freud-lacan: Langue & analyse

Emmanuel Bing bing at club-internet.fr
Wed Dec 11 15:12:16 GMT 2002


Il me semble que dans l'exemple de Bruno, ce qui est en jeu dans la
méconnaissance de la langue, et que cette analysante a peut-être à voir de
plus près, c'est que justement elle met en place (ou accepte la situation)
cette incompréhension. Pour mettre en scène quelle autre incompréhension?
En dehors des interprétations de ce type, pourtant, la situation même
produit un terrain où forcément, ça dérape, non?
EB

le 11/12/02 8:39, Jacques B. Siboni à jacsib at lutecium.org a écrit :

> Cher Bruno,
> 
> Je pense qu'effectivement ça a peu d'importance notamment pour trois raisons
> 
> --- l'analyste n'entend QUE les signifiants qui lui sont adressés que ce soit
> si analyste et analysant possède la meme langue maternelle ou pas.
> 
> --- L'inconscient insiste et trouvera les voies pour se faire entendre de
> l'analyste.
> 
> --- l'analyste n'est pas en position de savoir la vérité du symptome mais en
> position de supposé la savoir. L'interprétation ne compte pas par sa valeur de
> savoir mais par les effets qu'elle produit sur l'analysant.
> 
> Mon expérience  est positive et négative dans l'espèce! Une analysante est
> anglaise et elle travaille son analyse en anglais. Mais je comprends et parle
> l'anglais couramment. Du coup cela donne lieu à un contre exemple:
> 
> Elle est prise dans des troubles tels qu'elle se fait vomir le plus souvent
> quand elle mange.
> Elle se vide donc. Elle me dit l'effet que ça lui fait: "It fulfills me". Full
> fill.
> Le vide la satisfait et la remplit plein!
> 
> Bien amicalement
> 
> Jacques
> 
> 
> 
> BdF wrote:
>> 
>> Dans L?homme aux Loups, Freud remarque qu?une des difficultés de cette
>> analyse, mais non la principale, est la différence culturelle et donc de
>> langue : Sergei est russe, lui est allemand.
>> 
>> Ceci est souligné par Lacan (dans les Écrits Techniques, je crois), lorsqu?
>> il remarque qu?un analyste devrait savoir qu?un phantasme de main coupée, ce
>> n?est pas la même chose suivant que l?analysant est soit chrétien, soit
>> musulman (sharia).
>> 
>> Or un analyste français m?a confié qu?il avait eu en analyse une espagnole
>> qui ne parlait pas le français, alors que lui ne parlait pas l?espagnol, et
>> que ça marchait quand même, insistant que pour lui, ce qui comptait, était
>> la ré-appropriation des signifiants par l?analysante.
>> 
>> A ceux d?entre vous qui êtes analyste, qu?en pensez-vous ? Quelle est votre
>> expérience de ce côté là ? Qu'est ce peut s'entendre d'un signifiant dont on
>> n'a pas le modèle ?
>> 
>> ===
>> BdF
>> ===
>> ---

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Emmanuel Bing
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