(notes de travail non rédigées actuellement)
Recherche d'un "critère" structurellement différentiel entre névrose et psychose :
1°.
Abord par les mécanismes de défense dès 1894-95
.
notion de refoulement, die Verdrängung, avec séparation,
arrachement affect/Vorstellung ; Cf.Vorstellungsrepräsentanz
;
.
notion de Verwerfung, comme refoulement d'un autre type ;
.
notion d'altération du moi, Ichveränderung
Cf.
Travaux sur les psycho-névroses, correspondance avec Fliess, ...
2°.
Abord par les mécanismes d'entrée dans la névrose
et la psychose, et non seulement idée de défense
.
introduction du narcissisme primaire et mise en évidence de la fonction
du fantasme ;
.
la Verwerfung est posée comme radicalement différente
de la Verneinung ; de fait le concept de Verleugnung,
sans être énoncé, commence à s'élaborer,
en particulier avec l'homme aux loups (1918)
.
"Eine Verdrängung ist etwas anderes eine Verwerfung".
.
"Er von ihr nichts wissen wolte im Sinne der Verdrängung".
-
Cf. 1911 : Formulations sur les deux principes de la vie psychique ; 1914,
l'introduction au narcissisme...
3°
Après l'Au-delà... le terme de Verleugnung
apparaît véritablement :
.
1924 : la perte de réalité dans la névrose (p.300)
.
Cf.aussi : 1924, névrose et psychose
.
1927 : versant de la perversion, cf. le fétichisme
.
Passage définitif de l'hypothèse d'un incident réel
historique causal à la théorie de l'après-coup, dans
la logique du signifiant, avec comme seule cause initiale le vide, la béance,
ce qui était encore en question les années précédentes,
cf.Totem et Tabou, 1913, et L'homme aux loups, 1918 ...
.
la notion d'altération du moi est toujours présente : Ichveränderung
...
.
Cf.1938 : le clivage du moi, l'abrégé de psychanalyse, etc.
Introduction :
- question du choix de la structure, pas seulement repérer mécanismes différents... tentative incessante chez Freud de différencier structurellement psychose et névrose ;
-
volonté d'élaborer une théorie de l'appareil psychique
qui rendrait compte des mécanismes en jeu dans la psychose et
dans la névrose.
Donc,
d'abord voir comment il aborde la question au fil de son élaboration
théorique, sur quelles impasses il bute et pourquoi, au fur et à
mesure des remaniements théoriques, donc essayer de repérer
les occurences de Verwerfung, Verleugnung,
Verneinung,
Versagung,
Versicht,
ie
les négations qui sont constitutives du procès de symbolisation,
pour un sujet...
La
question à travailler est celle justement de ses impasses, de leur
contexte historique, etc. pour l'instant, repérer trois étapes,
de 1895 à 1938 :
-
abord de la perte de la réalité par les mécanismes
de défense, 1895 ...
-
abord par le statut différentiel du fantasme, 1914, le narcissisme
... avec l'étape de l'homme aux loups
-
abord après le remaniement de la seconde topique, l'au-delà...,
avec la notion toujours de clivage du moi, jusqu'en 1938.
Mais
cela ne suffit pas pour aborder la notion de Verwerfung : ne pas
confondre la Verwerfung, processus logique de constitution du sujet
pour tout névrosé, et la Verwerfung qui porte spécifiquement
sur un signifiant, dans la psychose. C'est là ce qui pose question,
cette histoire d'un signifiant, dit comme cela, comme on le dit toujours,
ça ne veut rien dire, alors essayer de le dire autrement...
Ce
sur quoi opère la forclusion la modifie
à chaque fois, de quel type est alors le nouage?
Dans
la psychose, il y a qd même de la symbolisation, même sur des
fondements instables, ça foire comme si l'assise manquait, mais
jamais forclusion radicale...
Penser d'abord à présenter la notion même de forclusion, comment le mot apparaît dans le début chez Freud, puis Lacan...
La réalité, ça n'existe pas, ce n'est qu'une modalité de ce procès logique... Cf.les différents niveaux de réalité selon la négation qui opère...
- défaillance
dans modalisation
-
ex. la structure infinitive :
impossibilité
du psychotique à y assumer une position subjective d'énonciation,
alors que les énoncés peuvent sembler corrects : elle m'a
laissée tomber vs elle m'a laissé tomber =>
1°.
