[Lutecium-group] Pour plus d'explications

Chantal Collet collet.chantal at 9online.fr
Wed Feb 7 21:02:11 GMT 2007



Violaine,

Je comprends sans effort ce que le petit conte d'Esope peut mettre en
lumière. Comme tout cadeau reçu, il me plaît d'ajouter merci à votre
intention. Et dit en aparté : voilà un "don", sans obligation de "dû", en
retour. Deux fois merci, donc ...


Cependant, je ne fais pas le lien avec la première partie de votre propos :
sauf à entendre que la parole qui "retentit" a plus d'impact que le
médicament sur le long terme.


Au fil de la plume. Voilà quelques remarques ...

L'interlocuteur psychanalyste étant muet,  il reçoit la logorrhée /discours
de l'analysant tel un mur. Et ça bouge ou pas, au fil des séances.

Pour ma part, avec ma courte expérience, il me semble que mes impatiences
trouvaient bien plus de réponses dans "mes" silences.
Sauf que aïe, une fois franchie la porte, j'étais furieuse ou dépitée de ne
pas avoir manipulé à mon gré, l'autre dont je ne voyais pas le visage. Et là
j'avais le cadeau de mes colères d'où un plus d'énergie

Or parler ... Parler ... Parler dans un besoin irrésistible, jusqu'à la
perception de l'écoeurement d'autrui n'apporterait-il pas une jouissance de
maîtrise ?

"Qu'un accident, une catastrophe une agression laissent des traces pose
la question de ce qu'est une trace" dites-vous. Et vous poursuivez :
"Certaines paroles justement peuvent être plus traumatiques que des
événements, parce qu'elles nomment, elles font exister quelque chose".

Je reste en panne dans une compréhension qui m'échappe :
Trop dire, tout le temps fait exister encore plus le trauma ?
Expliquez davantage ou plus simplement votre pensée du moment.

Cordialement

Chantal


Le 7/02/07 17:03, « Violaine Clement » <violaine.clement at co-perolles.ch> a
écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Traumatisme "réel"...
> 
> Qu'un accident, une catastrophe une agression laissent des traces pose
> la question de ce qu'est une trace.
> Avez-vous vu le film "L'effroi des hommes ?" Ce film de 1991 est
> souvent montré à ceux qui travaillent sur les traumatismes dit réels,
> c'est-à-dire guerres, catastrophes, etc... Dans mes souvenirs, il a été
> produit avec l'aide d'entreprises qui produisent des médicaments. Il
> fait partie des outils de formation au debriefing.
> 
> Parmi les "victimes", il y a ceux qui restent fixés à certaines images,
> et d'autres pour qui la catastrophe a donné un sens à leur vie. Ce qui
> est intéressant, c'est ce que les personnes qui parlent disent de
> l'effet qu'a eu sur eux cette prise même de parole. C'est ce qui
> m'intéresse.
> Lors d'une conférence à Lausanne sur l'angoisse et le transfert,
> François Ansermet terminait avec ces mots :
> 
> L¹analyse a beaucoup d¹effets, et donc d¹effets secondaires. C¹est plus
> prudent d¹utiliser des médicamentsŠ
> 
> En parler,  voilà la question.  Ainsi dire à quelqu'un "vous êtes une
> victime", chose que l'on conseille de dire, peut paradoxalement figer
> de façon traumatique. C'est toujours l'idée de la singularité, de la
> rencontre, qui permet de sortir de ces fix(at)ions traumatiques.
> Je ne résiste pas au plaisir de vous transmettre cette citation....
> 
> Xanthus commanda [à Ésope] d¹acheter ce qu¹il y aurait de meilleur. Il
> n¹acheta que des langues, l¹entrée, le second, l¹entremets, tout ne fut
> que langues. Et qu¹y a-t-il de meilleur que la langue ? reprit Ésope :
> c¹est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l¹organe de la
> vérité et de la raison. Eh bien, dit Xanthus, achète-moi demain ce qui
> est de pire...Le lendemain, Ésope ne fit servir que le même mets,
> disant que la langue est la pire chose qui soit au monde : « C¹est la
> mère de tous débats,... la source des divisions et des guerres... »
> La Fontaine -Vie d¹Ésope
> 
> Violaine
> 
> 
> 
> Le 6 févr. 07, à 19:05, Chantal Collet a écrit :
> 
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> 
>> 
>> Mireille,
>> 
>> Bonsoir à vous et merci à Laurent de faire apparaître votre texte une
>> seconde fois. Je suis intéressée de poursuivre la réflexion telle que
>> vous
>> l'annoncez, à savoir ce qui différencie trauma infantile / traumatisme
>> réel.
>> 
>> Merci d'avance pour la liste annoncée de références bibliographiques.
>> 
>> Ch.
>> 
>> 
>> 
>> Le 6/02/07 11:22, « Mireille » <mipsy at club-internet.fr> a écrit :
>> 
>>> 
>>> Au départ,  votre questionnement portait , me semble-t-il,  sur ce qui
>>> différencie - dans la théorie psychanalytique, le trauma infantile qui
>>> fonde un fantasme subjectif, d'un traumatisme réel dont les gens ont
>>> été victimes,  - qu'on l'admette ou non.
>>> Un accident,  une agression, une catastrophe, qui font irruption,  une
>>> privation grave, laissent des traces ...
>> 
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