freud-lacan: essai sur "le petit Hans"
VIGNIER Pierre
Pierre.VIGNIER at cg44.fr
Wed Jan 15 16:54:54 GMT 2003
Bonsoir à toutes et à tous,
Il y a quelques temps, je vous ais parlé d'une recherche autour du cas du petit Hans, voici un essai sur ce sujet.
Merci de vos commentaires, remarques. Le texte est assez long, mais je ne peux le joindre en pièce attachée alors je le copie ci-après. Meilleurs voeux pour cette année 2003.
Cordialement.
Pierre
" Le cas du petit Hans "
Pierre Vignier
Janvier 2003
I-Symbolique du Cheval
D'après le dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant
La multiplicité de ses acceptions symboliques découle de cette signification complexe des grandes figures lunaires, où l'imagination associe par analogie la terre dans son rôle de mère, son luminaire la lune, les eaux et la sexualité, le rêve et la divination, la végétation et son renouvellement périodique.
Aussi les psychanalystes ont-ils fait du cheval le symbole du psychisme inconscient ou de la psyché non humaine (C.G.JUNG Psychologie und Alchemie 1944), archétype voisin de celui de la mère, mémoire du monde ou de celui du temps puisqu'il est relié aux grandes horloges naturelles (G.DURAND Les structures anthropologiques de l'imaginaire 1963) ou encore de celui de l'impétuosité du désir (P.DIEL Le symbole dans la mythologie Grecque 1966).
Il est la monture, le véhicule, le vaisseau et son destin est donc inséparable de celui de l'homme.
Si le cheval symbolise les composantes animales de l'homme, il le doit surtout à la qualité de son instinct qui le fait apparaître comme doué de clairvoyance. Le cheval instruit l'homme, c'est à dire que l'intuition éclaire la raison.
...fonction passive qui est indiquée dans le double sens du mot chevaucher et être chevauché.
La plupart des chevaux de la mort sont noirs, tel Charos, dieu de la mort des Grecs modernes.
Par la rapidité de sa course, qui l'associe au temps et à la continuité de celui-ci, le cheval, qui d'autre part, traverse indemne les pays de la mort, et du froid, donc l'hiver, le cheval, porteur de l'esprit du blé, de l'automne au printemps, comble la faille hivernale et assure le renouveau. Ainsi était-il coutumier, en France et en Allemagne, qu'à l'époque des moissons le plus jeune cheval du village fut fêté et entouré de soins particuliers, car c'était à travers lui que devait être assurée la nouvelle germination... D'esprit du blé, le cheval est devenu le symbole de toute abondance, ce qu'expliquent son dynamisme et sa force impulsive et généreuse. (il est bien rare de voir un cheval blessé ou mort dans les films qui les utilisent ; dans plusieurs culture le vol d'un cheval est/était considéré comme un crime)
Symbole de force, de puissance créatrice, de jeunesse, prenant une valorisation sexuelle autant que spirituelle, le cheval participe symboliquement des deux plans chtoniens et ouraniens.
Ce sont ces chevaux noirs que l'on attelle, dans les contes de fées, au carrosse du mariage ; ce sont donc bien les chevaux du désir libéré. A l'extrême les mots de cheval et de poulain, ou de jument et de pouliche prennent une signification érotique revêtant la même ambiguïté que le mot chevaucher.
Dans les textes bouddhiques, l'Inde et la Grèce, les chevaux sont surtout les symboles des sens attelés au char de l'esprit, l'entraînant ici et là, s'ils ne sont guidés par le soi qui est le maître du char.
...le cheval devient peu à peu un symbole guerrier, et même l'animal de guerre par excellence.
Le cheval participe du double symbolisme solaire et de sa double valence : force féconde qu'il brille, force meurtrière qu'il sombre dans la nuit. Les chevaux sont attelés aussi aux chars funéraires.
Il apparaît que le cheval constitue un des archétypes fondamentaux que l'humanité ait inscrit dans sa mémoire. Son symbolisme s'étend aux deux pôles, haut (air, feu, soleil, eau) et bas (feu, terre, eau, lune), du cosmos et par-là est réellement universel.
Le cheval passe avec une égale aisance de la nuit au jour, de la mort à la vie, de la passion à l'action. Il relie donc les opposés dans une manifestation continue. Il est essentiellement manifestation : il est vie et continuité par-dessus la discontinuité de notre vie et de notre mort.