X. a laissé moi =Y sujet de tomber, à rapprocher du regard,
X a laissé/regardé Y tomber, c'est Y qui assume derrière
l'ambiguïté signifiante une part de responsabilité dans
le fait de tomber; c'est la position du névrosé, qui n'en
veut rien savoir, et joue pour cela de cette équivocité signifiante;
2°. X. a laissé tomber Y= moi, objet, sans la moindre responsabilité au niveau de l'énonciation, faute de pouvoir jouer de l'équivocité signifiante, Y se fait objet absolu, que le grand Autre fait tomber, lâche, d'où la perplexité : soit il est dans le réel cet objet venant boucher littéralement le grand Autre, soit il ne sait pas ce qui lui arrive dans un énoncé comme cela, il ne peut pas trancher, choisir, entre les deux énoncés. C'est un déficit à ce niveau-là qui permet la psychose, ça se retrouve en particulier dans la mélancolie, où il peut y avoir une grande lucidité, et une difficulté à repérer la psychose, ce n'est pas le délire qui fait la psychose...
Pour
le névrosé, cette fonction d'énonciation, cette fonction
du dire, on ne l'entend pas plus que pour le psychotique, mais elle est
toujours implicite dans tout acte de parole, alors que chez le psychotique,
c'est ce qui fait défaut, c'est là qu'on repère ce
que Lacan appelle forclusion.
Là,
le psychotique est dans la vérité des énoncés,
la certitude, et non la croyance, pas de place pour le moindre doute, c'est
vrai ou faux, cf. la pertinence et la vérité des énoncés
paranoïaques !
C'est parce qu'il y a refoulement, que l'énonciation implicitement permet de jouer de l'équivocité signifiante, et qu'il y a cette dimension du dire toujours présente, même si toujours oubliée... Dans la psychose, défaut, faillite, défaillance du refoulement, (pcq forclusion que pas de Rt ? ou même processus logique?) aussi le sujet se retrouve-t-il dans une position d'altérité radicale ;
-
d'où le danger immédiat si l'on se met dans une position
de savoir = persécution, ou bien dans une position de semblable,
identification au même, miroir rendant tout aussi impossible d'accéder
à la moindre position subjective, d'assumer la moindre part à
l'énonciation.
Le
psychotique est donc dans l'impossibilité de prendre position par
rapport à l'énoncé lui-même, du fait que se
trouve en défaut l'articulation signifiante elle-même, S1
---> S2, d'où se produit un effet de subjectivation. D'où
son insécurité, son extériorité par rapport
au langage.
Lacan
dit quelque part que qd le sujet dit être au bord du trou, au bord
du gouffre, du vide, c'est à prendre au pied de la lettre, c'est
exactement ça !
Avec
le psychotique, la reprise par la parole ne suffit pas, me semble-t-il,
à cause de cette défaillance de la fonction unaire justement,
la parole ne suffit pas, pour que ce qu'il récupère à
son compte s'inscrive, il faut aussi du corps, des béquilles par
des actes, des gestes, de l'imprévu, etc. Sinon, on ne s'en sort
pas, ça ne fait pas date, ça se défait dès
que le sujet est à nouveau appelé en opposition à
la faille du gd Autre, il n'y a alors pas de Sa pour le représenter
auprès d'un autre, c'est la fonction de représentance, la
fonction unaire du Sa qui est en défaut... Alors il disparaît
littéralement dans cette béance, ce vide, dans cette coupure,
il s'y laisse tomber, devient objet pour boucher la faille ds l'Autre:
il est réellement là, présent, d'une présence
réelle, cf. soldat machin Ghis, mort à sa place... ou Cf.
la morsure d'Offroy, scène avec le prof, il est laissé tomber,
pris d'un grand effroi, le trou, etc. la mort-sure dans le réel
vient faire point de capiton.
1ère partie :
Comment Freud envisage-t-il le choix de la structure à travers les mécanismes qu'il observe dans la clinique? Comment se présente son approche différentielle, d'emblée située dans la perspective des lois de l'ordre signifiant?
