[Lutecium-group] Où en est-on sur la question di contrôle encore appellé supervision ?

notert notert at club-internet.fr
Tue Dec 11 00:50:42 GMT 2007


Bonsoir liliane,

si je me suis sentie un peu "interpellée " par votre demande sur  
(l'analyse de) le controle, et rebellée contre le mot "supervision",  
c'est que voilà des années que cela me fait travailler. le mot  
supervision était plutôt pour ces groupes de travail affiliés à des  
pratiques autre que psychanalytiques, éducatives,   
psychothérapeutiques et/ou soignantes, le" regard" d'un  
"psychanalyste" étant demandé, en groupe. l'aorseque j' y ai  
participé c'est en précisant le coté auditif ou entendement de la  
pseudo vision.

Pour ce qui s'est appelé "contrôle", j'ai déjà dit ce que cela doit à  
l'IPA, et à ses filiations sur le "gradus" du titre de psychanalyste:  
avoir ou non pratiqué des analyses sous contrôle en nombre déterminé.

Cela n'est pas mon propos, ni mon cursus qui a été plutôt , comme  
vous, celui de l'EFP: une remise en question du désir du psychanalyste.
Mais particulièrement, singulièrement, surtout un intéret pour la  
clinique; ainsi dés 83, j'ai participé à un groupe de travail sur "le  
trait du cas" et en 88 j'ai aidé à la publication d'un petit livre  
introuvable à l'heure actuelle: "le trait du cas ou le psychanalyste  
à la trace" chez point hors ligne. si je le signale, c'est que durant  
ce travail d'une 20taine d'années, j'ai pu comparer et le travail de  
controle et le travail d'une certaine analyse de la pratique ou  
"pratiques sur la pratique" (citation de M.Ziri), en groupe. pas sans  
cartels, ni sans exposés en public, appelés "passage au public".

Ce qui me semble à en parler après coup, congruent avec notre objet,  
est ce fameux "désir du psychanalyste", en perspective dans un "cas"  
rapporté par le récepteur, en direction d'une autre manière,  
subjective et individuelle. "Le trait du cas" se réfère à quelques  
phrases de Lacan pour "permettre de mettre à l'étude le "personnel"  
dans la pratique, sans guindage d'autorité".
bon bien que cela date, je peux vous retrouver les références des  
textes qui nous ont donné cette orientation. ces "groupes d'études du  
trait du cas" existent toujours sur Paris et Nantes, Grenoble,  
actuellement je n'en ai plus en Normandie, c'est momentané.

  Ce ne sont pas des "contrôles" en groupe, mais cela peut avoir des  
effets de controle. autrement dit, c'est le cas de le dire, le  
"contrôle" peut être subjectivement ressenti même quand il n'a pas  
été demandé comme en controle, ou "analyse de controle", comme dit  
O.Mannoni. Terme qui rend compte des effets sur la structure de  
l'analyste de ce qu'il cherche à propos d'un autre, son analysand, et  
qui vient comme vous dites "rencontrer ses propres lettres", et ce  
que j'ai constaté pour ces "traits du cas" faire butée dans  
"l'écoute" du psychanalyste, son propre "point aveugle" -nous revoilà  
dans la métaphore visuelle- ce qu'il en veut pas entendre.

je porte en faux contre ces dites "études logiques de cas", et j'ai  
du parfois tenter en parler, vu que le mot" trait du cas"a aussi été  
repris au point de vue d'une logique pathognomonique d'un tableau  
clinique (Czermack Tysler) ce qui m'a également interessée quand j'ai  
participé aux présentations de malades de Lacan (j'en ai parlé lors  
des journées sur les pratiques de Lacan 2003, publié dans  
psychologies cliniques) j'en dirai seulement que "la geste" en est  
différente,si le mot "trait du cas" est commun, la remise en cause du  
désir de savoir du psychanalyste, aussi.
Ainsi en est-il de même pour le mot "contrôle", plusieurs y mettent  
des perspectives différentes, chacun y vient personellemnt.

  je ne sais qu'une chose c'est que je ne sais rien, est une phrase  
Socratique, ça n'empêche pas de chercher, mais surtout , pour le  
psychanalyste, permettre à l'analysant de poursuivre sa recherche,  
malgré la résistance du psychanalyste, qui se doit de travailler sa  
surdité, là c'est à mon avis le but d'une "analyse dite de controle",  
que sa propre analyse n' obture  pas l'analyse des autres.

