[Lutecium-group] "liquidation" du transfert

Jean-françois Doucet j.f.doucet at medisin.uio.no
Mon Mar 17 10:04:28 GMT 2008


Merci de votre email qui m' a étonné par sa longeur: une fois de plus, si
j' en avais encore besoin, je trouve dans votre long développement une
preuve de la difficulté à communiquer un sens.
Vous écrivez :

> Le contexte dont vous pointez l'importance, ce contexte est bien ici
> celui autour de la notion de transfert.

Oui et non : effectivement le texte allemand sur lequel Liliane a buté et
le texte que vous y avez ajouté parle de "Übertragung", terme dont le
sens,admis par la plupart, est " transfert ". Mais ma remarque sur le
contexte dont le traducteur indécis et devant lever une ambiguïté doit
toujours se reporter, ne concerne pas le thème du transfert en particulier
comme vous semblez l'admettre. C' est le contexte général de la langue
utilisée livrée à la traduction. Ceci vaut d'ailleurs pour les textes qui
offrent des difficultés de passage d' une langue à l' autre. Je tente de
m' expliquer sur un exemple volontairement éloigné du thème du transfert
et prend pour exemple l'expression francaise signifiant arriver impromptu:
" arriver avec sa canne et son chapeau ".
Soit à traduire dans une autre langue cette expression. Le traducteur,
immanquablement pensera à l' expression populaire équivalente " arriver
avec sa b... et son couteau pour constater que l' auteur à traduire a bien
utilisé les termes "canne" et "chapeau" et non pas "b..." et "couteau".
Dans la traduction, il devra tenir compte du fait que le texte n' est pas
" arriver avec sa canne et son couteau " mais ne fait pas allusion à la
métaphore populaire correspondante. Par ses moyens propres le traducteur
pourra donc tenir compte du contexte élitiste de l' expression d' abord en
s'abstenant de toute expression à connotation populaire (pour être fidèle
au sens) puis en glissant si possible un indicateur utilisé par l' élite
de la langue dans laquelle l' expression doit être traduite. Voilà pour ce
que je pensais du contexte lorsque je remarquais que seul les verbes
"aufheben " ou bien " erledigen" entraient dans la discussion alors que c'
est la coloration de sens par le contexte qui, bien souvent, permet de
prendre une décision sur le sens à donner au texte original ambigü.
Encore une fois, mes connaissances en allemand d' autriche ne sont pas
suffisantes pour me permettre de trancher, mais répondre à la question de
Liliane de savoir si " erledigen " ou "aufheben " pouvait se traduire par
" liquider" au sens de liquider quelqu' un, exige que l' on sache si ces 2
verbes peuvent avoir une autre coloration notifiée par les guillemets que
celle du contexte savant dans lequel il figure. Et cette autre coloration
ne peut être donnée, à mon avis, que par quelqu'un connaissant bien l'
allemand d' autriche. (ou éventuellement un dictionnaire). Cette remarque
me vient d' une position particulière de traducteur norvégien-francais
puisque, le nombre de locuteurs norvégiens étant très faible, le marché ne
permet pas une édition abondante de dictionnaires spécialisés (ou
technique) norvégien-francais. Pratiquement traduire du norvégien en
francais revient quasiment à constituer au moins un glossaire, justement
pour pouvoir lever les ambiguïtés liées au contexte. Heureusement, la
difficulté n' existe pas en allemand d' Autriche, je pense. La réponse à
la question de Liliane doit bien se trouver dans un dictionnaire sans qu'
il soit besoin de commencer par rédiger un glossaire.
Cette précision étant donnée sur le sens que je souhaitais donner à ma
remarque sur le contexte, j' ai lu avec le plus grand intérêt votre
développement sur le transfert.
Bien cordialement
Jean-francois Doucet


> lutecium-group: Ceci est un document du  Groupe de Travail Lutecium.
> ---
> Au risque de m'égarer du sujet initial, qui tourne autour de la
> "liquidation" du transfert, en ce qui concerne les difficultés et
> ambiguïtés implicites à la traduction, je m'aventure un peu plus loin et
> un peu ailleurs ... - quoique ?
