[Lutecium-group] Re : Re : RE : La voix de la raison
Emmanuel Bing
bing at club-internet.fr
Wed Dec 20 20:38:36 GMT 2006
Juste pour dire tout le dégoût que m'inspire ce texte.
EB
Le 20/12/06 21:26, « Yann Leroux » <yann.leroux at laposte.net> a écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> *Les psychanalystes auraient-ils peur de la confrontation scientifique ?*
>
> Réponse d'un comportementaliste à la tribune de Steven Wainrib
>
>
> Le point de vue du docteur Steven Wainrib, médecin qui a tout oublié de ses
> études scientifiques (les pages Débats du Monde du 6 décembre), est très
> représentatif de la façon d'agir des psychanalystes : non pas réfléchir et
> argumenter, en comparant deux méthodes thérapeutiques, mais insulter ceux qui
> proposent de soigner en dehors de la psychanalyse, les caricaturer en "
> adversaires " - pourquoi pas des alliés pour le bien
> des patients ? -, les présenter comme de connivence ainsi que des malfaiteurs
> (" notre équipe " !), dans le but d'agir brutalement (" association musclée
> "),
> sans respect des personnes (" raboter sauvagement ").
>
> Et que penser de la liste horrifique des mots techniques complaisamment
> énumérés ("capsulotomie antérieure, etc. ") sinon qu'elle vise à effrayer,
> alors que ce sont les termes techniques de l'anatomie cérébrale, banals pour
> les spécialistes (mais un psychiatre analyste s'est-il donné la peine de
> connaître le cerveau ?).
>
> Faut-il préférer à ce vocabulaire le langage si humain de la psychanalyse,
> comme cette explication de l'innocente crampe musculaire entraînant le
> vaginisme
> par l'inénarrable Françoise Dolto : " Chez les vaginiques, on retrouve
> toujours le fantasme précoce du viol éviscérateur par la mère, alors que la
> petite fille... désire le viol trucidant par le père " (Sexualité féminine :
> libido, érotisme et frigidité, chapitre III) ? Voilà qui doit sûrement aider
> une jeune femme dans la " reconnaissance profonde de son être " et lui
> permettre des rapports sexuels épanouissants ! Tout cela serait simplement
> comique s'il n'y avait pas en jeu la souffrance de centaines de milliers de
> patients en France, et celle de leur famille. D'ailleurs, depuis 1900, il n'y
> a aucun article, dans toute la littérature ondiale, apportant la preuve
> qu'une méthode psychanalytique ait guéri quiconque. Alors que des milliers de
> Français ont une vie équilibrée après une prise en charge comportementale,
> avec ou sans médicaments. Car la prise de médicaments n'est pas une preuve
> d'échec de la thérapie comportementale ! Elle est, pour un
> vrai scientifique, la prise en compte d'une réalité objective, complémentaire
> de l'action comportementale : à la base du trouble obsessionnel il y a une
> pathologie cérébrale que certains produits peuvent affaiblir ou éliminer.
>
> Il n'y a que les psychanalystes pour refuser cette dualité et croire qu'un
> être humain est ému, se souvient, raisonne, etc. avec une pensée éthérée, sans
> support organique : comme si le mauvais état de marche du cerveau n'avait
> aucun impact sur le comportement ! Les comportementalistes sont des
> scientifiques. Ils ne cherchent pas à " prendre le pouvoir ", ils proposent
> une thérapie, fruit de leur recherche théorique et appliquée, afin de mieux
> soigner les patients. Ils ne veulent pas faire la guerre aux psychanalystes en
> particulier. Ils agissent comme ont toujours agi les scientifiques : on
> propose une
> nouvelle théorie, on en tire les conséquences pratiques. Si ces conséquences
> sont plus intéressantes que celles des théories précédentes, on adopte la
> théorie jusqu'à nouvel examen. Sinon, on cherche dans une autre direction.
>
> La confrontation scientifique n'est pas une guerre, et les adversaires d'une
> nouvelle théorie contribuent par leurs critiques à son élaboration ou à son
> élimination. Il n'y a que la psychanalyse qui, depuis Freud, crie au loup à
> chaque fois que l'on propose une autre explication des faits psychiques que
> la sienne : pour la première fois dans l'histoire de l'humanité une
> connaissance serait définitive, et tout ce que l'on a découvert après sa
> proclamation ne la concernerait pas !
>
> Pour finir, je suppose que le docteur Wainrib est respectueux de ses patients
> et les informe, avant toute prise en charge, qu'il est en totale
> contradiction avec son code de déontologie, qui lui impose d'assurer des soins
> " fondés sur les données acquises de la science " (titre II, article 32),
> mais qu'il agit ainsi par conviction profonde.
> Curieusement, des tribunaux américains ont condamné à de lourdes amendes des
> psychiatres ayant traité par psychanalyse et qui n'ont pas pu apporter la
> preuve du fondement scientifique de cette thérapie.
>
> Je conseillerais bien volontiers aux patients des médecins pratiquant la
> psychanalyse de leur intenter des procès pour faute professionnelle, les juges
> français n'étant a priori pas plus émus que les Américains par les convictions
> profondes dans ces circonstances. Et peut-être que par l'argent on fera
> redescendre sur terre les psychanalystes, qui en ont décollé depuis plus d'un
> siècle.
>
> *Yves Ferroul
> Médecin, maître de conférences à l'université de Lille
> *
>
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