bon je manque de clarté, Lilane, par rapport à votre désir  
"d'accompagnement" ; et je manque de temps pour  lire les multiples  
réponses qui vous sont faites, je ne suis pas en "grandes vacances".  
cependant dans une certaine application- à ce que vous me répondiez  
sans me connaître-  vouloir vous citer, puisque vous parlez de  
Safouan, ce livre assez récent (1995) sur ce sujet: "Malaise dans la  
psychanalyse" sous titré "Le tiers dans l'institution et l'analyse de  
controle", trois auteurs: Moustapha Safouan, Philippe Julien et  
Christian Hoffman.  chez les Cahiers d'Arcanes. ce livre est précieux  
dans cette notion de tiers nécessaire à la cure psychanalytique,  
depuis le départ, Freud et ses élèves, et là où nous en sommes  
d'accord avec vous, parfois cela se perd dans une notion  
"supervisuelle" voire virtuelle.

ce livre souligne la position du tiers dans la psychanalyse,  
j'entends dans l'institution de la fonction analytique par la cure.
perso je l'ai toujours ressenti ne serait-ce que par le fantôme de  
Freud ou de Lacan, ou pour certaines cures le fait de recourir à un  
autre tiers: un controleur, permet de s'ouvrir l'oreille et poursuivre .

je viens de lire sous la plume d'Irène Diamantis (son livre sur  
phobie et séparation2005) des propos similaires sur la fonction  
tierce. cela me semble aller audelà de la lecture pardessus l'épaule  
que vous évoquiez, qui me faisait penser à ce film, où un personnage  
parle à un oiseau imaginaire perché sur son épaule (j'aime bcp ce  
film dont le titre ne me revient pas à l'instant). là ce tiers n'est  
ni perché pour lire ni sur une épaule, ni sur l'autre, je le pense  
comme complètement transcendant et non pythique (pardon je ne trouve  
pas d'autre mot pour dire que le destin de l'analysant n'a pas a être  
prédit ni par le controleur ni par l'analyste en contrôle) en ce sens  
je questionnerai ce néologisme:"orant" que vous apportez venant de  
Lacan.

Orant, serait un participe présent d'un verbe qui n'existerait pas  
(orer) et concernerait l'oralité (?) du discours de l'analysant,  
l'orée du discours du psychanalyste (?) ce que j'entends comme cure  
de l'oreille du psychanalyste en controle, et non une étude de la  
logique du cas. curer son oreille, "s'ouvrir les conques" quand je  
parle plus lestement qu'ici en général. Orant entre l'oral et l'oreille.

pardon pour cette longueur, mais ce n'est pas langueur, sauf à  
critiquer les mots, tant "cure" que "contrôle", ou logique prise en  
structure , que "supervision", tous ces mots sont capables de boucher  
des oreilles, et pas plus que vous je ne crois ni à un 3° œil ou 3°  
oreille, mais le tiers de lalangue reste en filigrane.

je persiste, même pour les psychanalystes actuels(  "néos" sont-ce  
des cancers?) qu'avoir de "l'oreille" tient au "désir du  
psychanalyste" celui là même qui a fait ce pass age de l'analyse  
personnelle à la pratique de l'analyse, une question ouverte sur  
l'inconscient et la bévue du savoir.

