[Lutecium-group] A propos de Rosine et Robert Lefort

didier-potin didier-potin at dbmail.com
Sat Mar 3 10:35:50 GMT 2007


A propos de Rosine et de Robert Lefort

Il m'est revenu ce vieil ouvrage qui a été, en son temps, un livre de chevet 
("Naissance de l'Autre" deux psychanalyses Nadia 13 mois et Marie-Françoise, 
30 mois - publié au Seuil en 1980) écrit par Rosine en collaboration avec 
Robert.
Séance après séance, à partir de notes reprises 30 ans après, dans un corpus 
à la fois clinique et théorique, ce bouquin a longtemps été pour mois "un 
idéal" de ce qu'on peut faire lorsque l'on est "au travail"
Je ne savais pas que Robert, juste avant Rosine, venait de mourir.
Ces deux-là, je les salue bien bas

Didier Potin.
----- Original Message ----- 
From: <lutecium-group-request at lutecium.org>
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Sent: Saturday, March 03, 2007 8:09 AM
Subject: Lutecium-group Digest, Vol 28, Issue 7


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> Message: 1
> Date: Fri, 2 Mar 2007 18:11:34 -0300
> From: "Mirian Giannella" <giannell at uol.com.br>
> Subject: [Lutecium-group] RES:  infos ? propos de M Mannoni
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <LDENKAMAGLGNJNNFCFLGAEHGDCAA.giannell at uol.com.br>
> Content-Type: text/plain; charset="iso-8859-1"
>
> Arnaud,
> Maud Mannoni se r?p?te beaucoup ? la longueur,
> mais j'aime bien "Ce qui manque ? la v?rit? pour ?tre dite".
> Amiti?s
> Mirian
>
> -----Mensagem original-----
> De: lutecium-group-bounces at lutecium.org
> [mailto:lutecium-group-bounces at lutecium.org]Em nome de
> arnobriand at libertysurf.fr
> Enviada em: sexta-feira, 2 de mar?o de 2007 13:34
> Para: lutecium-group
> Assunto: Re: [Lutecium-group] infos ? propos de M Mannoni
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour,
>
> merci pour ces infos, et plus particuli?rement pour m'avoir
> fait d?couvrir un des livres de M. Mannoni.
> je ne savais pas qu'elle avait parl? de sa vie dans un ouvrage.
> j'appr?cie en g?n?ral beaucoup d'avoir quelques paroles des
> auteurs que je lis sur leur parcours de vie, que ce soit les
> r?ves de freud, les "compte-rendus d'analyse" de marie
> cardinal et d'alain rey, ab?mes ordinaires de catherine
> millot, ou encore celui de g?rard haddad, la petite histoire
> de guy le gaufey sur le m?tre ?talon dans le d?but de
> l'incompl?tude du symbolique...
>
> bonne soir?e
> cordialement,
> Arnaud BRIAND
>
>
>
> ---------- Initial Header -----------
>
>>From      : lutecium-group-bounces at lutecium.org
> To          : lutecium-group at lutecium.org
> Cc          :
> Date      : Fri, 2 Mar 2007 16:34:34 +0100
> Subject : Re: [Lutecium-group] Lutecium-group Digest, Vol
> 28, Issue 3
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> re-bojour,
>
> voici un compl?ment d'info sur Maud Mannoni avec qui j'ai
> correspondu jadis.
>
> Maud Mannoni
>
> Maud Mannoni a publi? une s?rie d'ouvrages qui font date.
> Depuis "l'Enfant
> arri?r? et sa m?re" (le Seuil, 1964), pens? avec l'appui de
> Jacques Lacan,
> jusqu'au "Sympt"me et la parole" (le Seuil, 1983), via
> "l'Enfant, sa
> "maladie" et les autres" (1967), "le Psychiatre, son "fou" et la
> psychanalyse" (1970), "Education impossible" (1973), "Un
> lieu pour vivre"
> (1976), "la Th?orie comme fiction" (1979) ou "D'un
> impossible ? l'autre"
> (1982), elle n'a eu de cesse de r?fl?chir, par ?crit, comme
> ? haute et
> intelligible voix. Ces ouvrages, traduits en maintes
> langues, n'ont pas peu
> contribu? ? essaimer bien au-del? de nos fronti?res.
>
> Dans "Ce qui manque ? la v?rit? pour ?tre dite" (Deno?l),
> Maud Mannoni a
> retrac? les ?tapes majeures de son itin?raire. Elle y narre
> ses traumatismes
> de fillette ?lev?e ? Ceylan, brutalement s?par?e de sa
> nourrice indig?ne
> puis cahot?e de demeure en demeure, de Courtrai ? Amsterdam,
> ses difficult?s
> d'adaptation aux diff?rents idiomes impos?s par ce
> nomadisme, puis ses
> apprentissages en Belgique, dans "l'?re h?ro?que des ann?es
> quarante".
> Regimbant par nature devant toute ossification
> administrative, elle
> investira, au fil des ann?es, une position singuli?re au
> milieu des
> pol?miques, diff?rends et conflits de pouvoir cristallis?s
> autour de le
> majestueuse et encombrante figure de Lacan ? ador?e avant
> que d'?tre
> symboliquement br?l?e, puis supplant?e par ses adorateurs
> m?mes, c'est un
> fait d?plorable, mais logique ? qui agitent violemment les
> soci?t?s de
> psychanalyse. Maud Mannoni ?voque aussi la fr?quentation de
> Ronald Laing, au
> moment le plus radical de l'anti-psychiatrie britannique,
> ses voyages et
> rencontres en Am?rique latine, o? le probl?me de la
> psychanalyse se pose en
> termes sociaux br?lants, dans un contexte de mis?re et de
> terreur
> end?miques.
>
> cordial
> ft
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>
>
>
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>
> Message: 2
> Date: Sat, 3 Mar 2007 01:31:07 -0000
> From: "BdF" <bdf at deflorence.com>
> Subject: [Lutecium-group] d?c?s de Rosine Lefort
> To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <00d101c75d33$9e42ed50$3594f257 at bdf>
> Content-Type: text/plain; charset="windows-1256"
>
> Voici le mail en clair.
> ===
> BdF
> ===
>
> Rosine Lefort
>
> Nous avons appris que Rosine Lefort s'est ?teinte ce dimanche  25 f?vrier
> 2007, douze jours apr?s Robert. Ils ?taient les ins?parables pour tous 
> ceux
> qui les ont, comme moi connus.  Et le sont rest?s jusqu'? leurs derniers
> jours.
>
> Rosine et Robert Lefort, form?s par Jacques  Lacan, lui sont rest?s
> in?branlablement fid?les, dans tous les moments d?cisifs travers?s par le
> mouvement analytique dans la seconde moiti? du XXe si?cle.
>
> Ils sont de ceux qui ont poursuivi avec Lacan au moment de la dissolution 
> de
> son Ecole. Ils n'ont pas h?sit? ? faire  exister  l'Ecole de la Cause
> freudienne,  t?moignant ainsi d'une  confiance enti?re et vigilante ?
> l'endroit de plus jeunes  qu'eux, parce qu'ils sont rest?s soucieux de
> l'avenir de leur praxis.
>
> Ils furent des voyageurs infatigables, et  des cliniciens rigoureux.
> Leurs  travaux continuent de contribuer aux avanc?es de la psychanalyse,
> dont ils ont toujours affirm? l'unit?. Ils ont notamment su faire entendre
> que l'enfant dans le discours analytique est un sujet ? part enti?re,
> notamment ? partir du  Cereda (Centre d'Etude et de Recherche sur l'Enfant
> dans le Discours Analytique ) dont r?sulte  le Nouveau R?seau Cereda  et 
> ses
> trois Diagonales (francophone, hispanophone et am?ricaine).
