Re: freud-lacan: R.S.I +le symptôme avec le signé Quanon
fainsilber
Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr
Fri Dec 20 16:05:31 GMT 2002
Cher David,
l'expression second degré m'est venue spontanément sans y réfléchir, comme souvent.
Mais je vais quand même essayer d'y répondre en repartant de ces deux exemples, celui du "J'ai toujours su, ou j'ai vu que c'était une femme de non-recevoir et le second : 'ce sera ça et pas autrement. c'est signé Kouanon".
Pris au premier degré, ces deux exemples sont ou des lapsus ou des fautes de français par manque de vocabulaire ou par ignorance. Ce sont peut-être aussi des mots déformés transmis par la tradition familiale. J'en ai un exemple dans ma propre famille. Dans mon enfance, à la maison on ne disait jamais "donne- moi une cuillère mais une cueillère". Je ne sais qui avait donné le coup d'envoi de ce glissement de langue vers le verbe cueillir. Ce que je sais c'est que, même une fois devenue adulte, j'ai eu beaucoup de mal à prononcer ce mot à la française.
Quand c'est un faute de français ou simple ignorance, il n'y a rien de plus à en tirer : on reste au premier degré.
Si c'est un lapsus, là il y a de l'espoir car il devient trait d'esprit pour le sujet aussi et pas seulement pour celui qui l'a entendu, authentifié.
Dans ce cas et seulement dans ce cas, le passage du premier au second degré par l'équivoque signifiante ( fin/femme de non-recevoir ou sine qua non/signé Qouanon) a la fonction d'une interprétation.
Est-ce que ma réponse vous va ? Amicalement. Liliane.
-----Message d'origine-----
De : David Thépaut <thepaut at webbar.fr>
À : freud-lacan at lutecium.org <freud-lacan at lutecium.org>
Date : jeudi 19 décembre 2002 12:27
Objet : Re: freud-lacan: R.S.I +le symptôme avec le signé Quanon
Bonjour Liliane,
Qu'entendez-vous par "second degré", quel sens donnez vous à cette expression dans le cadre de votre message ?
Une piste : l'analyse doit-elle se concentrer sur le second degré, ou sur l'opposition premier/second degré ?
Cordialement
David
----- Original Message -----
From: fainsilber
To: freud-lacan at lutecium.org
Sent: Tuesday, December 17, 2002 10:58 AM
Subject: Re: freud-lacan: R.S.I +le symptôme avec le signé Quanon
Chère Maïtena,
voici le troisième exemple qui est celui que j'aime le mieux. C'est lui aussi un trait d'esprit au second degré, parce qu'au premier degré il relève de la plus franche bêtise.
C'est un producteur de cinéma célèbre, Lacan par charité ne cite pas son nom, qui à tout bout de champ disait : "C'est comme ça et pas autrement. C'est signé Quanon".
Le champ de l'imaginaire, c'est ce scénario des exigences d'un producteur, sa toute puissance.
Le symbolique est mis en évidence par la substitution à un terme élidé, "une condition sine qua non" à cette connerie " c'est signé Quanon ou Kouanon".
Le réel comment se manifeste-t-il ?
Je suggérerai que c'est dans le fait de faire descendre ce personnage tout puissant de son piédestal. L'Autre est castré. C'est un des aspects du réel. Il n'y en a pas un pour rattraper l'Autre.
Voilà je ne sais si je vous ai répondu assez candidement, mais j'ai éprouvé le besoin de prendre appui sur ces trois exemples pour démontrer le plus simplement possible que sous ce registre du réel, plusieurs concepts de la théorie analytique aussi bien issus du texte de Freud que de celui de Lacan, peuvent y être rangés. Je ne fait que les évoquer, le trauma, la pulsion de mort, Das Ding, La Chose, il n'y a pas de rapport sexuel, et j'en passe. Mais le plus important est sans doute le désir de l'Autre qui a rapport au réel, en tant qu'il ne se présenete jamais que sous une forme énigmatique. On n'en a jamais le fin mot. Tout compte fait c'est peut-être bien ça le réel.
Amicalement. Liliane Fainsilber.
En tout cas un grand merci pour cette belle question.
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