[Lutecium-group] RE : Re: exigences matrimoniales
Guy de Villers
Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
Thu Aug 9 21:06:30 GMT 2007
Voilà un extrait du commentaire d'E. Laurent du passage envoyé tout à
l'heure. C'est un extrait de la Revue Quarto, n° 90, qui vient de paraître.
C'est pourquoi je ne peux diffuser ce texte sur Lutecium. Je vous l'envoie
parce qu'il me semble éclairant.
Cordialement,
Guy.
==============================
Eric Laurent dans Quarto n° 90
"Nous voudrions montrer la manière dont Lacan formule dans « L’étourdit »[i]
la position féminine en tant que position surmoïque qui part de la
jouissance du sujet et qui développe un appel à partir de cette présence de
la jouissance.
Pour amener cela, Lacan fait entendre la prosopopée de la Sphynge grecque.
« “Tu m’as satisfaite, petithomme. Tu as compris, c’est ce qu’il fallait.
Vas, d’étourdit il n’y en a pas de trop, pour qu’il te revienne l’après
midit. Grâce à la main qui te répondra à ce qu’Antigone tu l’appelles, la
même qui peut te déchirer de ce que j’en sphinge mon pastoute, tu sauras
même vers le soir te faire l’égal de Tirésias et comme lui, d’avoir fait
l’Autre, deviner ce que je t’ai dit.”
C’est là surmoitié qui ne se surmoite pas si facilement que la conscience
universelle.
Ses dits ne sauraient se compléter, se réfuter, s’inconsister,
s’indémontrer, s’indécider qu’à partir de ce qui ex-siste des voies de son
dire. »[ii]
Je commente ce passage, ligne à ligne et terme à terme.
Donc, c’est la Sphynge qui parle et qui commence par mettre en avant sa
jouissance. Elle dit : « Tu m’as satisfaite ». Elle ne commence pas par
«moi, la vérité, je parle...»[iii] Elle ne part donc pas d’une énigme, où
d’emblée est mise en avant la vérité. Elle commence directement par « tu
m’as satisfaite, petithomme. » Et elle ajoute : « tu as compris, c’est ce
qu’il fallait. » Mais qu’a-t-il compris, le petit homme ? On se le demande,
car, à la fin de la prosopopée, elle lui dit : « tu sauras même vers le soir
[…] deviner ce que je t’ai dit. »
« Vas, d’étourdit il n’y en a pas de trop, pour qu’il te revienne l’après
midit. » Cet «après midit» est un jeu de mot : il condense le midi d’Œdipe
et le mi-dire de Lacan : « La vérité ne peut que se mi-dire, se dire à
moitié ».[iv] S’il est question de l’après-midit, c’est que ce qui précède
est un midit. L’après-coup de midit, c’est l’après-coup de « tu m’as
satisfaite, mon vieux — enfin, petit homme ; tu as compris, c’est bien. »
Alors, « l’étourdit », c’est quoi ? C’est toute la mobilisation des chaînes
du langage, de l’Autre. Ce sont les tours du dit. Les « tours » font souvent
métaphore chez Lacan, pour signifier le tore où l’on a de longs enroulements
autour du vide qu’enserre le langage. Ce vide est ce que le langage n’arrive
pas à dire et que les trous de la demande représente. Car le langage cerne
le trou du désir.
« […] pour qu’il te revienne […] ».
Que pourrait-il lui revenir ? Ce pourrait être quelque chose de sa
jouissance à elle, étant donné que l’on ne sait pas ce qui lui revient, à
lui. Elle, elle est satisfaite ; mais lui, tout ce qu’il a, c’est qu’il a
compris. Tant qu’à faire, peut-être aimerait-il avoir sa part du festin.
C’est pourquoi, «[…] d’étourdit il n’y en a pas de trop, pour qu’il te
revienne l’après midit», soit l’après-coup : qu’il te revienne exactement ce
que tu as compris.
« Grâce à la main qui te répondra… » Pour autant, le petit homme appelle et,
en réponse, une main vient le prendre. Mais, cette main d’Antigone, c’est
celle qui accompagne Œdipe, les yeux crevés, repartant au soir de sa vie,
s’appuyant sur une canne et donnant la main à Antigone, sa jouissance ayant
été atteinte et ayant vu ce qu’il avait fait.
« […] à ce qu’Antigone tu l’appelles, la même qui peut te déchirer de ce que
j’en sphinge mon pastoute. » Etrange figure que cette main d’Antigone
qu’appelle le petit homme pour qu’elle le soutienne et qui peut tout aussi
bien le déchirer.
