[Lutecium-group] Re : Re: Re : Mod é lisations et psychanalyses

Emmanuel Bing bing at club-internet.fr
Thu Sep 28 10:21:42 GMT 2006


Oui, pourquoi pas. Mais ce repérage, c'est à dire la façon dont on peut
s'orienter dans la structure, est à interroger toujours. Autrement dit, il
s'agit bien de s'engager dans cette question sans la figer.
EB


Le 25/09/06 9:54, « Catherine Grandjean » <catherine-grandjean at cegetel.net>
a écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> 
> Emmanuel Bing :
> 
>> On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la
> réponse,
> sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble
> "modélisations et psychanalyses", sinon à penser que la première provoque la
> seconde, ce qui résonne avec le Sujet de la science.
> 
> Bonjour,
> 
> Ce serait plutôt lorsque la pratique psychanalytique cherche à ce que les
> analysants correspondent à la théorie que des Sujets de la science viennent
> se substituer à des Sujets de l'inconscient. Cela paraît grossier et cela
> est pourtant sans doute en partie inévitable : qui pourrait affirmer sans
> sourciller que la théorie ne vient pas, un peu, influencer le cours des
> cures, non simplement pour leur direction, mais parce qu'il faut bien se
> repérer, arrimer sa pensée, du mieux que l'on peut, avec ce risque que le
> dit repérage ne fonctionne pas si bien pour tel ou tel analysant ? Pour le
> dire autrement : est-on bien assurer que le Sujet de l'inconscient est
> toujours premier sur le Sujet de la théorie ?
> 
> La psychanalyse a ses théories et a ses "modèles" (pour reprendre le mot de
> l'interviewée de l'émission de France Culture) qui lui correspondent.
> L'hystérie et son modèle Dora, par exemple. Ou l'hystérie et ses tableaux de
> conversions impressionnantes. Ceux-ci ne se donnent plus à voir. Par contre,
> on lit un peu partout la difficulté de nouvelles pathologies, dites limites,
> ou narcissiques... Bref, les modèles changent.
> 
> L'interview d'Anne-Françoise Schmid donne deux acceptions du "modèle". Deux
> acceptions que la France, dans le domaine des sciences, a eu tendance à
> opposer, et que Mme Schmid dit complémentaires :
> - Première acception : le modèle se conforme à la théorie. On a une théorie,
> et on a une application qui la vérifie.
> - Seconde acception : le modèle est une abstraction vraie du réel. Il ne se
> conforme pas à une théorie mais il donne pourtant une solution à un problème
> posé.
> 
> Des allers retour entre ces deux acceptions permettent d'explorer des voies
> de résolution de problèmes non théorisées et de les théoriser après-coup.
> L'enjeu est donc d'importance : une plus grande prise en compte de la
> réalité des problèmes qui se posent et une inventivité dans leur résolution.
> La théorie restant un régulateur, cad un garde-fou contre un relativisme qui
> n'expliquerait plus rien.
> 
> Il me semble que les différentes écoles de psychanalyse ne sont pas égales
> face à ce double mouvement. Que certaines pratiques cherchent plus à se
> conformer à la théorie originaire et que d'autres vont mieux prendre acte
> des évolutions sans chercher à toujours rabattre le nouveau sur l'ancien. Je
> ne voudrais pas me faire accuser de prosélytisme, d'autant que je n'ai pas
> fini de faire le tour des différentes écoles de psychanalyse. Disons juste
> pour le moment que ce double mouvement entre ces deux acceptions de ce
> qu'est un modèle peut peut-être nous aider à réfléchir la clinique.
> 
> --
> Catherine
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