigt l’effet assez saisissant, l’effet où je me reconnaissais très bien, des plaques de cuivre qu’un nommé Fontana, défunt parait-il, et qui, après avoir montré

( ) Pierre Fizlewicz.

(p146->) quelques grandes capacités de constructeur, de sculpteur, etc. consacrait ses dernières années à faire – en italien, ça se dit « squarcio », paraît-il, mais je ne sais pas l’italien ; je me suis fait expliquer : c’est une fente – il faisait une fente dans une plaque de cuivre. Ca fait un certain effet, ça fait un certain effet pour ceux qui sont un peu sensibles ; mais il n’y a pas besoin d’avoir entendu mon discours sur la Spaltung du sujet pour y être sensible. La première personne venue, surtout si elle est du sexe féminin, peut avoir une petite vacillation comme ça. Il faut croire que Fontana n’était pas de ceux qui méconnaissaient totalement la structure, qui croyaient que c’était trop ontologique.

    Alors de quoi s’agit-il, dans l’analyse ? Parce que si on m’en croit, on doit penser que c’est bien, comme je l’énonce, que c’est au titre de ce qu’encore, avec toute l’ambiguïté de ce terme qui est motivée, c’est parce que l’analyste en corps installe l’objet a la place du semblant, qu’il y a quelque chose qui existe et qui s’appelle le discours analytique. Qu’est- ce que ça  veut dire ? Au point où nous en sommes, c’est-à-dire à avoir commencé de voir prendre forme ce discours, nous voyons que, comme discours et pas dans ce qui est dit, dans son dire, il nous permet d’appréhender ce qu’il en est du semblant. C’est là qu’il est frappant de voir qu’au terme d’une tradition, comme on nous l’a bien fait sentir la dernière fois, cosmologique – comment est-ce que l’univers a pu naître ? est-ce que ça ne vous semble pas un peu dater ? mais dater du fond des âges, ça n’en reste pas moins daté – ce qui est frappant, c’est que ça amène Peirce à une articulation purement logique, voire logicienne. C’est un point de détachement du fruit sur l’arbre d’une certaine articulation illusoire, je l’appellerai, qui, du fond des âges, avait abouti à cette cosmologie jointe a une psychologie, à une théologie, à tout ce qui s’ensuit. Nous voila là touchant du doigt, tel qu’on vous l’a énoncé la dernière fois, qu’il n’y a de discours sur l’origine qu’à traiter de l’origine d’un discours, qu’il n’y a pas d’autre origine attrapable que l’origine d’un discours et que c’est ça qui nous importe quand il s’agit de l’émergence d’un autre discours, d’un discours qui, par rapport au discours du maître, dont je peux vite retracer les termes et leur disposition, comporte la double inversion précisément des vecteurs obliques, et ceci a toute son importance.  

    Ce que Peirce ose nous articuler est là au joint d’une antique cosmologie : c’est la plénitude de ce dont il s’agit dans le semblant du corps, c’est le discours dans son rapport, dit-il, au rien. Ca veut dire ce autour de quoi nécessairement tourne tout discours.

    Par cette voie, ce qu’à promouvoir cette année la Théorie des Ensembles, j’essaie à ceux qui tiennent la fonction de l’analyste de suggérer, c’est que ce soit dans cette veine, celle qu’exploite ces énoncés qui se formalisent de la logique, c’est que ce soit à cette veine qu’ils se rompent pour se former. Se Former à quoi ? A ce qui doit distinguer ce que j’ai appelé tout à l’heure la bourre, l’intervalle, le tamponnement, la béance, qu’il y a entre le niveau du corps, de la jouissance et du sem-(p147->)blant, et le discours pour s’apercevoir que c’est là qu’ils se posent la question de ce qui est à mettre, et qui n’est pas les bons sentiments, ni la jurisprudence, qui a à faire à autre chose qui a un nom : qui s’appelle l’interprétation.

    Ce qui, l’autre jour, vous a été mis au tableau sous la forme du triangle dit « sémiotique », sous la Forme du « representamen », de l’interprétant et ici de l’objet, pour montrer que la relation est toujours ternaire, à savoir que c’est le couple représentant/objet qui est toujours à réinterpréter, c’est cela dont il s’agit dans l’analyse.

