<!DOCTYPE HTML PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN">
<HTML><HEAD>
<META content="text/html; charset=windows-1255" http-equiv=Content-Type>
<META name=GENERATOR content="MSHTML 8.00.6001.18882">
<STYLE></STYLE>
</HEAD>
<BODY>
<DIV><FONT size=2>Bonjour,</FONT></DIV>
<DIV><FONT size=2>A la fin de Lituraterre on peut trover une reference. Je vous
adresse le texte.</FONT></DIV>
<DIV><FONT size=2>Il y a aussi une reference a cette reference dans "ornicar
Digital, un texte de Shin’ya Ogasawara "L'instance de la lettre dans
l'inconscient japonais", et ma reponse: "La "instancia de la letra" y sus
relaciones con el escrito".</FONT></DIV>
<DIV><FONT size=2>Cordialement,</FONT></DIV>
<DIV><FONT size=2></FONT> </DIV>
<DIV><FONT size=2></FONT> </DIV>
<DIV><FONT size=2></FONT> </DIV>
<DIV><FONT size=2></FONT> </DIV>
<DIV><FONT size=2></FONT> </DIV>
<DIV><FONT size=2><EM>Je voudrais témoigner de ce qui se produit d’un fait déjà
marqué : à savoir celui d’une<BR>langue, le japonais, en tant que la travaille
l’écriture.<BR>Qu’il y ait inclus dans la langue japonaise un effet d’écriture,
l’important est qu’il reste<BR>attaché à l’écriture et que ce qui est porteur de
l’effet d’écriture y soit une écriture<BR>spécialisée en ceci qu’en japonais
elle puisse se lire de deux prononciations différentes : en<BR>on-yomi sa
prononciation en caractère, le caractère se prononce comme tel distinctement,
en<BR>kun-yomi la façon dont se dit en japonais ce qu’il veut dire.<BR>Ça serait
comique d’y voir désigner, sous prétexte que le caractère est lettre, les
épaves<BR>du signifiant courant aux fleuves du signifié. C’est la lettre comme
telle qui fait appui au<BR>signifiant selon sa loi de métaphore. C’est
d’ailleurs : du discours, qu’il la prend au filet du<BR>semblant.<BR>Elle est
pourtant promue de là comme référent aussi essentiel que toute chose, et
ceci<BR>change le statut du sujet. Qu’il s’appuie sur un ciel constellé, et non
seulement sur le trait<BR>unaire, pour son identification fondamentale, explique
qu’il ne puisse prendre appui que sur<BR>le Tu, c’est-à-dire sous toutes les
formes grammaticales dont le moindre énoncé se varie des<BR>relations de
politesse qu’il implique dans son signifié.<BR>La vérité y renforce la structure
de fiction que j’y dénote, de ce que cette fiction soit<BR>soumise aux lois de
la politesse.<BR>Singulièrement ceci semble porter le résultat qu’il n’y ait
rien à défendre de refoulé,<BR>puisque le refoulé lui-même trouve à se loger de
la référence à la lettre.<BR>1971-05-12 LITURATERRE<BR>6<BR>En d’autres termes
le sujet est divisé comme partout par le langage, mais un de ses<BR>registres
peut se satisfaire de la référence à l’écriture et l’autre de la
parole.<BR>C’est sans doute ce qui a donné à Roland Barthes ce sentiment enivré
que de toutes ses<BR>manières le sujet japonais ne fait enveloppe à rien.
