[Lutecium-group] Mort et naissance en jeu

Mirian Giannella giannell at uol.com.br
Sat May 26 08:22:04 GMT 2007


ALors, peut-on conclure que le père transmet la mort
tandis que la mère, la vie ?
Cette mort comme idéal du père ?
Enfant = père mort ?
macabre non ?
j'ai un texte sur l'élaboration du désir de mort,
à propos des suicides, en portugais :
http://giannell.sites.uol.com.br/morteemjogo.htm

MORT ET NAISSANCE EN JEU

Mirian Giannella

MOTS-CLÉS: Internet, le suicide, la mort du père

RÉSUMÉ
A partir de la rencontre avec une vieille amie sur un coin de São Paulo, ce
que, via courrier électronique, s’est élaboré sur la mort, celle du père, le
sentiment de culpabilité, avec le support de Freud et Lacan

Maria Luiza Leme Monteiro a trouvé sa mort le 05 novembre 2000.

Mon cousin, Guga, a sauté du 6e étage du bâtiment où il habitait en mars
2003.

Stephane Leschemelle a trouvé la sienne le 30 avril 2003 à Aracajú, Sergipe,
Brésil.

____________________
Aux Suicides

C’est à l’ordre du jour la mort des institutions, de la psychanalyse, du
monde, c’est la vie. Une des manières de desérotiser la mort est de dire que
le monde est déjà fini, le monde que nous avons connu, si ça peut se
prétendre. Nous vivons un nouveau paradigme. La révolution de l’information
actualise le rêve de transport et télépathie, avant accessible à peine aux
sages. À travers la communication, via réseau virtuel, nous pouvons aller
sans être. Nouvelle ère, ère de la communication, nous avons plus vivant en
nous le sentiment d’appartenir à une communauté d’hommes et des femmes liés
dans tout le monde par le reseau mondial des ordinateurs, dans une société
global. Petit monde.

Retrouver mon amie d’adolescence des bancs du Collège Bandeirantes s’est
constitué en un regard au miroir et un bouleversement de la vie.

Elle, belle, aurait pu être top model si elle aurait pu regarder le
vide/regard du camera/ Autre. Elle a préferé rester derrière les cameras...
Elle a fait de la production du cinéma, (Pixote, O beijo da Mulher Aranha de
Hector Babenco), de revues, de vêtements. Actuellement, elle a des projets
de livres d’art et d’une Association en Appui aux Suicides en vues de la
production du savoir sur eux, en attendant les intérressés et les parrains.

Elle a survecu à deux essais de suicide. Le premier à 24 ans. Elle prend des
médicaments depuis, il y a 20 ans, ce qui lui coûte R$400,00 par mois, elle
est impregnée, avec du vieillissement précoce, arthrite, les cheveux blancs,
et le deuxième essai, il y a 2 ans, avec les propres médicaments, vient nous
montrer que l’option par les médicaments n’aide pas l’élaboration des
questions de fond si n’est pas accompagné par une analyse. Elle les a mis d’
enfilé 80 et les a pris avec du l’eau et du sucre. Elle a dormi 5 jours et s
’est reveillée. Amnésie de 5 jours seulement ? Vérifier toute la mémoire,
intacte jusqu’au évènement a été le moment suivant.

L’option par des médicaments projecte une image du sujet pris comme objet
par le savoir psychiatrique et l’industrie pharmaceutique qui fait croire, à
travers sa mércatique qui peut altérer libido et séxualité, apportant le
bien être et la jouissance que le médicament promet offrir. Ralenti, nie,
refoule ou stimule, energise, excite les fonctions du sujet. Ça va dans le
sens de la mort paralysant la production du sujet, au lieu d’écouter ses
plaintes et revoltes et d’essayer de trouver le sens des fragments qui
retournent.

Nous pouvons voir la toute puissance du médicin qui croit qu’il contrôle les
dosages. Les substances toxiques s’impregnent, il y a des restes
inéliminables qui ralentissent les mouvements. Ça suppose un sujet
intraitable, hors du langage humanisant, fou, exclu de la communauté des
humains, le sujet ne se voit pas pris par la chaîne signifiante.