> Le d?sir dont ils ont, chacun et ensemble,  fait la  preuve  dans leur 
> ?uvre
> et leur pratique reste ? mes yeux pour tous exemplaire.
> Le Champ freudien dans le monde entier  se joindra ? moi pour dire sa
> sympathie et adresser ses condol?ances aux enfants et petits enfants de
> Robert et Rosine Lefort ainsi qu'? tous leurs proches.
>
>
>
> Les obs?ques de Rosine Lefort ont lieu ? Nogent-le-Roi, le vendredi 2 mars
> 2007.
>
>
>
> Judith Miller
>
>
>
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 3
> Date: Fri, 2 Mar 2007 23:46:27 -0300
> From: "kika" <mariadsouza at terra.com.br>
> Subject: Re: [Lutecium-group] d?c?s de Rosine Lefort
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <001b01c75d3e$244f97e0$8d00fea9 at all.com.br>
> Content-Type: text/plain; charset="windows-1256"
>
> merci BdF...
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "BdF" <bdf at deflorence.com>
> To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Friday, March 02, 2007 10:31 PM
> Subject: [Lutecium-group] d?c?s de Rosine Lefort
>
>
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> Voici le mail en clair.
>> ===
>> BdF
>> ===
>>
>> Rosine Lefort
>>
>> Nous avons appris que Rosine Lefort s'est ?teinte ce dimanche  25 f?vrier
>> 2007, douze jours apr?s Robert. Ils ?taient les ins?parables pour tous
> ceux
>> qui les ont, comme moi connus.  Et le sont rest?s jusqu'? leurs derniers
>> jours.
>>
>> Rosine et Robert Lefort, form?s par Jacques  Lacan, lui sont rest?s
>> in?branlablement fid?les, dans tous les moments d?cisifs travers?s par le
>> mouvement analytique dans la seconde moiti? du XXe si?cle.
>>
>> Ils sont de ceux qui ont poursuivi avec Lacan au moment de la dissolution
> de
>> son Ecole. Ils n'ont pas h?sit? ? faire  exister  l'Ecole de la Cause
>> freudienne,  t?moignant ainsi d'une  confiance enti?re et vigilante ?
>> l'endroit de plus jeunes  qu'eux, parce qu'ils sont rest?s soucieux de
>> l'avenir de leur praxis.
>>
>> Ils furent des voyageurs infatigables, et  des cliniciens rigoureux.
>> Leurs  travaux continuent de contribuer aux avanc?es de la psychanalyse,
>> dont ils ont toujours affirm? l'unit?. Ils ont notamment su faire 
>> entendre
>> que l'enfant dans le discours analytique est un sujet ? part enti?re,
>> notamment ? partir du  Cereda (Centre d'Etude et de Recherche sur 
>> l'Enfant
>> dans le Discours Analytique ) dont r?sulte  le Nouveau R?seau Cereda  et
> ses
>> trois Diagonales (francophone, hispanophone et am?ricaine).
>> Le d?sir dont ils ont, chacun et ensemble,  fait la  preuve  dans leur
> ?uvre
>> et leur pratique reste ? mes yeux pour tous exemplaire.
>> Le Champ freudien dans le monde entier  se joindra ? moi pour dire sa
>> sympathie et adresser ses condol?ances aux enfants et petits enfants de
>> Robert et Rosine Lefort ainsi qu'? tous leurs proches.
>>
>>
>>
>> Les obs?ques de Rosine Lefort ont lieu ? Nogent-le-Roi, le vendredi 2 
>> mars
>> 2007.
>>
>>
>>
>> Judith Miller
>>
>>
>>
>> _______________________________________________
>> A question? click Help-Me at lutecium.org
>> Lutecium-group mailing list
>> Lutecium-group at lutecium.org
>> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>>
>
>
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 4
> Date: Sat, 3 Mar 2007 07:22:57 +0100
> From: "liliane" <liliane.fainsilber at wanadoo.fr>
> Subject: Re: [Lutecium-group] d?c?s de Rosine Lefort
> To: <bdf at deflorence.com>, "Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <D58D43511F634906B0C4E74CBD0E33AB at PCdedarty>
> Content-Type: text/plain; format=flowed; charset="windows-1256";
> reply-type=original
>
> C'est triste de voir la mort de Rosine et de Robert Lefort  utilis?e pour
> alimenter une pol?mique. Liliane Fainsilber.
>
>
>
> ----- Original Message ----- 
> From: "BdF" <bdf at deflorence.com>
> To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Saturday, March 03, 2007 2:31 AM
> Subject: [Lutecium-group] d?c?s de Rosine Lefort
>
>
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> Voici le mail en clair.
>> ===
>> BdF
>> ===
>>
>> Rosine Lefort
>>
>> Nous avons appris que Rosine Lefort s'est ?teinte ce dimanche  25 f?vrier
>> 2007, douze jours apr?s Robert. Ils ?taient les ins?parables pour tous
>> ceux
>> qui les ont, comme moi connus.  Et le sont rest?s jusqu'? leurs derniers
>> jours.
>>
>> Rosine et Robert Lefort, form?s par Jacques  Lacan, lui sont rest?s
>> in?branlablement fid?les, dans tous les moments d?cisifs travers?s par le
>> mouvement analytique dans la seconde moiti? du XXe si?cle.
>>
>> Ils sont de ceux qui ont poursuivi avec Lacan au moment de la dissolution
>> de
>> son Ecole. Ils n'ont pas h?sit? ? faire  exister  l'Ecole de la Cause
>> freudienne,  t?moignant ainsi d'une  confiance enti?re et vigilante ?
>> l'endroit de plus jeunes  qu'eux, parce qu'ils sont rest?s soucieux de
>> l'avenir de leur praxis.
>>
>> Ils furent des voyageurs infatigables, et  des cliniciens rigoureux.
>> Leurs  travaux continuent de contribuer aux avanc?es de la psychanalyse,
>> dont ils ont toujours affirm? l'unit?. Ils ont notamment su faire 
>> entendre
>> que l'enfant dans le discours analytique est un sujet ? part enti?re,
>> notamment ? partir du  Cereda (Centre d'Etude et de Recherche sur 
>> l'Enfant
>> dans le Discours Analytique ) dont r?sulte  le Nouveau R?seau Cereda  et
>> ses
>> trois Diagonales (francophone, hispanophone et am?ricaine).
>> Le d?sir dont ils ont, chacun et ensemble,  fait la  preuve  dans leur
>> ?uvre
>> et leur pratique reste ? mes yeux pour tous exemplaire.
>> Le Champ freudien dans le monde entier  se joindra ? moi pour dire sa
>> sympathie et adresser ses condol?ances aux enfants et petits enfants de
>> Robert et Rosine Lefort ainsi qu'? tous leurs proches.
>>
>>
>>
>> Les obs?ques de Rosine Lefort ont lieu ? Nogent-le-Roi, le vendredi 2 
>> mars
>> 2007.
>>
>>
>>
>> Judith Miller
>>
>>
>>
>> _______________________________________________
>> A question? click Help-Me at lutecium.org
>> Lutecium-group mailing list
>> Lutecium-group at lutecium.org
>> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>>
>
>
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 5
> Date: Sat, 3 Mar 2007 08:09:20 +0100
> From: "liliane" <liliane.fainsilber at wanadoo.fr>
> Subject: Re: [Lutecium-group] d?c?s de Rosine Lefort
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <1F90F9B6D495412087C1EC58BE14C211 at PCdedarty>
> Content-Type: text/plain; format=flowed; charset="windows-1256";
> reply-type=original
>
> Voici un r?cit de Rosine Lefort qui a ?t? pr?sent? au cours d?une s?ance 
> du
> s?minaire des Ecrits techniques de Freud du 10 mars 1954
>
>
> ? Ch?re Rosine, je vous c?de la parole, exposez-nous le cas de Robert, 
> avec
> les questions qui ont permis d?j? comme d'?laborer, hier soir, les poser, 
> et
> en lais?ser certaines pendantes.
