freud-lacan: Tr: lutecium-group: Proposition théorique
fainsilber
Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr
Wed Oct 30 15:32:40 GMT 2002
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>Le 30 octobre 2002,
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>Je suis inscrite à Lutecium depuis un mois, et ce n'est que maintenant que
>je me décide à prendre la parole. Psychologue, psychothérapeute, auprès
>d'enfants, d'adolescents, ayant fait une thèse sur les incidences de la
>surdité, publié un article sur l'accueil des fratries en institution, en
>formation au Collège de Psychanalyse, je continue toujours à m'interroger à
>partir d'observations que je rencontre dans ma pratique. Depuis quelques
>temps, je m'intéresse à la question du masochisme. Mon questionnement étant
>à partir du texte de Freud, "le problème économique du masochisme", et de
>ses continuateurs entre autre B. Rosenberg (cf. Monographies sur le
>masochisme PUF), d'envisager lorsqu'il y a une fragilité du Moi, voire une
>déchirure du moi, le masochisme ne remplirait plus ses fonctions.
>
>On sait que Freud distingue 3 formes de masochismes : érogène, féminin et
>moral. Très succinctement, le masochisme érogène renverrait au plaisir de
la
>douleur ; le masochisme féminin qui pourrait être mis en relation avec la
>perversion ; le masochisme moral pourrait être en relation avec la
>culpabilité.
>
>Rosenberg distingue un masochisme gardien de la vie, et masochisme
>mortifère. Dans un premier temps, il pose la question du masochisme "comme
>l'expression clinique par excellence de la pulsion de mort". Freud l'avait
>déjà suggéré en faisant le lien entre théorie des pulsions et masochisme.
Le
>masochisme gardien de la vie est au service de la protection de la vie
>psychique, a une fonction de protection des limites corporelles par
>l'intermédiaire des sensations corporelles. Il serait du côté de l'instinct
>de vie et préviendrait le Moi de la destructivité. Quant au masochisme
>mortifère il entretient l'enfermement et la destructivité. Il paralyse le
>plaisir, la douleur, et repousse en permanence les limites. Et j'ajouterai
>jusqu'à maintenir le Moi en état de survie.
>Ce qui laisse la place à une tension permanente, que nous pourrions
>qualifier d'excitation, qui peut aller jusqu'au maintien de ce que Freud a
>appelé (à propos du sadisme) une "activité de violence" (cf. pulsion et
>destins des pulsions). Celle-ci conduisant au désinvestissement de la
>pulsion de vie, et menace la vie psychique. Il y aurait donc une soumission
>au principe de plaisir poussée à l'extrême. Et là, nous revenons à Freud
qui
>si je me souviens bien, dit qu'une organisation qui devient "l'esclave du
>principe de plaisir" (je crois que c'est dans les 2 principes du
>fonctionnement mental) exclut la réalité extérieure, et empêche l'appareil
>psychique de fonctionner, voire certainement d'exister. Je crois qu'on peut
>parler de mort psychique.
>
>Il y aurait un jeu avec le principe de plaisir, une montée de l'excitation
>dans un mouvement du style toujours plus loin, peut-être pouvant dépasser
>l'état de détresse primaire, avec un certain plaisir de déplaisir. Et là,
il
>semble qu'il y ait un passage, voire un saut dans la réalité extérieure,
qui
>manifestement conduit à ce que j'appelle pour l'instant le déni du
>masochisme (érogène, moral...) qui s'exprimerait par une désintrication du
>masochisme. J'ai l'impression que ce mouvement de destruction est
insidieux.
>Comment tout cela peut-il s'articuler ? Voilà mon questionnement exposé de
>manière un peu floue. Je l'aborde par le biais de la théorie freudienne,
>mais peut-être qu'il y a d'autres point de vue pour aborder cela.
>
>L'origine de ce questionnement est parti de ma pratique où je rencontre pas
>mal de familles et d'enfants fonctionnant dans l'agir, (pervers) des
>institutions fonctionnant sur le même registre au point de devenir
>malléables de manière paradoxales. De même, j'en arrive à me dire, que
cette
>pensée opératoire que l'on retrouve souvent, et qui est différente de celle
>définie par les psychosomaticiens, aurait peut-être un lien avec le déni du
>masochisme et pourrait être l'expression d'un surinvestissement d'un
sadisme
>particulier. Mais là, je vais un peu loin. Pour l'instant, j'en reste à la
>question du masochisme. Je pense que c'est un chapitre important.
>Cordialement, Elisabeth
>
>
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