L’empire des signes, intitule-t-il son essai<BR>voulant dire : empire des
semblants.<BR>Le japonais, m’a-t-on dit, la trouve mauvaise. Car rien de plus
distinct du vide creusé par<BR>l’écriture que le semblant. Le premier est godet
prêt toujours à faire accueil à la jouissance,<BR>ou tout au moins à l’invoquer
de son artifice.<BR>D’après nos habitudes, rien ne communique moins de soi qu’un
tel sujet qui en fin de<BR>compte ne cache rien. Il n’a qu’à vous manipuler :
vous êtes un élément entre autres du<BR>cérémonial où le sujet se compose
justement de pouvoir se décomposer. Le bunraku,<BR>théâtre des marionnettes, en
fait voir la structure tout ordinaire pour ceux à qui elle donne<BR>leurs moeurs
elles-mêmes.<BR>Aussi bien, comme au bunraku tout ce qui se dit pourrait-il être
lu par un récitant. C’est<BR>ce qui a dû soulager Barthes. Le Japon est
l’endroit où il est le plus naturel de se soutenir<BR>d’un ou d’une interprète,
justement de ce qu’il ne nécessite pas l’interprétation.<BR>C’est la traduction
perpétuelle faite langage.<BR>(10)Ce que j’aime, c’est que la seule
communication que j’y aie eue (hors les Européens<BR>avec lesquels je sais
manier notre malentendu culturel), c’est aussi la seule qui là-bas
comme<BR>ailleurs puisse être communication, de n’être pas dialogue : à savoir
la communication<BR>scientifique.<BR>Elle poussa un éminent biologiste à me
démontrer ses travaux, naturellement au tableau<BR>noir. Le fait que, faute
d’information, je n’y compris rien, n’empêche pas d’être valable ce<BR>qui
restait écrit là. Valable pour les molécules dont mes descendants se feront
sujets, sans<BR>que j’aie jamais eu à savoir comment je leur transmettais ce qui
rendait vraisemblable<BR>qu’avec moi je les classe, de pure logique, parmi les
êtres vivants.<BR>Une ascèse de l’écriture ne me semble pouvoir passer qu’à
rejoindre un « c’est écrit »<BR>dont s’instaurerait le rapport sexuel.Je
voudrais témoigner de ce qui se produit d’un fait déjà marqué : à savoir celui
d’une<BR>langue, le japonais, en tant que la travaille l’écriture.<BR>Qu’il y
ait inclus dans la langue japonaise un effet d’écriture, l’important est qu’il
reste<BR>attaché à l’écriture et que ce qui est porteur de l’effet d’écriture y
soit une écriture<BR>spécialisée en ceci qu’en japonais elle puisse se lire de
deux prononciations différentes : en<BR>on-yomi sa prononciation en caractère,
le caractère se prononce comme tel distinctement, en<BR>kun-yomi la façon dont
se dit en japonais ce qu’il veut dire.<BR>Ça serait comique d’y voir désigner,
sous prétexte que le caractère est lettre, les épaves<BR>du signifiant courant
aux fleuves du signifié. C’est la lettre comme telle qui fait appui
au<BR>signifiant selon sa loi de métaphore. C’est d’ailleurs : du discours,
qu’il la prend au filet du<BR>semblant.<BR>Elle est pourtant promue de là comme
référent aussi essentiel que toute chose, et ceci<BR>change le statut du sujet.
Qu’il s’appuie sur un ciel constellé, et non seulement sur le trait<BR>unaire,
pour son identification fondamentale, explique qu’il ne puisse prendre appui que
sur<BR>le Tu, c’est-à-dire sous toutes les formes grammaticales dont le moindre
énoncé se varie des<BR>relations de politesse qu’il implique dans son
signifié.<BR>La vérité y renforce la structure de fiction que j’y dénote, de ce
que cette fiction soit<BR>soumise aux lois de la politesse.<BR>Singulièrement
ceci semble porter le résultat qu’il n’y ait rien à défendre de
refoulé,<BR>puisque le refoulé lui-même trouve à se loger de la référence à la
lettre.<BR>1971-05-12 LITURATERRE<BR>6<BR>En d’autres termes le sujet est divisé
comme partout par le langage, mais un de ses<BR>registres peut se satisfaire de
la référence à l’écriture et l’autre de la parole.<BR>C’est sans doute ce qui a
donné à Roland Barthes ce sentiment enivré que de toutes ses<BR>manières le
sujet japonais ne fait enveloppe à rien. L’empire des signes, intitule-t-il son
essai<BR>voulant dire : empire des semblants.<BR>Le japonais, m’a-t-on dit, la
trouve mauvaise. Car rien de plus distinct du vide creusé par<BR>l’écriture que
le semblant. Le premier est godet prêt toujours à faire accueil à la
jouissance,<BR>ou tout au moins à l’invoquer de son artifice.<BR>D’après nos
habitudes, rien ne communique moins de soi qu’un tel sujet qui en fin
de<BR>compte ne cache rien. Il n’a qu’à vous manipuler : vous êtes un élément
entre autres du<BR>cérémonial où le sujet se compose justement de pouvoir se
décomposer. Le bunraku,<BR>théâtre des marionnettes, en fait voir la structure
tout ordinaire pour ceux à qui elle donne<BR>leurs moeurs elles-mêmes.<BR>Aussi
bien, comme au bunraku tout ce qui se dit pourrait-il être lu par un récitant.
