[Lutecium-group] Peaux numériques

Azoulai Juliette jazoulai at googlemail.com
Fri Oct 12 09:42:36 GMT 2007


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Le 12/10/07, Yann Leroux <yann.leroux at laposte.net> a écrit :
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> LES PEAUX NUMERIQUES.
> Devenez un mot. Voila la proposition que fait Shelley Jackson. Et pour
> qui ignorerait encore qu'il s'agit là d'une affaire sérieuse, la
> proposition est en sous-titre de PEAU : UNE OEUVRE D'ART MORTELLE. Dans
> ce « travail », chaque participant accepte de tatouer sur son corps un
> mot (avec parfois une ponctuation) extrait d'une nouvelle de Shelley
> Jackson. Le texte ne sera imprimé nulle part ailleurs, et Shelley
> Jackson en interdit par avance qu'il soit « résumé, cité, décrit, mis en
> musique ou adapté pour le cinéma, le théâtre, la télévision ou tout
> autre médium » [1] <#_ftn1>. Le texte intégral ne sera connu que des
> seuls participants qui peuvent, quoi que cela ne soit pas souhaité par
> l'auteur, communiquer entre eux. Si le nombre de participants s'avérait
> insuffisant, la version incomplète sera considérée comme définitive.
> S'il se trouvait que personne ne réponde, l'appel lui-même vaudra comme
> travail.
> Les réserves de Shelley Jackson s'avéreront non fondées. Lancé en
> octobre 2003 sur cabinetmagazine.org, l'appel sera repris par des grands
> sites comme celui du New York Post, USA today, Newsweek. Il sort des
> frontières des USA et on le retrouve bientôt au Canada, en Angleterre,
> en Suède, en Argentine, en Pologne que ce soit sur le réseau Internet ou
> sur des médias hors ligne. Il est bloggé, parodié, et bien évidement,
> des communautés en ligne se forment autour de ce projet. En décembre
> 2006, Shelley Jackson compte 1850 participants, et …9616 demandes non
> traitées. Elle se réserve le premier mot de la nouvelle : peau.
> Chaque participant choisit le lieu du tatouage, à l'exception des mots
> de parties du corps qui ne doivent pas être tatoués sur la partie du
> corps correspondante. L'encre du tatouage doit être noire, et la forme
> des lettres être classique. Chaque participant doit accepter le mot qui
> lui est proposé : le refus vaut comme abandon du travail. Chaque
> participant vaut comme « mot ». Ils ne sont pas, précise Shelley
> Jackson, des «porteurs ou des agents des textes qu'ils soutiennent, mais
> leur encorporation (intextuation ?). De ce fait, les attaques faites au
> texte, telles que la dermabraison, la chirurgie au laser, le
> recouvrement par d'autres tatouages ou la perte de parties du corps, ne
> sont pas considérées comme altérant le travail. Seul la mort des mots
> les efface du texte. L'histoire change au fil de la mort des mots ;
> l'histoire meurt avec le dernier mot. L'auteur fera tout son possible
> pour assister aux funérailles de ses mots »
> La traduction du corps du texte au texte des corps ne se fait pas sans
> une perte. Comme le fait remarquer Shelley Jackson, ce qui fait un
> parcours de lecture disparaît et les espaces entre les mots ou les
> paragraphes ne peuvent être représentés que par les espaces entre les
> personnes
>
> Shelley Jackson dit avec son acuité d'artiste ce que d'autres mettent
> plus péniblement en évidence : les équivalences entre le corps et
> l'écriture, les transmission dans ce qu'elles sont de violent et
> d'aliénant, la duplicité du langage que l'on tient d'un autre, et même
> de plus d'un autre, et qui est aussi ce que nous avons pour dire ce que
> nous avons de plus intime, la tension entre l'exigence d'être « à soi
> même sa propre fin » et « le maillon d'une chaîne » (Freud, 1915), le
> fait d'être les interprètes aveugle de mots d'un discours qui nous
> dépasse, les blessures que cela ne manque pas de provoque et les prête
> nom dans lesquels, parfois, nous vivons une vie. Nos corps sont des
> lieux de pouvoir et des lieux d'écriture de ce pouvoir qu'il soit sacré
> - c'est dans les cœurs de chacun que l'Eternel écrit sa loi [2] <#_ftn2>
> - ou profane – c'est « sur le dos de ses sujets » (Michel de Certeau,
> 2007) que s'écrit la loi.