>
> Car votre remarque sur le contexte, Jean-François Doucet, m'a fait d'un
> coup réfléchir à la notion de transfert chez Freud ... et chez Lacan. Je
> vais essayer de m'expliquer, mais je sens que cela ne va pas être facile
> ..... et aura besoin d'autres éclairages !
>
> Le contexte dont vous pointez l'importance, ce contexte est bien ici
> celui autour de la notion de transfert. Plus précisément ce qui, dans le
> transfert, fait résistance dans la cure. Travailler sur ce concept, en
> lisant Lacan, en particuler le séminaire XI, conduit à cette grande
> difficulté de saisir en quoi consiste à la fois la rupture et la
> continuité avec Freud.
>
> Il me semble qu'avec la réflexion sur la traduction du passage qui anime
> notre discussion, et sur le sens des guillemets, nous touchons - bien
> qu'indirectement - du bout des doigts à ce qui rend la compréhension de
> la notion de transfert si difficile, délicate : Freud situe le transfert
> dans la répétition. C'est en tous cas ce qu'il a observé : dans la
> relation à l'analyste se produit ce qu'il identifie comme une répétition
> de relations antérieures. Ce qui a été vécu ailleurs, se répète dans la
> relation à l'analyste, se transfère. Relation "de transfert".
> Mais il n'y a pas QUE cela, Freud le dit dans la suite du passage auquel
> nous nous sommes intéressés. Il pointe que quelque chose persiste
> quand-même dans la relation au médecin (je reprends et prolonge ma
> traduction de ce passage) : "(...), alors nous enlevons de la personne
> du médecin seulement ces deux composantes de l'acte affectif; l'autre
> composante, accessible à la conscience et non insupportable, reste
> intacte et est porteuse de succès dans la psychanalyse tout comme dans
> d'autres méthodes de traitement."
>
> Les guillemets autour de "aufheben", nous les lisons en rapport avec le
> transfert. Ce transfert dont Freud dit qu'il peut être positif ou négatif.
> Ne seraient-ils pas à lire plutôt en rapport avec la résistance qui
> s'exprime dans la cure ? Résistance qui persiste tant que le refoulé ne
> devient pas conscient. Qui se lit dans le transfert. Qui tombe (liquidée
> ?! erledigt ?!) lorsque que les motions érotiques refoulées deviennent
> conscients. Alors que l'autre composante du transfert persiste. [bien
> sûr, sémantiquement, on ne peut absolument pas lire "aufheben" se
> référant à la résistance]
>
> Ce qui me semble liquidé, c'est ce qui correspond à cette part du
> transfert qui est liée à la répétition, liée au refoulé (s'actualisant
> dans la relation à l'analyste par la répétition).
> Ce qui persiste (et il souligne la contribution de cette part-là au
> succès du traitement), cela n'a rien à voir avec le transfert qui se
> produit à cause d'un refoulé qui s'actualise dans la relation.
> Ne pourrait-on pas dire que ce qui persiste, c'est bien le transfert tel
> que le conçoit Lacan ?
>
>
> C'est bien Freud qui parle le premier du maniement du transfert ? Il me
> semble que son passage exprime finalement que le transfert est
> nécessaire pour que puisse être manié ce qui fait résistance ... il est
> donc nécessaire de cerner de quoi est fait le transfert.
>
> Un peu plus haut dans le texte, Freud dit :
>
>     "Man merkt endlich, dass man die Verwendung der Übertragung zum
>     Widerstande nicht verstehen kann, solange man an "Übertragung"
>     schlechtweg denkt. Man muss sich entschliessen, eine "positive"
>     Übertragung von einer "negativen" zu sondern, ..."
>
>     => en français (c'est moi qui traduis, car je n'ai pas le texte
>     français sous les yeux) :
>     "On se rend enfin compte qu'on ne peut pas comprendre l'utilisation
>     du transfert tant qu'on pense au "transfert" simplement. On doit se
>     résoudre à différencier un transfert "positif" d'un transfert
>     "négatif", ..."
