les interventions oniriques

Cochonfucius vu par Stéphane Cattaneo







Cochonfucius rêvait parfois qu'il assistait à des interventions érudites.


Elles portaient sur les significations opaques, les outils ergonomiques, les principes empiriques, les conclusions optimistes, les longues-vues curvilignes, les illusions fugaces, les recettes gastronomiques, les gloses marginales, les saucisses solipsistes, les systèmes symboliques, les cloportes aérodynamiques, les fourchettes en matière plastique, la tapette des cloches, le dernier barde au monde, les caribous tauromachiques, les signatures nostalgiques, les contorsions machiavéliques et le Graal légendaire.

Même si, à son réveil, il s'en souvenait vaguement, cela ne lui servait pas beaucoup, mais on en retrouve un écho dans le texte des brèves chroniques qui sont impubliables, et qui se présentent comme des âneries fondamentales, ou bien comme des idioties primordiales, comprenant un atlas anecdotique, une licorne qui parle, douze animaux qui échangent des idées, un inventaire de bibelots précieux, des explications sur ce qui est ineffable, un échiquier milpodvashique, un pays mou, une mouche qui se pose sur le nez d'un promeneur, des bestiaux invivables, une hybridation intempestive, des dames galantes et des seigneurs vaillants, un pluvian géant, des mythes cosmogoniques, une ville impériale, une mangouste noire, une lucidité divine et un pelgrane rouge. Vraiment, le pinard rend bavard.