II-Tentative d'approche par les chevaux d'angoisse
La lecture et l'écoute de Freud, vis à vis de Hans, est orientée, il nous dit en effet qu'il souhaite que ce cas soit exemplaire de ses théories sur la sexualité infantile, le complexe de castration et l'oedipe.
Outre ses orientations théoriques, Freud adopte un parti pris qu'il ne nous révèle pas totalement. Par exemple, les deux faits suivant ont certainement influencé l'analyse du petit garçon :
1. Freud, ami de la famille Graff, a offert un cheval à bascule en bois au petit Hans (Herbert) pour ses 3 ans.
2. Freud lui-même a une phobie des trains qu'il associe au coït, apparue après un long voyage en voiture à cheval.
Compte tenu de la position très impliquée de Freud, et sans préjuger des conséquences positives ou négatives sur l'analyse de Hans, j'ai éprouvé le désir d'aborder les notes du père de Hans avec mon point de vue et de voir où cela va me mener. Pour cela, je suis tout de même parti d'un constat dont Freud nous fait part à propos de la phobie page 209 : " J'ai déjà mentionné, dans les commentaires dont j'ai accompagné l'histoire du malade qu'il est très instructif d'approfondir une phobie dans ses détails, et d'acquérir par-là l'impression certaine d'un rapport secondairement établi entre l'angoisse et ses objets. " J'ai donc pris comme hypothèse qu'en détaillant les objets et les situations phobiques, cela devrait me permettre de mieux appréhender l'origine de l'angoisse de Hans.
J'ai tout d'abord relu le texte de Freud en essayant de schématiser les liens établis par les propos de Hans, tels que rapportés par son père, entre les personnages, les objets, les situations, les rêves, les peurs et les phantasmes du petit garçon.
Dans un premier temps, j'ai eu beaucoup de difficultés à réaliser un schéma qui me semblait exhaustif, j'ai ensuite constaté un apparent fouillis, imbroglio à travers un paquet de liens. J'ai tenté de faire des schémas plus simples, sur des axes (temporalité, affectivité dans les propos Hans), ou sur des organigrammes (acteurs, rêves, phantasmes). Mais ces tentatives ne m'ont pas satisfait.
En regardant à nouveau mon premier schéma, j'ai voulu identifier les éléments qui le constitue en les regroupant par couleur (par exemple du rouge pour la violence et l'agressivité, du bleu pour les rêves, du gris pour le réel, du violet pour le plaisir et du beige pour le symbole phallique) et des traits différenciés selon la nature de la relation établie par Hans (trait pointillé pour une liaison indirecte ou interprétée, trait plein pour une relation directe et consciente).
J'ai alors constaté que je pouvais identifier des ensembles cohérents :
* Les actions avec les verbes employés par Hans ;
* Les images à travers les objets cités ;
* Les symboles dans les rêves, la réalité, ou les phantasmes décrits ;
Enfin j'ai remarqué que tous ces ensembles étaient en lien avec les acteurs et personnages mis ainsi en scène par Hans.
Première piste d'investigation, les actions :
Je remarque que la majorité des traits de mon schéma partent et arrivent, se regroupent, s'entrecroisent et se nouent autour des actions.
Je retrouve là un élément fort dans la symbolique du cheval, étroitement lié aux activités motrices et à l'agressivité, c'est à dire le transport, le déplacement, la guerre, la force féconde ou meurtrière. J'en déduis _ tout comme Freud_ que la phobie de Hans est en rapport étroit avec un problème, une angoisse liée au passage à l'acte, à la mise en branle de ses capacités motrices. Voir le jeu de mot avec wägen et wegen.
J'ai d'emblée regroupé, en m'appuyant sur le texte, les actions par analogie et ambivalence pour donner des couples, avec passif / actif et plaisir / souffrir, comme :
* Mordre / s'asseoir dessus
* Charger / décharger
* Tomber / faire du charivari / mourir
* Pénétrer / évacuer / découper-percer
* Avoir du plaisir / jouer / taquiner
* Toucher son fait pipi / menacé d'être castré-exclu de la maison-enfermé dans un sac
* Monter-chevaucher / être monté-chevauché
* Crier hue / fouetter / frapper de la tête
J'en déduis que le petit garçon se pose certainement deux types de question lorsqu'il entrevoit le désir de passer à l'acte, pour lui et pour ce qu'il perçoit de l'autre :
1. Doit-il ou dois-je être actif ou passif par rapport à ce désir de mise en acte ?
2. Est-ce qu'elle, je, va, vais y éprouver du plaisir ou de la souffrance et dans quelles conditions ?
J'ajouterais même que ces questions sont adressées, la première au père ou à son substitut auprès de sa mère, et la deuxième à sa mère.