> Mme LEFORT - Robert est un petit gar?on, n? le 4 mars 1948. Son histoire a
> ?t? reconstitu?e difficilement, et c'est surtout gr?ce au mat?riel apport?
> en s?ances qu'on a pu savoir les traumatismes subis.
> Son p?re est inconnu. Sa m?re est actuellement intern?e comme parano?aque.
> Elle l'a eu avec elle jusqu'? l'?ge de 5 mois, errant de maison maternelle
> en mai?son maternelle. Elle n?gligea les soins essentiels jusqu'? oublier 
> de
> le nourrir on devait sans cesse rappeler ? cette femme les soins ? donner 
> ?
> son enfant, et surtout le biberon. Il a ?t? tellement n?glig? qu'il a
> r?ellement souffert de la faim. Il a d? ?tre hospitalis? ? l'?ge de 5 mois
> dans un grand ?tat d'hypotrophie et de d?nutrition.
> A peine hospitalis?, il a fait une otite bilat?rale qui a n?cessit? une
> masto?dectomie double. Il a ?t? ensuite envoy? ? Paul-Parquet, dont tout 
> le
> monde conna?t le caract?re strict de prophylaxie. Il est isol?, ne voyant
> pas les autres enfants, nourri ? la sonde ? cause de son anorexie ; et il
> est rendu de force ? sa m?re pendant deux mois. On ne sait rien de sa vie
> durant ce temps-l?. Puis ? 11 mois sa m?re le d?pose au d?p?t de
> l'Assistance publique, et quelques mois plus tard il est immatricul?, sa
> m?re ne l'ayant pas revu.
> A dater de cette ?poque, il a 11 mois, jusqu'? l'?ge de 3 ans 9 mois, cet
> enfant a subi 25 changements de r?sidence, institutions d'enfants ou
> h?pi?taux, jamais de placement nourricier proprement dit ? cause de son
> ?tat. Ces hospitalisations ont ?t? n?cessit?es par les maladies 
> infantiles,
> par une ad??no?dectomie, et par des examens neurologiques,
> ventriculographie, ?lec?troenc?phalographie, examens normaux. On rel?ve 
> des
> ?valuations sanitaires, m?dicales, qui indiquent de profondes 
> perturbations
> somatiques. Puis, le somatique ?tant am?lior?, des d?t?riorations
> psychologiques. La der?ni?re ?valuation de Denfert, ? 3 ans et demi, 
> propose
> un internement qui ne pouvait ?tre que d?finitif, avec ?tat 
> para-psychotique
> non franchement d?fini. Le test de Gesell donne un QD de 43.
> Il arrive donc, ? 3 ans 9 mois, ? l'institution qui est une d?pendance du
> d?p?t de Denfert, o? je l'ai pris en traitement. A ce moment, il se 
> pr?sente
> de la mani?re suivante
> Au point de vue staturo-pond?ral, en tr?s bon ?tat, ? part une otorrh?e
> bila?t?rale chronique. Au point de vue moteur, il avait une d?marche
> pendulaire, une grande incoordination de mouvements, une hyperagitation
> constante. Au point de vue du langage, absence totale de parole 
> coordonn?e,
> cris fr?quents, rires gutturaux et discordants. Il ne savait dire que deux
> mots qu'il criait ? madame ?, et ? le loup ?. Ce mot, ? le loup ?, il le
> r?p?tait ? longueur de journ?e, ce qui fait que je l'ai surnomm? ?
> l'enfant-loup ?, c'?tait vraiment la repr?sentation qu'il avait de 
> lui-m?me.
> Au point de vue comportement, il ?tait hyperactif, tout le temps agit? de
> mouvements brusques et d?sordonn?s, sans but ; activit? de pr?hension
> incoh??rente : il jetait son bras en avant pour prendre un objet et, s'il 
> ne
> l'atteignait pas, il ne pouvait pas rectifier et devait recommencer le
> mouvement d?s le d?part. Troubles vari?s du sommeil.
> Sur ce fond permanent, il avait des crises d'agitation convulsive, sans
> convulsions vraies, avec rougeur de la face, hurlements d?chirants, ?
> l'occasion des sc?nes routini?res de sa vie : le pot, et surtout le vidage
> du pot, le d?sha?billage, la nourriture, les portes ouvertes qu'il ne
> pouvait supporter, ni l'obs?curit?, ni les cris des autres enfants, et,
> ainsi que nous le verrons, les changements de pi?ces.
> Plus rarement, il avait des crises diam?tralement oppos?es o? il ?tait
> com?pl?tement prostr?, regardant sans but, ? type d?pressif.
> Avec l'adulte, il ?tait hyperagit? ; non diff?renci?, sans vrai contact ;
> avec les enfants, il semblait parfaitement les ignorer, mais quand l'un
> d'eux criait ou pleurait, il entrait dans une crise convulsive. Dans ces
> moments de crises, il devenait dangereux, il devenait fort, il ?tranglait
> les autres enfants, et on a d? le s?parer des autres pour la nuit et pour
> les repas. On ne sentait alors aucune manifestation d'angoisse ni aucune
> ?motion ressentie.
> Au point de vue diagnostic, nous en reparlerons apr?s, car nous ne savions
> pas tr?s bien dans quelle cat?gorie le ranger. On a quand m?me tent? un
> traite?ment tout en se demandant si on arriverait ? quelque chose.
> je vais vous parler de la premi?re ann?e du traitement. Ensuite, il a ?t?
> arr?t? pendant un an.
> Il peut se diviser en plusieurs parties
> Une phase pr?liminaire dans laquelle il a eu le comportement qu'il avait
> dans la vie, cris gutturaux, il entrait dans la pi?ce, courant sans arr?t,
> hurlant, sautant en l'air et retombant accroupi, se prenant la t?te entre
> les mains, ouvrant et fer?mant la porte, allumant et ?teignant la lumi?re.
> Les objets, il les prenait, ou les rejetait, ou les entassait sur moi,
> prognathisme tr?s marqu?.
> Cependant, la seule chose que j'ai pu d?gager de ces premi?res s?ances a 
> ?t?
> qu'il n'osait pas s'approcher du biberon qui ?tait sur la table, il 
> n'osait
> s'en approcher que si la table ?tait vide, auquel cas il ne la touchait 
> pas,
> mais souf?flait dessus. Et aussi un autre int?r?t pour la cuvette qui,
> pleine d'eau, semblait d?clencher une v?ritable crise de panique.
> A la fin de cette phase pr?liminaire, ? une s?ance, apr?s avoir tout 
> entass?
> sur moi dans un ?tat de grande agitation, il a fil?, et je l'ai entendu au
> haut de l'es?calier qu'il ne savait pas descendre tout seul, dire sur un 
> ton
> path?tique, sur une tonalit? tr?s basse qui n'?tait pas son genre : ?
> maman ?, face au vide.
> Cette phase pr?liminaire s'est termin?e ; en dehors du traitement, un soir
> apr?s le coucher, debout sur son lit, avec des ciseaux en plastique il a
> essay? de couper son p?nis devant les petites filles terrifi?es.
