[Lutecium-group] La voie de la liberté

Violaine Clement violaine.clement at co-perolles.ch
Thu Dec 21 14:21:53 GMT 2006


Il y a effectivement deux questions qui se traversent l'une l'autre : 
comment bien dire quelque chose de sa pratique dans le cadre de l'école 
ou de groupes constitués pour cela, et la question de Yann, qui me 
paraît plutôt ouverte sur l'extérieur : comment bien dire quelque chose 
à l'extérieur de ces groupes dans lesquels on parle, au fond, une même 
langue, avec des dialectes, certes, dans le malentendu, dans 
l'équivoque, mais malgré tout avec une certaine possibilité d'être 
compris.

Ce que j'observe, c'est qu'il y a, à l'extérieur des écoles de 
psychanalyse, des mots à bannir totalement du vocabulaire : le mot de 
psychanalyse, par exemple, qui peut soulever toutes les passions, 
amour, haine et surtout, ignorance. Mais ce qui est usant, c'est que ce 
mot, utilisé comme injure par certains, sert parfois aux autres à 
endormir la raison... La psychanalyse a été souvent desservie par des 
psychanalystes, comme l'église par des curés. J'aime bien pourtant 
cette idée que nous sommes des croyants de l'inconscient. Pour autant, 
faut-il partir en croisade ? Missionnaires de l'ics, nous risquons bien 
d'être bouillis dans le chaudron de Freud. Par chance, ce chaudron est 
troué, comme chacun le sait.

Or la "guerre sainte" qui est menée dans les forums des psy par des 
psychanalystes a quelque chose d'agalmatique pour moi : loin de qui 
défendre une corporation, un  confort, des privilèges ou une 
assurance-vie, loin de défendre même l'existence de l'inconscient, 
cette guerre a pour but de permettre à qui le désire de faire en son 
nom propre un voyage dont personne ne peut dire à l'avance où il mène. 
C'est pour chacun la grande découverte... C'est le risque absolu, dans 
un monde qui ne rêve que de sécurité.

C'est pourquoi je souscris à la phrase de Catherine Millot, citée par 
Gricelda Sarmiento:

"Longtemps, j'ai cru que c'était leur jouissance qui m'attirait. je ne 
voyais pas que c'était leur liberté". Catherine Millot

Violaine



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