En fonction des réponses que le petit garçon se construis seul à ses questions, il peut s'identifier plus clairement à elle et / ou à lui, et s'imaginer quel lien existe entre eux deux, et quel rôle ses parents attendent de lui dans ses relations ?
La phobie serait, dans ce cas, un moyen de trouver ou d'élaborer des réponses à ses questions après avoir été reformulées et détournées. On peut penser que Hans a besoin de cette phobie pour résoudre l'angoisse liée à ce questionnement, car il en est arrivé à une impasse dans la résolution de cette énigme auprès de ses parents et de son entourage. Or, quelque chose le pousse irrésistiblement à rechercher des réponses à ses questions, sa curiosité insatiable en est le témoin. Il se retrouve en quelque sorte pris au piège, dans l'intervalle, le gouffre qui existe entre ses pulsions, ses désirs et la réalité des relations de ses parents et lui avec eux.
Je pense que ce résultat est proche de celui qui nous est présenté par Freud, avec toutefois comme nuance que je n'ais pas, à ce stade, de partis pris sur le positionnement du petit garçon face à ses questions. En effet, avec le complexe de castration, ses théories sur la sexualité infantile et l'oedipe, Freud le place d'emblée dans une problématique centrée sur la relation à ses parents, apparemment sans se poser la question de sa constitution narcissique dans ce jeu de relations.
Il me faut pousser ce travail plus loin, afin de montrer combien la position subjective de Hans est floue, ambiguë et incertaine vis à vis de ses soutiens narcissiques que sont ses parents. Nous verrons en deuxième piste (les images) les angoisses de Hans face à son image et à l'image de ses parents, et de sa famille.
a) Avec sa mère, Hans éprouve du plaisir (câliner, regarder sa mère se déshabiller ou aux WC, les lavements pour aller à la selle après s'être retenu) et souhaite continuer et en avoir plus. Mais cela pose la question suivante, quand est-ce que maman a du plaisir et quand souffre t-elle ? Par rapport à cela, Hans affiche assez clairement qu'il veut éviter de la fâcher, il veut donc lui faire plaisir. Ce plaisir peut alors s'obtenir, selon ses observations auprès de sa mère, via des comportements divers, ambivalents et ambigus, comme le maternage (lui et sa soeur), le voyeurisme, les câlins, l'exhibitionnisme, taquiner, administrer des lavements, ou même fouetter. En effet, je pense que le cheval est en partie porteur de l'image de la mère, car il symbolise l'abondance, la fertilité et la générosité ainsi que le désir libéré et ambivalent de chevaucher et d'être chevauché. Les comportements du petit garçon vis à vis du cheval sont donc en partie révélateurs des aspirations pour sa mère et des suppositions de prise de plaisir et de souffrance par sa mère.
De là, Hans introduit le partenaire ou l'agent du plaisir de sa mère et son action et sa position vis à vis d'elle pour qu'elle ais du plaisir :
* Le père qui dort dans le lit de la mère ;
* Freud qui l'a soignée ;
* Le médecin et/ou la cigogne qui lui apporte le bébé et qui la fait crier ;
* Le bébé (Anna) qu'elle peut materner ;
* Hans qu'elle peut câliner, gronder, castrer, délivrer de ses fèces accumulées, (pour qui elle peut s'inquiéter) ;
Alors, s'instaure pour Hans et les protagonistes du plaisir de sa mère un jeu d'identification, d'envie, de jalousie et de compétition, lorsque ceux-ci sont suffisamment bien identifiables et assimilables par le petit garçon comme exemples valables.
Pour sortir grandit de ce jeu, il lui faut établir son " je ", sa place et son rôle en référence à ses principales bases d'identification et lorsque le jeu en question est possible. C'est à dire lorsque ces partenaires, adversaires sont identifiables et assimilables en tant que tels par Hans, et avec la bénédiction de la mère et du père.