> Shelley retrouve ici Shakespeare « Si ma peau était un parchemin et vos
> coups de l'encre, votre propre écriture attesterait ce que je pense » :
> les mots s'inscrivent dans la peau, s'enfoncent dans la chair, ils se
> font chair, même. En un mot, ils sont incarnés, à la fois plaie, prise
> de possession du corps ; ils broient ou réparent. Mais les mots
> ordonnent, arrangent, délimitent, articulent : ils sont une intextuation
> (Michel de Certeau, 2007). Nous sommes des porte mots : nous portons les
> mots de ceux qui nous précèdent et nous les apportons à ceux qui nous
> suivent
> Ce qui s'écrit peut aussi se lire. Les enfants ne manquent jamais de
> prêter attention aux différentes marques qui parsèment la peau de leurs
> parents. La peau du parent, son grain, sa couleur, ses irrégularités,
> ses plis sont explorés par l'enfant par le regard et la main, et lorsque
> cela lui devient possible par le langage. Il arrive qu'une cicatrice
> marque un traumatisme, et que le parent se refuse à en parler parce que
> cela suscite chez lui gêne, honte ou angoisse. L'enfant alors souvent se
> tait, et enferme dans les plis de la peau du parent un silence qui
> pourra accueillir une génération plus loin une crypte. Lecteurs
> inconscients, nous sélectionnons, déplaçons, modifions des fragments
> d'un texte invisible pour le partager ou le réserver
>
> Les fourrures du w3
> [une première version de cette partie a été mise en ligne sur le
> bloghttp:// yann.leroux.free.fr]
>
> Un article du journal Libération
> <http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/281711.FR.php> rapporte
> "l'invasion" des sites communautaires par la loutre. Elle aurait
> commencé au creux de l'été, et serait en passe de dépasser le chaton
> comme figure incontestée du "mignon petit animal". A ce raz-de-marée en
> images, Il y a plusieurs raisons, dont certaines sont approchées par
> Sebastien Delahaye. Nous avons le goût de ce petit animal parce que ses
> traits (grands yeux rapprochés, grande face, petit nez) appuient sur des
> ressorts génétiques qui produisent une inhibition de l'agressivité
> assurant aux petits une relative protection vis à vis des aînés. Nous
> l'aimons ensuite parce que ses cabrioles ne sont pas sans faire penser à
> des ébats sexuels. Enfin, nous l'aimons parce qu'elle permet de porter
> un discours idéologique : en elle, chacun dit aussi aimer les valeurs
> écologiste dont elle est le porte drapeau. Mais cela ne suffit pas
> expliquer le goût pour cet animal, surtout si l'on garde en tête que le
> chaton, le caneton et le poussin sont eux aussi très plébiscités.
>
> Face aux métamorphoses, internes et externes, auxquelles nous sommes
> sans cesse confrontés, il nous faut revenir à une situation ou notre
> sécurité de base est assurée. Dans le meilleur des cas, et fort
> heureusement le plus banal, cette sécurité nous ramène a la situation de
> portage par une mère bienveillante, dans un contact peau à peau, et œil
> à œil. L'enveloppement sécurisant est aussi bien tactile (fermeté du
> maintient, douceur des caresses), sonore (les mots dits par la mère) que
> visuel (le regard qui se fait doux et caressant)
> Le web est un environnement particulier au sens que nous ne pouvons y
> interagir que représenté par des avatars. Le mot avatar a plusieurs sens
> : le premier est celui de l'incarnation du dieu Vishnou. C'est sur ce
> sens que s'appuie Serge Tisseron dans "Le striptease de l'avatar"
> <http://squiggle.be/serge-tisseron/le-striptease-de-l-avatar.html> et
> dans lequel il montre que l'avatar un assemblage d'objets partiels Le
> second sens est celui d'un "changement, transformation ou métamorphose
> d'une personne ou d'une chose qui en a déjà subi d'autres (dans l'aspect
> physique, les opinions etc.)" ; « Ennui, changement survenu à la suite
> de péripéties, incidents ». C'est sur celui-là que je m'appuie.