« […] de ce que j’en sphynge […] » Ce verbe, « sphynger », n’est pas reçu
dans la langue française. On pourrait l’entendre comme « j’en feins ». Car
il y a du « feindre » dans « Sphynge ». Le segment de phrase pourrait alors
s’entendre ainsi : « […] de ce que j’en masque, du masque de Sphynge, le
quanteur du pas-toute.» Autrement dit, finalement, l’énigme qu’a eu à
affronter Œdipe c’est : « Y a-t-il une jouissance au-delà de l’Œdipe ?
Au-delà de la valeur phallique, puisque la Sphynge féminine demande à celui
qui passe de s’identifier à l’homme. L’Enigme qui est adressée à Œdipe,
c’est : « Toi qui ne sais pas qui tu es, hâte-toi de t’identifier à un homme
avant que je te déchire. » A quoi Œdipe répond en effet en s’identifiant au
Phallus. Mais ensuite, à Colone, loin de Thèbes, Œdipe parle de l’au-delà de
simplement avoir été celui qui a satisfait Jocaste. Ainsi, la main
d’Antigone pourrait bien être, inexplicablement, celle de la Sphynge. Après
tout, la jouissance d’Antigone reste une question à la fin de l’œuvre. La
Sphynge grecque du début, le couple Œdipe-Sphynge se transforme en couple
Œdipe-Antigone. C’est pourquoi Lacan mettra tellement les projecteurs sur
Antigone dans son Séminaire sur l’Ethique. Car elle est le reste de toute
l’opération ; n’y a-t-il pas en elle quelque chose que la Sphynge incarnait
à un moment donné : l’interrogation sur la jouissance féminine ?
Lacan résume cela en cette phrase : « […], tu sauras même vers le soir te
faire l’égal de Tirésias et comme lui, d’avoir fait l’Autre, deviner ce que
je t’ai dit. » Au fond, la main féminine qui l’aide, qui peut le déchirer,
c’est aussi celle qui peut le transformer en l’égal de Tirésias,
c’est-à-dire le châtrer. Là où il se fait l’égal de Tirésias, il se
transforme en femme. C’est ainsi que cette main peut en faire l’égal. Et le
petithomme ayant fait l’Autre, elle peut lui permettre de deviner ce qui a
été dit.
Qu’est-ce qui a été dit là ? C’est que la voix du surmoi féminin, les dits
qui la représentent, s’origine de sa jouissance à elle, de son Autre
jouissance qui lui est propre.
Lacan fait de cette exigence de jouissance une exigence surmoïque.
Nous savons que le surmoi pour Lacan formule un ordre de jouissance. Le
surmoi commande : « Jouis », à quoi on ne peut que répondre : « J’entends ».
Il faut s’ôter de l’idée que le surmoi est un interdit. Avoir l’idée que le
surmoi est un pousse au crime n’est pas une évidence pour les non-lecteurs
de Lacan. Il aurait été difficile de faire comprendre en 1968 à ceux qui
proclamaient : « Joui sans temps mort et sans entrave » que c’était là le
pur énoncé du commandement surmoïque. Les contestataires de 68 croyaient
être les plus libertaires qui soient ; ils croyaient s’affranchir de tous
les préjuges sociaux. Contre l’interdit de la jouissance, ils opposaient la
« Jouissons tant et plus », c'est-à-dire « Avançons-nous vers la mort ». Il
a fallu L’éthique de la psychanalyse pour s’apercevoir que ce qu’il y avait
dans le noyau du surmoi de la découverte freudienne ce n’est pas un interdit
de la jouissance mais un scandale. Le scandale de la découverte freudienne
c’est que, quoi qu’il en soit de l’aménagement du monde, il y a dans la
jouissance un au-delà du principe du plaisir. Celui qui veut s’avancer dans
cet espace de la jouissance sans entrave se retrouve très vite dans
l’horreur. C’est la raison pour laquelle la voix bien innocente qui énonce :
« Tu m’as satisfaite » doit être qualifiée de surmoïque.
