freud-lacan: Tr: lutecium-group: Proposition théorique

fainsilber Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr
Thu Oct 31 06:51:23 GMT 2002


-----Message d'origine-----
De : Thierry Lechevalier <thierry.lechevalier at libertysurf.fr>
À : lutecium-group <lutecium-group at lutecium.org>
Date : mercredi 30 octobre 2002 22:01
Objet : Re: lutecium-group: Proposition théorique


Bonjour Liliane,

J'ai souvenir avoir lu cette thèse : "le masochisme est le gardien de notre vie en nous avertissant en somme des limites à ne pas dépasser quant à la douleur" chez Junger.
C'est une thèse puissante qui ne tient que par ce bout : sans masochisme, nous ne vivrions pas longtemps. C'est très freudien, si on except sa bévue bien relevée par Lacan d'un masochisme féminin. Les femmes ne savent pas jusqu'où nous fairer plaisir ;-)

Amicalement,

Thierry


>From owner-lutecium-group at lutecium.org 
    
Date Wed, 30 Oct 2002 15:00:09 +0100 
    
Subject Re: lutecium-group: Proposition théorique 
    
    
    
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas être diffusé hors du groupe.
> ---
> Bonjour Elisabeth et bienvenue sur cette liste,
> 
> la question que vous posez est fort complexe et tout à fait intéressante.
> J'ai besoin d'y réfléchir un peu et surtout de relire le problème économique
> du masochisme.
> Mais d'emblée il y quelque chose qui me déconcerte dans votre message c'est
> ce que vous soutenez que le masochisme est le gardien de notre vie en nous
> avertissant en somme des limites à ne pas dépasser quant à la douleur. C'est
> surprenant mais ce n'est peut-être pas faux.
> Je crois que je vais essayer de me repérer dans ce que vous écrivez par
> rapport à ce que Freud appelle désintrication des pulsions. A bientôt.
> Liliane.
> P.S. je transfère en accord avec Jacques Siboni, votre proposition de travil
> sur l'autre lsite, Freud-Lacan.
> 
> 
> 
> -----Message d'origine-----
> De : Elisabeth GALLET 
> À : lutecium-group at lutecium.org 
> Date : mercredi 30 octobre 2002 12:59
> Objet : lutecium-group: Proposition théorique
> 
> 
> >lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> >Ne doit pas être diffusé hors du groupe.
> >---
> >
> >
> >Le 30 octobre 2002,
> >
> >Je suis inscrite à Lutecium depuis un mois, et ce n'est que maintenant que
> >je me décide à prendre la parole. Psychologue, psychothérapeute, auprès
> >d'enfants, d'adolescents, ayant fait une thèse sur les incidences de la
> >surdité, publié un article sur l'accueil des fratries en institution, en
> >formation au Collège de Psychanalyse, je continue toujours à m'interroger à
> >partir d'observations que je rencontre dans ma pratique. Depuis quelques
> >temps, je m'intéresse à la question du masochisme. Mon questionnement étant
> >à partir du texte de Freud, "le problème économique du masochisme", et de
> >ses continuateurs entre autre B. Rosenberg (cf. Monographies sur le
> >masochisme PUF), d'envisager lorsqu'il y a une fragilité du Moi, voire une
> >déchirure du moi, le masochisme ne remplirait plus ses fonctions.
> >
> >On sait que Freud distingue 3 formes de masochismes : érogène, féminin et
> >moral. Très succinctement, le masochisme érogène renverrait au plaisir de
> la
> >douleur ; le masochisme féminin qui pourrait être mis en relation avec la
> >perversion ; le masochisme moral pourrait être en relation avec la
> >culpabilité.
> >
> >Rosenberg distingue un masochisme gardien de la vie, et masochisme
> >mortifère. Dans un premier temps, il pose la question du masochisme "comme
> >l'expression clinique par excellence de la pulsion de mort". Freud l'avait
> >déjà suggéré en faisant le lien entre théorie des pulsions et masochisme.
> Le
> >masochisme gardien de la vie est au service de la protection de la vie
> >psychique, a une fonction de protection des limites corporelles par
> >l'intermédiaire des sensations corporelles. Il serait du côté de l'instinct
> >de vie et préviendrait le Moi de la destructivité. Quant au masochisme
> >mortifère il entretient l'enfermement et la destructivité. Il paralyse le
> >plaisir, la douleur, et repousse en permanence les limites. Et j'ajouterai
> >jusqu'à maintenir le Moi en état de survie.
> >Ce qui laisse la place à une tension permanente, que nous pourrions
> >qualifier d'excitation, qui peut aller jusqu'au maintien de ce que Freud a
> >appelé (à propos du sadisme) une "activité de violence" (cf. pulsion et
> >destins des pulsions). Celle-ci conduisant au désinvestissement de la
> >pulsion de vie, et menace la vie psychique. Il y aurait donc une soumission
> >au principe de plaisir poussée à l'extrême. Et là, nous revenons à Freud
> qui
> >si je me souviens bien, dit qu'une organisation qui devient "l'esclave du
> >principe de plaisir" (je crois que c'est dans les 2 principes du
> >fonctionnement mental) exclut la réalité extérieure, et empêche l'appareil
> >psychique de fonctionner, voire certainement d'exister. Je crois qu'on peut
> >parler de mort psychique.
> >
> >Il y aurait un jeu avec le principe de plaisir, une montée de l'excitation
> >dans un mouvement du style toujours plus loin, peut-être pouvant dépasser
> >l'état de détresse primaire, avec un certain plaisir de déplaisir. Et là, i
> l
> >semble qu'il y ait un passage, voire un saut dans la réalité extérieure,
> qui
> >manifestement conduit à ce que j'appelle pour l'instant le déni du
> >masochisme (érogène, moral...) qui s'exprimerait par une désintrication du
> >masochisme. J'ai l'impression que ce mouvement de destruction est
> insidieux.
> >Comment tout cela peut-il s'articuler ? Voilà mon questionnement exposé de
> >manière un peu floue. Je l'aborde par le biais de la théorie freudienne,
> >mais peut-être qu'il y a d'autres point de vue pour aborder cela.
> >
> >L'origine de ce questionnement est parti de ma pratique où je rencontre pas
> >mal de familles et d'enfants fonctionnant dans l'agir, (pervers) des
> >institutions fonctionnant sur le même registre au point de devenir
> >malléables de manière paradoxales. De même, j'en arrive à me dire, que
> cette
> >pensée opératoire que l'on retrouve souvent, et qui est différente de celle
> >définie par les psychosomaticiens, aurait peut-être un lien avec le déni du
> >masochisme et pourrait être l'expression d'un surinvestissement d'un
> sadisme
> >particulier. Mais là, je vais un peu loin. Pour l'instant, j'en reste à la
> >question du masochisme. Je pense que c'est un chapitre important.
> >Cordialement, Elisabeth
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