>
> La loutre et le chaton sont des animaux a fourrure. On peut faire
> l'hypothèse que c'est cette qualité qui en fait d'excellents candidats
> au titre d'icônes du web. Le plumage duveteux des canetons et autres
> canards attire en effet les même commentaires laudatifs : leur plumage
> duveteux a pour l'œil les même qualités que la fourrure : il appelle une
> main caressante. Tous ces animaux permettent d'introduire quelque chose
> qui manque fondamentalement à l'Internet : le tactile. Ainsi se trouve
> réintroduite la vieille alliance main-(bouche)-l'oeil. Entre ces trois
> organes, il existe des ponts fantasmatiques dont le langage rend compte
> : on "dévore du regard" comme de la bouche, et quand l'une et l'autre
> sont vides de satisfaction, on risque de "crever les mains vides"; au
> contraire, on dormira "à poings fermés" après un bon repas. Les
> syncinésies de la psychologie du développement témoignent également de
> ces ponts : l'enfant qui ferme les yeux ferme aussi les poings.
> Ce qui est en jeu ici c'est moins Sade que Kafka, moins l'érotisme de la
> fourrure que la recherche d'un point ou s'accrocher lorsque tout semble
> se dérober. C'est sur l'image de la dame "vêtue uniquement de fourrure"
> que Gregor trouve un refuge temporaire et un soulagement au grand
> chambardement auquel se livrent sa mère et sa soeur : sa commode est
> vidée, son bureau et les souvenirs qui lui sont attachés est "arraché"
> du sol et déplacé. De la même façon, dans cet environnement vide de
> tactile qu'est le réseau, l'image de la fourrure (ou de quelque chose
> s'en rapprochant) nous sont très utile pour réintroduire la dimension du
> toucher, du rapproché, et de faire ainsi lien en partageant, un moment,
> les même images, et les même fils de commentaires. Les "lolpets"[3]
> <#_ftn3> ont une fonction phatique. L'avatar, ici, ce n'est pas une
> image idéalisée de l'internaute, mais, après quelques transformations,
> celles d'une mère salvatrice donnant prise au cramponnement.
>
> Peau numérique
> Jusqu'à présent, on pensait le mouvement de l'écriture en lien avec les
> premières traces, c'est à dire que le geste même d'écrire est en soi une
> symbolisation et ce avant même que le sens de ce qui est écrit
> intervienne. Car si l'écriture est une mise à distance qui permet une
> re-présentation, elle l'est aussi par les actes moteurs que nécessite
> l'écriture et leurs conséquences sur la surface d'inscription : la trace
> laissée par le style sur la surface de dépôt; par l'appuis que l'on peut
> prendre sur elle; et par le cadre qu'elle découpe. Ainsi, les mondes
> numériques reprennent quelques caractéristiques de ce que R. Roussillon
> appelle un « médium malléable » : sensibilité extrême, disponible
> inconditionnellement, et indestructible, prévisible et fidèle. Ils ne
> connaissent pas l'érosion du temps, et les objets qu'ils contiennent
> semblent avoir les vertus d'une longue conservation et de possibilité de
> changement infinis
>
> Toute trace nous ramène aux qualités de la surface d'inscription qui
> l'accueille. De ce point de vue, le monde numérique fonctionne d'une
> manière particulière puisqu'il articule la double promesse de conserver
> indéfiniment tout ce qu'on peut lui confier et de ne garder aucune trace
> des opérations d'effacement qu'il subit. Il assure des fonctions de
> dépôt, de contenance et de différenciation. Mais il fonctionne de façon
> différente des autres surfaces d'inscription qui l'ont précédé.
>
>
> La trace électronique et son support ont des caractéristiques spécifiques.