> Dans la seconde partie, il a commenc? ? exposer ce qu'?tait pour lui ? le
> loup ?. Il criait cela tout le temps, et je ne me repr?sentais pas tr?s 
> bien
> ce que c'?tait pour lui. Il a commenc?, un jour, par essayer d'?trangler 
> une
> petite fille que j'avais en traitement. On a d? les s?parer et le mettre
> dans une autre pi?ce. Sa r?action fut violente, sous la forme d'une
> agitation intense. J'ai d? venir et le ramener dans la pi?ce o? il vivait
> d'habitude. D?s qu'il y a ?t?, il a hurl? ? le loup ? et a tout jet? ?
> travers la pi?ce, c'?tait le r?fectoire, nourriture et assiettes.
> Les jours suivants, chaque fois qu'il passait dans la pi?ce o? il avait 
> ?t?
> mis, il hurlait ? le loup ?. Et ce th?me m'avait beaucoup frapp?e. Et cela
> ?claire aussi le comportement qu'il avait envers les portes qu'il ne 
> pouvait
> supporter ouvertes. Il passait son temps en s?ance ? les ouvrir pour me 
> les
> faire refermer et hurler ? le loup ! ?. Si l'on se souvient de son 
> histoire,
> les changements de lieux et aussi les changements de pi?ces ?taient pour 
> lui
> une destruction, puisqu'il avait chang? sans arr?t de lieux et d'adultes.
> C'?tait devenu pour lui un v?ritable principe de destruction qui avait
> marqu? intens?ment le fondement des mani?festations primordiales de sa vie
> d'ingestion et d'excr?tion. Il l'a exprim? prin?cipalement dans deux 
> sc?nes
> : l'une avec le biberon et l'autre avec le pot.
> Il avait fini par prendre le biberon. Et un jour il est all? ouvrir la 
> porte
> et a tendu le biberon ? quelqu'un d'imaginaire, car, lorsqu'il ?tait seul
> avec un adulte dans une pi?ce, il continuait ? se comporter comme s'il y
> avait d'autres enfants autour de lui. Il a tendu le biberon. Il est revenu
> en arrachant la t?tine, et me l'a fait remettre, a retendu le biberon
> dehors, a laiss? la porte ouverte, m'a tourn? le dos, a aval? deux gorg?es
> de lait, et face ? moi a arrach? la t?tine, renvers? la t?te en arri?re,
> s'est inond? de lait, a vers? le reste sur moi. Et, pris de panique, il 
> est
> parti, inconscient et aveugle. J'ai d? le ramasser dans l'escalier o? il
> com?men?ait ? rouler.
> J'ai eu l'impression qu'il avait aval? la destruction ? ce moment-l? o? la
> porte ouverte et le lait ?taient li?s.
>
> La sc?ne du pot qui a suivi ?tait marqu?e du m?me caract?re de 
> destruction.
> Il se croyait oblig?, au d?but du traitement, de faire caca en s?ance, en
> pensant que s'il me donnait quelque chose il me gardait. Il ne pouvait le
> faire que serr? contre moi, s'asseyant sur le pot, tenant d'une main mon
> tablier, de l'autre main le biberon ou un crayon, dans un grand ?tat de
> peur. Il mangeait apr?s, et sur?tout avant. Et pour le pipi il buvait.
> L'intensit? ?motionnelle t?moignait d'une grande peur. Et la derni?re de 
> ces
> sc?nes a ?clair? la relation pour lui entre la d?f?cation et la 
> destruction
> par les changements.
> Au cours de cette sc?ne, il avait commenc? par faire caca, assis ? c?t? de
> moi. Puis, son caca ? c?t? de lui, il feuilletait les pages d'un livre,
> tournant les pages. Puis il a entendu un bruit ? l'ext?rieur. Fou de peur,
> il est sorti, a pris son pot et l'a d?pos? devant la porte de la personne
> qui venait d'entrer dans la pi?ce ? c?t?. Puis il est revenu dans la pi?ce
> o? j'?tais et s'est plaqu? contre la porte, en hur?lant ? le loup ! le 
> loup
> ! ?.
> J'ai eu l'impression d'un rite propitiatoire. Ce caca, il ?tait incapable 
> de
> me le donner. Il savait dans une certaine mesure que je ne l'exigeais pas.
> Il est all? le mettre ? l'exp?diteur, il savait bien qu'il allait ?tre 
> jet?,
> donc d?truit. Je le lui ai expliqu?. L?-dessus, il est all? chercher le 
> pot,
> l'a remis dans la pi?ce, ? c?t? de moi, l'a cach? avec un papier, comme 
> pour
> n'?tre pas oblig? de le donner.
> Alors il commen?a d'?tre agressif contre moi, comme si en lui donnant la
> per?mission de se poss?der ? travers ce caca dont il pouvait disposer, je
> lui avais donn? la possibilit? d'?tre agressif. Evidemment, jusque-l?, ne
> pouvant pas pos?s?der, il n'avait pas le sens de l'agressivit?, mais de
> l'autodestruction, ce qui expliquait d'ailleurs son comportement avec les
> autres enfants.
> A partir de ce jour, il ne s'est plus cru oblig? de faire caca en s?ance, 
> il
> a employ? des substituts symboliques : le sable. Il a montr? la
> repr?sentation confuse qu'il avait de lui-m?me. Son ?tat d'anxi?t?,
> d'agitation devenait de plus en plus grand dans la vie ; il devenait
> intenable. Moi-m?me, j'assistais en s?ance ? de v?ritables tourbillons 
> avec
> lesquels j'avais assez de peine d'intervenir.
> Ce jour-l?, apr?s avoir bu un peu de lait, il en a renvers? par terre, 
> puis
> a jet? du sable dans la cuvette d'eau, a rempli le biberon avec du sable 
> et
> de l'eau, a fait pipi dans le pot, a mis du sable dedans. Puis ramassa du
> lait m?lang? de sable et d'eau, ajouta le tout dans le pot, mettant
> par-dessus le poupon en caoutchouc et le biberon. Et il m'a confi? le 
> tout.
> A ce moment-l?, il est all? ouvrir la porte, et est revenu la figure
> convuls?e de
> peur, a repris le biberon qui ?tait dans le pot et l'a cass?, s'acharnant
> dessus jusqu'? le r?duire en petites miettes. Puis il les ramassa
> soigneusement et les a enfouies dans le sable du pot. Il ?tait dans un tel
> ?tat qu'il a fallu que je le redescende, sentant que je ne pouvais plus 
> rien
> pour lui. Il a emport? ce pot. Une parcelle de sable est tom?b?e par 
> terre,
> d?clenchant chez lui une invraisemblable panique. Il a fallu qu'il ramasse
> la moindre bribe de sable, comme si c'?tait un morceau de lui-m?me, et il
> hurlait ? Le loup ! le loup ! ? Il n'a pas pu supporter de rester dans la
> collectivit?, il n'a pu supporter qu'aucun autre enfant s'approche. On dut
> le coucher dans un ?tat de tension intense, qui ne c?da de fa?on
> spectaculaire qu'apr?s une d?b?cle diar?rh?ique, qu'il ?tendit partout 
> avec
> ses mains dans son lit ainsi que sur les murs.
> Toute cette sc?ne ?tait si path?tique, v?cue avec une telle angoisse, que
> j'?tais tr?s inqui?te, et j'ai commenc? ? r?aliser l'id?e qu'il avait de
> lui-m?me.