>
>
> Je reviens aux quillemets, que Freud met à "aufheben" dans notre
> passage. Dans le paragraphe précédent que j'ai cité, il les met à
> "Übertragung", puis à "positive" et "négative", comme pour accentuer
> qu'il parle de phénomènes autour du concept qu'il a isolé, sans que ce
> dernier lui soit totalement saisissable dans toutes ses dimensions.
> Ainsi, le transfert est "aufgehoben" (en fait, ce qui est enlevé, c'est
> ce qui faisait résistance), et en même temps, quelque chose persiste
> (qui en plus est, comme il affirme, porteuse du succès de la cure).
>
> En fait, j'ai bien envie de relier ce que dit Freud au sujet de cette
> /*quelque chose dans le transfert qui est autre qu'un vécu antérieur
> insupportable ... transféré*/  au concept lacanien de transfert. Lacan
> pointe qu'on tombe dans une impasse si on cherche à accorder répétition
> et amour en disant que le transfert est la répétition d'un amour ancien.
> Le transfert n'est pas subordonné à la répétition, mais il est (aussi)
> ce qui se manifeste dans le rapport à la personne à qui on s'adresse
> (Lacan dira à qui on parle).
> Est-il osé de dire que Freud savait sans le savoir qu'avec le transfert,
> il s'agissait d'autre chose en plus que de la répétition d'un amour
> ancien ?
>
>
> Je ne sais pas si ces idées que j'ai essayé d'articuler ici apportent
> vraiment à la discussion autour de la "liquidation". En tous cas pour
> moi, réfléchir sur ce passage est passionnant et me permet de reprendre
> certains fils de pensée laissés par ci par là il y a quelque temps;
> j'aimerais bien lire vos avis sur la question.
>
> Katharina Felix
>
>
>
>
>
> Jean-françois Doucet a écrit :
>> lutecium-group: Ceci est un document du  Groupe de Travail Lutecium.
>> ---
>> Merci de ces interventions concernant la "liquidation du transfert " qui
>> me fait réagir, non pas tellement sur la question de la langue - je ne
>> suis pas assez germaniste, pour me prononcer sur le sens du terme
>> "aufheben" utilisé par S. Freud, mais sur la méthode que vous utilisez
>> pour cerner le sens de plus près.
>> Je n' ai pas vu d' intervention passer sur Lutécium sur " la liquidation
>> du transfert " qui mettent en relation le mot "aufheben " et les autres
>> mots de la phrase allemande citée.
>> Or, c' est justement une des tâches du traducteur, à mon sens, quelque
>> soit la langue, de décider en fonction du contexte ( je crois que c' est
>> Mirian qui avait pointé le doigt sur les niveaux socio-linguistiques )
>> des
>> intentions de l' auteur et du sens définitif à donner à son texte.
>> Le seul élément qui me gène dans le texte de S. Freud, ce sont les
>> guillemets qui présupposent un sens analogique qui extraie peut-être
>> "aufheben" du contexte somme toute assez savant ( et spécialisé ) du
>> paragraphe en discussion. Va savoir si dans le contexte viennois,
>> "aufheben" peut avoir un sens en rupture avec le style savant du reste
>> du
>> paragraphe. Seul un familier de l' autrichien pourrait apporter quelques
>> précisions, les dictionnaires, à mon sens, ne peuvent pas être d' un
>> utile
>> secours dans ce cas-là.
>> bien cordialement
>> Jean-francois Doucet
>>
>>
>>
>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>> ---
>>> Bonjour,
>>>
>>> bien tardivement, je me glisse dans la discussion.
>>> Je suis allée voir dans le texte original de Freud. Le terme allemand,
>>> qu'il met entre guillements, est "aufheben".
>>>
>>> Pas vraiment habituée à la traduction ni à l'interprétariat ... je n'ai
>>> pas non plus de dictionnaire sous la main qui me permettrait d'en citer
>>> des sens divers. J'y vais avec mon intuition :
>>> *aufheben* :
>>> - enlever, annuler, dissoudre (quoique, en allemand, dissoudre serait
>>> plutôt "auflösen")
>>> - (mais aussi :) ramasser
>>> *heben* : lever
>>> *auf* : par dessus, en dessus, dessus // ouvert // ...