C’est<BR>ce qui a dû soulager Barthes. Le Japon est l’endroit où il est le plus
naturel de se soutenir<BR>d’un ou d’une interprète, justement de ce qu’il ne
nécessite pas l’interprétation.<BR>C’est la traduction perpétuelle faite
langage.<BR>(10)Ce que j’aime, c’est que la seule communication que j’y aie eue
(hors les Européens<BR>avec lesquels je sais manier notre malentendu culturel),
c’est aussi la seule qui là-bas comme<BR>ailleurs puisse être communication, de
n’être pas dialogue : à savoir la communication<BR>scientifique.<BR>Elle poussa
un éminent biologiste à me démontrer ses travaux, naturellement au
tableau<BR>noir. Le fait que, faute d’information, je n’y compris rien,
n’empêche pas d’être valable ce<BR>qui restait écrit là. Valable pour les
molécules dont mes descendants se feront sujets, sans<BR>que j’aie jamais eu à
savoir comment je leur transmettais ce qui rendait vraisemblable<BR>qu’avec moi
je les classe, de pure logique, parmi les êtres vivants.<BR>Une ascèse de
l’écriture ne me semble pouvoir passer qu’à rejoindre un « c’est écrit »<BR>dont
s’instaurerait le rapport sexuel.</EM></FONT></DIV>
<DIV><FONT size=2></FONT> </DIV>
<DIV><FONT size=2></FONT><FONT size=2></FONT> </DIV>
<DIV><FONT size=2>----- Original Message ----- </FONT>
<DIV><FONT size=2>From: "Jacques B. Siboni" <</FONT><A
href="mailto:jacsib@lutecium.org"><FONT
size=2>jacsib@lutecium.org</FONT></A><FONT size=2>></FONT></DIV>
<DIV><FONT size=2>To: "Groupe de Travail Lutecium" <</FONT><A
href="mailto:lutecium-group@lutecium.org"><FONT
size=2>lutecium-group@lutecium.org</FONT></A><FONT size=2>></FONT></DIV>
<DIV><FONT size=2>Sent: Tuesday, March 02, 2010 1:13 PM</FONT></DIV>
<DIV><FONT size=2>Subject: [Lutecium-group] Lacan et le/les
Japonais</FONT></DIV></DIV>
<DIV><FONT size=2><BR></FONT></DIV><FONT size=2>lutecium-group: Ceci est un
document du Groupe de Travail Lutecium.<BR>---<BR>Bonjour<BR><BR>Je ne me
rappelle plus où Lacan parle de la langue japonaise et <BR>l'analysibilité des
Japonais.<BR><BR>Quelqu'un peut il m'éclairer<BR><BR>Merci<BR><BR>Bien
amicalement<BR><BR>Jacques<BR><BR>-- <BR>Dr. Jacques B. Siboni </FONT><A
href="mailto:jacsib@Lutecium.org"><FONT
size=2>mailto:jacsib@Lutecium.org</FONT></A><BR><FONT size=2>8 pass. Charles
Albert, F75018 Paris, France<BR>Tel: +33 142 287 678 Fax: +33 951 720 069<BR>Tel
USA: (415) 287-3791<BR>Home Page: </FONT><A
href="http://jacsib.lutecium.org/"><FONT
size=2>http://jacsib.lutecium.org/</FONT></A><FONT size=2> <BR>Lutecium
pages: </FONT><A href="http://www.lutecium.org"><FONT
size=2>http://www.lutecium.org</FONT></A><FONT size=2> </FONT><A
href="http://www.lutecium.us"><FONT
size=2>http://www.lutecium.us</FONT></A><BR><BR><BR><FONT
size=2>_______________________________________________<BR>A question? click
</FONT><A href="mailto:Help-Me@lutecium.org"><FONT
size=2>Help-Me@lutecium.org</FONT></A><BR><FONT size=2>Lutecium-group mailing
list<BR></FONT><A href="mailto:Lutecium-group@lutecium.org"><FONT
size=2>Lutecium-group@lutecium.org</FONT></A><BR><A
href="http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group"><FONT
size=2>http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group</FONT></A></BODY></HTML>