> Il l'a pr?cis? le lendemain, o? j'avais d? le frustrer, il a couru ? la
> fen?tre, l'a ouverte, a cri? ? le loup ! ?, et voyant son image dans la
> vitre, l'a frapp?e en criant ? le loup ! le loup ! ?. Robert se 
> repr?sentait
> ainsi, il ?tait le loup, donc ce prin?cipe de destruction qu'il frappe 
> dans
> sa propre image, ou qu'il ?voque avec tant de tension. Ce pot o? il a mis 
> ce
> qui entre en lui-m?me et ce qui en sort, le pipi et le caca, puis une 
> image
> humaine, la poup?e, puis les d?bris du biberon, c'?tait vraiment une image
> de lui-m?me, semblable ? celle du loup, comme a t?moign? la panique
> lorsqu'un peu de sable ?tait tomb? par terre. Successivement et ? la fois 
> il
> est tous ces ?l?ments qu'il a mis dans le pot, les morceaux du biberon
> cass?, qui restent la derni?re image de lui-m?me juste apr?s avoir reli?
> cette action de le casser avec la porte, l'ext?rieur, les changements.
> Il n'?tait qu'une s?rie d'objets par lesquels il entrait en contact avec 
> la
> vie quotidienne, symboles des contenus de son corps : le sable est le
> symbole des f?ces, l'eau, celui de l'urine, et le lait, celui qui entre 
> dans
> son corps. Mais la sc?ne du pot montre qu'il diff?renciait tr?s peu tout
> cela. Pour lui, tous les contenus sont unis dans un m?me sentiment de
> destruction permanente de son corps qui, par opposition ? ces contenus,
> repr?sente le contenant, et que Robert a symbo?lis? par le biberon cass?.
> A la phase suivante, il exorcisait le loup. Exorcisme, car cet enfant me
> don?nait l'impression d'?tre un poss?d? et que, gr?ce ? ma permanence, il 
> a
> pu exor?ciser, avec un peu de lait qu'il avait bu, les sc?nes de la vie
> quotidienne qui lui faisaient tant de mal.
> A ce moment-l?, mes interpr?tations ont surtout tendu ? diff?rencier les
> contenus de son corps au point de vue affectif : le lait est ce qu'on
> re?oit. Le caca est ce qu'on donne, et sa valeur d?pend du lait qu'on a
> re?u. Le pipi est agressif. De nombreuses s?ances se sont d?roul?es. A ce
> moment-l?, o? il faisait pipi dans le pot, et ensuite il m'annon?ait ? pas
> caca, c'est pipi ?, il ?tait d?sol?. Je le rassurais lui disant qu'il 
> avait
> trop peu re?u pour pouvoir donner quelque chose sans que cela le d?truise.
> Cela le rassurait. Il pouvait alors aller vider le pot aux cabinets.
> Le vidage du pot s'entourait de beaucoup de rites de protection. Il 
> commen?a
> par vider l'urine dans le lavabo des W.-C. en laissant le robinet d'eau
> couler de fa?on ? pouvoir remplacer l'urine par l'eau. Il remplissait le 
> pot
> le faisant d?bor?der largement, comme si un contenant n'avait d'existence
> que par son contenu et devait d?border comme pour le contenir ? son tour. 
> Il
> y a l? une vision syn?cr?tique de l'?tre dans le temps, comme contenant et
> en m?me temps comme contenu, comme dans la vie intra-ut?rine.
> Il retrouve ici cette image confuse qu'il avait de lui-m?me. Il vidait ce
> pipi, et essayait de le rattraper, persuad? que c'?tait lui qui s'en 
> allait.
> Il hurlait ? le loup ! ?, et le pot ne pouvait avoir pour lui de r?alit? 
> que
> plein. Toute mon atti?tude fut de lui montrer la r?alit? du pot qui 
> restait
> apr?s avoir ?t? vid? de son pipi, comme lui Robert restait apr?s avoir 
> fait
> pipi, comme le robinet n'?tait pas entra?n? par l'eau qui coule, mais 
> ?tait
> toujours l?, m?me quand l'eau ne coulait pas.
> A travers ces interpr?tations et ma permanence, Robert progressivement
> introduisit un d?lai entre le vidage et le remplissage, jusqu'au jour o? 
> il
> a pu revenir triomphant avec un pot vide dans son bras. Il avait 
> visiblement
> gagn? l'id?e de permanence de son corps.
> Parall?lement, il menait une autre exp?rience de son corps. Ses v?tements
> ?taient pour lui son contenant, et lorsqu'il en ?tait d?pouill?, c'?tait 
> la
> mort cer?taine. La sc?ne du d?shabillage ?tait pour lui l'occasion de
> v?ritables crises ; la derni?re avait dur? trois heures, pendant laquelle 
> le
> personnel le d?crivait comme ? poss?d? ?, il hurlait ? le loup ! ?, 
> courant
> d'une chambre ? l'autre, ?ta?lant les f?ces qu'il trouvait dans les pots 
> sur
> les autres enfants ; il n'avait pu se calmer qu'attach?.
> Le lendemain de cette sc?ne, il est venu en s?ance, a commenc? ? se
> d?sha?biller dans un grand ?tat d'anxi?t?, et tout nu il est mont? dans le
> lit. Il a fallu trois s?ances pour qu'il arrive ? boire un peu de lait 
> tout
> nu dans le lit. Il mon?trait la fen?tre et la porte, et frappait son image
> en hurlant ?le loup ! ?.
> Parall?lement, dans la vie quotidienne, le d?shabillage a ?t? facile, mais
> suivi alors d'une grande d?pression ; il se mettait ? sangloter le soir 
> sans
> raison, et il des?cendait se faire consoler par la surveillante en bas, et
> il s'endormait dans ses bras. En conclusion de cette phase, il a exorcis?
> avec moi le vidage du pot, ainsi que la sc?ne du d?shabillage, il l'a fait
> au travers de ma permanence qui avait rendu le lait un ?l?ment 
> constructeur.
> Mais Robert, pouss? par la n?cessit? de construire un minimum, n'a pas
> touch? au pass?, il n'a compt? qu'avec le pr??sent de sa vie quotidienne,
> comme s'il ?tait priv? de m?moire.
> Dans la phase suivante, c'est moi qui suis devenu le loup. Et il profite 
> du
> peu de construction qu'il a fait pour projeter sur moi tout le mal qu'il
> avait bu, et en quelque sorte retrouver ainsi la m?moire. Il va pouvoir
> devenir progressivement agressif. Cela va devenir tragique. Pouss? par le
> pass?, il faut qu'il soit agressif contre moi, en m?me temps) e suis dans 
> le
> pr?sent celle dont il a besoin. Je dois le rassurer par mes 
> interpr?tations,
> lui parler du pass? qui l'oblige ? ?tre agres?sif, ce qui n'entra?ne pas 
> ma
> disparition ni son changement de lieu, ce qui ?tait pris par lui comme une
> punition.
> Comme il avait ?t? agressif contre moi, il essayait de se d?truire, il se
> repr??sentait par un biberon non cass? et il essayait de le casser. Je le
> lui retirais des mains, il n'?tait pas en ?tat de supporter de le casser. 
> Il
> reprenait le cours de la s?ance et de son agressivit? contre moi.
> A ce moment-l?, il m'a fait jouer le r?le de sa m?re affamante, m'a oblig? 
> ?
> m'asseoir sur une chaise o? il y avait sa timbale de lait, afin que je
> renverse ce lait, le privant ainsi de sa nourriture bonne. Alors il s'est
> mis ? hurler ? le loup ! ?, a pris le berceau et le b?b? et les a jet?s
> dehors par la fen?tre, dans un ?tat furieux d'accusation contre moi. Il
> s'est retourn? alors contre moi et m'a fait ingurgiter de l'eau sale dans
> une grande violence, en hurlant ? le loup ! le loup ! ?. Ce bibe?ron
> repr?sentait la mauvaise nourriture ? cause de la s?paration et de tous 
> les
> changements, apr?s une mauvaise m?re qui l'avait priv? de nourriture.