>>>
>>> La phrase allemande est celle-ci :
>>>
>>>     "Die Lösung des Rätsels ist also, dass die Übertragung auf den Arzt
>>>     sich nur insofern zum Widerstande in der Kur eignet, als sie
>>>     negative Übertragung oder positive von verdrängten erotischen
>>>     Regungen ist. Wenn wir durch Bewusstmachen die Übertragung
>>>     "aufheben", so lösen wir nur diese beiden Komponenten des
>>>     Gefühlsaktes von der Person des Arztes ab; die andere,
>>>     bewusstseinsfähige und unanstössige Komponente bleibt bestehen und
>>>     ist in der Psychoanalyse genau ebenso Trägerin des Erfolges wie bei
>>>     anderen Behandlungsmethoden."
>>>
>>> .....
>>>
>>> Depuis un bon moment, je tourne cette phrase dans ma tête, la compare
>>> avec la traduction française, l'espagnole et l'anglaise.
>>> Plus je les laisse résonner, plus le sens de la phrase allemande semble
>>> se creuser ... comme dans l'écart avec la traduction. Je trouve
>>> d'ailleurs les trois versions assez "libres", pas vraiment près de
>>> l'original.
>>> Aussi, je viens de remarquer que  les trois traductions se ressemblent
>>> dans le retournement des éléments de la phrase : contrairement à
>>> l'allemand, dans les trois autres langues, cela parle d'abord de la
>>> levée (lorsque nous liquidons / if we remove / cuando removemos), puis,
>>> vient sous forme de participe présent ce par quoi la liquidation du
>>> transfert se produit (en le rendant conscient/orientando la consciencia
>>> sobre ella/ by making it conscious). Cela suggère (à mes oreilles)
>>> qu'il
>>> s'agit de procéder à la levée du transfert... en le rendant conscient.
>>> Or, en allemand, c'est dit à l'envers :
>>> d'abord, il y a le "Bewusstmachen" (le fait de rendre conscient) qui a
>>> pour conséquence que le transfert est "aufgehoben" ...
>>> Il me semble que le "Bewusstmachen" (l'action de rendre conscient) se
>>> passe bien plus activement que le "aufheben". Qu'il s'agit avant tout
>>> de
>>> l'acte de rendre conscient, puis cela entraine la levée, y conduit. Le
>>> fait que le transfert puisse être "aufgehoben" me parait plutôt une
>>> conséquence, comme un produit de cet acte de rendre conscient le
>>> transfert des "verdrängten erotischen Regungen" (dont la traduction par
>>> "éléments érotiques refoulés" me paraît par ailleurs omettre tout
>>> l'aspect dynamique et la teneur de "mouvement").
>>>
>>> Une (modeste) tentative de traduction pour essayer de mieux faire
>>> saisir
>>> ma compréhension de cette phrase (mais sans chercher à produire une
>>> bonne traduction "fluide") :
>>>
>>>     La solution de l'énigme est donc que le transfert sur le médecin ne
>>>     se prète à la résistance dans la cure que lorsqu'il est transfert
>>>     négatif ou positif de motions érotiques refoulées. Si, par l'acte
>>> de
>>>     rendre conscient, nous "levons / annullons / réduisons à néant /
>>>     enlevons" le transfert, alors nous enlevons de la personne du
>>>     médecin seulement ces deux composants de l'acte sentimental.
>>>
>>>
>>> Je n'arrive toujours pas à saisir vraiment ce qui est contenu dans ce
>>> mot "aufheben" ... serait-ce pour signifier qu'il faudrait entendre ce
>>> signifiant avec cette sorte de grande souplesse qui permette d'y saisir
>>> quelque chose qui échappe aux mots que Freud l'a mis entre guillements
>>> ?
