Cochonfucius
entreprit l'écriture d'un
glossaire pour le
monde où il répandait
partout
sa sagesse érudite. En voici les entrées les plus récentes,
mais consultez le microglossaire si vous êtes pressé.
Transformer un jeune homme en
Lors de la cérémonie, l'impétrant se voit remettre
par les professeurs Domicel
Gottel et Marnique Leslib. Si le jeune homme est le fils d'un
toute sa première éducation
l'aura préparé à cet
Si c'est seulement le
fils d'un
il ne
sera
qu'après un exploit grandiose, comme battre
un record de discours délirant à
Cluny.
Transformer une jeune fille en
blanche, en lui offrant
(mêmes auteurs que précédemment).
Beaucoup moins courant que
est réversible,
et c'est une chanson que chantait
de Cluny, autrefois.
Transformer quelqu'un en
Créer de tels hybrides est totalement prohibé. Mais
on peut en trouver en
peluche.
Les Situations
donne la mesure de son talent immense,
qu'il soit verbal, littéraire,
scientifique ou charismatique.
Amour :
Ce sentiment
bucolique,
qui engendre de nombreuses Situations
est illustré surtout dans la
Chanson du Capitaine, où il
conduit un
héros triste au casse-pipe, mais il triomphe dans une autre
Chanson,
où les amoureux parviennent à s'unir par un stratagème. Parfois,
l'union amoureuse donne
naissance à un animal
hybride. Lorsque l'amour
s'épanouit dans le deuil,
on parle d'une apothéose.
Apprivoiser : C'est
conditionner un animal
pour qu'il s'associe à
des actions humaines. Si l'animal est issu d'un
ou d'un
une bonne partie du travail
est déjà faite. Parmi les animaux les plus apprivoisables, citons
l'éléphant.
Animaux :
Ils font l'objet d'une
page qui mentionne l'immense variété de leurs comportements. Et encore,
on ne vous dit pas tout.
Arbre : C'est une
image de notre corps, où se transpose
la nécessité d'arrosages fréquents et abondants. Un rôle particulier est tenu par le
chêne, qui
pourrait être roi des arbres, mais cette
désignation
pose problème depuis fort longtemps.
Assonance : Elle est fort rare
dans notre corpus, qui repose davantage sur la versification. On en trouve cependant un assez bel
exemple dans l'une des
complaintes qui déplorent
le trépas d'un monarque.
Artisans :
Ils produisent paisiblement leur part de richesse, séduisent
des créatures d'essence royale, lancent des
plaintes, occupent des
lieux sépulcraux, conjurent des
maléfices, hurlent lugubrement sur les
dunes, subissent d'étranges et royales
brimades, se tiennent par trois autour d'une
table, se font entreprendre par une
charmeuse nocturne, travaillent sur la question
des hybrides et boivent leur
pinard matinal. Bref, une vie bien ordinaire.
Erudits :
Ils interviennent un peu partout, cherchant à donner du
sens à des documents
qui n'en demandaient pas tant.
Barbe :
Elle est associée à une
majesté enjouée. Comme
dit souvent Cochonfucius, « le roi
Henri dans sa barbe ».
Personnes Royales :
Ce sont, pour l'essentiel, des rois et des
reines. Ils
célèbrent des noces grandioses et de
merveilleux sacres. Mais quelquefois, ils galèrent
au fond des bois. Dans d'autres occasions, ils jouent
aux citoyens ordinaires des tours pendables.
Cependant, c'est surtout
leur cadavre qui appelle un remarquable rituel.
On les accompagne lors de leur agonie, puis leur entourage
procède à des incantations,
et cela finit carrément en apothéose.
Et puis on sacre le roi suivant, qui, dans son
palais magnifique,
n'a plus qu'à attendre la mort.
Ineffable :
Normalement,
on ne peut rien en dire, mais quelques disciples,
n'étant pas au courant
de cette restriction, en ont pris le risque. Ils terminent par une bibliographie (comme aurait pu dire
Wittgenstein, lorsque
tu ne peux parler d'un thème,
tu peux toujours publier des traités dessus !)
Problèmes :
Ils surgissent dans les
circonstances les plus diverses.