> Parall?lement, il m'a charg?e d'un autre aspect de la mauvaise m?re, celle
> qui part. Il m'a vue partir un soir de l'institution. Le lendemain il a
> r?agi, il m'avait d?j? vu partir d'autres fois, mais sans ?tre capable
> d'exprimer l'?motion qu'il pouvait en ressentir. Ce jour-l?, il a fait 
> pipi
> sur moi dans un grand ?tat d'agres?sivit? et aussi d'anxi?t?. Cette sc?ne
> n'?tait que le pr?lude ? une sc?ne finale qui eut pour r?sultat de me
> charger d?finitivement de tout le mal qu'il avait subi et de projeter en 
> moi
> ? le loup ! ?.
> J'avais donc ingurgit? le biberon avec l'eau sale, re?u le pipi agressif 
> sur
> moi parce que je partais. J'?tais donc le loup. Robert s'en s?para au 
> cours
> d'une s?ance en m'enfermant aux cabinets, pendant que lui retournait dans 
> la
> pi?ce de s?ance, seul, montait dans le lit vide et se mettait ? g?mir. Il 
> ne
> pouvait pas m'ap?peler, et il fallait bien que je revienne, puisque 
> j'?tais
> la personne permanente. Je suis revenue. Robert ?tait ?tendu, le visage
> path?tique, le pouce maintenu ? deux centim?tres de sa bouche. Et, pour la
> premi?re fois dans une s?ance, il m'a tendu les bras et s'est fait 
> consoler.
> A partir de cette s?ance, on assiste dans sa vie ? un changement total de
> com?portement. Cet enfant qui agressait les autres, les ?tranglait,
> d?chirait avec les dents, est devenu l'?tre le plus doux qui soit, 
> d?fendant
> les petits, les consolant, les faisant manger.
> J'ai eu l'impression qu'il avait exorcis? le loup. A partir de ce moment, 
> il
> n'en a plus parl?, et il a pu alors passer ? la phase suivante : la
> r?gression corps, cette construction de l'ego-body qu'il n'avait jamais pu
> faire.
> Pour employer la dialectique qu'il avait toujours employ?e, des
> contenus?contenants, Robert devait, pour se construire, ?tre mon contenu,
> mais il devait s'assurer de ma possession, c'est-?-dire son futur 
> contenant.
> Il a commenc? cette p?riode en prenant un seau plein d'eau, dont l'anse
> ?tait une corde. Cette corde, il ne pouvait absolument pas supporter 
> qu'elle
> soit atta?ch?e aux deux extr?mit?s. Il fallait qu'elle pende d'un c?t?.
> J'avais ?t? frapp? de ce que, lorsque j'avais ?t? oblig?e de la resserrer
> pour porter le seau, cela le mettait dans un ?tat de douleur presque
> physique. Jusqu'au jour o?, dans une sc?ne, il a mis le seau plein d'eau
> entre ses jambes, a pris la corde et l'a attach?e ? son ombi?lic. J'ai eu
> alors l'impression que le seau ?tait moi, et il se rattachait ? moi par 
> une
> corde, cordon ombilical. Ensuite, il renversait le contenu du seau d'eau, 
> se
> met?tait tout nu, puis s'allongeait dans cette eau, en position f?tale,
> recroquevill?, s'?tirant de temps en temps, et allant jusqu'? ouvrir sa
> bouche et la refermer sur le liquide, comme un f?tus boit le liquide
> amniotique, ainsi que l'ont montr? les derni?res exp?riences am?ricaines.
> Toutes ces activit?s ?taient le calque ?vident de l'activit? f?tale. Et
> j'avais l'impression qu'il se construisait, gr?ce ? ?a.
> Au d?but excessivement agit?, puis il prit conscience d'une certaine 
> r?alit?
> de plaisir, et tout aboutit ? deux sc?nes capitales agies avec un
> recueillement extra?ordinaire et un ?tat de pl?nitude ?tonnant ?tant donn?
> son ?ge et son ?tat.
> Dans la premi?re de ces sc?nes, Robert, tout nu, face ? moi, a ramass? de
> l'eau dans ses mains jointes, et l'a port?e ? hauteur de ses ?paules et 
> l'a
> fait couler le long de son corps. Il a recommenc? ainsi plusieurs fois, 
> puis
> m'a dit alors dou?cement ?Robert, Robert?, prenant conscience de son 
> corps.
> Ce bapt?me par l'eau - car c'?tait un bapt?me, ?tant donn? le 
> recueillement
> qu'il y mettait - fut suivi d'un bapt?me par le lait.
> Il avait commenc? par jouer dans l'eau avec plus de plaisir que de
> recueille?ment. Ensuite, il a pris son verre de lait et le but. Puis il a
> remis la t?tine et a com?menc? ? faire couler le lait du biberon le long 
> de
> son corps. Comme ?a n'allait pas assez vite, il a enlev? la t?tine et a
> recommenc?, faisant couler le lait sur sa poitrine, son ventre et le long 
> de
> son p?nis avec un sentiment intense de plaisir. Puis il s'est tourn? vers
> moi, et m'a montr? ce p?nis, le prenant dans sa main, l'air ravi. Ensuite 
> il
> a bu du lait, s'en mettant ainsi dessus et dedans, de fa?on que le contenu
> soit ? la fois contenu et contenant, retrouvant l? cette sc?ne qu'il 
> jouait
> avec l'eau.
> Dans les phases qui suivirent, il va passer au stade de construction 
> orale.
> Ce stade est extr?mement difficile et tr?s complexe. D'abord, il a 4 ans 
> et
> il vit le plus primitif des stades. De plus, les autres enfants que je
> prends alors en trai?tement dans cette institution sont des filles, ce qui
> est un probl?me pour lui. Enfin les patterns de comportement de Robert 
> n'ont
> pas totalement disparu et ont tendance ? revenir chaque fois qu'il y a
> frustration.
> Dans les s?ances qui ont suivi ce bapt?me par l'eau et par le lait, Robert 
> a
> commenc? par vivre cette symbiose qui caract?rise la relation primitive
> m?re? enfant. Mais lorsque l'enfant le vit vraiment, il n'existe 
> normalement
> aucun pro?bl?me de sexe, au moins dans le sens du nouveau-n? vers sa m?re.
> Tandis que l? il y en avait un. Et Robert devait faire la symbiose, soit
> avec une m?re phallique, telle qu'il ?tait pr?t ? l'accepter, soit avec 
> une
> m?re f?minine, ce qui posait alors le probl?me de castration, le probl?me
> ?tait d'arriver ? lui faire recevoir la nour?riture sans que cela entra?ne
> sa castration.
> Il a d'abord v?cu cette symbiose dans une forme simple. Assis sur mes
> genoux, il mangeait. Ensuite, il prenait ma bague et ma montre et se les
> mettait, ou bien il prenait un crayon dans ma blouse et le cassait avec 
> ses
> dents. Alors je le lui ai interpr?t?. Cette identification ? une m?re
> phallique castratrice resta alors sur le plan du pass?, et s'accompagna
> alors d'une agressivit? r?actionnelle qui ?volua dans ses motivations. Il 
> ne
> cassait plus la mine de son crayon que par autopunition de cette
> agressivit?.
> Par la suite, il put boire le lait au biberon, allong? dans mes bras, mais
> c'est lui-m?me qui tenait le biberon, et ce n'est que plus tard qu'il a pu
> le recevoir directement, moi tenant le biberon, comme si tout le pass? lui
> interdisait de recevoir en lui par moi le contenu d'un objet aussi
> essentiel.
> Son d?sir de symbiose ?tait encore en conflit avec ce qu'on vient de voir.
