[Lutecium-group] Vide
Violaine Clement
violaine.clement at co-perolles.ch
Thu Jun 21 08:03:47 GMT 2007
Cher Guy,
Quelle belle métaphore ! Cette remarque sur la place vide me parle et
m'amène à rechercher l'étymologie de ce mot : vide.
Le Robert historique (II, p. 2249) offre un tableau des dérivés de
l'indoeuropéen *w- "vide, désert", et je vous transmets la surprise que
j'y ai rencontrée. Il y en a toujours avec les dictionnaires, dont
Lacan parle dans le Sém. XVI : "C'est bien comme déchet, excrément de
la relation subjective, qu'il faut ici inscrire ce qui fait la matière
des dictionnaires, ce qu'on dit être l'amas des sens qui se sont
concentrés autour d'un signifiant au cours d'une certaine pratique
devenue enregistrable pour être devenue commune. C'est du registre de
l'objet anal."
Ce *w- est une trace effacée, puisqu'on l'a reconstituée à partir des
mots qui existent encore aujourd'hui, traces vivantes dans la langue.
Parmi ces mots, je vous cite pêle-mêle :
vide, vacance, vague, vaquer, vain, vanité, vanter, évanescent,
s'évanouir, vaste, dévaster, gâter, gâterie, gâteux, dégât, en
allemand, Wüst et en anglaid, waste (désert).
O peut comprendre la jouissance qu'il y a à voyager avec les sens, et
aussi pourquoi Lacan prétendait qu'il prendrait sur une île déserte
plutôt Bloch et Wartburg que la Bible.
La question du vide, du reste, dans le pari de Pascal, n'est-ce pas
précisément la question de Dieu ?
Bien à vous,
Violaine
Le 21 juin 07, à 09:35, Guy de Villers a écrit :
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
>
> Cher Monsieur,
> Je ne résiste pas à vous communiquer l’association qui s’est formée, à
> lire
> le bout de phrase où vous dites : “je ne traîne pas un tronc d'arbre
> sur le
> chemin”.
> J’ai été heideggerien au début de ma vie de philosophe et j’ai
> particulièrement aimé la métaphore des “Holzwege”. Un holzweg est un
> chemin
> qui, dans la forêt, se perd soudain, recouvert d’herbes, dans le
> non-frayé.
> Il est formé par la trace d’un tronc d’arbre abattu, que tirent les
> bûcherons et leurs chevaux de trait. S’engager dans un holzweg, c’est
> prendre un chemin qui ne mêne nulle part, sauf qu’il conduit au puit de
> lumière créé par la place vide laissée par l’arbre abattu et retiré.
> J’aime cette métaphore du chemin d’une analyse.
> Bien à vous.
> Guy.
> Guy de Villers Grand-Champs
> Cours de Valduc, 13
> B-1348 Louvain-la-Neuve
> BELGIQUE
> Tél. : +32 10 45 47 89
> Fax : +32 10 45 69 74
> Courriel : Guy.de.Villers at psp.ucl.ac.be
>
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>> De : sven noordman <sevensone at yahoo.com>
>> Répondre à : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
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>> Date : Wed, 20 Jun 2007 23:45:43 -0700 (PDT)
>> À : Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
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>> Objet : Re: [Lutecium-group] RE : Re: Respect aux Luteciens (jeudi 21
>> juin)
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>> je ne traine pas un tronc d'arbre sur le chemin
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