La «surmoitié qui ne se surmoite pas si facilement que la conscience
universelle» signifie ceci. C’est que tout homme a à affronter la voix de ce
type de sirènes-là. La voix des sirènes, dont se méfiait si justement
Ulysse, dit ceci : « deviens l’ami des femmes, fais comme Tirésias. Pour
vraiment les comprendre, fais-toi femme toi-même ; essaye de t’approcher de
l’Autre jouissance. » La surmoitié qu’introduit Lacan dans ce passage,
semble amusante ; elle est en fait très sérieuse. Toute la psychanalyse,
surtout post-freudienne, est remplie de l’opposition entre le surmoi
paternel et le surmoi maternel. Mme Klein a beaucoup contribué à cette idée
que le surmoi paternel, qui embêtait tellement Freud dans son Moïse et le
monothéisme, n’était pas si terrible que ça. C’était le bon brave interdit
paternel et il n’était plus craint par personne dans un monde qui avait
basculé dans la permissivité, après les deux guerres mondiales. Un monde où
l’éducation était devenue singulièrement permissive. Par contre, ce qu’on a
vu arriver était plus redoutable : l’interdit maternel, le surmoi maternel.
D’où les considérations sur les mauvaises mères, des mères qui, comme les
indiens des premiers westerns, étaient toujours nécessairement mauvaises.
Cela vous colle des boutons et des difficultés bien supérieures à l’interdit
paternel.
C’est la raison pour laquelle la voix énonce, soit « réduis-toi au père
mort, fais-toi prendre par la main d’Antigone » — Lacan dit précisément «
Grâce à la main qui te répondra à ce qu’Antigone tu l’appelles », soit «
Fais-toi Tirésias, amant châtré ».
Il y a deux façons de se faire l’égal de Tirésias. Une bonne et une
mauvaise. Dans le débat féministe que soulève cette alternative, il y a un
enjeu dans lequel la psychanalyste aura à occuper une place.
La façon trompeuse de se faire Tirésias consiste à vouloir se faire l’ami
pour feindre d’être au-delà de la mesure phallique. C’est sans doute aussi
de se susurrer l’un à l’autre entre hommes et femmes que nous sommes
semblables et que rien ne nous distingue, ne nous sépare. Depuis que le
débat féministe a trouvé à s’installer durablement dans le tissu culturel
des civilisations occidentales, les femmes prient les hommes de leur
épargner toutes leurs constructions sur le mystère féminin et considèrent
qu’elles s’en occupent très bien elles-mêmes toutes seules. Elles estiment
que les hommes ont à balayer devant leur porte et qu’ils ont suffisamment de
quoi faire pour ne pas avoir à s’occuper de leur jouissance à elles. La
pente de ce débat, incarné par Madame Badinter et par d’autres, est qu’à
partir du moment où on considère que la position de l’homme et celle de la
femme est une question strictement définissable en termes juridiques — après
tout dans l’usage de la jouissance on peut aller assez loin en termes de
droit — et que le combat se fait au nom de l’égalité des droits, il n’y a
aucune raison que nous n’arrivions pas à une égalité systémique : l’un est
l’autre et l’autre est l’un. De cette égalité, les pouvoirs délétères de
l’appel à l’Autre jouissance pourraient s’évanouir comme un mirage. Selon
cette thèse, il y aurait une façon juridique de se faire Tirésias. Dans
cette perspective, il serait alors possible de construire un appareil
juridique tel que, au-delà du statut du papa-poule, du partage équitable des
soins à donner aux enfants, l’égalité des droits s’étendrait jusqu’à la
jouissance.
La voie psychanalytique amène-t-elle du neuf ? La position conservatrice
consisterait à défendre l’idée que le mystère féminin restera définitivement
mystérieux et que, par conséquent, il est inutile de s’engager dans la voie
de la distribution des droits et des devoirs. La psychanalyse ne dénonce pas
comme vaine les efforts de la conquête de l’égalité des droits. Elle ne
souhaite décourager personne. La position de la psychanalyse consiste plutôt
à soutenir que la voix de la surmoïtié, l’impératif mortifère, n’est
mortifère que pour celui qui refuse d’affronter l’originalité de la position
féminine. Elle n’est mortifère que pour celui qui nie l’origine du dire
féminin spécifique, pour celui qui nie l’incidence directe de l’Autre. A cet
égard, la Sainte Thérèse du Bernin, dans un sens, témoigne de son étreinte
avec le père mort, mais dans l’autre sens, elle exprime aussi bien la joie
de l’Autre qui n’a pas de nom et dont pourtant la présence est certitude.
L’énoncé si doux : « Tu m’as satisfaite, petithomme », s’il est surmoïque,
s’il est terrible, c’est qu’au-delà du phallocentrisme, la tentation de
s’arracher aux limites imposées trouvent ici leur source."
