[Lutecium-group] Re : Le CPCT, c'est tr è s bien

Chantal Collet collet.chantal at 9online.fr
Tue Jul 17 04:33:47 GMT 2007


Laurent, contente de vous relire ! Intéressée par la lecture du projet qui a
déjà pris corps.

J'applaudis et le réfléchis à mon niveau. Mille mercis de revenir sur
Lutécium. Ch. Collet


Le 16/07/07 23:20, « Laurent Sauerwein » <laurentsauerwein at mac.com> a
écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> C'est très intéressant, ce qu'ils font au CPCT. Je fais suivre, ci-
> dessous, un article paru dans Ouest-France, le 16 juillet 2007.
> 
> Amitiés à tous,
> 
> Laurent
> 
> (de Providence, Rhode Island, Etats-Unis d'où, heureusement, on peut
> se connecter à Lutecium !)
> 
> *******************
> 
> DES PSYCHANALYSTES AU SERVICE DES PLUS DÉMUNIS
> 
> L'exigence de réussite, l'échec interdit, « c'est cela aussi la
> précarité » souligne Fabien Grasser, à Paris, : Daniel Fouray
> 
> Ils proposent désormais gratuitement leurs services aux victimes de
> la précarité. Le mouvement se répand en France. Il arrive à Rennes et
> Nantes.
> Freud n'est plus réservé à une élite. Dans la foulée de leurs
> collègues parisiens, des psychanalystes ouvrent un peu partout en
> France des centres gratuits, dits CPCT (1). Le mouvement, qui vient
> d'atteindre Bordeaux, Marseille, Lille, Reims et Montpellier,
> touchera bientôt Nantes, Rennes et Lyon. Et l'on en oublie sûrement.
> Nos voisins belges (à Bruxelles) et espagnols (Madrid, Barcelone,
> Malaga, Bilbao) s'y mettent aussi.
> 
> À Paris, 70 bénévoles
> 
> 40, rue de Chabrol, à Paris, dans le Xe arrondissement. Un vieil
> immeuble, sa cour, un escalier étroit et, au 3e étage, un grand
> appartement. Chaque pièce a son divan où des RMistes, des précaires,
> des gens en souffrance matérielle et morale, tentent de formuler leur
> mal-être. C'est ici que tout a commencé, en avril 2003. Ils étaient
> quatre alors autour d'Hugo Freda, l'initiateur. Parmi eux, Fabien
> Grasser, l'actuel directeur, entouré aujourd'hui de quelque... 70
> psychanalystes ! « Personnellement, dit-il, le motif essentiel de mon
> engagement a été de défendre la psychanalyse en montrant qu'elle
> pouvait être en prise avec le social. Avec une société où la
> précarité, sous de multiples formes, ne cesse d'augmenter. »
> 
> Bénévoles, les « psys » interviennent une ou deux heures par semaine.
> Le traitement dure quatre mois, en seize séances. L'audience a vite
> grimpé. De moins de 500 en 2004, les demandes sont passées à 800 en
> 2005, puis à 1 200 en 2006. Le centre, qui va devoir s'agrandir,
> s'est structuré. Un « CPCT-ado » est né, puis un autre pour les moins
> de 11 ans et leur famille, enfin un « CPCT-précarité ».
> 
> Face aux assauts réguliers de ses adversaires, la psychanalyse,
> emmenée par l'une de ses principales associations, l'École de la
> Cause Freudienne, veut donc prouver qu'elle est une vraie réponse à
> un malaise psychique et social grandissant. Qu'on peut « faire parler
> » le symptôme plutôt que de le tuer à coup de thérapies autoritaires
> ou de médicaments. Et que le sujet peut ainsi reprendre son destin en
> main... en un temps limité et sans payer.
> 
> Comment peut-on aller ainsi à l'encontre de deux pratiques
> apparemment essentielles de la psychanalyse ? « Dans la psychanalyse
> pure, qui implique à un moment ou à un autre le paiement, le sujet
> peut traiter la part qu'il prend lui-même à son destin, explique Anne-
> Marie Le Mercier, psychanalyste à Laval, cheville ouvrière du projet
> rennais. Dans le cas du CPCT, ce dont les gens souffrent leur semble
> totalement extérieur à eux-mêmes. L'idée est donc que le sujet, en
> rencontrant un psychanalyste, puisse inventer à sa façon une nouvelle
> façon de supporter ce qu'il vit. Sans forcément devoir se questionner
> d'emblée sur la part qui lui revient. »
> 
> Ainsi en sera-t-il du CPCT de Rennes qui va ouvrir au début
> septembre, dans le quartier populaire de Villejean, et sera
> spécialisé dans les relations parents-enfants. « Comment rétablir le
> lien quand l'enfant est sans arrêt devant l'ordinateur · poursuit
> Anne-Marie Lemercier. La précarité ne se réduit pas à la précarité
> sociale : c'est tout ce qui rend le sujet, dans son lien à l'autre,
> plus seul, plus fragile qu'avant. Comment des parents au chômage et
> séparés peuvent-ils se référer devant leurs enfants aux valeurs
> traditionnelles de la famille et du travail · »
> 
> Une journée nationale le 10 novembre
> 
> Dans le futur « Centre-Parents », qui sera assisté d'un réseau
> d'enseignants, juges, policiers et autres professionnels concernés,
> les psychanalystes bénévoles tenteront de faire émerger peu à peu,
> avec les parents en difficulté, tout ce que malgré tout, sans s'en
> rendre compte, « ils inventent pour faire tenir leur famille, le lien
> avec leurs enfants : il faut écouter les gens précisément pour
> trouver leurs nouveaux savoir-faire, leurs petites inventions autour
> de la technique, l'image, la musique, tous les nouveaux accrochages à
> la vie. »
> Le centre de Paris prépare une journée nationale, le 10 novembre, sur
> les notions de réussite et d'échec dans la société d'aujourd'hui. Une
> société où l'échec est interdit. « Comment tenir le choc face à cet
> impératif · C'est cela aussi la précarité », souligne Fabien Grasser.
> « La psychanalyse est peut-être l'une des dernières pensées
> indépendantes. »
> 
> Michel ROUGER.
> (1) Centre psychanalytique de consultations et traitement
> 
> *********************
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