C'est seulement à ce moment que le petit garçon peut être culpabilisé par ses mises en actes, lorsque celles-ci sont perçues (par ses parents) comme agressant pour eux.
Le cheval peut être alors un support de jeu nécessaire, comme un médiateur, entre Hans et les protagonistes qu'il a du mal à situer dans le jeu.
Sa mère paraît être " agressée " lorsque Hans veut coucher avec une autre, alors elle menace de le rejeter définitivement, et lorsque le petit garçon se masturbe et joue avec son pénis, alors elle le menace du docteur (Freud, son père) qui lui enlèvera son fait pipi. Avec le cheval, Hans aurait un grand fait pipi, et pourrait aller où il veut en chevauchant ses désirs, au lieu de cette fin heureuse, il a peur du cheval et est empêcher par-là d'accéder à ce qu'il souhaite.
b) Avec son père, Hans cherche certainement un appui d'identification pour sa construction narcissique, mais il cherche également un model, un adversaire et un complice dans la relation à sa mère, pour lui faire plaisir et lui faire un enfant. Nous avons vu plus haut que dans la relation de plaisir à la mère, le père n'est que peu représenté, et pas du tout, ou indirectement dans le fait de lui faire un enfant :
* Le père qui dort dans le lit de la mère, et en est fier devant Hans ;
* Le médecin et/ou la cigogne qui lui apporte le bébé et qui la fait crier ;
Le médecin et la cigogne qui apporte le bébé évoquent un ou plusieurs autres acteurs dans le fait que sa mère est un enfant.
Le petit garçon, en recherche de construction de son image et de soutient paternel, peut se demander si son père est :
Actif ou passif dans la relation à sa mère ?
Si et comment il lui procure du plaisir ?
Si et comment il lui fait un enfant ?
Quel rôle et position a t-il par rapport à Hans (adversaire, amoureux, partenaire, complice...) ?
En plus de la cigogne qui interviendrait auprès de la mère, le cheval est utilisé par Hans comme " agent médiateur " dans les relations avec elle et également comme symbolisant en partie la mère.
Nous avons vu que la symbolique du cheval est liée aussi, en partie, à l'impétuosité du désir, à la guerre, à la force impulsive et généreuse et également à la mort.
De part, également, le fait que Hans l'associe à la motricité et certainement à l'agressivité, le cheval est très lié au père, à ses relations avec lui (jouer au cheval) et à l'image qu'il en a (grand fait pipi).
D'autres éléments nous permettent de confirmer cela :
* Son premier cheval fut son père ;
* Freud, image paternaliste et idéalisée pour ses parents, lui a offert un cheval à bascule (qui menace de tomber...) ;
* Le cheval a un grand fait pipi et du noir autour de la bouche comme son père ;
* Le cheval est mené, soigné, battu, guidé et chevauché par le cocher (Loisl), qui est un homme proche dans l'environnement quotidien de Hans et sa famille ;
Le cheval aurait donc également, et comme l'a écrit Freud, un rôle en lien au père et j'ajouterais au masculin dans le rapport à la mère. Là encore, il serait utilisé par le petit garçon comme image déplacée et substituée à celle du père, du géniteur et du mâle.
Ses rapports au père et à l'image du père (homme, géniteur, grand fait pipi) auraient besoin, comme pour sa mère, du cheval comme " agent médiateur ", car Hans aurait des difficultés à repérer son père dans ses problématiques. Peut-être parce que son père aurait du mal à se positionner.
En particulier, et en complément des apports de Freud à ce sujet (p208 à 210), je pense que le petit garçon est amoureux aussi de son père, ce qui compliquerait d'autant plus la possibilité pour Hans de se situer clairement vis à vis de lui.
En effet son intérêt pour le loumf, ses relations d'amour, d'agressivité et de complicité avec son père prennent beaucoup de place dans ses propos. Le premier phantasme (p126) mettant en scène un cheval qui pénètre dans sa chambre puis le cheval qui va le mordre, alors que le petit garçon se masturbait.
Le rêve aux girafes (Graff) où la grande n'est pas contente alors qu'il s'assoit sur la petite (sous-entendu qu'il se l'introduit dans l'anus). Ces deux éléments sont bien évidemment en lien à la mère, mais également au père dans une position particulièrement passive, anale, d'exhibition et d'incorporation de la part de Hans.