>>>
>>> Aussi, je remarque le parallèle entre "la levée" du transfert et la
>>> deuxième partie où j'ai traduit l'allemand par "alors nous enlevons
>>> seulement ces deux composants..."
>>> - d'abord, "aufheben" (levée)
>>> - puis, "lösen" (enlever) qu'on pourrait aussi traduir par
>>> "désolidariser", puisqu'ici, il s'agit en fait de "ablösen"
>>> Les deux termes ... peuvent ... trouver une traduction relativement
>>> proche (lever et enlever).
>>>
>>>
>>> Tout à l'heure, j'ai tourné la phrase dans ma tête - maintenant, j'ai
>>> tête qui tourne ! ... je vous laisse avec la lecture, puis je
>>> réfléchirai volontiers plus loin à partir de vos commentaires.
>>> En tous les cas, c'est passionnant !
>>>
>>> Katharina Felix
>>>
>>> Juste encore un mot par rapport à la traduction par "liquidation" : je
>>> n'ai volontairement pas employé ce terme ici, pour essayer d'en
>>> mobiliser d'autres. Ceci dit, je l'entends assez bien dans ce contexte.
>>> C'est peut-être quand-même la meilleure traduction pour "aufheben".
>>> Je trouve qu'il exprime bien le phénomène que là où il y avait quelque
>>> chose (le transfert), d'un coup, cela s'évanouit, cela disparaît, n'y
>>> est plus. Levé.
>>> Quant à la note agressive (liquidation) : je ne la lis pas du tout dans
>>> ce texte de Freud, pas du tout dans le mot "aufheben".
>>>
>>> Et pour compléter : "erledigen" peut comporter cette note agressive et
>>> signifier (au 2e degré) tuer, casser, éliminer. Mais cela n'a rien à
>>> faire ici ;-)
>>>
>>>
>>>
>>>
>>> Claire Charlot-Hoffman a écrit :
>>>
>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>> ---
>>>> Liliane, je n'avais pas vu votre deuxième message et sa conclusion.
>>>> Nous sommes d'accord. Freud choisit un vocabulaire offensif
>>>> (erledigen) avec l'excitation, le conflit, mais pas avec la
>>>> "liquidation", la "levée" (aufheben; auflösen) du transfert.
>>>> Amicalement. Claire.
>>>>
>>>> ----- Original Message ----- From: "Liliane Fainsilber"
>>>> <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>
>>>> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
>>>> <lutecium-group at lutecium.org>
>>>> Sent: Friday, March 14, 2008 8:07 AM
>>>> Subject: Re: [Lutecium-group] "liquidation" du transfert
>>>>
>>>>
>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>> ---
>>>> Oui,  Bonjour Claire, je voulais en effet savoir quel était le terme
>>>> allemand exact que Freud utilisait par rapport au transfert et dans
>>>> chacune
>>>> de ces occurrences  :
>>>>
>>>> Dans "La dynamique du transfert"  p. 57 . Freud écrit " Voici donc la
>>>> solution de l'énigme : le transfert sur la personne de l'analyste ne
>>>> joue le
>>>> rôle d'une résistance que dans la mesure où il est un transfert
>>>> négatif ou
>>>> bien un transfert positif composé d'éléments érotiques refoulés.
>>>> Lorsque
>>>> nous "liquidons" le transfert en le rendant conscient nous écartons
>>>> simplement de la personne du médecin ces deux composantes de la
>>>> relation
>>>> affective".
>>>>
>>>> Donc on voit bien là ce que Freud met sous ce mot de liquidation mais
>>>> c'est
>>>> lui qui le met entre guillemets. Quand on met entre guillemets cela a
>>>> un
>>>> sens, le problème est de savoir lequel.
>>>>
>>>> On comprend que le terme de liquidation a une certaine charge de
>>>> violence
>>>> car il s'agit pour Freud de lutter contre la résistance, puisque c'est
>>>> elle
>>>> qui fait obstacle à l'émergence du désir inconscient.
