[Lutecium-group] L'impuissance de la vérité

augustina.b augustina.b at free.fr
Sat Dec 29 13:46:15 GMT 2007


je ne sais pas si c'est ce que vous cherchez mais voici un passage dans l
envers de la psychanalyse :
 
 
4
 
 
Voilà donc définie la relation entre ces termes qui sont quatre. Celui que
je n’ai pas nommé est celui qui est innommable Parce que c’est sur son
interdiction que se fonde toute cette structure — c’est à savoir, la
jouissance.
C’est là que la vue, la petite lucarne, le regard qu’a apporté l’analyse
nous introduit à ce qui peut être démarche féconde, non pas de la pensée,
mais de l’acte. Et c’est en cela que cela paraît révolutionnaire.
Ce n’est pas autour du sujet que cela se situe. Quelle que soit la
fécon­dité qu’ait montrée l’interrogation hystérique, qui, je l’ai dit,
l’introduit le premier dans l’histoire, et bien que l’entrée du sujet comme
agent du


 
206- discours ait eu des résultats très surprenants, dont le premier est
celui de la science, ce n’est pas là pour autant qu’est la clé de tous les
ressorts. La clé est dans le questionnement de ce qu’il en est de la
jouissance.
On peut dire que la jouissance est limitée par des processus naturels. Mais,
pour dire la vérité, nous n’en savons rien, si ce sont des processus
naturels. Nous savons simplement que nous avons fini par considérer comme
naturelle la douilletterie dans laquelle nous entretient une société à peu
près ordonnée, à ceci près que chacun meurt d’envie de savoir ce que cela
ferait si cela faisait vraiment mal. D’où cette hantise sadomaso­chiste qui
caractérise notre aimable ambiance sexuelle.
Cela est tout à fait futile, voire secondaire. L’important est que, naturel
ou pas, c’est bel et bien en tant que liée à l’origine même de l'entrée en
jeu du signifiant, qu’on peut parler de jouissance. Ce dont Jouit ‘l’huître
ou le castor, personne n’en saura jamais rien, Parce que, faute de
signifiant, il n’y a pas de distance entre la jouissance et le corps.
L’huître et le castor sont au même niveau que la plante, qui, après tout, en
a peut-être aussi une, de jouissance, sur ce plan-là.
 La jouissance est très exactement corrélative à la forme première de  l
entrée en jeu de ce que j’appelle la marque, le trait unaire,  qui est la
marque pour la mort, si vous voulez lui donner son sens. Observez bien que
rien ne prend de sens que quand entre en jeu la mort.
C’est à partir du clivage, de la séparation de la jouissance et du corps
désormais mortifié, c’est à partir du moment où il y a jeu d’inscriptions,
marque du trait unaire, que la question se pose. Il n’y a pas besoin
d’attendre que le sujet se soit révélé bien caché, au niveau de la vérité du
maître. La division du sujet n’est sans doute rien d’autre que l’ambiguïté
radicale qui s’attache au terme même de vérité.
C’est pour autant que le langage, tout ce qui instaure l’ordre du dis­cours,
laisse les choses dans une béance, qu’en somme, nous pouvons être sûrs qu’à
suivre son fil, nous ne ferons rien jamais que suivre un contour Mais il y a
quelque chose qu’il nous apporte de plus, et c’est le moins de ce qu’il nous
faudrait vraiment savoir pour répondre à la question par laquelle j’ai
commencé, c’est à savoir, ce qui se passe actuellement au niveau du discours
universitaire.
Il faut commencer par voir pourquoi le discours du maître est si soli­dement
établi, au point que peu d’entre vous, semble-t-il, mesurent


 
207-     jusqu’à quel point il est stable. Cela tient à ce que Marx a
démontré —        sans, je dois le dire, en montrer le relief — concernant
la production,
Et qu’il appelle plus-value, et non pas plus-de-jouir.
Quelque chose a changé dans le discours du maître à partir d’un cer­tain
moment de l’histoire. Nous n’allons pas nous casser les pieds à savoir si
c’est à cause de Luther, ou de Calvin, ou de je ne sais quel trafic de
navires autour de Gênes, ou dans la mer Méditerranée, ou ailleurs, car le
point important est qu’à partir d’un certain jour, le plus-de-jouir se
compte, se comptabilise, se totalise. Là, commence ce que l’on appelle
accumulation du capital.
Ne sentez-vous pas, par rapport à ce que j’ai énoncé tout à l’heure de
l’impuissance à faire le joint du plus-de-jouir à la vérité du maître,
qu’ici, le pas gagne ? Je ne dis pas que c’est le dernier qui est décisif,
mais l’impuis­sance de cette jonction est tout d’un coup vidée. La
plus-value s’adjoint au capital — pas de problème, c’est homogène, nous
sommes dans les valeurs. D’ailleurs, nous y nageons tous au temps béni où
nous vivons.
Ce qu’il y a de frappant, et qu’on ne semble pas voir, c’est qu’à partir de
ce moment-là, du fait qu’ont été aérés les nuages de l’impuissance, le
signifiant-maître n’en apparaît que plus inattaquable, justement dans son
impossibilité. Où est-il ? Comment le nommer ? Comment le repérer? — sinon
bien sûr dans ses effets meurtrier Dénoncer l'impérialisme? Mais comment
l’arrêter, ce petit mécanisme?
Qu’en est-il maintenant du discours universitaire? Il ne peut pas y avoir
ailleurs une chance que la chose tourne un peu. Comment ? Je me réserve de
vous l’indiquer plus tard puisque, vous le voyez, je vais lente­ment. Mais
je peux déjà vous dire qu’au niveau du discours universitaire, l’objet a
vient à une place qui est enjeu chaque fois que cela bouge, celle de
l’exploitation plus ou moins tolérable.
L’objet a, c’est ce qui permet d’introduire un petit peu d’air dans la
fonction du plus-de-jouir. L’objet a, c’est ce que vous êtes tous, en tant
que rangés là — autant de fausses-couches de ce qui a été, pour ceux qui
vous ont engendrés, cause du désir. Et c’est là que vous avez à vous y
retrouver, la psychanalyse vous l’apprend.
Que l’on ne me casse pas les pieds à me dire que je ferais bien de faire
remarquer à ceux qui s’agitent ici ou ailleurs qu’il y a un monde entre la
fausse-couche de la grande bourgeoisie et celle du prolétariat. Après tout,


