[Lutecium-group] Re : Re : RE : La voix de la raison

Yann Leroux yann.leroux at laposte.net
Thu Dec 21 16:55:30 GMT 2006


thierry.guillermin at idestyle-tech.com a écrit :
>
> Pour rendre compte de notre pratique, il existe les dispositifs 
> analytiques que j'ai cités précédemment: le contrôle et le travail 
> théorique qui constituent, avec sa propre analyse, les fondements de 
> l'éthique du psychanalyste.
> Etre en contrôle personnel, intervenir dans un groupe de travail 
> analytique , un colloque ou un séminaire sont des engagements qui, non 
> seulement nous "évaluent" selon le terme consacré, mais sont 
> indissociables de la pratique.
> Les psychanalystes qui négligent cette partie de leur travail n'en sont 
> pas.
>
>   
Bien. Je suis d'accord avec vous.
Mais cela ne suffit pas
Je connais la chanson. Vous la connaissez sans doute. Vous parlez de 
cinéma plus bas. Vous savez bien que les vignettes cliniques sont 
construites selon une dramaturgie bien rodée : 1. je ne comprends rien, 
le patient m'assaille de propos qui me blessent, me font perdre pied. Ou 
il se maintient dans un silence tétu et culpabilisant (angoissant, 
déréalisant etc) 2. Dans mes associations personnelles, je saisis une 
bribe (souvenir personnel, souvenir de séance, passage d'un texte etc). 
3. Hésitant, je le donne au patient (c'est important de dire "hésitant", 
parce que cela signifie que l'on connait la musique, que l'on enfreint 
une regle mais que l'on est suffisament libre (c'est a dire bien 
analysé) pour l'enfreindre en toute sécurité). 4. le patient hésite, 
prend l'association et le processus analytique démarre (ou redémarre). 
Variante : un changement catastrophique se produit : le patient vomit, 
ne vient plus, se tait encore plus fort etc. Voilà ce que l'on entend 
dans les colloques. Pour ce qui est de la validation  - car c'est de 
cela qu'il s'agit : en etre ou pas - cela me semble léger. Qui parle 
vraiment de sa pratique analytique ? Combien s'y sont risqués ? Ils se 
comptent sur les doigts d'une main

Cela ne me pose pas probleme d'être payé. Ce a quoi je fais attention, 
c'est de travailler le mieux possible pour tout cet argent que je 
recois. Dire que "la secu ne rembourse pas l'acte analytique" est un 
sophisme. La sécu paie. Et sans ce paiement, combien de personnes 
rencontreraient la psychanalyse ?

Reprennons les choses : comment évaluer ce que nous faisons ? Comment 
savoir si une interprétation est bonne ? Qu'est ce qui nous permet de 
dire "la cure de M. Pankov" est un succes ? Occupons nous de cela, 
plutot que de ce que font nos cousins, car comme vous le dites "cela ne 
concerne pas la psychanalyse ?"

-- 
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