[Lutecium-group] Les Héritiers

Violaine Clement violaine.clement at co-perolles.ch
Mon Jul 2 05:55:50 GMT 2007


Je ne sais pas si je comprends ce que vous dites, Natalia, mais lorsque 
Lacan parle de son discours comme d'un discours psychotique, ne veut-il 
pas dire simplement qu'il s'agit d'un discours rigoureux ? Il disait 
aussi : "N'est pas fou qui veut." Ce " perpétuel devoir 
d'interprétation dont vous parlez, il ne s'en est pas soucié, lui qui 
s'en fait un devoir d'invention, ce que poursuit du reste Jacques Alain 
Miller, la psychanalyse étant toujours à réinventer...

Violaine Clément

Le 30 juin 07, à 14:28, Natalia Milopolsky-Costiou a écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Chers amis et collègues,
>   Je vais vous poser une question difficile dont l'acuité na change 
> pas depuis si long temps que il est peut être le moment pour moi de le 
> poser. Moi, qui n'ai pas (fort malheureusement) vécu les années de la 
> gloire et la tragédie personnelle de Jacques Lacan, j'essaie de 
> comprendre cette problématique cruciale, qui semble rester une sorte 
> de constante conflictuelle dans la psychanalyse française, - le 
> décodage permanent et surtout la dépendance primordiale de la parole 
> du Maître. Je fais par là sans doute l'association à un dialogue dont 
> je me souviens pendant mon analyse personnelle:
>   Moi: Freud à dit à ce propos (...)
>   Mon analyste (classique et très germanique): Il peut dire ce qu'il 
> veut, c'est vous qui j'écoute...
>   Bon, je ne dirai même pas que ma "technique" professionnelle 
> actuelle rassemble à celle acquise pendant mon parcours en tant 
> qu'analysant. J'ai une certaine fierté de supposer qu'elle est assez 
> singulière. Mais la question n'est pas là: ne pensez-vous pas que les 
> tentatives de nous approprier les raisons de dire de celui qui ne peut 
> plus répondre (et qui ne l'aurais peut être pas fait de toute façon), 
> nous éloigne des nos patients, des scénarios bien vivants, nouveaux, 
> qui viennent de naître dans nos cabinets? Que cherchons-nous dans 
> l'impossibilité de faire ce deuil? Qu'est-ce qui est cette chose (la 
> question n'est pas rhétorique) qui impose à la pensée personnelle 
> l'obligation de l'éternelle référence?
>   A la fin de sa vie Lacan prononçait que son discours est un discours 
> psychotique. Le génie qu'il était, le souhaiterait-il de donner à ses 
> héritiers ce perpétuel devoir de l'interprétation?..
>
>   Avec mes respects les plus sincères,
>   Natalia
>
>
> Natalia Milopolsky-Costiou
> 6, rue de Savoie, 75006 Paris
> 01 44 41 01 43
> 06 80 10 41 99
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