Il est tout à fait frappant de constater que cette tentative est latente dès le tout début de son élaboration théorique, et qu'il s'agit vraiment là d'un fil conducteur qui le mène jusqu'à la fin de sa vie, qui traverse absolument toute son oeuvre, à travers tous ses trébuchements, ses doutes, etc. C'est souvent en essayant de voir sur quoi il bute qu'on repère mieux les véritables articulations théoriques ; là, plutôt que d'aborder de front la notion de forclusion, il est plus intéressant de rester dans un aller et retour de la névrose à la psychose, et vice-versa, ce qui fait norme pour l'une éclairant l'autre.
Pour aller vite, on peut repérer trois moments de remaniement théorique: il aborde les choses dans les années 90, avec sa première élaboration d'un appareil psychique, syst. perception/conscience, par la question des mécanismes de défense, Cf: l'Entwurf, en 95, et jusqu'en 1900 avec les rêves.
Ensuite, à l'étape de sa théorie de la libido, lorsqu'il bute sur la question du narcissisme primaire, Cf. l'Introduction au narcissisme, 1914, c'est par le biais du mécanisme d'entrée voire de sortie de la maladie, qu'il aborde cette question de la perte de la réalité, avec son travail sur la fonction du fantasme, en rapport avec les mécanismes de retrait ou d'investissement libidinal.
Dans toute cette période, on sent qu'il essaye de distinguer en particulier avec l'homme aux loups, 1918, une négation autre que la Verwerfung ou la Verneinung, sans y parvenir encore: ce n'est qu'après son Au-delà et sa seconde topique qu'il peut l'élaborer, années 25-26 : die Verleugnung !
- La Verneinung: refoulement, ce n'est pas ma mère ! On a à sa disposition le matériau, on l'oublie, on l'ignore, mais on résout la contradiction comme ça ;
- la Verwerfung: pas refoulement ; négation la plus radicale, altération du moi, la représentation n'est pas arrivée à la conscience, comme non inscrite...
-
La Verleugnung:
il y a eu reconnaissance de la castration, et la représentation
inconciliable n'est pas inscrite, pas même sous forme lacunaire =
sorte de non-reconnaissance. Maintien de la satisfaction pulsionnelle,
avec "démenti".
Et
jusqu'en 1938, il tourne autour de ce point différentiel entre psychose
et névrose.
Si
l'on peut suivre ses tâtonnements, la question reste entière
de ce qui détermine le choix pour un sujet : certes, choix dès
lors irréversible pour un névrosé, vu les modalités
de négation et donc de perte/constitution de la réalité
mises en oeuvre dans le procès de symbolisation constitutif d'un
sujet parlant, mais l'est-il aussi pour un psychotique ?
Ma
question là = OK pour tenter de saisir différentes modalités
de perte de la réalité, repérer comment et pourquoi,
historiquement, Freud affine ça peu à peu, etc., mais surtout
pourquoi on choisit, comment se fait le choix quand on est face à
la contradiction entre satisfaction pulsionnelle et réalité
! Verwerfung, Verleugnung, ou Verneinung ? Re-fonder
la question du sujet...
Correspondance
avec Fliess et travaux sur les psycho-névroses :
Cf.schéma
: distinction des trois psycho-névroses :
-
premier point commun : décision de juger une représentation
unverträglich,
d'où arrachement, entreissen, affect/représentation,
et celle-ci est rejetée, expulsée, elle n'y est plus que
sous forme de lacune (Lücke), d'où
unschädlich
(Schädigen : endommager)
-
il distingue deux temps : la séparation Vorstellung/affect
= le refoulement, et le mode de réaction = le retour du refoulé
-
Alors que c'est au second temps qu'il semble repérer le processus
différentiel de ce qui serait propre à la paranoïa,
selon le destin de l'affect, il en revient qd même au premier temps
du processus, en évoquant l'hypothèse de refoulements de
type différent, soit affect seul refoulé, soit affect + incident
causal primaire.
Mais
: dès 1894, il dégage le point différentiel structural
entre névrose et psychose : une espèce plus énergique
de défense, p.12 (NPP). Première occurence du verbe Verwerfen,
indiquant de fait la distinction dès le tout début du processus
de défense.
-
1896, donc ds la paranoïa, la représentation inconciliable
est "rejetée" en même tps que son affect, comme sans
inscription, même lacunaire! comme si elle "n'était jamais
parvenue au moi".
