[Lutecium-group] L'infini des évaluations

Catherine Grandjean catherine-grandjean at cegetel.net
Sun Dec 24 14:37:35 GMT 2006


Cette idée d'évaluation me semble devoir être très nuancée. Voici les quelques idées qui me sont venues, peut-être un peu trop abruptes...

Il y a dans la rencontre analytique, une part d'aléatoire. On a l'analyste que l'on mérite, mais on a aussi les patients que l'on mérite. L'aléatoire de la rencontre analytique, c'est une affaire d'inconscients.

Que peut-on évaluer là dedans ? L'aléatoire de la rencontre d'inconscients peut-il être évalué ? Evaluera-t-on toutes les rencontres manquées, évaluera-t-on pourquoi des patients ne reviennent pas ? Non. L'évaluation ne portera que sur les patients que nous recevons. L'idée d'évaluation, si on ne croit qu'en elle, me semble faire fi de l'aléatoire de la rencontre, c'est-à-dire de l'inconscient des protagonistes. C'est une idée positiviste qui renvoie au placard le Réel. Le Réel des rencontres qui se jouissent de ne pas avoir eues lieu, mais aussi le Réel qui persiste encore dans les longues analyses et qui disent sans le dire que la rencontre n'est jamais toute. 

Une autre association d'idée me vient, qui vaudra ce qu'elle vaudra : Pourquoi ne pas aller jusqu'à dire que le rapport sexuel existe ? Et l'évaluer. Le champs de la jouissance est-il évaluable ? L'odeur du sexe est-elle évaluable ? Peut-être y a-t-il à garder que l'entrée dans le Symbolique est évaluable, que les effets du symbolique sont évaluables. Encore faut-il pouvoir se dire que ça s'arrête là, l'évaluation. 

Autre chose encore : l'analyse est celle de l'analysant. Et pour lui aussi, ça ne cesse pas de ne pas s'écrire. Qui pourrait tout évaluer de sa propre analyse ? Tout en dire ? Tout en conclure ? Alors même qu'elle continue de faire ses effets, d'ouvrir son champs, bien au-delà de son terme ? Qu'évaluera-t-on de cet inédit sans terme échu ? Il y a le temps. Evaluer, ce serait évaluer à un instant t ? Ce serait alors reconnaître l'infini des évaluations, comme limite à celles-ci.

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Catherine




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