> C'est pourquoi il prit le biais de se donner le biberon ? lui-m?me. Mais ?
> mesure que Robert faisait l'exp?rience, au travers d'autres nourritures,
> comme bouillies et g?teaux, que la nourriture qu'il recevait de moi ?
> travers cette symbiose ne l'identifiait pas ? moi au point d'?tre une 
> fille,
> il put alors recevoir de moi. Il a d'abord tent? de se diff?rencier de moi
> en partageant avec moi, il me donnait ? manger et disant, se palpant ?
> Robert ?, puis me palpant ? pas Robert ?. je me suis beaucoup servi de ?a
> dans mes interpr?tations pour l'aider ? diff?rencier tr?s rapidement. La
> situation cessa d'?tre seulement entre lui et moi, et il fit intervenir 
> les
> petites filles que j'avais en traitement.
> C'?tait un probl?me de castration, puisqu'il savait qu'avant lui et apr?s
> lui une petite fille montait en s?ance avec moi. Et la logique 
> ?motionnelle
> voulait qu'il se fasse fille, puisque c'?tait une fille qui rompait la
> symbiose avec moi dont il avait besoin. La situation ?tait conflictuelle. 
> Il
> l'a jou?e de diff?rentes fa?ons, faisant pipi assis sur le pot, ou bien le
> faisant debout en se montrant r?ellement agressif.
> Robert ?tait donc maintenant capable de recevoir, et capable de donner ; 
> il
> me donna alors son caca sans crainte d'?tre ch?tr? par ce don.
> Nous arrivons alors ? un palier du traitement qu'on peut r?sumer ainsi : 
> le
> contenu de son corps n'est plus destructeur, mauvais, il est capable
> d'exprimer son agressivit? par le pipi fait debout, sans que l'existence 
> et
> l'int?grit? du conte?nant, c'est-?-dire du corps, soient mises en cause.
> Le QD au Gesell est pass? de 43 ? 80, et au Terman-Merill il a un QI de 
> 75.
> Le tableau clinique a chang?, les troubles moteurs ont disparu, le
> prognathisme aussi. Avec les autres enfants il est devenu amical. On peut
> commencer ? l'int??grer ? des activit?s de groupe. Seul le langage reste
> rudimentaire, il ne fait jamais de phrases, n'emploie que les mots
> essentiels.
> Puis, je pars en vacances, suis absente pendant deux mois.
> Lorsque je suis revenue, il a jou? une sc?ne int?ressante montrant la
> coexistence en lui des patterns du pass? et de la construction faite dans 
> le
> pr??sent. Pendant mon absence, son comportement est rest? tel qu'il ?tait, 
> c?est-?-dire
> qu'il a exprim? sur son ancien mode, d'une fa?on tr?s riche en raison de
> l'acquis, ce que la s?paration repr?sentait pour lui, et qu'il craignait 
> de
> me perdre.
> Lorsque je suis revenue, il a vid?, comme pour les d?truire, le lait, son
> pipi, son caca, puis a enlev? son tablier et l'a jet? dans l'eau. Il a 
> donc
> d?truit ainsi ses anciens contenus et son ancien contenant, retrouv?s par 
> le
> traumatisme de mon absence.
> Le lendemain, d?bord? par sa r?action psychologique, Robert s'exprimait 
> sur
> le plan somatique : diarrh?e profuses, vomissement, syncope. Robert se
> vidait compl?tement de son image pass?e. Seule ma permanence pouvait faire
> la liaison avec une nouvelle image de lui-m?me, comme une nouvelle
> naissance.
> A ce moment-l?, il a acquis cette nouvelle image de lui-m?me. Nous le 
> voyons
> en s?ance rejouer des anciens traumatismes que nous ignorions. Un sur?tout 
> :
> Robert avait bu le biberon et il a mis la t?tine dans son oreille, il en a
> rebu, il a ensuite cass? le biberon dans un ?tat de violence tr?s grande. 
> Il
> a ?t? capable de le faire sans que l'int?grit? de son corps en ait 
> souffert.
> Il s'?tait s?par? de son symbole du biberon et pouvait s'exprimer par le
> biberon en tant qu'objet. Cette s?ance ?tait tellement frappante, il l'a
> r?p?t?e deux fois, que j'ai fait une enqu?te pour savoir comment s'?tait
> pass?e son antrotomie subie ? 5 mois. On apprit alors que, dans le service
> d'O.R.L. o? il avait ?t? op?r?, il n'avait pas ?t? anes?th?si?, et que
> pendant cette op?ration douloureuse, on lui maintenait dans la bouche un
> biberon d'eau sucr?e.
> Cet ?pisode traumatique a ?clair? l'image que Robert avait construite 
> d'une
> m?re affamante, parano?aque, dangereuse qui certainement l'attaquait ; 
> puis
> cette s?paration ; un biberon maintenu de force lui faisant avaler ses 
> cris
> et le mal qu'on lui faisait, le gavage par tube ; et 25 changements
> successifs.
> Robert ne pouvait pas avoir d'autre image de lui-m?me. J'ai eu 
> l'impression
> que le drame de Robert ?tait que tous les fantasmes oraux-sadiques qu'il
> avait pu avoir s'?taient r?alis?s par ces conditions d'existence, ces
> fantasmes ?taient devenus la r?alit?.
> Derni?rement, j'ai d? le confronter avec une r?alit?. J'ai ?t? absente
> pendant un an, et je suis revenue enceinte de huit mois. Il m'a vue
> enceinte. Il a com?menc? par jouer des fantasmes de destruction de cet
> enfant. J'ai disparu pour l'accouchement. Pendant mon absence, mon mari 
> l'a
> pris en traitement, et il a jou? la destruction de cet enfant. Lorsque je
> suis revenue, il m'a vue plate, et sans enfant. Il ?tait donc persuad?,
> ?tant toujours ? ce stade, que ses fantasmes ?taient devenus r?alit?, 
> qu'il
> avait tu? cet enfant, donc que j'allais le tuer.
> Il a ?t? extr?mement agit? pendant ces 15 derniers jours, jusqu'au jour o?
> il a pu me le dire. Alors l? je l'ai confront? avec la r?alit?, je lui ai
> amen? ma fille, de fa?on ? ce qu'il puisse maintenant faire la coupure. 
> Son
> ?tat d'agitation est tomb? net, et quand je l'ai repris en s?ance le
> lendemain, il a commenc? ? m'ex?primer enfin un sentiment de jalousie, il
> s'attachait ? quelque chose de vivant et non pas ? la mort.
> Cet enfant est toujours rest? au stade o? les fantasmes ?taient r?alit?. 
> La
> r?a?lit? lui avait impos? ses fantasmes. Gr?ce ? ses fantasmes de
> construction intra-?ut?rine, qui, dans le traitement, ont ?t? r?alit?, il 
> a
> pu faire cette construction ?tonnante. S'il avait d?pass? ce stade, je
> n'aurais pas pu obtenir cette construc?tion de lui-m?me.
> Comme je le disais hier, j'ai eu l'impression que cet enfant avait sombr?
> sous le r?el, qu'il n'y avait chez lui au d?but traitement, aucune 
> fonction
> symbolique, et encore moins de fonction imaginaire.
> LACAN - Il avait quand m?me deux mots.
> HYPPOLITE - C'est sur le mot ? le loup ? que je voudrais poser une 
> question.
> D'o? est venu ? le loup ? ?
> Mme LEFORT - Dans les institutions d'enfants, on voit souvent les
> infir?mi?res faire peur avec le loup. Dans l'institution o? je l'ai pris 
> en
> traitement, un jour o? les enfants ?taient insupportables, on les a 
> enferm?s
> au jardin d'enfants, et une infirmi?re est all?e ? l'ext?rieur faire le 
> cri
> du loup pour les rendre sages. Il a donn? cette forme qu'il a concr?tis?e.