Par
ailleurs, on voit qu'il ne s'agit pas seulement de l'évolution de
la représentation, mais c'est le rapport à la réalité
dans son lien à la représentation que Freud fait intervenir
: citation: "Le moi s'arrache à la représentation ...
hallucinatoire." p.13
-
Il y a méfiance de soi (NO) et des autres (parano) : quand ça
revient, reproches sous forme de pensées à voix haute, le
reproche n'est pas reconnu ce qui rend impossible au moi de les admettre
tels : d'où la formation délirante avec altération
du moi, alors que ds la NO, c'est le fait même de leur reconnaissance
qui sert de protection contre le retour du refoulé. Le névrosé
se protège du reproche initial pcq il est dans la croyance, alors
que le psychotique est dans le registre de l'incroyance.
-
A propos de Ichveränderung :
terme important dans toute son oeuvre, première occurence en 94?
manuscrit K, puis H, "délire comme une altération du moi",
aimer son délire comme soi-même, etc.
manuscrit H : préciser la question du rapport du sujet à l'énonciation, certes reproche attribué à d'autres, mais surtout le fait qu'il y a décision de s'exclure de sa position de sujet de l'énonciation, il ne s'attribue pas de responsabilité dans cet acte de dire, il laisse l'Autre du langage dire pour lui, d'où ce caractère extérieur de l'hallucination verbale. L'élément signifiant aboli au-dedans revient du dehors !
L'hallucination ---> réalise au niveau symbolique cette exclusion, cette non-responsabilité du sujet de l'énonciation, d'où la question du passage à l'acte, d'un franchissement possible dans le réel, à l'arrêt des voix: nullement par obéissance aux énoncés, mais comme ce qui résulterait de cette décision de ne pas engager sa responsabilité au niveau de l'acte d'énoncer, de laisser le champ libre à l'Autre...
passage à l'acte, qd il y a cette sorte d'arrêt de la chaîne signifiante, de point de défaut, là où un Sa vient à manquer, ou plutôt, là où l'articulation signifiante, la signifiance, l'unarité du signifiant défaille. Le trou, le gouffre, "ça se tait pour lui", etc.
Là, notion
intérieur/extérieur du monde du psychotique, il manque cette
dimension asphérique du langage, il n'y a que monde bilatère,
cf. la moitié de la structure moebienne, dans la structure d'échange,
c'est la modalité qui manque, la dimension du dire.
- 1911: biais
des mécanismes d'entrée dans la névrose ou psychose,
et non par idée de défense.
- Là,
Freud est encore ds l'idée que le processus dans la psychose s'inscrit
ds un rapport de causalité avec un incident initial, un événement
initial, avec un type de perte de réalité.
- Toute l'étape
de 1911 à 1920 très intéressante = élaboration
du
rôle du fantasme et abandon final de la séduction. Déjà,
en 1897, il a repéré que dans la psychose n'apparaît
pas l'événement initia : lettre à Fliess n°.69
pp.190-193 : "le secret de l'incident de jeunesse ne jaillit pas...", mais
il y a hypothèse de son existence !
- puis introduction
notion de narcissisme primaire
= un pas nouveau : il situe nettement
libido dans un registre signifiant = c'est l'introduction du rapport à
l'Autre.
- Ex.: dans
sa réponse à Jung : la libido ne se retire pas de l'objet
réel mais de la représentation d'objet = la Vorstellung
:
Vorstellungs/repräsentanz
!
- Narcissisme
primaire: ---> soit le sujet se fait objet du désir de l'Autre jusqu'à
la mort ou la psychose... ---> soit fantasme = limite à jouissance,
médiatisation du rapport à la pulsion :
.la réalité
n'est pas annulée, elle est mise à distance, ne plus la voir,
etc.
.il y a substitution
imaginaire à un objet réel
.il y a renoncement
à l'action motrice visant la satisfaction avec un objet réel
.il y a renoncement
à toute mise en acte du fantasme, = définition même
du fantasme !
- A partir
de là, il peut y avoir distinction intérieur/extérieur,
ce qui est perdu est alors objectalisé en petit a, donc distinction
S(barré) <> a. Mais cette distinction se fait sur fondement
de continuité, par fonction de représentance, = structure
moebienne de l'échange : le névrosé est à la
fois ds logique de l'inconscient (unilatère) et dans un système
bilatère, niveau des énoncés, etc.