 
208- la fausse-couche de la grande bourgeoisie, en tant que fausse-couche,
n’est pas forcée de traîner tout le temps avec elle sa couveuse.
Reste que la prétention à se situer en un point qui serait tout d’un coup
particulièrement illuminé, illuminable, et qui pourrait arriver à bouger de
ces rapports, il ne faut tout de même pas la hausser au point où poussait
les choses — petit souvenir que je vous livre — une personne qui fut à
m’accompagner pendant au moins deux ou trois mois de ce qu’on a coutume
d’appeler la folle jeunesse. Cette ravissante me disait
—        Moi, je suis de pure race prolétarienne.
On n’en a jamais tout à fait fini avec la ségrégation. Je peux vous dire que
cela ne fera jamais que reprendre de plus belle. Rien ne peut fonctionner
sans cela — qui ce passe ici, en tant que le a, le a sous une forme vivante,
toute fausse-couche qu’elle soit, manifeste qu’elle est l’effet du langage.
Quoi qu’il en soit, il y a en tous les cas un niveau auquel cela ne
s’arrange pas, c’est au niveau de ceux qui ont produit les effets du langage
 puisque aucun enfant n’est né sans avoir eu à faire à ce trafic par
l’intermédiaire de ses aimables dits progéniteurs, qui étaient pris dans
tout le problème du discours, avec, eux aussi, derrière eux, la génération
précédente. Et c’est à ce niveau-là qu’il faudrait vraiment avoir interrogé.
Si l’on veut que quelque chose tourne — bien sûr, au dernier terme, on ne
peut jamais tourner, je l’assez souligné —, ce n’est certainement pas par
progressisme, c’est simplement parce que cela ne peut pas s’arrêter de
tourner. Si cela ne tourne pas, cela grince, là où les choses font question,
c’est-à-dire au niveau de la mise en place de quelque chose qui s’écrit a.
Est-ce que cela a jamais existé ? Oui, sans doute et ce sont les Anciens qui
nous en donnent, après tout, le meilleur témoignage, et ensuite, tout au
long des âges, les choses formelles, classiques, en quelque sorte copiées
sur eux.
Pour nous, au niveau où les choses se passent pour l’instant, que peut
espérer ceci ? ce point d’auscultation, tout ce qui du corps reste de vivant
 de savoir, ce nourrisson pourquoi pas, ce regard, ce cri, ce braille­ment,
il aboie — qu’est-ce qu’il peut faire ?
J’essaierai de vous dire la prochaine fois ce que signifie ce que j
‘appel­lerai la grève de la culture.
 
 
je continue mes recherches...
 
-------Message original-------
 
De : harry haller
Date : 29/12/2007 10:23:02
A : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
Sujet : Re: [Lutecium-group] 2007 <--> 2008
 
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
 
____________________________________________________________
 
 
Ami(e)s de Lutecium,
 
 
  Quelqu'un pourrait-il m'indiquer oy Lacan parle de la "jouissance de l
huitre", en piriode de fjte, je tiens ` savoir qui je mange...
 
Merci par avance.
 
 
Date: Mon, 24 Dec 2007 18:17:23 -0200From: mc2 at superig.com.brTo:
lutecium-group at lutecium.orgSubject: [Lutecium-group] 2007 <--> 2008
Un excellent 2008 ` vous.Marcos Abel
_________________________________________________________________
Nouveau ! Criez votre profil Messenger !
http://home.services.spaces.live.com/
____________________________________________________________
 
_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
 
 
____________________________________________________________
 
 
 
---
Antivirus avast! : message Entrant sain.
Base de donnees virale (VPS) : 071228-0, 28/12/2007
Analyse le : 29/12/2007 14:33:59
avast! - copyright (c) 1988-2007 ALWIL Software.
http://www.avast.com
 
 
 
 
-------------- section suivante --------------
Une pi?ce jointe non texte a ?t? nettoy?e...
Nom: non disponible
Type: image/gif
Taille: 33907 octets
Desc: non disponible
Url: http://cerium.lutecium.org/pipermail/lutecium-group/attachments/20071229/9ae6c0d9/attachment-0001.gif 


More information about the Lutecium-group mailing list