[Lutecium-group] Le manque et les séancesmanquées

Natalia Milopolsky-Costiou sirano at iname.com
Fri Aug 18 14:14:33 GMT 2006


Bonjour Guy de Villers,

A propos d'"acting out" il me vient à l'esprit un autre concept
anglo-saxon (de Winnicott) de "holding" developpé à partir de celui de
Ferenczi (invariable jusqu'à sa mort ainsi presque comprehensible) qu'on
voit toujours l'enfant chez le patient, l'enfant qui a besoin d'être pris
dans les bras. Cela donne des idées sur ce que peut se passer durant la
séance manque du coté de ce manque-là.

Justement, je pars à Londres pour le weekend voir quelques collegues from
British Psychoanalytical Society, en esperant de revenir avec nouveautés
bibliophiles :))

Bon weekend à vous,

Natalia

  ----- Original Message -----
  From: "Guy de Villers Grand-Champs"
  To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
  Subject: Re: [Lutecium-group] Le manque et les séancesmanquées
  Date: Fri, 18 Aug 2006 12:31:43 +0200


  lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  ---
  Chère Natalia Milopolsky-Costiou,
  Quelques soient les "causes" de la séance manquée, volontaire ou
  involontaire, directe ou indirecte, extérieure ou intérieure, il
  appartient
  à l'analyste de verser ces "clocheries" (au sens où Lacan dit qu' "il
  n'y a
  de cause que de ce qui cloche" -Sém. XI, séance du 22 janvier 1964,
  p. 25
  dans l'édition du texte établi par J-A Miller et publié au Seuil en
  1973) au
  compte de l'inconscient.
  Ces séances manquées ne sont pas perdues pour l'analyse si on les
  reçoit
  comme des "acting out", c'est à dire comme "amorce du transfert", dit
  Lacan
  dans la séance du 23 janvier 1963 du séminaire sur L'angoisse. Dans
  l'édition du texte établi par J-A Miller ( Seuil, 2004), c'est à la
  page
  148. Je vous renvoie aussi à un texte très clair de Liliane
  Fainsilber:"La
  jouissance, le désir et le symptôme"
  [http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/jouissance.htm]
  Toute la séance est à lire.
  Bien à vous,
  Guy.



  Le 18/08/06 10:58, « Natalia Milopolsky-Costiou » a
  écrit :

  > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  > ---
  > Cher Guy de Villers,
  >
  > merci beaucoup pour vos textes.
  >
  > Je me permets de joindre votre dialogue avec Jaques Siboni à propos
  de
  > séances manquées. En tant que thérapeute je constate assez rarement
  > l'absence "accidentelle" des patients, mais je crois qu'il faut
  toute
  > fois distinguer les differentes causes de cette absence, telles -
  une
  > maladie, une voyage d'affaire urgent, un vrai accident je dirai
  vers la
  > réalité exterieure, et les mêmes titres dirigés à l'interieur de
  soi
  > pour envelopper le manque (de confiance, de miroir, de complicité).
  En
  > tout cas la séance manquée n'est certainement pas perdue car
  l'absence de
  > l'analyste le jour prevu d'avance reste intensement vecu par
  > l'inconscient du patient et dont les consequences vont être
  analyser.
  >
  > Amitiés,
  >
  > Natalia
  >
  > ----- Original Message -----
  > From: "Guy de Villers Grand-Champs"
  > To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
  > Subject: Re: [Lutecium-group] Le tiers et la dritte Persone
  > Date: Fri, 18 Aug 2006 00:47:27 +0200
  >
  >
  > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  > ---
  >
  > Cher Jacques Siboni,
  > Merci pour cette vignette clinique dont le cas de figure est
  > effectivement
  > très fréquent dans notre clinique.
  > Je me permets de marquer mon désaccord avec votre proposition de
  dire
  > à
  > l'analysant : "Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une
  > séance
  > perdue à jamais pour la psychanalyse." Car il me semble qu'il ne
  > s'agit ni
  > d'une rupture de contrat qu'il faudrait sanctionner -je connais un
  > collègue
  > qui fait payer le double des honoraires pour chaque séance
  manquée!-,
  > ni
  > "d'un dispositif de parole" par rapport auquel l'analysant serait
  en
  > défaut.
  > Pour dire simplement les choses, je reprends la notion de "névrose
  de
  > transfert", notion freudienne s'il en est -depuis 1913-, et j'en
  tire
  > la
  > conséquence. Soit que tout ce qui arrive entre l'analysant et son
  > analyste
  > appartient à l'analyse et est donc à entendre comme symptôme, au
  lieu
  > de
  > l'Autre, que vous avez bien identifié freudiennement à la "dritte
  > Person".
  > Manquer une séance n'est donc perdu ni pour l'analyse tout court,
  ni
  > pour
  > l'analyse de cet analysant-là. Du moins, s'il y a un analyste pour
  se
  > faire
  > partenaire de ce symptôme.
  > Comment recevez-vous ceci? Il me plairait de vous lire, et d'autres
  > lutéciens qui pratiquent l'analyse sur l'une ou l'autre rive.
  > Cordialement,
  > Guy.
  > N. B. : Je joins deux textes fort bien documentés, l'un sur la
  Dritte
  > Person, de Pierre Thèves, et l'autre sur la névrose de transfert,
  > d'Erik
  > Porge.
  >
  >
  >
  >
  > Le 17/08/06 11:31, « Jacques Siboni » a écrit :
  >
  >> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  >> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  >> ---
  >> Chère Violaine
  >>
  >> merci de demander des précisions car ce que j'ai ici indiqué est
  > très
  >> elliptique.
  >>
  >> Je vais prendre un exemple concret et très courant dans les
  > relations
  >> analyste/analysant.
  >>
  >> Un analysant manque de nombreuses séances ou arrive très souvent
  en
  >> retard. Quelles peuvent
  >> être les réactions de l'analyste?
  >>
  >> Dans ce que j'appelle le contre transfert l'analyste peut se
  sentir
  > obligé
  >> d'incarner la loi
  >> de l'analyse: "Vous devez venir impérativement à vos séances,
  sinon
  > je
  >> vais vous virer".
  >> L'analysant, dans sa demande d'amour, attend de l'analyste qu'il
  > incarne
  >> une fonction coercitive
  >> de respect de l'ordre établi. L'analyste y répond: "Nous avions
  > conclu un
  >> contrat, tu es
  >> en train de le violer, je t'oblige à le respecter par la
  > contrainte."
  >> L'analyste est là juge, partie, et policier. Il a répondu à la
  > demande
  >> hystérique
  >> de l'analysant: "Prouve moi que tu en as!"
  >>
  >> Si l'analyste est conscient qu'il ne s'agit pas d'un contrat, mais
  > d'un
  >> dispositif de parole,
  >> qu'il n'est ni juge ni policier, mais qu'il agit en tant
  > qu'psychanalyste,
  >> il sera à même de dire quelque chose
  >> du genre: "-- Chaque séance à laquelle vous n'assistez pas est une
  > séance
  >> perdue
  >> à jamais pour la psychanalyse."
  >> Il y a là un refus de répondre à la demande de l'analysant en
  > indiquant
  >> quelle est
  >> la direction de la cure.
  >>
  >> À partir de cet exemple il devrait être possible d'inférer ce que
  > j'énonce
  >> du
  >> contre transfert
  >>
  >> Bien amicalement
  >>
  >> Jacques
  >>
  >>
  >> On Thu, 17 Aug 2006 08:14:23 -0000, Violaine Clement
  >> wrote:
  >>
  >>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
  >>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
  >>> ---
  >>> Cher Jacques,
  >>>
  >>> Votre intervention sur le tiers m'intéresse beaucoup. Ce que je
  ne
  >>> comprends pas bien, c'est votre conception du contre-transfert.
  > J'en
  >>> avais une idée à la lecture de Lacan, et de Miller, comme "la
  > somme des
  >>> préjugés de l'analyste", et il me semble que c'est la preuve
  d'une
  >>> analyse pas terminée. Vous parlez de l'analyste qui,
  >>>> parfois dans ses manifestations contre
  >>>> transférentielles ---
  >>>> va tenter de tirer ce dispositif vers un contrat social ou un
  > contrat
  >>>> pervers. Cela peut être
  >>>> en référant à un organisme ordinal ou imposant par la force ou
  >>>> l'intimidation pour
  >>>> imposer sa volonté.
  >>>
  >>> Il me semble que si l'analyste joue à cela, il n'est plus
  > analyste,
  >>> mais directeur de conscience. Le dispositif analytique est garant
  > de
  >>> l'existence du tiers, et la seule possibilité qu'a l'analyste, en
  >>> dernier recours, est de refuser de poursuivre l'analyse, s'il est
  >>> utilisé consciemment par son analysant dans un rapport "sexuel",
  > ou
  >>> pervers.D'autre part, il est clair pour moi qu'un analyste qui ne
  >>> serait pas lui-même soumis au tiers, un fou, n'est pas un
  > analyste. Je
  >>> n'ignore pas qu'il y ait des analystes pervers, qu'il y en ait
  des
  >>> psychotiques aussi bien : les névrosés ne sont pas seuls au
  monde.
  >>>
  >>> Pouvez-vous m'éclairer sur ce point du contre-transfert ?
  >>>
  >>> Violaine Clément
  >>>
  >>>>
  >>>
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  > << E. Porge-Névrose de transfert.doc >>
  > << P. Thèves-Witz-Dritte Person.doc >>
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