freud-lacan: Langue & analyse chaine signifiante
Mirian Giannella
giannell at uol.com.br
Thu Dec 12 03:01:25 GMT 2002
Merci David,
Et si tu explicitais plus en croisant avec ce que Liliane a dit :
"les équivoques qu'utilise l'analysant dans sa
langue maternelle pour fabriquer ses symptômes"
par rapport à la chaine signifiante que si je la comprends bien
a de rapport aux identifications du sujet, lesquelles
fixeraient S1, S2, S3, ...Sn
ça m'intéresserait...
Mirian
----- Original Message -----
From: "David Thépaut" <thepaut at webbar.fr>
To: <freud-lacan at lutecium.org>
Sent: Wednesday, December 11, 2002 9:23 PM
Subject: Re: freud-lacan: Langue & analyse A cobra lesa.
> Chère Mirian,
>
> Plus que la phonétique, c'est la forme qui l'emporte, c'est à dire le
> signifiant. La force de l'association libre, c'est qu'elle met le
signifiant
> au centre et au haut de tout, au delà de la langue à laquelle il
appartient,
> mais la langue le rappelle constamment à sa chaîne.... C'est quand
justement
> le signifiant se sépare de la langue, qu'il intrigue, qu'on ne sait plus à
> quelle langue il appartient, et ce quelle que soit la langue de la
cure....
> Comme vous nous l'exposez si bien ici.... Le jeu de la forme et du sens
fait
> l'interprétation.
> L'ombilic du rêve, le signifiant primordial me fait souvent penser à ces
> recherches en linguistique que l'on appelle "l'origine des langues",
> l'origine des langues c'est sans doute la langue qu'on ne parlera
> jamais.....
>
> Amitiés
>
> David
> ----- Original Message -----
> From: "Mirian Giannella" <giannell at uol.com.br>
> To: <freud-lacan at lutecium.org>
> Sent: Wednesday, December 11, 2002 9:51 PM
> Subject: Re: freud-lacan: Langue & analyse A cobra lesa.
>
>
> > Amis,
> > La phonétique emporte, les sons des deux langues ou plus se mélangent
> > cherchant à se déchiffrer l'une à l'autre. La langue étrangère commence
a
> > gagner de la familiarité comme ça, à entrer dans les rêves, à chercher
les
> > sens.
> > Et si on gagne des nouvelles possibilités pour se dire qu'une autre
langue
> > peut nous donner... ? La langue étrangère peut même devenir un bon moyen
> > d'expression pour se dire d'une nouvelle manière...
> >
> > J'ai écrit un récit du parcours de près de 20 années
> > qui a pris en moi, pour se déchiffrer, l'expression:
> > " il n'y a pas de lezard "
> >
> > cobra = serpent
> > cobrar --> cobrança = faire des exigences, demander de l'argent en
> > échange...
> >
> > LESAR
> > Un jour, dans un cours, à Paris, sur le vieillissement, de la
> > Psychophysiologie, j'ai entendu le professeur demander : " Il n'y a pas
de
> > lézard ? ".
> > Ce que je n'ai pas compris et ça a commencé a travailler en moi, jusque
> dans
> > mes rêves. J'ai revé des serpents-lézards. En portugais, on a une
> expression
> > que dit des serpents et des lézards, pour signifier des mauvaises
choses,
> un
> > mélange du n'importe quoi. Ce n'est pas que j'ai pensé cobras e
lagartos,
> > comme a entendu mon analyste à l'époque, c'étaient des serpents avec des
> > pattes. C'était logique, puisque si mon objet phobique était le serpent,
> > alors ce n'étaient pas des simples lézards. C'était un nid de serpents,
a
> > cobrança... J'avais une qui me sortait de la plante du pied et une autre
> qui
> > m'entrait par les dos derrière le coeur, le mal entrait en moi.
> > Lézard sonne comme lesar en portugais, léser en français, faire du mal,
> > causer du préjudice, j'ai associé les sens des deux langues. Et j'ai
même
> > justifié : le lézard lèse parce qu'il a la tête au niveau du ventre.
Bien
> > sûr, ça remet à beaucoup d'autres sens. Qui a la tête au niveau du
ventre
> ?
> > Les émotions qui emportent. Le sujet de l'inconscient ?
> > Un de ces jours, sur une liste des traducteurs francophones, apparait l'
> > expression : " Il n'y a pas de lézard ", et moi, à demander : Mais "y a
> pas
> > de lézard" !? Ça veut dire quoi ? Lézard, lagarto en portugais, il sèche
> au
> > soleil...? C'est bien un réptile... Sur mon dictionnaire d'expressions
Le
> > Robert, je n'ai trouvé que le sens de lézarder, faire le lézard -
> paresser,
> > se chauffer au soleil. Sur le Larousse pas plus que ça. Ça doit avoir d'
> > autres sens...
> > Et on m'a répondu, ça veut dire qu'il n'y a pas des problèmes.
> >
> > Amicalement
> > Mirian
> >
> >
> > ----- Original Message -----
> > From: "David Thépaut" <thepaut at webbar.fr>
> > To: <freud-lacan at lutecium.org>
> > Sent: Wednesday, December 11, 2002 3:36 PM
> > Subject: Re: freud-lacan: Langue & analyse
> >
> >
> > > Salut Bruno,
> > >
> > > Content de te voir de retour.