Dans le cas de mon amie, sa soeur avant née et morte encore bebé, avait le
même nom qu’elle. Comme si le deuil de la soeur resonait en elle. La vie est
un cinéma. La cision par le langage en étant pas symbolisée est vécu dans le
réel avec la mort infligé sur le corps par des médicaments et d’autres
instruments coupants.

En plus, ça met le sujet, à partir de là, comme objet des laboratoires pour
mesurer le niveau d’impregnation des substances toxiques, suçant son sang.
Vampirisme barbare ! Met le corps à la place du manque et tous les symptômes
y apparaient. Les médicaments sont plus agiles et efficaces ? S’ils ne
produisaient tant des effets collatéraux ! Comme la douleur est existenciel,
le sujet profite d’un savoir sur les choses de l’esprit. Le coût de R$400,00
mensuels ne suffiraient-t-il pas à se payer un analyste ?

Après notre rencontre par hasard à la rue, nous avons commencé un échange
des messages où je lui avait dit que je voudrais la voir élaborant le désir
de mort. Comme elle prennait des médicaments et allait par la vie
réligieuse, elle ne l'a pas fait et ça été comme ça que ce texte a surgit.

Le désir de mort peut être métaphorisé, parlé, digéré, transformé, mis en
circulation, il est vie. Il peut se diriger vers ce qui en nous doit mourir,
ce qui nous voulons que laisse d’exister, ce que nous pouvons abandoner,
desinvestir, destituer : le corps en tant qu’objet du désir de la mére. La
dépression de chaque jour est le deuil de l’image idéal qui échoue, c’est la
mort du Moi Idéal, des illusions, des expectatives, du rêve du paradis, de
la complétude, de l’absolut, proches de l’éxtatique de la mort qui nous
séduit toute la vie. La jouissance de la mère, objet pour toujours perdu,
sera recherché et la vie gagnera la tonalité de profonde dépression si nous
n’abandonons pas cette demande et instaurons un sujet capable d’assumer ses
choix.

La dépression s’installe quand l’image tombe, l’objet qui viendrait remplir
le manque se desactualise, la construction où nous avons placé des
investissements supposant la félicité, l’image d’un objet supposé combler le
manque à laquelle se suppose les signifiants phalliques qui la feraient
amourable, qui nous donnerait l’illusion de complétude.

Mais non, nous vivons divisés par le langage qui ne peut pas tout dire, par
le désir qui veut toujours plus, dans un autre lieu, à un autre moment, avec
une certaine douleur. Douleur ammoindri si la partialité peut exister, la
relativité, le petit, le passager pourra gagner le brille de l’éphémère qui
la vie nous propicie.

Qui, quoi on veut tuer quand on se tue ? Pour chacun il doit avoir un sens.
Le fracas de la possibilité de se placer en tant que sujet d’un désir c’est
ce qui mobilise tant de haine, le deuil de l’amour perdu. Nous avons la
sortie de l’identification avec le mort et désirer notre propre mort ou ne
pouvant pas réaliser le désir de mort de l’autre, on le retourne contre soi
même par culpabilité. Je veux tuer la mort en moi.

Il y a fixation, impossibilité de concevoir d’une autre façon les paradoxes,
les manques et ruptures de sens, de liens affectives qui ne sont pas dits,
parce qu’ils cachent la haine, la rancune, la douleur. En n’étant pas dits,
ils ne peuvent pas fluer, pas passer, restent comme que congelés, des morts
vivants.

Si l’histoire n’a pas d’existence, l’image du sujet ne peut pas consister,
si le sujet n’est pas reconnu en tant qu’un autre différent, la différence
qui réprésente la distance entre l’image et le sujet, la réaction est désir
de mort.

Pas seulement le désir de la mère doit compter, celui du père qu’instaure
celui du sujet c’est ce qui vient déplacer la demande. L’interdiction de l’
accès à la jouissance avec la mère fait que la demande dérive à d’autres
objets et entre en circulation sur le monde.


Pour Stephane ce qui m’a paru, d’après ce qui m’a raconté sa femme, que c’
était sousjacent c’était la préeminent mort de son père qui avait empiré de
sa maladie.

