freud-lacan: Notes sur Lalangue

David Thépaut thepaut at webbar.fr
Tue Feb 4 19:28:11 GMT 2003


Bonjour Liliane,
Merci pour ces textes. 
Le noumène, a-t-il plusieurs occurences chez Lacan ? C'est peut être une allusion au "NOMEN" latin, le nom du sujet...
Pour la langue maternelle, apparemment, il n'apparaît jamais dans les citations que vous donnez. Je ne lis pas de lien avec une quelconque langue maternelle et le langage de l'inconscient. 
Finalement à vous lire, je me demande si "lalangue" ne rejoindrait pas en quelque sorte la Grammaire Universelle des linguistes générativistes. Cette chose au-delà de laquelle on ne peut aller, comme l'objet petit a, ce que Chomsky appelle cette faculté de langage propre à l'homme. Mais bon.

Bien à vous
David
  ----- Original Message ----- 
  From: Liliane Fainsilber 
  To: freud-lacan at lutecium.org 
  Sent: Tuesday, February 04, 2003 6:04 PM
  Subject: freud-lacan: Notes sur Lalangue


  Pour ceux qui s'intéressent à cette question de Lalangue quelques notes de Lecture. Elles ne sont pas pour l'instant rédigées mais simplement écrites sous le fil de la plume.  
    Lalangue dans l'Etourdit ( Scilicet 4 - 1973) 

    Son approche est encore plus difficile que dans Télévision. 

    C'est là que j'ai trouvé, utilisé à propos du langage, cette série d'articles définis et indéfinis, Le langage et Un langage, les langages. C'est de ce jeu d'articles qu'on peut tirer ce qu'il en est d'une part de la langue maternelle et ce qu'il en est de Lalangue. 

    Mais ce n'est pas facile, il faut suivre Lacan non seulement pas à pas mais dans un effet de bouclage qui dans l'après-coup enserre du réel. 

    Donc sa démonstration suit cet effet de boucle. 

    Comme on ne peut le traduire que mot à mot, un peu comme une version grecque ou latine, je vous livre ce fragment de texte in extenso, tout en sachant qu'il faut partir de la phrase qui introduit ce texte : " Qu'on dise, reste oublié derrière ce qui se dit, dans ce qui s'entend ". 

    Je sais bien que rien avec ça il y de quoi cogiter un certain nombre d'années, mais pour s'en tenir simplement à la question de Lalangue, je pars de la page 45 à 47 de Scilicet 4 : 

    "Là est le tranchant de notre énonciation de départ. Le dit premier, idéalement de prime-saut de l'analysant, n'a ses effets de structure qu'à ce que " parsoit " le dire, autrement dit que l'interprétation fasse parêtre.

    . Ce dire que je rappelle à l'ex-sistence, ce dire à ne pas oublier, du dit primaire, c'est de lui que la psychanalyse peut prétendre à se fermer.

    Si l'inconscient est structuré comme un langage, je n'ai pas dit : par -. L'audience, s'il faut entendre par là quelque chose comme une acoustique mentale, l'audience que j'avais alors était mauvaise, les psychanalystes ne l'ayant pas meilleure que les autres. Faute d'une remarque suffisante de ce choix (évidemment pas un de ces traits qui les touchaient, de les é-pater - sans plus d'ailleurs), il m'a fallu auprès de l'audience universitaire, elle qui dans ce champ ne peut que se tromper, faire étal de circonstances de nature à m'empêcher de porter mes coups sur mes propres élèves, pour expliquer que j'aie laissé passer une extravagance telle que de faire de l'inconscient " la condition du langage ", quand c'est manifestement par le langage que je rends compte de l'inconscient : le langage, fis-je donc transcrire dans le texte revu d'une thèse, est la condition de l'inconscient.

    Rien ne sert à rien, quand on est pris dans certaines fourchettes mentales, puisque me voici forcé de rappeler la fonction, spécifiée en logique, de l'article qui porte au réel de l'unique l'effet d'une définition, - un article, lui " partie du discours " c'est-à-dire grammatical, faisant usage de cette fonction dans la langue dont je me sers, pour y être défini défini.

    Le langage ne peut désigner que la structure dont il y a effet de langages, ceux-ci plusieurs ouvrant l'usage de l'un entre autres qui donne à mon comme sa très précise portée, celle du comme un langage, dont justement diverge de l'inconscient le sens commun. Les langages tombent sous le coup du pastous de la façon la plus certaine puisque la structure n'y a pas d'autre sens, et que c'est en (46)quoi elle relève de ma récréation topologique d'aujourd'hui.

    Ainsi la référence dont je situe l'inconscient est-elle justement celle qui à la linguistique échappe, pour ce que comme science elle n'a que faire du parêtre, pas plus qu'elle ne noumène. Mais elle nous mène bel et bien, et Dieu sait où, mais sûrement pas à l'inconscient, qui de la prendre dans la structure, la déroute quant au réel dont se motive le langage : puisque le langage, c'est ça même, cette dérive.

    La psychanalyse n'y accède, elle, que par l'entrée en jeu d'une Autre dit-mention laquelle s'y ouvre de ce que le meneur (du jeu) " fasse semblant " d'être l'effet de langage majeur, l'objet dont s'(a)nime la coupure qu'elle permet par là : c'est l'objet (a) pour l'appeler du sigle que je lui affecte.

    Cela, l'analyste le paye de devoir représenter la chute d'un discours, après avoir permis au sens de s'enserrer autour de cette chute à quoi il se dévoue ".

    Après il y a toute une partie où il traite de la déception des linguistes par rapport à l' approche qui fait de la linguistique. 

    Il faut que je travaille cette longue partie que j'ai isolée et qui ne peut bien sûr s'éclairer que par rapport au reste du texte. 

    Mais déjà, il me semble que se dessine ce jeu entre le langage, des langages, et un langage. 

    Hier soir je pensais que les langages étaient autant de langues maternelles, les langues qui nous ont été parlées et qui nous ont donc constituées comme sujet. Mais ce soir je me demande si le passage par le pluriel n'implique pas l'inconscient lui même structuré comme un langage, Lalangue c'est le fait que chaque inconscient structuré comme un langage est singulier. Il y a des inconscients comme il y a des langages. Est-ce qu'on peut pour autant dire il y a des Lalangues ? 

    Si quelqu'un voulait  me dire aussi ce que c'est que le noumène sans que je soit obligée de partir à sa recherche, ça m'arrangerait bien. 

    Pour l'instant ce que j'écrivais hier que sur le graphe du désir la langue maternelle celle qui donne lieu à toutes les équivoques, s'incrit en Grand A comme lieu du trésor des signifiants et l'autre, Lalangue s'inscrit sur la chaîne signifiante insconsciente tient toujours.  Peut-être Lalangue concernera-t-elle les deux écritures du signifiant de grand A barré et celle de la pulsion : S barré poinçon de grand D. 

    Mais je vais continuer à travailler ces textes. Amicalement. Liliane Fainsilber. 



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