[Lutecium-group] Re : Re : RE : La voix de la raison

thierry.guillermin at idestyle-tech.com thierry.guillermin at idestyle-tech.com
Thu Dec 21 13:19:36 GMT 2006


" A chaque fois qu'un enfant passe trois quart d'heure avec moi, c'est 100 
euros que la sécurité sociale paye.Je pense que l'on est en devoir de se 
demander si cet argent public est bien placé."

Si c'est de votre acte dont il s'agit, la question est à la fois étonnante 
et désespérée.

Pour rendre compte de notre pratique, il existe les dispositifs 
analytiques que j'ai cités précédemment: le contrôle et le travail 
théorique qui constituent, avec sa propre analyse, les fondements de 
l'éthique du psychanalyste.
Etre en contrôle personnel, intervenir dans un groupe de travail 
analytique , un colloque ou un séminaire sont des engagements qui, non 
seulement nous "évaluent" selon le terme consacré, mais sont 
indissociables de la pratique.
Les psychanalystes qui négligent cette partie de leur travail n'en sont 
pas.

Quant à la question du remboursement, elle se situe sur un autre plan que 
l'évaluation et c'est une question qui se travaille justement dans les 
dispositifs.

Beaucoup d'analystes le sont dans des institutions.
Ils sont payés en tant que psychologues ou psychiatres ou...auxiliaires 
médicaux. Pas en tant que psychanalystes. Et la sécu rembourse selon ces 
critères là. Leur acte en tant qu'analyste ne doit pas être confondu avec 
leur rémunération d'où l'immense difficulté pour eux dans leur pratique.

Pour les psychiatres qui font remboursé leur acte en tant qu'analyste, la 
difficulté est la même.

Dans les deux cas, elle n'est pas insurmontable à condition de la poser 
clairement: ce n'est pas l'acte analytique que la sécurité sociale 
rembourse.

Après vient la question de l'acte gratuit pour le psychanalyste. En vertu 
de quoi serait-il gratuit ? 
 
Le paiement de la séance n'est pas défini ni règlementé puisqu'il fait 
partie de l'engagement dans l'analyse. Là aussi c'est au psychanalyste 
d'être suffisament rigoureux lors des séances préliminaires ou de la 
première séance pour proposer un paiement qui soit à la fois un 
investissement sans être une contrainte insurmontable. 
Comme le reste ça se travaille avec son contôleur et ailleurs.

Etre analyste, ce n'est pas un cliché cinématographique.

....

Maintenant si vous parlez de l'évaluation des psychothérapeutes qui ne 
sont pas analystes, je pense que leur problème éthique est celui du 
dispositif  qu'ils ont mis en place pour cela.
Ca ne concerne pas la psychanalyse.







Yann Leroux <yann.leroux at laposte.net> 
Envoyé par : lutecium-group-bounces at lutecium.org
21/12/2006 12:33
Veuillez répondre à
Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne 
<lutecium-group at lutecium.org>


A
Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne 
<lutecium-group at lutecium.org>
cc

Objet
Re: [Lutecium-group] Re :  Re :  RE :  La voix de la raison






lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
thierry.guillermin at idestyle-tech.com a écrit :
>
> Discutons plutôt.
> 
Eh bien pour discuter, il faut une base commune.
Le sujet, ici, c'est de savoir "Pourquoi une psychanalyse est elle 
remboursée ?"
Je travaille dans un CMPP. A chaque fois qu'un enfant passe trois quart 
d'heure avec moi, c'est 100 euros que la sécurité sociale paye. Je pense 
que l'on est en devoir de se demander si cet argent public est bien 
placé. 100 euros, pour ceux qui l'oublient, c'est un mois de travail 
dans certains pays. Je me pose cette question pour chaque enfant que je 
reçois, et pour chaque séance. C'est une question difficile, et y 
répondre cliniquement n'est pas chose aisée. Mais ce n'est pas une 
raison pour l'esquiver ou pour présenter toute personne qui la pose 
comme un réducteur de tête. Je comprends la colère des TCCiste et pour 
ce qui est de l'évaluation de nos actes, je suis à leurs coté. Cette 
nécessitté d'évaluer la psychanlayse n'est pas chose nouvelle. 
L'institut de Berlin, déjà, avait fait quelques études. La Tavistock 
clinic également. Faut il citer le travail de l'institut Menniger ? Ce 
qui est tout à fait hallucninant c'est l'idée selon laquelle le 
psychanalyse n'évaluerait pas ce qu'il fait. S'il en est, ce sont tout 
simplement des imbéciles et des incompétants. Pas des psychanalystes.

A botter en touche a chaque fois que quelqu'un parle d'évaluation, ce 
qui se produit dans le corps social, c'est tout betement la confirmation 
que la psychanalyse est sans effets. Il n'en est rien. Les outils 
d'évaluation  dont nous dispositions sont autrement plus puissants 
qu'une analyse statistique : ce sont des outils cliniques, au plus près 
de chaque patients, portant sur le long terme. Et chaque analyste doit 
pouvoir produire une évaluation de son travail avec chaque patient

-- 
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