____________
Mirian Giannella
http://giannell.sites.uol.com.br
http://casadocipreste.nafoto.net
casadocipreste at uol.com.br

-----Mensagem original-----
De: lutecium-group-bounces at lutecium.org
[mailto:lutecium-group-bounces at lutecium.org]Em nome de Mirian Giannella
Enviada em: sábado, 26 de maio de 2007 04:59
Para: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
Assunto: [Lutecium-group] RES: RE : Re: RE : Re: interprétation ?


lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---

Je suis macabre ce petit matin.

Ce sont les morts qui nous gouvernent,
les Lois et tout nous sont dictées par les morts.
Alors là, le Nom du Père comme transmission du Grand Autre.
Le premier cadeau du père étant un nom.

Kika: Et quand on dit, au Brésil, qu'untel n'a pas le nom du père
sur son Acte de Naissance ? Il s'agit bien de "nome ou sobrenome"
comme équivalents, non ?

Mirian

-----Mensagem original-----
De: lutecium-group-bounces at lutecium.org
[mailto:lutecium-group-bounces at lutecium.org]Em nome de kika
Enviada em: sexta-feira, 25 de maio de 2007 23:38
Para: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
Assunto: Re: [Lutecium-group]RE : Re: RE : Re: interprétation ?


lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
en effet, ce Nom du Père a aussi une connotation très forte pour le
catholicisme, quoique représenter, adorer, etc., au contraire du judaïsme...
peut-être le catholicisme ce n'est qu'une symbolisation de la conception
réligieuse judaïque... les musulmans aussi ne "figurent" pas leur Dieu,
n'est-ce pas? en tout cas, croyez-vous que ce serait pour s'éloigner de ce
versant "réligieux" que Lacan adopterait la formulation de Noms du Père, au
pluriel?

aujourd'hui dans un colloque j'ai eu l'opportunité de faire mention du fait
que le "Nom du Père" garde relation avec l'usage français du mot "nom",
qu'en portugais on dit "surnom", quoique la traduction ait été faite
litéralement, soit Nome do Pai, et nom Sobrenome do Pai, ce qui rend la
formule un peu énigmatique, mystérieuse, presque religieuse, quand en fait
Lacan se référait là à la fonction paternelle qui coupe (ou non) la relation
objectale entre mère et nourrisson...

enfin, Rio vous attends ;)


----- Original Message -----
From: "Natalia Milopolsky-Costiou" <namicost at yahoo.fr>
To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
<lutecium-group at lutecium.org>
Sent: Friday, May 25, 2007 6:30 AM
Subject: [Lutecium-group] RE : Re: RE : Re: interprétation ?


lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
c'est très pertinent, Kika, ton allusion au judaïsme à propos de
l'interprétation. Contrairement à la plupart d'autres religions, il y a une
interdiction indépassable de l'image du Père ainsi qu'à l'écriture complète
ou la prononciation de Son nom, dont chaque lettre est sacrée et symbolique.
Lui-même est présenté, d'ailleurs, en tant que Nom - "shem". Que met-on donc
à la place de cette lettre manquée? Ne serais-ce pas la seule (vraie)
interprétation qui nous est disponible?..
  Très sincère merci de nous deux pour le rêve de ce voyage...

kika <mariadsouza at terra.com.br> a écrit :
  lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
je ne sais pas Natalia... qu'est-ce une vraie ou juste interprétation? celle
que tous considèrent vraie ou juste? celle qui est vraie ou juste pour
chacun?

j'aime ces formulations judaïques (si je me peux le permettre, car je
connais très peu du judaïsme) où le nouveau, l'inattendu (et donc
l'espérance) ont une place majeure, mais moi je suis catholique (c'est part
de mon nom du père), ont a mis à la croix le nouveau, l'inattendu (et donc
l'espérance), la croix, crossroads: le réel... et le réel n'est pas
l'imaginaire ni le symbolique, il existe hors de nous dans la mesure qu'il
est quelque chose à laquelle on se heurte (comme par exemple le silence de
l'analyste) et d'où naissent les intérprétations...