- dans la
psychose, il y aurait faillite de la séparation, de ce qui fait
coupure, cette faillite entraînerait difficulté à mettre
en oeuvre narcissisme primaire comme nouvelle fonction dans une structure
moebienne d'échange...
Schémas
: bande de moebius ou sans réversion moebienne :
- cf. dans psychose,
il y a des énoncés mais pas dimension énonciation.
Cf. moments de déclenchement (toujours recouverts par phénomènes
élémentaires, quand on les voit en HP) où il y a comme
"disparition d'un "sujet" potentiel, de ce qui pourrait advenir comme sujet,
non-advenue du sujet qui se laisse tomber ds cette faille, coupure, en
se faisant totalement objet pour en viser l'obturation.
- cette faille
ds l'Autre entraperçue et intolérable : non pas au niveau
de l'absence d'un Sa, mais au niveau de l'absence de la trace de ce Sa,
= au niveau de l'absence du bord ou du cadre de ce vide.
- c'est procédé
de la Verwerfung, métaphore n'a pas lieu, donc pas production
de ce plus de la métaphore, le sujet ne peut s'articuler à
la signification phallique.
- là
encore, on essaye d'expliquer comment se fait ce choix, mais question :
pourquoi ce choix = problème du passage de la pulsion au fantasme.
- Dans la
même période : cas de l'homme aux loups, (1918), "er von
ihr nichts wissen wolte im Sinne der Verdrängung." Terme de Freud
= Verwerfung.
. En 1952-53,
séminaire sur l'homme aux loups, Lacan ne semble pas relever terme
de Verwerfung; c'est en 54, ac J.Hyppolite, qu'il l'évoque
et propose "retranchement", effet = abolition symbolique, la différence
entre Verdrängung et Verwerfung se précise :
.Eine Verdrängung
ist etwas anderes als eine Verwerfung, ce "premier noyau de refoulé",
cet au-delà du refoulement" est "comme si cela n'existait pas":
aucun jugement (Urteil) n'est porté sur l'existence de la
castration!
. Lacan, en
54, aborde ce processus par le biais de la parole : arrêt de la parole,
manque à dire... "Ce qui est là exclu de l'histoire du sujet,
et qu'il est incapable de dire..."
. Cette Verwerfung,
en tant que non-Bejahung, est radicalement différente de
la Verneinung, qui est suppose que la Bejahung primaire a
opéré ;
. C'est en
56, dans les psychoses qu'il élève en fait la Verwerfung
au
niveau d'un concept véritablement opératoire ds les psychoses,
au sens d'un nouage particulier entre réel et symbolique, sans la
même médiation imaginaire que celle du fantasme... Et Lacan
propose de passer du retranchement à la forclusion.
. Freud ds
l'homme aux loups évoque le rejet d'une réalité précise,
la castration ! Mais là, il insiste sur un mouvement initial de
reconnaissance de la castration, mais "sans qu'ait eu lieu cette seconde
décision de la fonction de jugement", celle qui "porte sur
l'existence réelle d'une chose représentée", d'où
l'hallucination du petit doigt resurgissant plus tard. Cf. 1925 la dénégation.
- par rapport
à la logique classique, où il y a d'abord existence puis
attribution, le renversement freudien, ds ce texte, = d'abord attribution
(qqche ds le réel), puis jugement d'existence, (au niveau de la
représentation) = ça rejoint capacité d'un sujet de
vérifier que sa représentation a ou non un point d'ancrage
dans la réalité.
- Si on le
suit, (en 1925), ds la psychose, c'est ce jugement d'existence qui serait
impossible, avec le processus de la forclusion,
pcq il y a faillite ou absence de cette Bejahung primaire ou jugement
d'attribution. Donc ? dans la Verleugnung, il y aurait Bejahung
primaire, mais plutôt du côté du jugement d'existence
qu'il y aurait faillite?
- Donc, ce
qu'il appelle en 1918 Verwerfung, c'est plutôt ce qu'il désigne
ensuite en 27, le fétichisme, par Verleugnung; En 1926, dans
Inhibition,
symptôme, angoisse, il compare Hans et le russe : régression
signifiante ou régression réelle. Chez Hans, le signifiant
cheval vient à la place du père, phobie + angoisse de castration,
alors que chez le jeune russe, la phobie du loup est sans angoisse de castration,
c'est le "être coïté par le père" qui devient
" être dévoré par le loup", l'atteinte portée
à la pulsion est plus énergique dit Freud que ne le permettrait
le refoulement, le pas nouveau qui annonce la Verleugnung de l'année
suivante est de poser que la castration n'est pas en jeu, ou du moins n'est
pas reconnue comme dans la névrose.