Freud dit d'ailleurs que Hans a clairement des tendances homosexuels mais sans approfondir plus le sujet.
De plus, Hans se pose visiblement des questions sur le rôle de son père auprès de sa mère et dans la venue d'Anna (et de lui-même). P164 : Hans raconte à son père un phantasme sur la naissance de sa petite soeur. Il exprime clairement que le cocher conduisait la voiture avec lui, sa soeur et sa mère dans la voiture pour aller à Gmunden (lieu où tout se rejoint pour Hans). Et le petit garçon demande : " Papa était tu là aussi ? ". Ensuite (p165) il raconte que c'est la cigogne au long bec et au chapeau qui est venue discrètement, la nuit, apporter Anna à sa mère, avec la complicité de la cuisinière.
Freud ajoute que là Hans se moque et se venge de son père qui lui a menti. Certes le petit garçon en veut certainement à son père de ne pas lui faire plus confiance, mais en vertu de son amour et de sa complicité avec son père, n'essaye t-il pas en même temps de lui dire quelque chose de secret, lui révéler son mensonge à lui ?
Pour moi, il ne fait aucun doute que Hans n'a pas été entendu, ni par son père, ni par Freud sur les doutes qu'il a concernant le rôle de son père en tant que géniteur et dans le plaisir et le désir de sa mère.
Je dirais également que l'angoisse de Hans, sa peur des chevaux est liée, en grande partie à la possibilité de perte de contrôle du cheval et des conséquences catastrophiques que cela ne manquerait pas d'engendrer (tomber, charivari, mort, saigner, crier...).
Ainsi, le petit garçon a peur que le cheval (sa mère, son père, ses désirs), la voiture chargée (la mère enceinte, lui l'intestin chargé de fèces) ne tombe et ne meurt. L'enjeu est donc dans le contrôle et la conduite du cheval, de la voiture. Hans souhaiterais certainement que ce soit son père qui assure ce contrôle et qu'il prenne les rennes (à la place du cocher ou de la cigogne ou du docteur, Freud).
Or le père, pas plus que Freud ne l'entendent de cette oreille. Et même, son père lui ôte toute velléité de chercher à prendre lui-même le contrôle du cheval (mise en sac pour éviter l'envie...p132). Son père paraît être " agressé " lorsque Hans lui dit qu'il sait faire la différence entre avoir envie et se toucher le fait pipi, alors il l'en empêche (de contrôler lui-même son désir) en l'enfermant dans un sac. Le contrôle du désir n'est donc pas chose facile...pour son père, Freud, et sa mère.
A la fin de l'analyse, le petit garçon a obtenu un certain nombre d'éclaircissements, mais il n'est pas plus renseigné clairement sur le rôle du père dans la conception des enfants, l'organe sexuel féminin, le plaisir de sa mère et le contrôle du cheval (impétuosité des désirs).
Deuxième piste d'investigation, les images, le regard :
Il y a en plus des éléments liés à la motricité et à l'action dans la phobie du cheval, des images choquantes pour Hans. Images qu'il ne peut pourtant s'empêcher de regarder (le cheval_p130, maman ou la bonne toute nue, la petite voisine, la culotte noire, la muselière noire autour de la bouche, le fait pipi, faire loumf, le sang, le charivari avec les jambes...).
Je serais tenté de dire que le lien de la phobie de Hans avec la pulsion scopique est révélateur que le petit garçon a été séduit par une scène ou une image qui l'a fasciné, terrifié, puis paralysé. Etant donné l'aveuglement (conscient ou non) de son père et en partie de Freud sur ce point, ceux ci seraient complices (et peut être aussi victimes) de cette séduction.
Cette partie reste à développer...
BIBLIOGRAPHIE
Autour du cas du petit Hans
TITRE AUTEUR EDITEUR ANNEE EDITION
L'écorce et le noyau ABRAHAM / TOROK Champ Flammarion
La relation d'objet, séminaire livre IV LACAN Seuil 1956-57 édition 1994
Le besoin de savoir, théories et mythes magico-sexuels dans l'enfance S.DE MIJOLLA MELLOR Dunod
La sexualité infantile et ses mythes J.BERGERET / M.HOUSER Dunod
Le petit Hans et la réalité, ou Freud face à son passé J.BERGERET Payot 1987
Les cinq psychanalyses S.FREUD 1935 original de 1905
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