Les plus simples
viennent des machines, ou parfois de
questions plus théoriques. Les
plus ardus doivent être soumis à Yake Lakang, car
ils concernent des rêves dont
l'interprétation n'est pas une chose triviale. Dans certains cas, le fait
de poser la question suffit à l'embrouiller.
Jardin :
Plusieurs activités importantes se déroulent en ce
lieu. C'est notamment le domaine des
orang-outans. On y fait d'étranges
rêves, et parfois un
cloporte y boit l'apéritif, afin
de commémorer Paul Verlaine.
Plus rarement, on y trouve des
crabes à pulpe en pleines tentatives de
vol balistique.
Ville :
C'est un
attracteur de l'action et de la cognition humaines. Après Paris qui est hors concours,
les deux plus remarquables en
ce monde sont, premièrement, une bourgade pleine de charme qui vit surgir
du néant un animal démiurgique, et deuxièmement, une
localité située en Chine, qui s'appelle
Wu quelque chose, je ne sais plus exactement, mais on la trouve en
suivant les panneaux. Certaines villes résultent de la
fusion de deux cités préexistantes.
Enfin, si l'on veut profiter du calme, on peut aller à
Dash,
c'est dans les environs de
Noirciprose.
Lakangguo :
Territoire de Yake Lakang,
sur lequel il répand sa très
ineffable sagesse, et qu'il orne d'étonnants
bibelots qui témoignent de son sens du pittoresque.
Sanctuaire :
Souvent forestier, cet édifice attire les savants, les bergères et diverses
créatures que mentionnent les
légendes d'autrefois,
ainsi que les
commentaires
des érudits.
Remémoration :
Il s'agit d'un
processus par lequel sont
convoqués les grands auteurs, afin que leur témoignage éclaire les profondeurs
du temps passé et
révolu. Dans quelle mesure ce processus est-il
déformant ? Cela dépend
de la dose de pinard !
Mangemerle :
Bizarre citoyen
qui ne sait pas se procurer des grives.
Mort : Parenthèse fermante d'une
vie. Elle est évoquée par
un animal sentencieux, et rôde un peu
partout.
Quand aux créatures qui « hurlent à la
mort », je ne sais pas ce qu'elle répond. Sans doute, des paroles édifiantes sur
la valeur du sacrifice et des
chansons nostalgiques qui l'accompagnent. Dans d'autres contextes, on la
compare au
sommeil du juste.
Vent : Autrefois, il s'agissait d'un roi, qui se
dit en chinois
« Wang ». Le titre de roi fut
aboli par les empereurs de la dynastie Tang. De
cette circonstance provient le
dicton « Aux Tang en emporte le Wang », qui fut faussement transmis comme
« Orang-outan en emporte le vent ».
Ce qu'il faut
retenir, c'est que, n'étant plus un monarque, le vent préfère désormais les
contextes nocturnes. S'il passe près
d'un arbre solitaire, il
s'en éloigne aussitôt, mais cherchera à revenir un jour.
Lune : C'est une entité
bleue. Les témoins en
sont des astronautes d'autrefois, une artiste
visionnaire, ainsi que les auditeurs de la
reine des marmottes.
Quant à la
flamme de la lune, elle est fort pâle,
et
traversée par diverses entités
transcendantes. Elle brille sur les
sanctuaires forestiers. Son sourire est empreint d'une ironie énigmatique.
Soleil :
On calcule sa course avec
des bracelets magiques. On l'utilise comme terme de flatterie
pour les rois. Il se fait dévorer par un
corbeau, ou par un couple.
Le matin,
son éclat est opalin.
Sans sa présence ineffable, dit son amoureux
Chantecler, les choses ne
seraient que ce qu'elles sont.
Pinard Mystique :
Cette
substance irrigue le monde, qui devient alors un jardin fertile.
Néant :
Les entités transcendantes en font
surgir des animaux, sans doute
en vertu du
principe d'incertitude
s'appliquant à une portion vide de l'espace-temps.
Neige :
Elle incite, selon les
circonstances,
à passer le temps chez soi en lisant de beaux
textes, ou bien à partir à
l'aventure. Si on renverse du vin sur de la neige, elle devient rouge,
sauf, bien entendu, lorsque c'est du vin blanc.
Ciel : C'est
un emplacement vide, à part deux ou trois
entités
dont l'essence et la nature ne sont pas établies clairement,
et on ne sait même pas
s'il va pleuvoir.