[i] Jacques LACAN, « L’étourdit », [1973], Autres écrits, Paris, Le Seuil,
2001, pp. 449-495.
[ii] Jacques LACAN, « L’étourdit », Op. cit., p. 468.
[iii] Jacques LACAN, « La science et la vérité », [1965], Ecrits, Paris, Le
Seuil, 1966, p. 867.
[iv] Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre XXI, Les non-dupes errent,
[1973-1974], leçon du 15 janvier 1974. Inédit.
Guy de Villers Grand-Champs
Cours de Valduc, 13
B-1348 Louvain-la-Neuve
BELGIQUE
Tél. : +32 10 45 47 89
Fax : +32 10 45 69 74
Courriel : Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
> De : Liliane Fainsilber <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>
> Répondre à : Liliane Fainsilber <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>, Groupe de
> travail pour la psychanalyse lacanienne <lutecium-group at lutecium.org>
> Date : Thu, 9 Aug 2007 18:54:11 +0200
> À : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Objet : Re: [Lutecium-group] RE : Re: exigences matrimoniales
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Oui Gabrielle, j'ai revérifié, matrimonial ce n'est pas du maternel ni du
> matrimoine c'est une référence au mariage. Liliane.
> ----- Original Message -----
> From: "Gabrielle" <gimb345 at yahoo.fr>
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Thursday, August 09, 2007 6:30 PM
> Subject: [Lutecium-group] RE : Re: exigences matrimoniales
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour,
>
> Le "surmoi féminin" me laisse dubitative. Sans doute
> pas d'instinct grégaire. Et "surmoiter" et "florir",
> bon...
>
> Je rappelle qu'en 1938, les femmes américaines
> votaient depuis 19 ans, les françaises attendront
> encore quelques années. En 2007, je vois bien ce
> qu'est le patrimoine, le matrimoine nettement moins. A
> la question de Liliane, j'aurais répondu aussi le
> féminisme américain actif du début du 2Oème siècle.
>
> Cordialement, Gabrielle
>
> --- Guy de Villers <Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be> a
> écrit :
>
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de
>> Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> Chère Liliane,
>> J'ai lu récemment un cours d'Eric Laurent (Positions
>> féminines de l'être) où
>> est commenté un passage de L'étourdit. Il y est
>> question du surmoi féminin.
>> Voici l'extrait.
>> " Il est intéressant que des femmes ne dédaignent
>> pas d’y prendre rang :
>> c’est même pour cela que la danse est un art qui
>> florit quand les discours
>> tiennent en place, y ayant le pas ceux qui ont de
>> quoi, pour le signifiant
>> congru.
>> Mais quand le pastoute vient à dire qu’il ne se
>> reconnaît pas dans
>> celles-là, que dit-il, sinon ce qu’il trouve dans ce
>> que je lui ai apporté,
>> soit : le quadripode de la vérité et du semblant, du
>> jouir et de ce qui d’un
>> plus de –, s’en défile à se démentir de s’en
>> défendre, et le bipode dont
>> l’écart montre l’ab-sens du rapport, puis le trépied
>> qui se restitue de la
>> rentrée du phallus sublime (25 )qui guide l’homme
>> vers sa vraie couche, de
>> ce que sa route, il l’ait perdue.
>> « Tu m’as satisfaite, petithomme. Tu as compris,
>> c’est ce qu’il fallait.
>> Vas, d’étourdit il n’y en a pas de trop, pour qu’il
>> te revienne l’après
>> midit. Grâce à la main qui te répondra à ce
>> qu’Antigone tu l’appelles, la
>> même qui peut te déchirer de ce que j’en sphynge mon
>> pastoute, tu sauras
>> même vers le soir te faire l’égal de Tirésias et
>> comme lui, d’avoir fait
>> l’Autre, deviner ce que je t’ai dit ».
>> C’est là surmoitié qui ne se surmoite pas si
>> facilement que la conscience
>> universelle.
>> Ses dits ne sauraient se compléter, s,
>> s’inconsister, s’indémontrer,
>> s’indécider qu’à partir de ce qui ex-siste des voies
>> de son dire.e réfuter"
>>
>> Il me semble que cette fonction surmoïque féminine
>> fait écho aux exigences
>> matrimoniales que vous interrogez.
>> Bien à vous.
>> Guy.
