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on ne sait pas si c'est du Claude Larre ou du Cochonfucius

Fables de Cochonfucius






Sur la route : Conduisant son char sur une route de campagne, le Maître observa une pause près d'une taverne. Il demanda un peu d'eau-de-vie. « Dans une grande coupe ? », demanda l'aubergiste. « Non, dans un seau, c'est pour mon cheval ». On y versa douze pichets d'eau-de-vie. Le cheval but et fut en belle humeur. « Encore un demi-seau et ce sera bon ». Le cheval but encore. « Dix-huit pichets d'eau-de-vie, cela vous fera trois mille six cents coquilles de dibo », dit l'aubergiste. Ayant payé, Cochonfucius se disposait à reprendre sa route. « Vous prendrez bien vous-même une consommation, c'est la maison qui vous l'offre ».

« Je ne peux pas, dit le Maître. Vous voyez bien ! Je conduis ».



Le vin n'est pas le pain : Cochonfucius ressortit un exemple déjà utilisé vingt ans auparavant. Le disciple Fa Yang l'interrogea respectueusement : « Si un boulanger vous proposait du pain de la semaine dernière, que serait votre réaction ? »

Le Maître dit  « Suis-je donc un boulanger ? Ne suis-je pas plutôt comme un viticulteur ? ».



Le mordeur : Le disciple Yan Ba s'était fait mordre par un porc d'élevage, et avait aussitôt frappé cette créature.

Cochonfucius lui dit : « Il fallait t'abstenir de punir l'animal. C'est à l'éleveur que des remontrances auraient dû être adressées. »

Le disciple répondit respectueusement : « Lorsque je contrarie un interlocuteur, c'est moi qui subis sa mauvaise humeur ; il s'abstient généralement d'aller vous trouver, noble Maître, pour se plaindre de moi auprès de vous. »

choisis ta forme

Le microcosme : Le religieux de la montagne de l'Est interrogea le Maître. « On dit que les êtres humains sont tous des microcosmes à l'image du Macrocosme. S'il en est ainsi, que direz-vous des animaux domestiques et sauvages ? »

Cochonfucius lui dit : « Vous parlez ici d'une image, et moi je considère que l'image en question est aussi indistincte qu'une image vue en rêve, ainsi, les différences entre tel animal et tel humain n'empêchent pas qu'ils soient des reflets de la même réalité indescriptible, que l'animal soit sauvage, domestique ou sentencieux, ou encore qu'il s'agisse d'une grenouille volante, voire équestre ».

un éléphant est parfois sans défenses

L'éléphant et la fourmi : Cochonfucius observa qu'un éléphant se plaignait de porter une charge d'environ un quart de son propre poids. Alors, on vit survenir une fourmi, transportant joyeusement un fardeau quatre fois plus lourd qu'elle.

Cochonfucius dit : « Mes disciples, mes amis, retenez bien ceci. L'éléphant récrimine, car ce qu'il porte, c'est pour les hommes, qui sont ses maîtres. La fourmi trouve légère sa charge, car c'est pour ses pareilles qu'elle effectue un tel effort. »

Le disciple Yan Ba ajouta respectueusement : « On peut dire aussi que la force des créatures est proportionnelle au carré de leur taille, alors que la masse des objets varie comme le cube de leur diamètre. Mille fois plus petite qu'un éléphant, la fourmi est un million de fois moins forte ; mais les objets de son environnement, mille fois plus petits que ceux que manie le pachyderme, sont un milliard de fois moins lourds. Utiliser un millionième de la force pour déplacer un milliardième de la charge, c'est être favorisé d'un facteur d'ordre mille. »

Cochonfucius lui demanda : « Quelle est donc la valeur morale de ton argument ? ». Le disciple ne sut que répondre.



Le tigre et le rouleau : Cochonfucius marchait dans la nature avec un homme de guerre. Un tigre survint. L'homme de guerre essaya vainement de l'effrayer avec ses armes. Le tigre avançait sans aucun signe de frayeur. Cochonfucius lui lança alors un rouleau bibliographique. Le tigre fit demi-tour et rentra chez lui en tremblant. Ses enfants lui demandèrent de quoi il avait eu si peur. « Les armes, dit-il, les chasseurs en ont, cela ne saurait être effrayant pour moi. Mais la bibliographie ! Je n'ai pas la moindre publication. Comment ne pas trembler de crainte ? »