> 1. Ecrire dans le monde numérique se fait sans contact entre un outil
> scripteur et une surface d'inscription. Cela donne à l'expérience de
> l'écriture électronique une sensation de facilité. Laisser une marque se
> fait sans aucune résistance. Mieux : toute les marques se font avec la
> même force physique. La dynamique inconsciente de l'écriture en est
> modifiée. Plus que jamais, la surface d'inscription se fait séductrice,
> elle est «facile » tout en restant innocente de tout contact. De ce qui
> la touche, elle ne saura jamais rien, ni dans ce que le toucher a en
> excès ni dans ce qu'il a en défaut. Car voilà son paradoxe : elle est
> marquée par un rien, mais rien ne semble jamais définitivement la
> marquer. Sur elle, tout glisse, et les sauvegardes par lesquelles
> quelque chose peut être préservé se font hors d'elle. 2. L'écriture se
> fait sans ajout ni suppression de matière. Les registres de l'en-moins
> et de l'en-trop, par lesquels jusqu'à présent nous jouions avec la
> matière [4] <#_ftn4> ne sont plus de mise. L'encre est toujours en
> quantité suffisante et la surface d'inscription est toujours prête à en
> recevoir davantage. Que l'on retire quelque chose et immédiatement elle
> prend les dimensions qui permettent le meilleur ajustement. 3. Le temps
> n'a aucune prise sur les. 4. La duplication d'une forme, quelque elle
> soit, est parfaitement identique à l'original, à tel point qu'il devient
> impossible de les distinguer. Si l'imprimerie a permis de multiplier le
> livre, c'est l'écrit que le numérique permet de multiplier. L'imaginaire
> actif est ici celui du double, et non plus celui de la matrice et de son
> produit, qui lui introduit la question de la génération, du temps, et
> donc de la mort. 5. La main produit exactement la forme qui est
> attendue. L'écrit est ici parfaitement contrôlé - du point de vue de la
> forme, du moins - c'est-à-dire que la trace trouve d'emblée un contenant
> parfait. On n'a pas les hésitations et idiosyncrasies que prend toujours
> une écriture; chaque lettre à la forme normale et régulière que l'on
> attend d'elle. Pour le dire autrement, le travail de mise en forme et de
> canalisation de la pulsion ne joue pas ici. Par exemple, le fait
> "d'écrire droit", de rester avec le sol que constitue la ligne, de ne
> pas en décoller ou au contraire de ne pas plonger sous elle, ne se pose
> plus puisque cette fonction est prise en charge par le dispositif
> d'écriture. 6. Enfin, l'effacement ne laisse aucune trace. Le texte se
> présente toujours comme premier texte. Les "mauvais gestes", les
> "erreurs", les "repentirs" ne trouvent plus de lieu ou s'inscrire. Cette
> absence de tracés de contacts (TISSERON, 2001) a deux conséquences. Du
> point de vue de la symbolisation de la séparation d'abord, puisqu'il ne
> peut y avoir d'ombre de l'objet : aucun creux ne viendra jamais dire le
> contact passé d'un objet avec son support. Du point de vue de la
> l'agressivité, puisque finalement rien ne saurait marquer quoi que ce
> soit. 7. La coupure ne laisse ni trace, ni cicatrice. Contrairement à ce
> qui se passe ailleurs, le « couper » ne donne pas lieux à deux morceaux
> dont les pleins et les creux des bordures s'appellent réciproquement,
> mais fait disparaître du regard ce que l'on a coupé. Le support
> numérique se donne ici comme ne pouvant subir aucune entaille.
>
> De ce qui précède, nous pouvons faire l'hypothèse d'une peau numérique,
> nouvelle enveloppe a ajouter aux enveloppes psychiques. Cette enveloppe
> numérique fonctionne comme un immense bloc-notes magique qui tiendrait
> vraiment ses promesses. On se souvient que Freud avait en 1925 pris
> appui sur un jouet d'enfant, le bloc-notes magique, pour rendre compte
> du fonctionnement de l'appareil psychique. L'un comme l'autre est
> capable de recevoir de nouvelles traces tout en gardant indéfiniment les
> traces les plus anciennes. Les enveloppes numériques possèdent également
> ce double aspect. Chacun, en fonction de son économie du moment,
> l'investira en faisant fonctionner de façon prévalente l'appareil Pcs-Cs
> ou ou l'appareil mémoire. Par exemple, on écrira et réécrira un texte
> d'autant plus facilement que l'on n'aura pas à se soucier de la «
> noirceur » du travail de l'écriture (Tisseron, 2000). L'enveloppe
> numérique est ici plus tissu que papier. Une fois le texte achevé, « mis
> au propre » on aura soin de le « sauvegarder » c'est-à-dire le mettre de
> coté, dans « un autre système » (Freud, 1925). Là, il sera conservé
> indéfiniment à l'abri de toute modification involontaire. Ces « traces
> durables » peuvent être réinvesties et réutilisées à volonté.
