[Lutecium-group] Evaluation
Violaine Clement
violaine.clement at co-perolles.ch
Sun Jun 17 16:09:02 GMT 2007
Chère Nathalie,
Il se trouve que je suis confrontée à cette situation depuis longtemps,
en tant qu'adjointe de direction d'un collège. Certes, je suis en
Suisse, et nous ne fonctionnons pas tout à fait comme en France.
Juste comme ça, j'ai remarqué une chose surprenante qui peut vous
intéresser : lorsque les enfants me disent leur angoisse, ils ont
presque toujours peur de décevoir leurs parents. Or lorsque je reçois
les parents, c'est autre chose qui s'entend, souvent une angoisse
devant le souci perfectionniste de leur enfant. On peut se poser la
question de la naissance du surmoi.
J'ai aussi en tête une jeune fille plutôt bonne élève qui faisait
semblant de venir en classe aux yeux de sa mère, mais, en fait, se
cachait dans la cabane de jardin, même en plein hiver.
Lorsque la mère l'a appris, elle était vraiment renversée. Cette
adolescente n'était pourtant pas mauvais élève.
De nombreux parents me demandent de dire à leur enfant qu'ils
n'attendent pas des résultats extraordinaires, et je ne crois pas
qu'ils me demandent ça de manière perverse.
Mais le contraire existe aussi, bien sûr : j'enseigne par ailleurs, et
j'ai un système qui permet aux élèves d'obtenir plus que le maximum de
points. Je me souviens de la réflexion de ce père, dont la fille avait
la note maximale, et qui me disait : "Oui, mais il paraît que vous
donnez parfois plus que le maximum...." Qu'est-ce que sa fille a pu
entendre dans cette phrase ?
Bien à vous...
Violaine
Le 16 juin 07, à 19:17, Natalia Milopolsky-Costiou a écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Chers collègues et amis,
>
> J'aimerai vous proposer un sujet qui me préoccupe depuis quelque
> temps au fil de mon travail avec les enfants et adolescents, et dont
> les conséquences transparaissent logiquement dans les cas adultes.
> C'est la question de bonne-mauvaise note à l'école et l'angoisse que
> cela engendre. J'observe de plus en plus les états psychiques
> inquiétants même chez les tout petits à propos de l'obligation de
> réussir à l'école, jusqu'aux véritables signes de dépression suite au
> moindre échec. Un petit garçon est capable de perdre sommeil et
> appétit, d'avoir des troubles somatiques à force d'avoir peur de
> décevoir les parents et être puni, et ce n'est qu'un exemple...
> Puisque dans cette analyse je m'appuie sur mon expérience dans
> plusieurs pays, je ne peux pas m'empêcher de situer le problème plutôt
> en France.
> Qu'en penser vous?
>
> Natalia
>
>
> Natalia Milopolsky-Costiou
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