> > > Mes remarques sur le sujet :
> > > Il n'existe pas une langue qui exprime parfaitement le référent du
> monde.
> > A
> > > fortiori, il n'y en pas une qui exprime mieux que l'autre. Aucune
langue
> > ne
> > > peut tout dire.
> > > Venir chercher une analyse en langue seconde et que l'analyse
"prenne",
> > > c'est déjà du sens, peut-être du symptôme. Surtout à notre époque où
un
> > > certain nombre d'immigrés viennent faire une analyse en français alors
> que
> > > leur langue maternelle est l'arabe ou le chinois et que les
> psychanalystes
> > > arabophones et sinophones existent. C'est encore du sens. Kristeva en
> > parle.
> > > Et puis, ne pas trouver ses mots dans la langue seconde, ne pas
réussir
> à
> > > dire un mot qu'on connaît pourtant dans la langue seconde, c'est déjà
> une
> > > formation. Si le mot qu'on veut dire en français ne sort que dans la
> > langue
> > > maternelle, c'est peut-être déjà un mot français : ce que j'appelle le
> > > "signifiant polyglotte"... Le passage d'une L1 à une L2 est loin
d'être
> > > bijectif, il est sans doute symptomatique. Un ami italien était allé
> voir
> > > une psy italianophone à Paris, il a fini par retourner chez un psy
> > > francophone. Tout est possible.
> > > Et puis si l'inconscient est structuré comme un langage, l'est-il
comme
> un
> > > langage "maternel" ou un langage "second" oserais-je dira un langage
> > > "Autre"...
> > > Tout cela est un peu brouillon, mais bon.....
> > >
> > > David
> > > ----- Original Message -----
> > > From: "Liliane Fainsilber" <liliane.fainsilber at wanadoo.fr>
> > > To: <freud-lacan at lutecium.org>
> > > Sent: Wednesday, December 11, 2002 5:42 PM
> > > Subject: RE: freud-lacan: Langue & analyse
> > >
> > >
> > > > Cher Bruno,
> > > >
> > > > Je suis d'accord avec Jacques sur un point : sur le fait que le
> désir
> > > > insconscient insiste pour se faire reconnaître et que donc même si
> > > > l'analyste ne peut pas saisir les équivoques qu'utilise l'analysant
> dans
> > > sa
> > > > langue maternelle pour fabriquer ses symptômes, il arrivera
> certainement
> > > un
> > > > moment où, grâce au transfert, il essaiera d'utiliser la langue qui
> > leur
> > > > est commune pour se faire entendre de l'analyste, pour tenter d'y
> faire
> > > > reconnaître son désir.
> > > >
> > > > Par contre quand l'analysant et l'analyste n'ont pas de langue
> commune,
> > > > l'analyste peut certes écouter mais il ne risque pas d'entendre.
C'est
> > > donc
> > > > dénier à l'analyste ce qui est sa fonction, celle de
l'interprétation.
> > Ni
> > > > Freud, ni Lacan ne s'y dérobaient.
> > > > D'ailleurs dans le "contre-exemple" que Jacques a évoqué, cette
> fonction
> > > de
> > > > l'interprétation est tout à fait présente.
> > > > Cette histoire d'analyse où l'analysant et l'analyste ne peuvent se
> > parler
> > > > sans s'entendre, me fait penser à la fable de La Fontaine, celle des
> > > > grenouilles qui avaient décidé de se choisir un roi et qui n'avaient
> > rien
> > > > trouvé de mieux pour remplir cette fonction qu'un "soliveau".
> > > >
> > > > Amicalement. Liliane.
> > > >
> > > >
> > > > -----Message d'origine-----
> > > > De : owner-freud-lacan at lutecium.org
> > > > [mailto:owner-freud-lacan at lutecium.org]De la part de BdF
> > > > Envoyé : mercredi 11 décembre 2002 05:31
> > > > À : freud-lacan at lutecium.org
> > > > Objet : freud-lacan: Langue & analyse
> > > >
> > > >
> > > > Dans L'homme aux Loups, Freud remarque qu'une des difficultés de
cette
> > > > analyse, mais non la principale, est la différence culturelle et
donc
> de
> > > > langue : Sergei est russe, lui est allemand.
> > > >
> > > > Ceci est souligné par Lacan (dans les Écrits Techniques, je crois),
> > > lorsqu'
> > > > il remarque qu'un analyste devrait savoir qu'un phantasme de main
> > coupée,
> > > ce
> > > > n'est pas la même chose suivant que l'analysant est soit chrétien,
> soit
> > > > musulman (sharia).
> > > >
> > > > Or un analyste français m'a confié qu'il avait eu en analyse une
> > espagnole
> > > > qui ne parlait pas le français, alors que lui ne parlait pas
> l'espagnol,
> > > et
> > > > que ça marchait quand même, insistant que pour lui, ce qui comptait,
> > était
> > > > la ré-appropriation des signifiants par l'analysante.
> > > >
> > > > A ceux d'entre vous qui êtes analyste, qu'en pensez-vous ? Quelle
est
> > > votre
> > > > expérience de ce côté là ? Qu'est ce peut s'entendre d'un signifiant
> > dont
> > > on
> > > > n'a pas le modèle ?
> > > >
> > > > ===
> > > > BdF
> > > > ===
> >
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