> HYPPOLITE - Il resterait ? expliquer pourquoi cette histoire du loup dont 
> la
> peur s'est fix?e sur lui, comme sur tant d'autres enfants.
> Mme LEFORT - Le loup ?tait ?videmment la m?re d?vorante, en partie.
> HYPPOLITE - Croyez-vous que le loup est toujours la m?re d?vorante ? Mme
> LEFORT - Dans les histoires enfantines, on dit toujours que le loup va
> manger. Au stade sadique-oral, l'enfant a envie de manger sa m?re, donc il
> pense que sa m?re va le manger, et ce loup dont on le menace va le manger,
> donc sa m?re va le manger, elle devient le loup. je crois que c'est
> probablement la gen?se. je ne suis pas s?re.
> Il y a dans l'histoire de cet enfant des tas de choses ignor?es, que je 
> n'ai
> pas pu savoir. je crois que c'est gr?ce ? ?a qu'il a donn? cette image, le
> loup. Quand il voulait ?tre agressif contre moi, il ne se mettait jusqu'?
> pr?sent pas ? quatre pattes, et n'aboyait pas. Maintenant il le fait.
> Maintenant il sait qu'il est un humain, mais il a besoin, de temps en 
> temps,
> de s'identifier ? un animal, comme le fait un enfant de 18 mois. Et quand 
> il
> veut ?tre agressif il se met ? quatre pattes, et fait ? ouh, ouh ?, sans 
> la
> moindre angoisse. Puis il se rel?ve et continue le cours de la s?ance. 11 
> ne
> peut encore exprimer son agressivit? qu'? ce stade.
> HYPPOLITE - Oui, il surmonte ainsi... C'est entre zwingen et bezwingen.
> C'est toute la diff?rence entre le mot o? il y a la contrainte et celui o?
> il n'y a pas la contrainte. La contrainte, Zwang, qui est le loup qui lui
> donne l'angoisse, et l'angoisse surmont?e, Bezwingung, le moment o? il 
> joue
> le loup.
> Mme LEFORT - Oui, je suis bien d'accord.
> LACAN - ? Le loup ? naturellement pose tous les probl?mes du symbolisme, 
> qui
> n'est pas du tout limitable, puisque vous voyez bien que nous sommes 
> for?c?s
> d'en chercher l'origine dans une symbolisation g?n?rale. Pourquoi le loup 
> ?
> Ce n'est pas un personnage qui nous reste tellement familier, dans nos
> contr?es tout au moins. Le fait que ce soit le loup qui soit choisi pour
> produire ces effets
> nous relie directement avec une fonction plus large, sur le plan mythique,
> folk?lorique, religieux primitif. Nous voyons jouer au loup un r?le. Et le
> fait qu'il se rattache ainsi ? toute une filiation, par quoi nous arrivons
> aux soci?t?s secr?tes, avec ce qu'elles comportent d'initiatique dans
> l'adoption soit d'un totem, soit d'une fa?on plus pr?cise de 
> l'organisation
> de ce style de communaut?, identifi?cation ? un personnage.
> Nous ne pouvons pas faire ces distinctions de plan ? propos d'un ph?nom?ne
> aussi ?l?mentaire. Mais ce Surmoi... je voulais attirer votre attention,
> vous ver?rez que des questions qui se poseront ? nous par la suite, c'est 
> la
> fonction r?ci?proque, la diff?rence entre ce qu'on doit appeler Surmoi, 
> dans
> le d?terminisme du refoulement et ce qu'on doit appeler id?al du Moi. Je 
> ne
> sais pas si vous vous ?tes aper?us de ceci : qu'il y a l? deux conceptions
> qui, d?s qu'on les fait inter?venir dans une dialectique quelconque pour
> expliquer un comportement de malade, paraissent dirig?es exactement dans 
> un
> sens contraire. Le Surmoi ?tant simplement contraignant, l'id?al du Moi
> ?tant exaltant?.
>
>
> ----- Original Message ----- 
> From: "liliane" <liliane.fainsilber at wanadoo.fr>
> To: <bdf at deflorence.com>; "Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Saturday, March 03, 2007 7:22 AM
> Subject: Re: [Lutecium-group] d?c?s de Rosine Lefort
>
>
>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>> ---
>> C'est triste de voir la mort de Rosine et de Robert Lefort  utilis?e pour
>> alimenter une pol?mique. Liliane Fainsilber.
>>
>>
>>
>> ----- Original Message ----- 
>> From: "BdF" <bdf at deflorence.com>
>> To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'"
>> <lutecium-group at lutecium.org>
>> Sent: Saturday, March 03, 2007 2:31 AM
>> Subject: [Lutecium-group] d?c?s de Rosine Lefort
>>
>>
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> Voici le mail en clair.
>>> ===
>>> BdF
>>> ===
>>>
>>> Rosine Lefort
>>>
>>> Nous avons appris que Rosine Lefort s'est ?teinte ce dimanche  25 
>>> f?vrier
>>> 2007, douze jours apr?s Robert. Ils ?taient les ins?parables pour tous
>>> ceux
>>> qui les ont, comme moi connus.  Et le sont rest?s jusqu'? leurs derniers
>>> jours.
>>>
>>> Rosine et Robert Lefort, form?s par Jacques  Lacan, lui sont rest?s
>>> in?branlablement fid?les, dans tous les moments d?cisifs travers?s par 
>>> le
>>> mouvement analytique dans la seconde moiti? du XXe si?cle.
>>>
>>> Ils sont de ceux qui ont poursuivi avec Lacan au moment de la 
>>> dissolution
>>> de
>>> son Ecole. Ils n'ont pas h?sit? ? faire  exister  l'Ecole de la Cause
>>> freudienne,  t?moignant ainsi d'une  confiance enti?re et vigilante ?
>>> l'endroit de plus jeunes  qu'eux, parce qu'ils sont rest?s soucieux de
>>> l'avenir de leur praxis.
>>>
>>> Ils furent des voyageurs infatigables, et  des cliniciens rigoureux.
>>> Leurs  travaux continuent de contribuer aux avanc?es de la psychanalyse,
>>> dont ils ont toujours affirm? l'unit?. Ils ont notamment su faire
>>> entendre
>>> que l'enfant dans le discours analytique est un sujet ? part enti?re,
>>> notamment ? partir du  Cereda (Centre d'Etude et de Recherche sur
>>> l'Enfant
>>> dans le Discours Analytique ) dont r?sulte  le Nouveau R?seau Cereda  et
>>> ses
>>> trois Diagonales (francophone, hispanophone et am?ricaine).
>>> Le d?sir dont ils ont, chacun et ensemble,  fait la  preuve  dans leur
>>> ?uvre
>>> et leur pratique reste ? mes yeux pour tous exemplaire.
>>> Le Champ freudien dans le monde entier  se joindra ? moi pour dire sa
>>> sympathie et adresser ses condol?ances aux enfants et petits enfants de
>>> Robert et Rosine Lefort ainsi qu'? tous leurs proches.
>>>
>>>
>>>
>>> Les obs?ques de Rosine Lefort ont lieu ? Nogent-le-Roi, le vendredi 2
>>> mars
>>> 2007.
>>>
>>>
>>>
>>> Judith Miller
>>>
>>>
>>>
>>> _______________________________________________
>>> A question? click Help-Me at lutecium.org
>>> Lutecium-group mailing list
>>> Lutecium-group at lutecium.org
>>> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
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>
> End of Lutecium-group Digest, Vol 28, Issue 7
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