[Lutecium-group] théorie lacanienne de l'amour !

augustina.b augustina.b at free.fr
Mon Jan 21 14:06:52 GMT 2008


 
 
-------Message original-------
 
De : augustina.b
Date : 18/01/2008 13:36:48
A : effet freudien
Sujet : fouahhhhhhhhhhhhhhhh  
 
Théorie lacanienne de l'amour
LE MONDE DES LIVRES | 17.01.08 | 12h50
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Délivré en 1970-1971, le séminaire de Jacques Lacan sur le semblant se
présente comme la deuxième étape d'une interrogation amorcée par lui en 1958
sur les relations entre l'homme et la femme dans la société moderne. A
travers une bonne transcription et l'ajout d'un index et d'un appareil
critique, Jacques-Alain Miller s'est efforcé, pour la quatorzième livraison
de ce séminaire au long cours - dont onze volumes sont encore à établir -,
de simplifier avec bonheur le style de son beau-père.
 
 
On découvre ici un Lacan soucieux d'opposer le discours de l'inconscient -
celui de la jouissance et de la répétition à l'état brut, inapte à toute
forme de semblant - à un discours de la parade, de l'amour et donc du
semblant, nécessaire à toute relation entre l'homme et la femme.
Contrairement à une tradition paternalocentriste de la psychanalyse, Lacan,
influencé ici par Jacques Derrida, tente de démontrer que dans l'amour et le
sexe les deux partenaires ne sont en aucune manière complémentaires.
L'homme serait l'esclave du semblant, contraint, pour exister, à exhiber
sans cesse une virilité qu'il ne contrôle pas, Tandis que la femme serait
plus proche d'une épreuve de vérité, d'une sorte d'écriture ou d'
archi-écriture" qui lui permettrait d'échapper au semblant. Aussi bien la
femme est-elle alors "pas-toute", là où l'homme a besoin d'être un "au moins
un", c'est-à-dire un "tout", ou, à défaut, un semblant du Tout. D'où l
aphorisme : "Il n'y a pas de rapport sexuel", ce qui veut dire, plus
simplement, que la relation amoureuse n'est pas un rapport mais plutôt une
lutte entre deux contraires, chacun en position dissymétrique en regard de l
autre.
Dans cette perspective, la femme n'est donc jamais l'incarnation d'une
essence féminine. Elle n'existe pas comme une totalité invariante, identique
à elle-même de toute éternité, pas plus que l'homme n'est un maître qui
parviendrait à la dominer en se donnant l'illusion de sa toute-puissance.
Lacan commence ici, sans le dire, à répondre de façon différée à Simone de
Beauvoir en opposant implicitement sa formule - "La femme n'existe pas" - à
celle avancée en 1949 dans Le Deuxième Sexe : "On ne naît pas femme, on le
devient."
Cette théorie de l'amour, qui sera développée plus largement dans le
séminaire Encore, en 1972-1973 (Seuil, 1975), permet à Lacan de déconstruire
avec bonheur les vieux mythes de la domination masculine auxquels s'était
ralliée, par une psychologisation outrancière du complexe d'Œdipe, une bonne
partie de la communauté psychanalytique. Aussi bien répond-il également aux
critiques anti-oedipiennes qui commençaient à être formulées, par Gilles
Deleuze et Félix Guattari (L'Anti-Œdipe, Minuit, 1972), contre les héritiers
familialistes de Freud.
DIFFÉRENCE DES SEXES
Néanmoins, cette théorie ne l'aide pas à saisir l'importance de la nouvelle
interrogation sur l'identité de genre (gender), contemporaine pourtant de
son propre enseignement, et qui mettait en cause, comme l'avait fait
Beauvoir, la même tradition essentialiste de la différence des sexes. En
témoigne si nécessaire sa récusation des travaux du grand psychanalyste
Robert Stoller sur le transsexualisme, dont il vient de prendre connaissance
 
Sans doute Lacan a-t-il besoin alors de contourner les innovations de l
école américaine pour construire une logique de la sexuation qui, pour
flamboyante qu'elle soit, finira par se transformer en une mathématisation
dogmatique de la différence sexuelle ?
Le Mythe individuel du névrosé (Seuil, 116 p., 12 €) réunit trois
conférences données par Lacan entre 1953 et 1956. Deux d'entre elles sont
une réponse à Claude Lévi-Strauss, qui avait comparé la cure psychanalytique
à la cure chamanistique, et la troisième est une intervention, inédite à ce
jour, sur la fonction religieuse du symbole dans laquelle Lacan, à l
invitation du Révérend Père Bruno, dialogue avec Mircea Eliade à propos de
Jean de La Croix. Réfutant l'archétype jungien, il tente de faire entendre à
son interlocuteur ahuri qu'aucune culture humaine ne peut être pensée comme
plus primitive" qu'une autre puisqu'"un chien céleste est tout autant un
chien que le chien terrestre", l'un et l'autre étant nommés par le langage.
Désopilant !
 
E. Roudinesco
 
 
 
 
AM-Augustina Bourrelly sous régime sarkozy
Psychanalyste
 
01 42 05 05 05
http://www.effet-freudien.com
 
 
 
 
 
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