> Contrairement au bloc-notes magiques, et d'une manière comparable à
> notre mémoire, il est possible d'utiliser à nouveau les anciennes traces
> : il suffit d' « ouvrir » le texte à nouveau pour le remettre sur
> l'établi d'écriture. Enfin, il est possible de partager le texte avec un
> autre ou avec plusieurs autres. Ce qui vaut ici pour le texte vaut pour
> tous les objets numériques. Tous sont éditables, modifiables et
> partageables à volonté avec une économie d'énergie telle que nous n'en
> avons encore jamais connu.
>
> La duplicité de l'enveloppe numérique vis-à-vis de la trace – conserver
> à la fois trace de tout et de rien – ouvre des boulevards a des
> positions paranoïdes et perverses. D'un coté, les mondes numériques
> seront décriés pour la facilité avec lesquelles les objets sont
> modifiables – et donc falsifiables – et parce qu'ils constituent un
> dispositif panoptique par lequel le comportement d'individu peut être
> suivi littéralement à la trace, et ce sur des années. De l'autre, les
> jeux du pseudonymat permettent le relâchement de bien des inhibitions au
> prétexte que « c'est du virtuel », c'est-à-dire que l'on peut y faire
> n'importe quoi puisque finalement rien ne marque.
> L'enveloppe numérique est la peau commune par laquelle nous pouvons
> mettre en commun des objets ou des lieux. Sur le réseau, ces fonctions
> de contenance et d'inscription sont mis en œuvre par des dispositifs
> tels que les wikis ou les programmes d'échange P2P [5] <#_ftn5> ou les
> wikis [6] <#_ftn6>. Les premiers construisent un espace commun et
> partagé dans lesquels les ressources et les objets peuvent être partagés
> tandis que les seconds mettent en commun un espace d'écriture. Le plus
> connus des wikis est sans doute Wikipedia, qui a un projet d'écriture
> collective dans un but encyclopédique.
> La mise en place d'un espace commun et partagé par les enveloppes
> numérique permet des transmissions non plus désirées mais craintes. Les
> vecteurs en sont le pourriel, les virus, les trojans et autres logiciels
> malveillants. Ce sont là autant des éléments qui menacent les enveloppe
> numériques et donc chaque se protége par la mise en place de dispositifs
> pare-excitateurs (pare-feu, filtres pour le courrier électronique)
> permettant d'éviter d'être submergé par des éléments non-désiré ou
> infecté.
>
> Ces caractéristiques imposent à la pensée un travail particulier
> lorsqu'elle se confronte aux mondes numériques. En effet, la difficulté
> à faire fonctionner le double interdit du toucher augmente la charge de
> travail imposée à l'appareil psychique qui est privé de points d'appuis
> précieux pour se différencier d'avec l'environnement et les autres et
> pour accepter. La difficulté à jouer avec l'absence nous éloigne d'un
> fonctionnement basé sur une chronologie historique, - en un mot, du
> monde de la névrose – pour nous rapprocher d'un monde ou l'on est invité
> à voir tout ce que l'on désire. Cela peut être un enfermement dans des
> strates de déni et de clivage ou une occasion de la créativité.
>
> ------------------------------------------------------------------------
> [1] <#_ftnref1> ://www.ineradicablestain.com/skin-status.html
> [2] <#_ftnref2> Jérémie 31
> [3] <#_ftnref3> On appelle ainsi les animaux qui font rire (lol :
> Laugthing out loud, rire aux éclats – pet : petit animal)
> [4] <#_ftnref4> Sigmund Freud, La technique psychanalytique
> [5] <#_ftnref5> Les réseaux P2P sont des réseaux Pair à Pair permettant
> l'échange de fichiers. Parmi les plus connus : eMule, Torrent, Kazaa
> [6] <#_ftnref6> Un Wiki est un dispositif inventé par Ward Cunnigam en
> 1995. C'est un gestionnaire de contenu dans lequel tous les utilisateurs
> autorisés peuvent modifier des pages
>
>
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