    L’interprétant, c’est l’analysant. Ca ne veut pas dire que l’analyste ne soit pas là pour l’aider, pour le pousser un peu dans le sens de l’interprété. Il faut bien le dire, ça ne peut pas se faire au niveau d’un seul analyste, pour la simple raison que, si ce que je dis est vrai, à savoir que ce n’est que de la veine de la logique, de l’extraction des articulations de ce qui est dit, et pas du dire, que si, pour tout dire, l’analyste dans sa fonction ne sait pas, je veux dire en corps, en recueillir assez de ce qu’il entend de l’interprétant, de celui à qui, sous le nom d’analysant, il donne la parole, eh bien, le discours analytique en reste à ce qui en effet a été dit par Freud sans bouger d’une ligne. Mais à partir du moment où ça fait partie du discours commun, ce qui est le cas maintenant, ça rentre dans l’armature des bons sentiments.

    Pour que l’interprétation progresse, soit possible selon le schéma de Peirce qui vous a été avancé la dernière fois, c’est en tant que cette relation Interprétation et l’objet, – remarquez, de quoi s’agit-il ? Quel est cet objet dans Peirce ? – c’est de là que la nouvelle interprétation, il n’y a pas de fin à ce à quoi elle peut venir, sauf à ce qu’il y ait une limite, précisément, qui est bien ce à quoi le discours analytique doit advenir, à condition qu’il ne croupisse pas dans son piétinement actuel.

    Qu’est-ce qu’il faut, au schéma de Peirce, substituer pour que ça colle avec mon articulation du discours analytique ? C’est simple comme bonjour : à l’effet de ce dont il s’agit dans la cure analytique, il n’y a pas d’autre representamen que l’objet a, l’objet a dont l’analyste se fait le representamen, justement lui-même a la place du semblant.

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L’objet dont il s’agit, ce n’est rien d’autre que ce que j’ai interrogé ici de mes deux formules, ce n’est rien d’autre que ceci : comme oublié, le fait du dire. C’est ça qui est l’objet de ce qui pour chacun est la question ; où suis-je dans le dire ? Parce que s’il est bien clair que la névrose s’étale, c’est très précisément en ceci qui nous explique le flottement de ce que Freud a avancé concernant le désir, et spécialement le désir dans le rêve. C’est bien vrai qu’il y a des rêves de désir. Mais quand Freud analyse un de ses rêves, on voit bien de quel désir il s’agit : c’est du désir de poser l’équation du désir avec « égale zéro ».

    A une époque qui n’était pas beaucoup postérieure à celle du 11 avril 1956, en 1957 précisément, j’ai analysé le " rêve de l’injection d’Irma ". Ca a été transcrit, comme vous pouvez l’imaginer d’un universitaire, dans une thèse où ça se ballade actuellement. La façon dont cela a été je ne dirai pas entendu – car la personne n’était pas là, elle a travaillé sur des notes et a cru possible d’en rajouter de son cru. Mais il est tout de même clair que s’il y a une chose que le rêve de cette injection d’Irma, sublime, divin, permet de montrer, c’est ce qui est évident, qui depuis le temps que j’ai annoncé cette chose devrait avoir été exploité par n’importe qui dans l’analyse, j’ai laissé ça traîner parce qu’après tout, comme vous allez le vair, la chose n’a pas tellement de conséquences, si comme je le rap- pelais récemment, l’essence du sommeil, c’est justement la suspension du rapport du corps à la jouissance, il est bien évident que le désir qui, lui, se suspend au plus-de-jouir, ne va pas pour autant être là mis entre parenthèses. Ce que le rêve travaille, ce sur quoi il tricote, et on voit bien comment et avec quoi : avec les éléments de la veille. comme dit Freud, c’est-à-dire avec ce qui est encore là tout a fait à la surface de la mémoire, pas dans la profondeur, la seule chose qui relie le désir du rêve à l’inconscient, c’est la façon dont il faut travailler pour résoudre le problème d’une formule avec « égale zéro », pour trouver la racine grâce à quoi la façon dont ça fonctionne, ça s’annule ; si  ça ne s’annule pas, comme on dit il y a le réveil, moyennant quoi bien sûr le sujet continuera à rêver dans sa vie.

    Si le désir a de l’intérêt dans le rêve, Freud le souligne, c’est pour autant qu’il y a des cas où le fantasme, on ne peut pas le résoudre, c’est-à-dire de s’apercevoir que le désir – permettez-moi de m’exprimer, puisque je suis à la fin, ainsi – n’a pas de raison d’être, c’est que quelque chose s’est produit qui est la rencontre, la rencontre d’où procède la névrose, la bête de Méduse, la fente de tout à l’heure directement vue en tant qu’elle n’a pas de solution. C’est bien pour ça que, dans les rêves de la plupart, il s’agit en effet de la question du désir, la question du désir pour autant qu’elle se reporte à bien plus loin, à la structure grâce à quoi c’est le a qui est la cause de la Spaltung du sujet.

