freud-lacan: Notes sur Lalangue
Liliane Fainsilber
liliane.fainsilber at wanadoo.fr
Tue Feb 4 17:04:25 GMT 2003
Pour ceux qui s'intéressent à cette question de Lalangue quelques notes de Lecture. Elles ne sont pas pour l'instant rédigées mais simplement écrites sous le fil de la plume.
Lalangue dans lEtourdit ( Scilicet 4 - 1973)
Son approche est encore plus difficile que dans Télévision.
Cest là que jai trouvé, utilisé à propos du langage, cette série darticles définis et indéfinis, Le langage et Un langage, les langages. Cest de ce jeu darticles quon peut tirer ce quil en est dune part de la langue maternelle et ce quil en est de Lalangue.
Mais ce nest pas facile, il faut suivre Lacan non seulement pas à pas mais dans un effet de bouclage qui dans laprès-coup enserre du réel.
Donc sa démonstration suit cet effet de boucle.
Comme on ne peut le traduire que mot à mot, un peu comme une version grecque ou latine, je vous livre ce fragment de texte in extenso, tout en sachant quil faut partir de la phrase qui introduit ce texte : " Quon dise, reste oublié derrière ce qui se dit, dans ce qui sentend ".
Je sais bien que rien avec ça il y de quoi cogiter un certain nombre dannées, mais pour sen tenir simplement à la question de Lalangue, je pars de la page 45 à 47 de Scilicet 4 :
"Là est le tranchant de notre énonciation de départ. Le dit premier, idéalement de prime-saut de lanalysant, na ses effets de structure quà ce que " parsoit " le dire, autrement dit que linterprétation fasse parêtre.
Ce dire que je rappelle à lex-sistence, ce dire à ne pas oublier, du dit primaire, cest de lui que la psychanalyse peut prétendre à se fermer.
Si linconscient est structuré comme un langage, je nai pas dit : par . Laudience, sil faut entendre par là quelque chose comme une acoustique mentale, laudience que javais alors était mauvaise, les psychanalystes ne layant pas meilleure que les autres. Faute dune remarque suffisante de ce choix (évidemment pas un de ces traits qui les touchaient, de les é-pater sans plus dailleurs), il ma fallu auprès de laudience universitaire, elle qui dans ce champ ne peut que se tromper, faire étal de circonstances de nature à mempêcher de porter mes coups sur mes propres élèves, pour expliquer que jaie laissé passer une extravagance telle que de faire de linconscient " la condition du langage ", quand cest manifestement par le langage que je rends compte de linconscient : le langage, fis-je donc transcrire dans le texte revu dune thèse, est la condition de linconscient.
Rien ne sert à rien, quand on est pris dans certaines fourchettes mentales, puisque me voici forcé de rappeler la fonction, spécifiée en logique, de larticle qui porte au réel de lunique leffet dune définition, un article, lui " partie du discours " cest-à-dire grammatical, faisant usage de cette fonction dans la langue dont je me sers, pour y être défini défini.
Le langage ne peut désigner que la structure dont il y a effet de langages, ceux-ci plusieurs ouvrant lusage de lun entre autres qui donne à mon comme sa très précise portée, celle du comme un langage, dont justement diverge de linconscient le sens commun. Les langages tombent sous le coup du pastous de la façon la plus certaine puisque la structure ny a pas dautre sens, et que cest en (46)quoi elle relève de ma récréation topologique daujourdhui.
Ainsi la référence dont je situe linconscient est-elle justement celle qui à la linguistique échappe, pour ce que comme science elle na que faire du parêtre, pas plus quelle ne noumène. Mais elle nous mène bel et bien, et Dieu sait où, mais sûrement pas à linconscient, qui de la prendre dans la structure, la déroute quant au réel dont se motive le langage : puisque le langage, cest ça même, cette dérive.
La psychanalyse ny accède, elle, que par lentrée en jeu dune Autre dit-mention laquelle sy ouvre de ce que le meneur (du jeu) " fasse semblant " dêtre leffet de langage majeur, lobjet dont s(a)nime la coupure quelle permet par là : cest lobjet (a) pour lappeler du sigle que je lui affecte.
Cela, lanalyste le paye de devoir représenter la chute dun discours, après avoir permis au sens de senserrer autour de cette chute à quoi il se dévoue ".
Après il y a toute une partie où il traite de la déception des linguistes par rapport à l approche qui fait de la linguistique.
Il faut que je travaille cette longue partie que jai isolée et qui ne peut bien sûr séclairer que par rapport au reste du texte.
Mais déjà, il me semble que se dessine ce jeu entre le langage, des langages, et un langage.
Hier soir je pensais que les langages étaient autant de langues maternelles, les langues qui nous ont été parlées et qui nous ont donc constituées comme sujet. Mais ce soir je me demande si le passage par le pluriel nimplique pas linconscient lui même structuré comme un langage, Lalangue cest le fait que chaque inconscient structuré comme un langage est singulier. Il y a des inconscients comme il y a des langages. Est-ce quon peut pour autant dire il y a des Lalangues ?
Si quelqu'un voulait me dire aussi ce que c'est que le noumène sans que je soit obligée de partir à sa recherche, ça m'arrangerait bien.
Pour l'instant ce que j'écrivais hier que sur le graphe du désir la langue maternelle celle qui donne lieu à toutes les équivoques, s'incrit en Grand A comme lieu du trésor des signifiants et l'autre, Lalangue s'inscrit sur la chaîne signifiante insconsciente tient toujours. Peut-être Lalangue concernera-t-elle les deux écritures du signifiant de grand A barré et celle de la pulsion : S barré poinçon de grand D.
Mais je vais continuer à travailler ces textes. Amicalement. Liliane Fainsilber.
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