[Lutecium-group] Hétérogénéité des instances et de leurs modes d'expression

notert notert at club-internet.fr
Sun Mar 18 19:37:41 GMT 2007


bonsoir catherine,je réponds à vos deux mails.

Yvette Guilbert, je crois, la chanteuse parisienne de Freud. qu'il ne  
manquait jamais d'aller écouter.

pour ce "sortir de soi", dans un vieux topo j'avais utilisé ce  
personnage de film, petit garçon qui veut absolument danser, zut son  
nom m'échappe à l'instant, quand il est devant le jury et qu'on lui  
demande ce que cela lui fait de danser, il dit "je n'existe pas".
bon faudrait que je retrouve mes notes de l'époque de ce topo à  
propos de "pulsion de mort" au sens freudien, que je liais avec la  
pulsion artistique: se sortir de soi même. une répétition.

mais c'est la technique à acquérir par la répétition qui m'avait fait  
penser à cette non existence suspendue dans l'acte d'art, que ce soit  
danse, musique ou écriture.

sur cette liste il y a quelques années, alain didier Weil a déjà été  
cité  pour son art d'écrire sur la musique, un texte qui je crois  
s'appelle "la note bleue", je vais regarder dans mes archives.

pour Quignard, je me rappelle dans son petit livre sur la haine de la  
musique, je me souviens de son "Tarabust" qui est une sorte de bruit  
répétitif qui explique bien le terme "être tarabusté", encore la  
répétition, obsessionnelle?

merci catherine de vos références
D.
Le 18 mars 07 à 14:08, Catherine Grandjean a écrit :

> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Sur ce même thème, voici quelques citations, extraites du VIIème petit
> traité, intitulé "Sur les rapports que le texte et l'image  
> n'entretiennent
> pas", de Pascal Quignard. Si le fantasme est image, on comprendra  
> qu'il ne
> peut se faire texte.
>
> "Il est 1.contradictoire, 2.vain de demander au signe qu'il se  
> transporte
> dans l'objet qu'il réfère, car la signification est ce transport  
> même ;
> c'est astreindre l'écrit à sa mort."
>
> "L'image est proprement l''interdit' du dire. De là, si l'on veut  
> conserver
> à cette impossibilité sa vieille et fondative énergie, il semble  
> qu'on ne
> puisse ni lire à haute voix nitraduire en images ou en film ou en  
> dessins ou
> sous une forme théâtrale quelque livre qui ait été écrit au monde."
>
> "Pour reprendre la phrase que Gorgias prononça à Athènes : ce que  
> l'oeil
> voit, la bouche ne peut le prononcer ; ce que la bouche pronconce  
> la main ne
> peut le toucher ; ce que la main étreint et palpe, le nez ne peut  
> le sentir
> etc. En d'autres termes, les significations que les lettres  
> couchent par
> écrit sont incommunicables aux représentations que les images dressent
> devant nos yeux"
>
> "Quand l'un est lisible, l'autre n'est pas vu. Quand l'un est visible,
> l'autre n'est pas lu. A quelque contiguïté qu'on s'efforce, ces  
> deux media
> demeurent parallèles, et il faut dire que, pour l'éternité, ces  
> mondes sont
> impénétrables l'un à l'autre."
>
> "Un mode d'expression ne se transpose en un autre qu'à la condition  
> de sa
> perte."
>
> "Il disait que les livres avaient été écrits par d'autres que ceux  
> dont ils
> portaient le nom et que les récits qu'ils contenaient renvoyaient à  
> des
> choses plus anciennes".
>
> Sur ce point, les relations qu'entretint Freud avec une chanteuse  
> populaire
> de son temps (je n'ai plus les références précises sous la main) sont
> éclairantes. Cette chanteuse, que Freud avait grand plaisir à  
> écouter, lui
> écrit un jour une lettre : elle lui explique précisément que  
> lorsqu'elle
> chante, ce n'est pas elle qui chante. Elle dit l'exil de soi que  
> requiert le
> chant. Freud lui répond en substance : c'est impossible, votre art  
> est le
> reflet de votre personnalité profonde. A ce moment là, il rate  
> exactement ce
> qu'est l'art.
>
> --
> Catherine
>
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net>
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Sunday, March 18, 2007 1:12 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour,
>
> Le problème, c'est qu'il ne suffit pas d'écrire une fiction, avec  
> un héros
> ou non, pour se dire écrivain. Par exemple, je ne considère que les  
> BD de
> Spiderman soient de la littérature. Donc, ces rapports entre la
> fantasmagorie d'un auteur et l'histoire qu'il raconte sont très  
> insuffisants
> pour qu'il définir la littérature, au sens esthétique, artistique  
> du terme,
> et pour en parler.
>
> La littérature est au-delà de l'histoire que raconte un livre. Elle  
> est,
> entre autre, et c'est absolument capital, du côté de la musicalité.  
> Alain
> Didier-Weill, dans un livre assez remarquable, dont le titre est
> Invocations, donne un repérage précis de cette musicalité, d'essence
> dionysiaque : est auteur celui qui se tient très au bord du Réel  
> depuis le
> symbolique. Plus au bord encore, c'est la musique elle-même. C'est  
> sur ce
> bord entre symbolique et réel qu'opère la littérature. C'est le  
> bord de
> l'inoui, de ce qui, jusqu'à ce livre, n'avait encore jamais été  
> entendu.
>
> Alors qu'à prendre les choses par la fantasmagorie de l'auteur et ses
> relations à ses personnages ou à l'histoire du livre, on reste dans
> l'imaginaire, et on rate l'essence de la littérature. Pire : on  
> n'est pas
> loin de dire que tout le monde pourrait être écrivain. Ca n'est pas  
> le cas.
> Ecrire (lire également), cela nécessite au contraire de s'exiler de  
> son
> imaginaire, de son petit moi, de faire taire "sa radiophonie  
> intérieure"
> (Roland Barthes). Sinon, on ne fait que se raconter, fut-ce de façon
> masquée, et d'un point de vue littéraire, c'est sans intérêt aucun.
>
> Bon dimanche,
>
> --
> Catherine
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Eric Maillard" <emaillard at noos.fr>
> To: <maldoro at ifrance.com>; "Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Sunday, March 18, 2007 12:26 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Il me semble que dans le fantasme qu'est ce "drame qu'il ressent  
> dans sa
> propre existence", l'auteur, par identification-projection, crée un  
> double
> imaginaire, un Autre virtuel, héros hélas inopérant qui, je crois, ne
> "reçoit" aucune pulsion. Peut-être, effectivement, le leurre peut-il
> soulager ?
> EM
> ----- Original Message -----
> From: "Frans Tassigny" <frans.tassigny at gmail.com>
> To: "lutecium-group" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Saturday, March 17, 2007 6:14 PM
> Subject: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est  
> bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> . Il y aurait un "transfert" entre l'auteur et son héros; celui-ci  
> déplace
> un drame qu'il pressent dans sa propre existence en l'articulant  
> dans le
> champ romanesque. Il exorcise son angoisse à travers une expérience  
> fictive,
> il essaie son héros au meurtre, au suicide, déplaçant ainsi ses  
> propres
> pulsions auto-destructrices. Cela le soulage et si ses problèmes  
> restent
> entiers, il les a momentanément "déchargés", sa ou ses victimes  
> passent du
> réel à la fiction dans la conscience obscure d'une société qui se  
> repaît de
> larmes et de sang.
>
> un psychanalyste m'a répondu ceci :
>
> .Lacan a trouvé dans Lol V. Stein l'application de certaines de ses  
> théories
> ...Mais dire qu'il  y a un "transfert" entre l'auteur et son héros  
> ne me
> semble pas tout à fait correct... Il me semble que le travail  
> d'écriture est
> plutôt de l'ordre de travail du rêve... C'est absolument  
> insuffisant de dire
> qu'un ecrivain fait suicider son personnage parce qu'il  subit ce  
> genre de
> pulsion lui-même... Aussi bien que de   reduire un rêve de suicide  
> à son
> contenu manifeste... S'il y a du "transfert" dans l'ecriture c'est  
> plutot
> entre l'auteur et son lecteur abstrait, il me semble. C'est le  
> lecteur qui
> est l'Autre s'il y en a un plutôt que le héro. Le discours  découle de
> l'histoire de l'auteur, mais il est codé et doit être decripté.
>
> je crois cette intervention pertinente  Mais qu'en est-il  
> véritablement du
> sujet de l' inconscient? Qu'en est-il de cette présence qui lui est  
> sujette?
> transfer ?
>
> votre avis
>
> merci
> ft
> --
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> 8400 Ostende
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