>>
>> Guy de Villers Grand-Champs
>> Cours de Valduc, 13
>> B-1348 Louvain-la-Neuve
>> BELGIQUE
>> Tél. : +32 10 45 47 89
>> Fax : +32 10 45 69 74
>> Courriel : Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
>>
>>
>>
>>> De : Liliane Fainsilber
>> <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>
>>> Répondre à : Liliane Fainsilber
>> <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>, Groupe de
>>> travail pour la psychanalyse lacanienne
>> <lutecium-group at lutecium.org>
>>> Date : Thu, 9 Aug 2007 07:43:12 +0200
>>> À : Groupe de travail pour la psychanalyse
>> lacanienne
>>> <lutecium-group at lutecium.org>
>>> Objet : Re: [Lutecium-group] Lutecium-group
>> Digest, Vol 33, Issue 5
>>>
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de
>> Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> Bonjour Philippe,
>>>
>>>
>>> Merci pour ces indications. J'ai en effet été
>> invitée à participer à deux
>>> journées de travail à Lille en novembre sur ce
>> thème et je prépare donc une
>>> conférence sur ce sujet. Je ne suis pas sûre du
>> tout que ce soit, dans ce
>>> registre du déclin de la fonction paternelle, un
>> retour au matriarcat, ce
>>> serait sans doute un moindre mal, car de ce qu'en
>> raconte Lacan dans les
>>> complexes familiaux, le support si je puis dire
>> symbolique du côté des
>>> hommes est attribué à l'oncle maternel, c'est lui
>> qui est le support de la
>>> transmission des tabous et des rites, le père joue
>> un rôle plus formateur du
>>> côté de la transmission des techniques, donc d'une
>> sorte de savoir
>>> artisanal. Il a donc dans le martriarcat des
>> éléments symboliques qui
>>> référent les femmes en occurrence les mères à une
>> loi symbolique.
>>> Or on ne sait quel tiers symbolique pourrait
>> intervenir à l'époque que nous
>>> vivons par rapport à ce qu'on appelle "les
>> familles monoparentales". Dans
>>> les complexes familiaux, Lacan les appelle - il
>> est vrai que nous sommes en
>>> 1938 - "familles décomplétées".
>>>
>>> Je serais quand même contente que quelqu'un
>> m'écrive ce qu'on peut entendre
>>> dans ce qu'écrit Lacan de cette augmentation des
>> exigences matrimoniales.
>>> J'en suis à me demander si en fait il ne s'agirait
>> pas plutôt des exigences
>>> matrimoniales des femmes et que justement Lacan
>> n'utilise pas cette formule
>>> pour ne pas réveiller leur ire ? Cela parait
>> plausible si ce sont ces
>>> exigences qui entrainent le déclin de la fonction
>> du père, ne peut-on pas
>>> alors, sans utiliser la langue de bois, dire qu'il
>> s'agirait alors des
>>> revendications féminines quant à leur statut
>> social ? Je ne sais pas ce qui
>>> se passait, en 1938, aux Etats Unis, quant aux
>> luttes féministes.
>>> J'ai lu avec beaucoup d'intérêt - pour approcher
>> ces questions - les livres
>>> de Marcela Iacub qui nous avaient été présenté sur
>> cette liste par Jean-Paul
>>> Kornobis. C'est une juriste. Bonne journée.
>> Liliane.
>>>
>>> Le goût de la psychanalyse :
>> http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/
>>>
>>>
>>>
>>>
>>>
>>>
>>> ----- Original Message -----
>>> From: "Philippe Mathey"
>> <philippe.mathey at laposte.net>
>>> To: <lutecium-group at lutecium.org>
>>> Sent: Wednesday, August 08, 2007 11:25 PM
>>> Subject: Re: [Lutecium-group] Lutecium-group
>> Digest, Vol 33, Issue 5
>>>
>>>
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de
>> Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> Bonjour Liliane,
>>>
>>> Ce sont des questions actuellement retravaillées
>> par l'ALI.vu sous
>>> l'angle de la place de la mère; Voir le bulletin
>> N°2 de l'ALI sur "la
>>> résurgence du matriarcat" et l'édito de Ch. Melman
>> : Les travers du
>>> droit maternel sur le site Freud-Lacan
>>> Aussi les travaux de Lebrun, commentaires sur les
>> films des frères
>>> Dardennes et son dernier livre " la perversion
>> ordinaire"
>>> Egalement les travaux de JP Hiltenbrand dans la
>> même mouvance de
>>> l'influence du social sur notre économie
>> psychique.
>>>
>>> Cordialement,
>>>
>>> Philippe Mathey
>>>
>>>
>>>
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