- En 1924
: la différence entre névrose et psychose s'articule autour
de la perte de réalité ;
- premières
occurences de cette expression semblent se situer vers 1914 (Cf.Jung),
"Realitätverlust".
- Il y a perte
de réalité dans les deux :
. névrose
: refoulement ---> retour du refoulé ---> symptôme qui entraîne
une perturbation du rapport du moi à la réalité, p.284
(moi vs ça)
. psychose
: (moi + ça vs monde extérieur) d'où ce détachement
! Quel mécanisme : analogue mais différent du Rt, p.286
- l'étoffe:
la "déchirure" (Einriss? Reissen, entreissen,
einreissen,
der
Riss, entriss?) est préalable ou bien elle est l'effet
du retour du refoulé. Important car ce ne sont pas deux degrés
de gravité dans la déchirure, mais deux modes distincts d'inscription
subjective, de tentative de symbolisation.
- Nouveau pas franchi : la perte de la réalité n'est plus abordée en termes de processus de défense, ni de retrait/investissement libidinal du monde extérieur (1914-15), mais il s'agit de modalité différente de symbolisation. C'est là que le terme de Verleugnungapparaît ! Ex. de la jeune fille amoureuse de son beau-frère : ---> refoulement de son amour d'où symptôme (Verneinung) ; ---> déni de la mort (Verleugnung).
- En 1924, il signale un point commun entre le fétichiste et le psychotique: ne pas vouloir reconnaître la castration, sur un autre mode que le refoulement névrotique. Il y a cet effort pour élaborer une autre négation que la Verneinung, avec à la fois reconnaissance et détournement de la castration sous forme d'un refus, d'un démenti, double opération différente de la Verwerfung, dont le fétiche est la trace, par déplacement de valeur.
- A partir de 26-27, c'est du côté de la perversion qu'il présente cette autre négation, qu'il distingue là du statut de la psychose, puisqu'il y a eu connaissance, mais non reconnaissance de la castration. Donc ce n'est pas du tout la Verwerfung !
- En 1938, ds l'article sur le clivage du moi, il parle, à propos de Verleugnung, "d'une déchirure qui ne guérira plus jamais" (Einriss), p.284, un mode de clivage du moi différent de celui de la Verneinung, qu'il met du côté de la perversion.
- Dans l'abrégé de psychanalyse, 1938, il étend cette notion de clivage à toutes les positions possibles dans la structure, y compris la névrose: "Nous disons donc que ds toute psychose existe un clivage du moi, et si nous tenons tant à ce postulat, c'est qu'il se trouve confirmé dans d'autres états plus proches des névroses et finalement dans ces dernières aussi." p.78, ch.8
- Donc : c'est la
contradiction insoutenable qui est inaugurale d'un choix, d'une décision
du sujet potentiel : il se trouve engagé, dans un acte de décision,
du fait qu'il attribue ou non à la représentation le caractère
unverträglich
:
1°. soit il
la dote de ce caractère et résout la contradiction en refoulant
la représentation dont il n'est plus que la trace, c'est une véritable
opération de coupure signifiante pour arracher l'affect à
la Vorstellung, et c'est le refoulement, c'est une contradiction
inaugurale d'un choix que le sujet est forcé de faire pour échapper
à sa contradiction intenable.(Cf.aliénation/séparation...)
2°. soit il échappe à la contradiction, mais sans la résoudre, en ne reconnaissant pas véritablement la faille entraperçue dans l'Autre, il maintient de façon paradoxale deux propositions contradictoires, c'est l'Anerkennung qui est en faillite, par un stratagème de déplacement imaginaire sur le fétiche; donc il ne peut véritablement y avoir fantasme, puisqu'il n'y a pas perte pouvant s'objectaliser en petit a, d'où se produit la distinction sujet/objet, soit la relation moebienne entre S <> a du fantasme ;
3°. soit c'est la Verwerfung, avec impossibilité de la moindre séparation, le sujet ne peut qu'être objet dans un rapport binaire de complémentarité à l'Autre, auquel il demeure entièrement suspendu.
.