>>>> Maintenant si on se déplace un peu du côté de ce que Lacan énonce
>>>> qu'il n'y
>>>> a de résistance que de l'analyste, qu''impliquerait alors cette
>>>> "liquidation
>>>> du transfert". On a beau dire, ces termes font un peu pugilat mais
>>>> s'il ne
>>>> s'agissait que de maîtriser l'image que l'analyste  se fait de
>>>> lui-même et
>>>> qui l'empêche d'entendre ce que lui raconte l'analysant".
>>>>
>>>> J'aimerais bien, chère Claire,  que vous regardiez de façon un peu
>>>> plus
>>>> précise cette occurrence dans le texte de Freud. Je n'ai pas encore eu
>>>> le
>>>> temps de relire ce que Freud dit de cette même "liquidation" du
>>>> transfert à
>>>> la fin de l'analyse. Il en parle dans son étude de la Gradiva de
>>>> Jensen.
>>>> Cela mérite d'être repris parce que cela indique ce qu'il en est des
>>>> liens
>>>> maintenus ou non entre l'analyste et ses analysants. Là ce serait une
>>>> vraie
>>>> "liquidation" ? Amicalement. Liliane.
>>>>
>>>> Il me semble quand même, de ce que vous m'en indiquez, que ce terme de
>>>> liquidation n'est pas si offensif que cela n'implique pas une
>>>> "extermination" :-)
>>>>
>>>>
>>>>
>>>>
>>>> ----- Original Message ----- From: "Claire Charlot-Hoffman"
>>>> <claire.hoffman at laposte.net>
>>>> To: "Liliane Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de
>>>> travail
>>>> pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
>>>> Sent: Thursday, March 13, 2008 10:26 PM
>>>> Subject: Re: [Lutecium-group] "liquidation" du transfert
>>>>
>>>>
>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>> ---
>>>> Bonjour Liliane,
>>>> Je ne sais pas où Freud parle de liquidation du transfert, mais le
>>>> terme
>>>> allemand est "die Erledigung", c'est un terme que Freud utilise très
>>>> souvent
>>>> ( liquider une excitation, liquider un conflit névrotique par une
>>>> formation
>>>> de symptômes etc). Voici comment ce mot se décompose et se transforme
>>>> :
>>>> die Erledigung
>>>>
>>>>            ledig   célibataire, libre de
>>>>
>>>>            sich entledigen  se débarrasser de
>>>>
>>>>            etwas erledigen   expédier une affaire, en finir avec,
>>>> régler un
>>>> problème, liquider
>>>>
>>>> Je n'arrive pas à mettre la main sur mon dictionnaire, peut-être
>>>> quelqu'un
>>>> nous dira s'il y a aussi le sens de liquider quelqu'un.
>>>>
>>>> A bientôt. Claire.
>>>>
>>>>
>>>> ----- Original Message ----- From: "Liliane Fainsilber"
>>>> <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>
>>>> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
>>>> <lutecium-group at lutecium.org>
>>>> Sent: Thursday, March 13, 2008 2:29 PM
>>>> Subject: [Lutecium-group] "liquidation" du transfert
>>>>
>>>>
>>>> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
>>>> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
>>>> ---
>>>> Est-ce que quelqu'un se rappelle où Freud parle de liquidation du
>>>> transfert.
>>>> Est-ce qu'en allemand, le côté liquidien du terme tient toujours ainsi
>>>> d'ailleurs que son évocation meurtrière : celui-là je vais le liquider
>>>> !
>>>>
>>>> J'aimerais bien le savoir car ça ouvre quand même des horizons
>>>> inattendus
>>>> sur la question de la fin de l'analyse, par rapport à l'analyste. Je
>>>> sais
>>>> bien que le "éjécté comme de la merde" jouit de la grande faveur des
>>>> analystes, mais dans la réalité il me semble qu'il en va tout
>>>> autrement.
>>>>
>>>> Tout ça c'est autour du mot liquidation mais je n'ai pas encore jeté
>>>> un coup
>>>> d'oeil dans mon Alain Rey. Bonne journée à tous. Liliane Fainsilber
>>>> le goût de la psychanalyse : http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/
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Jean-françois Doucet
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