Esprit : Terme polysémique,
il repose
sur une notion de potentiel cognitif.
Il peut broquiller
le néant, planer sur les pantodromes, ou
simplement se reposer sur
les eaux chaotiques.
Comptoir : On peut y observer divers
animaux venant s'abreuver de pinard
mystique et de la sagesse (quelque peu soluble) de Cochonfucius.
Disciples :
Ils ont
pour vocation de
mémoriser
les enseignements qu'ils reçoivent, mais ils ont aussi le droit de prendre la
parole, et parfois, comme le seigneur
Fa Yang, de devenir, à
leur tour, des
Maîtres pleins de sagesse,
ou des glossonautes,
mais d'autres se retrouvent
amnésiques et retournent à leur
dortoir des neiges
d'antan.
Seigneurs :
Ils exercent leur pouvoir dans des
ambiances
parfois perturbantes. Les plus puissants d'entre eux sont
trinitaires, et autour
d'eux gravitent une
multitude de seigneurs plus modestes, dont chacun se contente de son sort, car il existe une foule de
seigneurs plus
insignifiants que lui. Leur devise est « Quand je me regarde, je me désole, mais quand je me
compare, je me rassure ».
Enfin, parmi les seigneurs, ce sont les mandarins qui rayonnent du charisme le plus
impressionnant, et la chose est visible sur cette image de Cochonfucius
au temps de sa jeunesse, répondant respectueusement
à l'un d'entre eux.
Sémantique : Travail
sur le sens, mais comme dit
François Vaucluse,
« Nous ne parvenons pas à définir le sens : il nous définit ».
Shadok : J'ai dit
Shadok ? Non, pardon, c'est
Shalott que
je voulais dire. Cela se chante.
Tarzan : Ce primate humain,
qui mériterait un traité d'éthologie pour lui tout seul, a fait l'objet de la première
communication scientifique signée par
Cochonfucius, qui adjoignit à
sa plume le pinceau de Marcel Gotlib,
ainsi que d'une mention énigmatique lors d'une discussion autour des travaux du professeur
Edelman,
expert en chlorophylle et en biologie de la conscience.
Ombre :
Nous avons là un
ingrédient
essentiel de l'Univers. Elle peut
être pensive ou
infanchissable. Elle
abrite
parfois les instruments
du châtiment, mais
protège aussi
les sages lorsqu'ils se livrent à la méditation.
Lumière :
Elle est, selon les
contextes, tangible,
nordique, oblique, teintée
ou picolatoire (pas très éclairante, dans ce dernier cas). Elle se propage en
houles agitées. Elle baigne les absences
de corps, et se réduit parfois à
l'état de lueur.
Pantodromes :
Le principal d'entre eux donne une explication aux grandes marées.
D'aures se trouvent dans des villages, dans les faubourgs des grandes villes et
un peu partout,
d'où leur nom.
Céphalophore :
Personnage qui marche après avoir été
décapité. Il porte
sa tête dans ses mains, comme plusieurs saints personnages
du temps jadis.
Thanatoplectres :
Monstres dont les propriétés
caractéristiques sont inconnues.
Pentacéphales :
Monstres ayant plusieurs
chefs, cinq en moyenne.
Pictagores :
Figures à base de
pictogrammes disposés selon la table de Pythagore.
Origines :
Lorsque l'on s'interroge sur l'origine
d'une entité quelconque, il est commode d'aller voir Kassandra qui
entreprend souvent la lecture d'une
page d'un
grand auteur sur ce genre de sujet.
Hasard :
Sa combinatoire intervient dans la plupart des choix fondamentaux qui s'opèrent dans le monde.
Vivre pleinement, c'est vagabonder,
c'est aller vers des
îles
inconnues.
Une lecture intégrale du
Cahier Mauve des doctorants illustres serait fastidieuse,
alors que nous le parcourons volontiers au hasard. « Bonheur
de Proust, disait Roland Barthes, on ne
saute
jamais les mêmes passages. »
De même, on ouvrait stochastiquement
la Grande Chronique d'Hennebont lors des sacres royaux, et
Cochonfucius lui-même procéda
au choix aléatoire d'un poème
pour chasser une vision funeste.
Mais le champion de la phrase
aléatoire, c'est un
instituteur
que nous avions en maternelle.