[Lutecium-group] Re : RE : La voix de la raison
Jean-Paul Kornobis
jpkornobis at nordnet.fr
Thu Dec 21 07:19:02 GMT 2006
Je prends le train en marche et je découvre grâce à la liste Lutécium, le
"texte" de ce sexologue hélas lillois publié par le journal Le Monde. Au
delà de la problématique concernant la psychanalyse prise ici comme
thérapie; je trouve que ce texte est celui d' un discours fasciste. En
particulier, la citation extraite de Dolto est bien là pour montrer que les
psychanalystes sont des gens tordus, des sorciers qu'il faut trainer devant
les tribunaux (cf. la fin de l'article). Je pense que les
comportementalistes savent très bien que ce qu'ils font ... ils n'en savent
rien, c'est pourquoi, ils en appellent à la science comme facteur de vérité.
C'est comme pour se rassurer sur la validité de leurs pratiques qu'ils
condamnent ceux qui en savent un bout sur ce qu'il en est du vrai sur le
vrai. Je pense qu'il ne faut pas en profiter pour rejeter la pierre qui est
dans la main * de ce comportementaliste sur les médecins, les chirurgiens
etc. qui s'occupent du corps (imaginaire), ils font ce qu'ils peuvent avec
ce qu'ils savent, les mépriser ne ferait que donner du crédit à ceux qui
veulent en finir avec l'altérité et l'inconscient freudien.
Cordial
Jean-Paul Kornobis
*désolé pour la métaphore christique mais, en cette veille de Noël, "ça" été
plus fot que moi ;-) Bonnes fêtes ;-)
----- Original Message -----
From: "Yann Leroux" <yann.leroux at laposte.net>
To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
<lutecium-group at lutecium.org>
Sent: Wednesday, December 20, 2006 9:26 PM
Subject: Re: [Lutecium-group] Re : RE : La voix de la raison
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
*Les psychanalystes auraient-ils peur de la confrontation scientifique ?*
Réponse d'un comportementaliste à la tribune de Steven Wainrib
Le point de vue du docteur Steven Wainrib, médecin qui a tout oublié de
ses études scientifiques (les pages Débats du Monde du 6 décembre), est très
représentatif de la façon d'agir des psychanalystes : non pas réfléchir et
argumenter, en comparant deux méthodes thérapeutiques, mais insulter ceux
qui proposent de soigner en dehors de la psychanalyse, les caricaturer en "
adversaires " - pourquoi pas des alliés pour le bien
des patients ? -, les présenter comme de connivence ainsi que des
malfaiteurs (" notre équipe " !), dans le but d'agir brutalement ("
association musclée "),
sans respect des personnes (" raboter sauvagement ").
Et que penser de la liste horrifique des mots techniques complaisamment
énumérés ("capsulotomie antérieure, etc. ") sinon qu'elle vise à effrayer,
alors que ce sont les termes techniques de l'anatomie cérébrale, banals
pour les spécialistes (mais un psychiatre analyste s'est-il donné la peine
de connaître le cerveau ?).
Faut-il préférer à ce vocabulaire le langage si humain de la psychanalyse,
comme cette explication de l'innocente crampe musculaire entraînant le
vaginisme
par l'inénarrable Françoise Dolto : " Chez les vaginiques, on retrouve
toujours le fantasme précoce du viol éviscérateur par la mère, alors que la
petite fille... désire le viol trucidant par le père " (Sexualité féminine
: libido, érotisme et frigidité, chapitre III) ? Voilà qui doit sûrement
aider une jeune femme dans la " reconnaissance profonde de son être " et
lui permettre des rapports sexuels épanouissants ! Tout cela serait
simplement comique s'il n'y avait pas en jeu la souffrance de centaines de
milliers de patients en France, et celle de leur famille. D'ailleurs,
depuis 1900, il n'y a aucun article, dans toute la littérature ondiale,
apportant la preuve qu'une méthode psychanalytique ait guéri quiconque.
Alors que des milliers de Français ont une vie équilibrée après une prise
en charge comportementale, avec ou sans médicaments. Car la prise de
médicaments n'est pas une preuve d'échec de la thérapie comportementale !
Elle est, pour un
vrai scientifique, la prise en compte d'une réalité objective,
complémentaire de l'action comportementale : à la base du trouble
obsessionnel il y a une pathologie cérébrale que certains produits peuvent
affaiblir ou éliminer.
Il n'y a que les psychanalystes pour refuser cette dualité et croire qu'un
être humain est ému, se souvient, raisonne, etc. avec une pensée éthérée,
sans support organique : comme si le mauvais état de marche du cerveau
n'avait aucun impact sur le comportement ! Les comportementalistes sont des
scientifiques. Ils ne cherchent pas à " prendre le pouvoir ", ils proposent
une thérapie, fruit de leur recherche théorique et appliquée, afin de
mieux soigner les patients. Ils ne veulent pas faire la guerre aux
psychanalystes en particulier. Ils agissent comme ont toujours agi les
scientifiques : on propose une
nouvelle théorie, on en tire les conséquences pratiques. Si ces
conséquences sont plus intéressantes que celles des théories précédentes, on
adopte la théorie jusqu'à nouvel examen. Sinon, on cherche dans une autre
direction.
La confrontation scientifique n'est pas une guerre, et les adversaires
d'une nouvelle théorie contribuent par leurs critiques à son élaboration ou
à son élimination. Il n'y a que la psychanalyse qui, depuis Freud, crie au
loup à chaque fois que l'on propose une autre explication des faits
psychiques que la sienne : pour la première fois dans l'histoire de
l'humanité une connaissance serait définitive, et tout ce que l'on a
découvert après sa proclamation ne la concernerait pas !
Pour finir, je suppose que le docteur Wainrib est respectueux de ses
patients et les informe, avant toute prise en charge, qu'il est en totale
contradiction avec son code de déontologie, qui lui impose d'assurer des
soins " fondés sur les données acquises de la science " (titre II, article
32), mais qu'il agit ainsi par conviction profonde.
Curieusement, des tribunaux américains ont condamné à de lourdes amendes
des psychiatres ayant traité par psychanalyse et qui n'ont pas pu apporter
la preuve du fondement scientifique de cette thérapie.
Je conseillerais bien volontiers aux patients des médecins pratiquant la
psychanalyse de leur intenter des procès pour faute professionnelle, les
juges français n'étant a priori pas plus émus que les Américains par les
convictions profondes dans ces circonstances. Et peut-être que par
l'argent on fera redescendre sur terre les psychanalystes, qui en ont
décollé depuis plus d'un siècle.
*Yves Ferroul
Médecin, maître de conférences à l'université de Lille
*
_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
More information about the Lutecium-group
mailing list