freud-lacan: Langue & analyse

Liliane Fainsilber liliane.fainsilber at wanadoo.fr
Wed Dec 11 16:42:45 GMT 2002


Cher Bruno,

 Je suis d'accord avec Jacques sur un point :  sur le fait que le désir
insconscient insiste pour se faire reconnaître et que donc même si
l'analyste ne peut pas saisir les équivoques qu'utilise l'analysant dans sa
langue maternelle pour fabriquer ses symptômes, il arrivera certainement un
moment où, grâce au transfert,  il essaiera d'utiliser la langue qui leur
est commune pour se faire entendre de l'analyste, pour tenter d'y faire
reconnaître son désir.

Par contre quand l'analysant et l'analyste n'ont pas de langue commune,
l'analyste peut certes écouter mais il ne risque pas d'entendre. C'est donc
dénier à l'analyste ce qui est sa fonction, celle de l'interprétation. Ni
Freud, ni Lacan ne s'y dérobaient.
D'ailleurs dans le "contre-exemple" que Jacques a évoqué, cette fonction de
l'interprétation est tout à fait présente.
Cette histoire d'analyse où l'analysant et l'analyste ne peuvent se parler
sans s'entendre, me fait penser à la fable de La Fontaine, celle des
grenouilles qui avaient décidé de se choisir un roi et qui n'avaient rien
trouvé de mieux pour remplir cette fonction qu'un "soliveau".

Amicalement. Liliane.


-----Message d'origine-----
De : owner-freud-lacan at lutecium.org
[mailto:owner-freud-lacan at lutecium.org]De la part de BdF
Envoyé : mercredi 11 décembre 2002 05:31
À : freud-lacan at lutecium.org
Objet : freud-lacan: Langue & analyse


Dans L’homme aux Loups, Freud remarque qu’une des difficultés de cette
analyse, mais non la principale, est la différence culturelle et donc de
langue : Sergei est russe, lui est allemand.

Ceci est souligné par Lacan (dans les Écrits Techniques, je crois), lorsqu’
il remarque qu’un analyste devrait savoir qu’un phantasme de main coupée, ce
n’est pas la même chose suivant que l’analysant est soit chrétien, soit
musulman (sharia).

Or un analyste français m’a confié qu’il avait eu en analyse une espagnole
qui ne parlait pas le français, alors que lui ne parlait pas l’espagnol, et
que ça marchait quand même, insistant que pour lui, ce qui comptait, était
la ré-appropriation des signifiants par l’analysante.

A ceux d’entre vous qui êtes analyste, qu’en pensez-vous ? Quelle est votre
expérience de ce côté là ? Qu'est ce peut s'entendre d'un signifiant dont on
n'a pas le modèle ?

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BdF
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