[Lutecium-group] Miller, Notre sujet supposé savoir
Violaine Clement
violaine.clement at co-perolles.ch
Wed Jan 3 16:23:18 GMT 2007
Chère Kika,
Je ne sais pas pourquoi vous écrivez à propos de Lacan "que Miller bien
sûr a fait le desservice de rendre completement obscur
pour être le seul à le comprendre", mais puisque vous vous demandez si
sur cette liste il y a des gens qui lisent Lacan, je me permets de vous
demander si vous lisez Miller.
Dans la lettre mensuelle 254 de l'école de la Cause Freudienne qui
vient de paraître, dans l'article Notre sujet supposé savoir, il écrit
:" Quand elle donne sa pleine puissance, la psychanalyse fait, pour un
sujet, vaciller tous les semblants et organise leur déflation
méthodique, y compris le semblant dont elle-même procède comme sujet
supposé savoir, puisque ce sujet supposé savoir. à la fin d'une
analyse, après avoir servi, vient à s'évanouir. Ce qui libère un signe
d'ouverture, peut-être d'intensivité ou de créativité, qui est à
rebours du festin de Balthazar. Ce qui émerge au mieux, c'est un signe
qui dit :"Tout n'est pas écrit."
Le festin de Balthazar, voilà l'idée folle de l'évaluation à tout prix,
"ce savoir chiffré dont nous sommes assaillis". Et assailli,
Jacques-Alain Miller l'est, comme il le raconte, par ceux qui lui
demandent "les textes législatifs concernant la psychanalyse". Et il
résiste, il est entré en guerre, lui aussi, contre ceux qui, parmi les
analystes eux-mêmes essaient de repérer l'inconscient dans les traces
neuronales. Cela me fait penser à ce qui rapportait un jour Philippe La
Sagna, à propos des IRM : autrefois, disait-il, on savait que quelqu'un
pensait lorsqu'on le voyait plisser le front. Aujourd'hui, on voit
s'allumer des lumières dans son cerveau et on sait donc qu'il pense....
Belle avancée....
Alors plutôt que de tirer dans le dos de celui qui ose occuper cette
position et qui en a les moyens, pourquoi pas le lire bien, voire le
suivre lorsqu'il termine son texte ainsi : " Il nous revient, ce sujet
supposé savoir, de l'assumer, de le protéger, de le développer, et cela
ne va pas sans l'aimer un peu."
Bien à vous,
Violaine
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