Un beau jour, un
interrogea respectueusement Cochonfucius
à propos du comportement des animaux.
Le Maître lui répondit.
Les animaux sont disyllabiques, comme le
ou sesquisyllabiques,
comme la
ou encore hybrides, comme
le
sans parler des amphisbènes.
Leurs comportements, parfois remarquablement
intelligents,
sont d'une extrême diversité.
Ils peuvent porter leur
tête
lorsqu'ils se font décapiter, ils peuvent composer leur
épitaphe, ils peuvent aussi
accompagner un rebelle dans sa fuite,
défendre courageusement un
instrument royal,
aller en prison pour l'amour d'un
envoyer au casse-pipe un soldat
mécontent, savourer le soleil
du matin, tourmenter un juge,
se plaindre au gyrovague,
s'affronter dans un monde glauque,
hanter les ténèbres,
prier dans une chapelle
ou dans un monastère,
parler sentencieusement,
picoler comme des malades,
convoler en noces hybrides,
surgir du néant
ou d'autre chose,
promouvoir et combattre une hérésie,
donner une leçon et s'envoler,
composer un
traité
en quatre-vingt-un chapitres,
boire le sang d'un autre
former une Trinité démiurgique,
se faire massacrer,
s'installer dans
un puits,
dormir dans un
jardin,
jouer des tours pendables,
trouver des raisins
verts,
savourer la marjolaine,
parcourir les Pyrénées,
constituer des
alliances avec les humains,
adopter une attitude apostolique,
affronter le monde,
partager une baleine,
écouter un couplet funèbre,
célébrer le pinard mystique
et même apprendre à
extraire les racines carrées.
J'avais sous-estimé l'intelligence des animaux, remarqua
l'interlocuteur du Maître. Ce dernier lui fit observer qu'un patient dressage
permet facilement d'obtenir de tels effets, surtout si le dresseur s'appelle
Leconte de Lisle.