RE: freud-lacan: Petite contribution à la suppléance.

Liliane Fainsilber liliane.fainsilber at wanadoo.fr
Wed Dec 11 07:25:06 GMT 2002


Bonjour Alain,

Par rapport à la référence au texte de l'Etourdit que vous avez choisie, je
voudrais rajouter quelque chose que je viens de découvrir en relisant dans
le texte la phrase que que vous citez  sur la façon du suppléer au rapport
sexuel avec l'appui de la fonction phallique.

Tout d'abord,  je trouve qu'il vaut la peine de  souligner  que  Lacan n'a
pas utilisé simplement cette fonction de suppléance à propos du quatrième
rond notamment celui du Sinthome, puisque déjà dans le séminaire Encore, il
avait parlé des deux façons de rater le rapport sexuel et d'y suppléer du
côté mâle et du côté femelle .
Et c'est effectivement ce qu'il reprend dans ce passage de l'Etourdit, en
1972, mais dans la façon dont c'est là articulé on voit comment s'est
justement strictement équivalent avec ce qu'il dira en 1975 de cette
fonction de suppléance du Sinthome comme "coiffant ce qu'il en est du Nom du
père".
Il faudrait que je puisse l'articuler d'une façon plus didactique mais  que
rien qu'avec ce passage de l'Etourdit, il me semble que c'est très lisible,
tout au moins pour ceux qui ont travaillé le séminaire du Sinthome.
Lacan commence par évoquer sa question préliminaire à tout traitement
possible de la psychose, de 1956, où il introduit la fonction du Nom du
père.
"il n'y a rien d'excessif au regard de ce que nous donne l'expérience, à
metre au chef d'être et d'avoir le phallus ( ma Bedeutung des Ecrits) la
fonction qui supplée au rapport sexuel.
D'où une inscription possible... de cette fonction comme Phi de x à quoi les
êtres vont répondre par leur mode d'y faire argument. Cette articulation de
la fonction comme proposition est de Frege.
Il est seulement de l'ordre du complément que j'apporte plus haut à toute
position de l'universel comme tel, qu'il faille qu'en un point du discours
une existence, comme on dit : s'inscrive en faux contre la fonction
phallique, pour que la poser soit possible...
C'est bien à cette logique que se résume tout ce qu'il en est du complexe
d'Oedipe".

C'est cette fonction d'exception du père que Lacan reprend avec le noeud
borroméen à trois, et comment le symptôme y supplée avec le noeud à quatre,
notamment avec le symptôme de Joyce.

Merci donc Alain, de m'avoir donné l'occasion de relire l'Etourdit.
Cordialement. Liliane Fainsilber.

  -----Message d'origine-----
  De : owner-freud-lacan at lutecium.org
[mailto:owner-freud-lacan at lutecium.org]De la part de Alain Bergeron
  Envoyé : mardi 10 décembre 2002 16:08
  À : freud-lacan at lutecium.org
  Objet : freud-lacan: Petite contribution à la suppléance.



  Suppléer ou suppléer à ? Les grammaires indiquent les deux usages avec
  une préférence tout de même pour l'utilisation du verbe avec sa
  préposition.
  Suppléer à signifie  remédier, tenir lieu, prendre la place,
  remplacer. C'est ce dernier sens qui prévaut en général .
  S'agissant de l'être ou l'avoir du Phallus, Lacan en parle comme de
  la fonction qui supplée au rapport sexuel.
  (L'étourdit in Scilicet 4 - 1973 Ed Seuil p14)


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