    Alors qu’est-ce qui nous lie à celui avec qui nous nous embarquons, franchie la première appréhension du corps ? Est-ce que l’analyste est là pour lui faire grief de ne pas être assez sexué, de jouir assez bien ? Et quoi (en corps) encore ? Qu’est-ce qui nous lie à celui qui avec nous s’embarque dans la position qu’on appelle celle du patient ? Est-ce qu’il ne vous semble pas que, si on le conjoint à ce lieu, le terme " frère " qui est sur tous les murs – " Liberté, Égalité, Fraternité " – je vous le demande, au point de culture où nous en sommes, de qui sommes-nous (p149->) frères ? De qui sommes-nous frères dans tout autre discours que dans le discours analytique ? Est-ce que le patron est le frère du prolétaire ? Est-ce qu’il ne vous semble pas que ce mot de « frère », c’est justement celui auquel le discours analytique donne sa présence, ne serait-ce que parce qu’il ramène ce qu’on appelle ce barda familial. Vous croyez que c’est simplement pour éviter la lutte de classe ? Eh bien, vous vous trompez ! ça tient à bien d’autres choses que 1e bastringue familial. Nous sommes frères de notre patient en tant que, comme lui, nous sommes les fils du discours et, que pour représenter cet effet que je désigne de l’objet a, pour nous faire  ce désêtre d’être le support, le déchet, l’abjection à quoi peut s’accrocher ce qui va, grâce à nous, naître de dire, de dire qui soit interprétant, bien sur, avec l’aide de ceci qui est ce à quoi j’invite l’analyste : à se supporter, de façon à être digne du transfert, à se supporter de ce savoir qui peut, d’être a 1a place de la vérité, s’interroger comme tel sur ce qu’il en est depuis toujours de la structure des savoirs, depuis les savoir-faire jusqu’aux savoirs de la science.

    De là bien sûr, nous interprétons. Mais qui peut le faire si ce n’est celui-là  même qui s’engage dans le dire et qui, du, frère certes que nous sommes, va nous donner l’exaltation, je veux dire que ce qui naît d’une analyse, ce qui naît au niveau du sujet, de sujet qui par!e, de l’analysant, c’est quelque chose qui avec, au moyen – l’homme pense, disait Aristote, avec son âme – l’analysant analyse avec cette merde que lui propose en la figure de son analyste l’objet a. C’est avec cela que quelque chose, cette chose fendue, doit naître qui n’est rien d’autre en fin de compte, pour reprendre quelque chose qui vous a été avancé l’autre jour à propos de Peirce, que le fléau dont une balance peut s’établir et qui s’appelle justice. Notre frère transfiguré, c’est cela qui naît de la conjuration analytique et c’est ce qui nous lie à celui qu’improprement on appelle notre patient.

    Ce  discours " paradoxal ", il faut bien dire qu’il peut avoir ses retours de bâton. Je ne voudrais pas vous laisser uniquement sur du susucre. La notion de frère, si solidement tamponnée grâce à  toutes sortes de jurisprudences pendant des ages, de revenir à ce niveau, au niveau d’un discours, elle aura ce que j’appelais à l’instant ses retours au niveau du support. Je ne vous ai pas du tout parlé dans tout ça du père parce que j’ai considéré qu’on vous en a déjà assez dit, assez expliqué, à vous montrer. que c’est autour de celui qui " unie ", celui qui dit non, que peut se fonder, que doit se fonder, que ne peut que se fonder tout ce qu’il y a d’universel. Mais quand nous revenons a la racine du corps, si nous revalorisons le mot de " frère ", il va rentrer à pleines voiles au niveau des bons sentiments.

    Puisqu’il faut bien quand même ne pas vous peindre uniquement l’avenir en rose, sachez que celui qui monte, qu’on n’a pas encore vu jusqu’à ses dernières conséquences et qui, lui, s’enracine dans le corps, dans la fraternité du corps, c’est le racisme, dont vous n’avez fini d’entendre parler !  

 

note: bien que relu, si vous découvrez des erreurs manifestes dans ce séminaire, ou si vous souhaitez une précision sur le texte, je vous remercie par avance de m'adresser un émail. Haut de Page  

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