filandreuse
danielle


Le 10 déc. 07 à 09:16, Liliane Fainsilber a écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour Danielle, je suis absolument d'accord avec vous pour  
> déplorer ce choix de nomination quant à ce qui fait l'essentiel des  
> "formations" du psychanalyste avec l'analyse singulière de ce  
> dernier et le travail des textes en cartels.
>
> il y a bien longtemps que j'avais, avec quelques amis,  proposé de  
> le débaptiser. Il y en a quelques traces sur le site du goût de la  
> psychanalyse.
> http://pagesperso-orange.fr/liliane.fainsilber/pages/controle.htm
>
> Avec le contrôle en effet se réveillent toutes les angoisses devant  
> les exigences démesurées du surmoi archaïque maternel pleinement  
> mis en exercice en ces temps précoces de l'apprentissage de la  
> propreté : entre l'urine et la merde nous sommes nés et se  
> civiliser implique de s'en dégager de relever un peu plus haut le nez.
> La supervision, encore qu'elle rappelle l'oeil qui était dans la  
> tombe et regardait Caïn, est de ce point de vue quand même moins  
> toxique, mais  n'est pas elle non plus le nom de rêve qu'on  
> pourrait lui donner.
>
>  Mais quand même, ce terme pourrait évoquer l'image de quelqu'un  
> qui lit un peu par dessus votre épaule, un texte passionnant. Ce  
> qui m'y fait penser c'est que dans le déchiffrage, il y est certes  
> question d'entendre mais aussi de déchiffrer et cette supervision  
> pourrait alors entrer en écho avec ce que disait Lacan dans le  
> séminaire Encore, si je m'en souviens bien : " à ce que vous  
> entendez de signifiant, il s'agit de donner une autre lecture de ce  
> qu'il signifie".  Quand il s'agit de lire, la vision y est mise en  
> jeu, on a même besoin de bons yeux ou de bonnes lunettes. Il ne  
> s'agit pas d'être trop mirauds.
>
> J'ai oublié où, mais je me demande si ce n'est pas à la fin du  
> séminaire du transfert, il me semble quand même bien que Lacan  
> indiquait que l'analyste devait être un "voyant". A vrai dire ce  
> qui me chiffonne c'est qu'il parlait en même temps d'un orant,  
> celui qui était toujours dans un coin du tableau, en tout petit, et  
> qui était en fait celui qui avait mis les sous pour réaliser la  
> fresque ou le tableau.
>
> Mais du voyant à l'orant je ne suis pas trop la validité de sa  
> démarche à moins qu'il s'agisse de l'orant/ oral ou de l'orang  
> outang. Amicalement. Liliane.
>
> ----- Original Message -----
> From: "notert" <notert at club-internet.fr>
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium- 
> group at lutecium.org>
> Sent: Saturday, December 08, 2007 1:04 AM
> Subject: Re: [Lutecium-group] Où en est-on sur la question di  
> contrôle encore appellé supervision ?
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> merci jacques,
>   de nous avoir parlé à" cœur ouvert", c'est tout à fait ce que je
> crains des supervisions: du sanguinolant.
> vous avez su garder dans cet imbroglio une juste mesure de parler de
> vous et de votre manière d'avoir été, malgré tout , en  ce qui
> s'appelle en général dans notre spécialité "controle", avec votre
> analyste.
>
> ce difficile passage entre la position analysante, et la position
> d'être en fonction de celui d'où l'on attends plus rien/tout, est une
> bascule subjective qui confine au désêtre. Que cela se soit pour vous
> doublé de l'opération cardiaque est tout à fait renversant. faudrait-
> il en conclure qu'il n'est pas souhaitable de prendre une
> "supervision" plutôt qu'un "contrôle" ?"Analyse de contrôle" disait
> Octave Mannoni, comme s'il fallait recommencer à mettre son désir en
> question.
> Mais cela n'est pas votre propos, supervision/controle,  vous
> répondiez à Liliane qui questionnait la "supervision" faisait "appel
> à témoins" un visionage, ce qui nous ramène à notre "écran": ces
> mails: le controle appelé supervision.
>
> Il existerait des "gens" qui sauraient voir par de là les mots, ce
> serait alors une "mancie": je soumets ce terme qui concerne les
> visionnaires, et nous serions ici pour en témoigner.
>
>   Lacan n'aurait pas existé, et n'aurait pas dit après Freud que
> l'inconscient est structuré comme un langage, mais plutôt que cela
> serait visuel, l'imaginaire tout puissant, Young en serait ravi, les
> japonais aussi: vive les Mangas: du sexe et du sang.
>
> bon bien sûr je charge, même surcharge , rien de démonstratif pour ce
> que demande Liliane, je la crois de bonne foi, elle veut ignorer la
> Passe, elle a employé ce mot "supervision" juste pour faire" actuel",
> toutes les psychothérapies, celles des évaluations, emploient ce
> terme, mais vous, jacques, musicien comment pouvez vous y convenir?
