[Lutecium-group] Pour Chantal

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Tue Oct 9 20:04:28 GMT 2007


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From: Liliane FAINSILBER [mailto:liliane.fainsilber at orange.fr] 
Sent: 09 October 2007 15:15
To: bdf at deflorence.com
Subject: 



Bonjour Chantal, 

 

Je suis vraiment désolée de vous avoir ennuyée à ce point. Mais je dois vous
dire que vous avez mis le doigt sur ce qui était ma plus grande crainte.
J’ai en effet perdu, il y a maintenant plus d’un an, deux de mes amies à qui
je pouvais parler de mon travail avant de le faire partager à un plus large
public et elles m’ont fait dans la préparation de cet exposé  cruellement
défaut. 

En effet en littérature c’est devenu un lieu commun de dire que « la
critique est aisée mais l’art est difficile ». Par contre en psychanalyse
j’inverserai presque la formule, l’art dont témoigne l’inconscient est aisé
car il travaille pour ainsi dire tout seul, par contre la critique, celle
qui consiste à interpréter ce qu’il en est de l’émergence de ce savoir
inconscient est beaucoup plus difficile car pour cela nous avons toujours
besoin d’un tiers,  d’un interlocuteur attentif. 

Je pense que c’est peut-être cela qui m’a manqué, un tiers exigeant qui vous
pousse dans vos derniers retranchements, qui vous engage  par son
questionnement à aller plus loin. 

 

Là, je pense, où vos reproches sont injustifiés c’est dans le fait que vous
auriez eu dans cette discussion une part congrue, car rien ne vous empêchait
d’en prendre une plus grosse part et je trouve dommage que vous n’ayez pas
soulevée cette question de l’ennui que vous éprouviez sur le moment même,
cela aurait certainement  entraîné la discussion sur d’autres chemins que
vous auriez peut-être trouvés plus intéressants. 

D’ailleurs je vais peut-être vous surprendre mais je suis d’accord avec vous
sur le fait que dès que nous sommes plus de cinq ou six, nous ne pouvons
plus échanger spontanément sur les questions qui nous intéressent au plus
haut point. Cela est lié aux effets de groupe et pas forcément à nos
incompétences singulières. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais
travaillé qu’en cartel. C’est à mon avis le seul endroit avec l’analyse et
la supervision où on peut vraiment y parler de psychanalyse. 

 

Je regrette aussi pour ma part que vous ne soyez pas venue me dire « bonjour
Liliane, voila je suis Chantal Collet » et j’aurais été ravie d’échanger
juste un petit mot avec vous, en attente d’autres plus nombreux, à
l’occasion d’une autre rencontre. Mais comme vous le dites ce fût une
rencontre manquée mais ce n’est peut-être pas encore « une mauvaise
rencontre ». Amicalement. Liliane. 

 

 



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