[Lutecium-group] RE : lewis caroll
Natalia Milopolsky-Costiou
namicost at yahoo.fr
Sat Mar 24 15:02:18 GMT 2007
Merci, Frans, pour ce lien.
Le chef-d'oeuvre de Lewis Carrol, à mon avis, est une des rares démarches littéraires (tout comme Swift ou Rabelais) qui ont une présentation tout à fait universelle de symbolisme et de l'énigme. Contrairement aux symbolistes disons métaphysiques (Blake, Donne, Milton) dont la joie de le lecture s'appuie sur la nécessite des certaines croyances préalables, les puzzles d'Alice sont transparents et accessibles.
Remarquons, que Alice voyage toute seule, et la figure maternelle avec son autorité impuissante n'apparaît qu'à la fin pour ramener la petit fille dans le monde réel. Pour y revenir Alice reste encore omnipotente: vous n'êtes qu'un simple jeu des cartes. Sa liberté est assurée en quelque sort par l'arrêt du temps annoncé: l'éternel "tea-time", elle peut donc grandir dans son espace intérieur sans trop se préoccuper du temps qui passe.
J'ai une petite faiblesse personnelle pour le chat dans ma projection analytique: c'est la sourire qui importe, une présence qui se devine, même si le chat devient invisible...
Cordialement,
Natalia
Frans Tassigny <frans.tassigny at gmail.com> a écrit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
bonjour,
une écoute de : esflorinda Flo
j'ai écouté l'enregistrement de Lacan sur Lewis Carroll et j'ai beaucoup
aimé. En tant que profane, et ayant lu rapidement la biographie de Carroll,
je crois que Lewis Carroll n'a en réalité jamais quitté son enfance, en
quelque sorte... mais pas n'importe quelle enfance, celle d'un enfant dont
l'imaginaire est sans limite, solitaire, curieux. C'est en tout cas la
sensation que j'ai eu en voyant sa photo et lu les quelques lignes de sa
biographie...
Toujours en tant que profane du domaine de la psychanalyse, je dirais que
Lewis Carroll a pu voir en Alice Liddell son alter ego, le ramenant ainsi à
sa propre enfance, à son propre monde imaginaire. Il suffit d'observer son
autoportrait et la photo d'Alice pour se rendre compte que leurs regards
vont dans la même direction. C'est ce qui me semble en tout cas. Peut-être
qu'en la prenant tant en photo, il tentait désespérément de saisir son âme
d'enfant, l'Esprit, le Monde Intérieur qu'il avait perdu ou qu'il avait peur
de perdre. Et n'y parvenant pas, il cessa son activité photographique, en
proie au désespoir. Ne dit-on pas de certaines cultures qu'elles ont peur
que l'on vole leur âme par la photographie ? La photographie capture
l'image et l'âme dans un certain sens.
Pour ce qui est de l'oeuvre elle-même, je l'ai chez moi bien évidemment
comme tout adulte nostalgique qui se respecte. je sais que certains en ont
fait une analyse détaillée à laquelle j'avais commencé à m'intéresser car
cette oeuvre intrigue effectivement.il est bien sur toujours question de
l'enfance, du mythe etc... je parlerais plus précisément de l'enfant dont
l'esprit solitaire n'a de cesse de chercher des raisons d'avancer dans la
réalité. pour moi c'est de cela que cette oeuvre parle. Pour moi ce livre
parle des adultes et présente toute leur incohérence dans leur monde
d'adulte. et malheureusement, le passage de l'enfance à l'âge adulte ne se
fait pas sans une certaine rudesse, une sorte de parcours du
combattant titubant dans l'incompréhension et dans l'obligation de
comprendre. Ce livre est une invitation à se souvenir.
Alice parle beaucoup de changement. Notamment lors de sa rencontre avec la
chenille. "je suis incapable de me rappeler les choses comme avant" "je
change de taille toutes les dix minutes". Lewis Carroll exprime ici, pour
moi, une perte d'identité, une difficulté à accepter le fait de grandir, de
vieillir, de changer. et il semble regretter amèrement la propension des
adultes à oublier. Il mène une double vie psychique comme le souligne Lacan.
et il ne serait pas le seul d'ailleurs. Travail et stabilité versus l'enfant
que l'on était. Carroll semble à la fois s'interroger de ce qu'est devenu
son être, son âme, et dire aux adultes, voyez comme vous êtes absurdes,
voyez comment vous vous êtes condamnés à une mort en un certain sens. Le
faux procès d'Alice ne pouvait qu'être perdu puisqu'il n'y a aucun recours
lorsqu'il s'agit de grandir. Mais il semble traduire également la facilité
pour un adulte à s'enquérir de préjugés sans chercher à savoir cette faculté
de jugement hâtif d'un seul pour tous. L'odieux pouvoir dont un parent peut
user et peut être plus précisément un être humain. Car il semblerait que
Carroll, sous ce costume de mathématicien, soit un être des plus sensibles
au monde qui l'entoure.
voici l'audio Lacan sur Lewis Caroll :
ou have a file or files called 1966.12.31 Sur Lewis
Carroll.mp(1
file(s)) from
frans.tassigny at gmail.com waiting for download.
You can click on the following link to retrieve your File. The link will
expire in 4 days.
Link: http://www.yousendit.com/download/M3Buc0x3Mm04NVUwTVE9PQ
Tassigny Frans
Sint Fransiscusstraat 25
8400 Ostende
BELGIQUE
0496 85 56 82
nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
Natalia Milopolsky-Costiou
6, rue de Savoie, 75006 Paris
01 44 41 01 43
06 80 10 41 99
---------------------------------
Découvrez une nouvelle façon d'obtenir des réponses à toutes vos questions ! Profitez des connaissances, des opinions et des expériences des internautes sur Yahoo! Questions/Réponses.
More information about the Lutecium-group
mailing list