(oui, Rio en automne/hiver c'est un poème ;) et si jamais vous pensez venir?
dites-le moi, je vous renseigne et vous "pilote" si vous voulez, ok? et je
dis ça pour tous de la liste, te bien sûr pour toi et Clause aussi ;)




----- Original Message -----
From: "Natalia Milopolsky-Costiou"
To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"

Sent: Thursday, May 24, 2007 10:07 AM
Subject: [Lutecium-group] RE : Re: interprétation ?


lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
...eh oui, car nous sommes susceptibles de chercher une interprétation
quelque part entre ce que l'on pense et ce que l'on sent, tandis que la
vrai - la juste - est dans ce que l'on ne sent plus et se que l'on ne pense
pas encore...

(ça doit être beau - la fin d'automne à Rio ;))

kika a écrit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
"...Pour éclairer mon propos, je pointerai ceci que je pense, pris tout
court sous cette forme, n'est logiquement pas plus sustentable, pas plus
supportable que le je mens, qui a déjà fait problème pour un certain nombre
de logiciens, ce je mens qui ne se soutient que de la vacillation logique,
vide sans doute mais soutenable, qui déploie ce semblant de sens, très
suffisant d'ailleurs pour trouver sa place en logique formelle. Je mens, si
je le dis, c'est vrai, donc je ne mens pas, mais je mens bien pourtant,
puisqu'en disant je mens, j'affirme le contraire. Il est très facile de
démonter cette prétendue difficulté logique et de montrer que la prétendue
difficulté où repose ce jugement tient en ceci : le jugement qu'il comporte
ne peut porter sur son propre énoncé, c'est un collapse..."


----- Original Message -----
From: "David"
To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"

Sent: Wednesday, May 23, 2007 11:56 AM
Subject: [Lutecium-group] interprétation ?


lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
---
A propos du distrait du paragraphe 506 des Recherches philosophiques de L.W.

...

Ou bien ce soi-disant distrait se mettrait à dire qu'il l'aurait fait
exprès, par pur esprit de contradiction, prétendrait-il. Mais au fond ce
serait peut-être un individu qui ferait par principe le contraire de ce
qu'on lui suggérerait de faire jusqu'à ce qu'une subite angoisse le
contraigne finalement à suivre la proposition qui lui a été faite, qu'en
serait-il pour lui d'une interprétation de son action qui répondrait
toujours à cette même logique ? Il lui faudrait accomplir l'ensemble du
processus, s'opposant pour mieux ensuite se soumettre à ce qu'il
interpréterait comme un ordre. Ce processus constituerait une seule action
qui prendrait la forme d'une contrainte. Ce que voudrait dire cette action
serait de l'ordre de la contrainte. Ainsi, tout se passerait comme si une
interprétation insue précédait cette action, comme si cette action était
systématiquement interprétée d'avance comme une contrainte.

Ou bien, ce soi-disant distrait serait en plein délire d'interprétation et
imaginerait que des ordres lui seraient donnés.

Ou bien ce serait quelqu'un qui lirait les panneaux à l'envers et
interpréterait ainsi le code de la route de façon contradictoire.

Ou bien...


--
J'utilise la version gratuíte de SPAMfighter pour utilisateurs privés.
Ce programme a supprimé2775 d'e-mails spam à ce jour.
Les utilisateurs qui paient n'ont pas ce message dans leurse-mails.
Obtenez la version gratuite de SPAMfighter ici:
http://www.spamfighter.com/lfr
_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group


_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group



Natalia Milopolsky-Costiou
6, rue de Savoie, 75006 Paris
01 44 41 01 43
06 80 10 41 99

---------------------------------
Ne gardez plus qu'une seule adresse mail ! Copiez vos mails vers Yahoo!
Mail
_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group


_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group



Natalia Milopolsky-Costiou
6, rue de Savoie, 75006 Paris
01 44 41 01 43
06 80 10 41 99

---------------------------------
 Ne gardez plus qu'une seule adresse mail ! Copiez vos mails vers Yahoo!
Mail
_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group


_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group


_______________________________________________
A question? click Help-Me at lutecium.org
Lutecium-group mailing list
Lutecium-group at lutecium.org
http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group




More information about the Lutecium-group mailing list