> sous ce mot j'entends: en guise de ce qui s'appelle depuis Freud
> "prendre conseil d'un psychanalyste confirmé" plus une direction de
> "l'entendement", entendre au sens diriger ou orienter. qui nous
> entends mieux que l'analyste que nous avons eu.
>
> le mot "supervisor" est venu de l'IPA celle qui a envoyé Lacan aux
> ornières du signifiant: la traduction est une trahison.
> Soit nous n'avons pas eu de références française aux textes de Freud
> sans la Stanley, mais cela permet-il de pervertir ce pas important de
> la didactique ? est psychanalyste didacticien celui qui a eu un
> analysant qui devienne psychanalyste ? du coup lui nous rendons bien
> en le prenant comme controleur.
>
> dans votre récit, vous avez permis le titre de didacticien à votre
> analyste, mais de grâce ne lui donnez pas un titre de superviseur ! à
> moins que vous ne désiriez devenir un psychothérapeute normé et
> évalué, la psychanalyse se donne à voir. la question, sous son aspect
> ingénu: témoignez!, est une somme de "rien n'a existé": nous
> repartons à zéro: qu'est-ce qui se passe maintenant?  sous-entendu:
> la passe n'existe pas, et vous venez de nous démonter le contraire,
> sans jury sauf notre écran et ça c'est de la pure prétérition: vous
> n'êtes pas sans savoir que le titre est une "supervision" de quelques
> autres qui reçoivent témoignage.
>
> cher jacques, vous êtes psychanalyste, et la vision a été par Freud a
> priori mise hors cure par la parole, même si vous prenez votre ancien
> analyste comme contrôleur de vos pratiques d'écoute flottante,
> quelque soit votre version, nous sommes témoins que vous avez
> témoigné d'un contrôle avec votre analyste en fin de cure.
>
> de tout cœur avec la musique.
> D.
> Le 7 déc. 07 à 09:53, Jacques Ponzio a écrit :
>
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> chère Liliane
>>
>> Après avoir mis un terme à mes séances tri hebdomadaires sur  
>> plusieurs
>> lustres avec mon analyste (notez que je ne parle pas de "fin" de mon
>> analyse), j'en ai rencontré un à qui j'ai demandé une supervision.
>> J'ai
>> fait simple, nous sommes quasiment voisins
>>
>> je suis allé le voir pendant 10 ans à raison d'une séance de 3/4
>> d'heure tous les 15 jours
>> je parlais de ce qui me venait
>> ça pouvait être un cas qui nous occupait toute la séance, ou  
>> plusieurs
>> séances, avec des échappées associatives sur d'autres cas qui
>> n'avaient
>> sans doute pas la même pregnance, mais qui soulevaient des questions
>> théoriques, ou de pratique, analogues - ou pas, d'ailleurs -
>>
>> il a toujours accueilli ce que je disais, face à face, avec le  
>> sérieux
>> qui s'imposait, parfois réagissant sur des points qui m'avaient
>> complètement échappés.
>>
>> voilà quelques années, des ennuis de santé ont commencé pour moi  
>> (j'ai
>> 61 ans) et nos rapports se sont peu à peu modifiés, à mesure aussi  
>> que
>> je recevais des analysants en supervision, au cabinet ainsi qu'en
>> pratique institutionnelle.
>>
>> nous sommes devenus amis, et naturellement, ce travail que nous
>> faisions s'est interrompu de lui-même, après toutefois une période
>> d'une année environ, assez intéressante sur le plan fictionnel  
>> puisque
>> nous pouvions dîner ensemble, nous tutoyant, et nous voir en  séance,
>> nous vouvoyant.
>>
>> À l'occasion d'ennuis plus graves (opération à coeur ouvert…) nous
>> avons mis fin d'un commun accord à cette fiction résiduelle, et
>> continuons à travailler ensemble au sein d'un groupe de travail.
>>
>> une tranche de vie…
>>
>> amicalement
>> jp
>> Le 7 déc. 2007, à 09:20, Liliane Fainsilber a écrit :
>>
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> Bonjour à tous,
>>> il y a une question qui me tracasse depuis quelques jours, je me  
>>> suis
>>> demandée ce qu'il en était actuellemnt de la question du contrôle
>>> encore appellé supervision. Je serais curieuse de savoir comment
>>> il se
>>> pratique de nos jours, pour les analystes. De mon temps, ces
>>> contrôles
>>> duraient des années presque au tant que l'analyse elle-même. Quels
>>> sont leur fréquence. Change-t-on d'analyste enfin plein de questions
>>> de cet ordre et notamment celle qui me parait peut-être la plus
>>> importante, parle-t-on au cours de ces contrôles, d'un seul de ses
>>> analysants ou bien de son travail d'analyste si on peut dire à la
>>> petite semaine ?
>>>
>>> Qui est-ce qui aurait envie de répondre un peu et surtout d'échanger
>>> des idées autour de ces questions. Amicalement. Liliane Fainsilber
>>>
>>> Le goût de la psychanalyse :
>>> http://pagesperso-orange.fr/liliane.fainsilber/
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